Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - vente de cd

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lundi 19 décembre 2011

Petit Papa Noël ! !

Petit papa Noël ! !

ou

Des disques pour cadeaux, quelle idée !

Chers amis,

Nous voici arrivés dans la dernière ligne droite de cette année 2011. La semaine prochaine, pour moi, sera off. Dernier billet, dernière chronique, avant d’attaquer les 366 prochains jours, plein de bonnes résolutions. Si j’en crois les projets qui sont posés sur le coin de mon bureau, 2012 sera résolument musicale ! On s’en reparle très vite.

Noël ne connaît pas la crise

S’il y a bien une période qui ne connaît pas la crise, c’est celle de Noël. En effet, année après année, les chiffres liés à l’industrie de la musique sont toujours de plus en plus mauvais. Les ventes de disques ont chuté de manière vertigineuse, ça nous le savons tous. En revanche, la lecture détaillée des statistiques démontre que sur le mois de décembre, le CD reste un produit phare ! Les années passent, mais les résultats liés aux fêtes de Noël sont à peu de chose près constants.

Les consommateurs continuent d’offrir de la musique ! Je veux dire, des disques. Vous conviendrez qu’il est plus agréable de remettre entre les mains de ceux qu’on aime, un coffret comprenant les symphonies de Beethoven ou l’intégrale des Beatles. Je ne me vois pas glisser dans une santiag, au pied du sapin, une carte prépayée qui ne ressemble à rien et qui surtout, ne permet pas de symboliser la marque du cadeau.

Même si nous évoluons de plus en plus dans un univers dématérialisé, le besoin de se raccrocher au réel reste fort. Nous ne pouvons mettre toutes nos émotions, nos envies, nos rêves, dans du numérique. Voilà pourquoi, une fois par an, faire sauter le joli bolduc rouge et éclater le papier coloré qui emballe le paquet est rassurant et nous comble de bonheur.

Et le vinyle ?

Je vais même aller plus loin. Alors que je déambulais dans les rayons de la FNAC, la semaine dernière, j’ai eu plaisir à passer en revue tout le linéaire (pas très important certes) de disques vinyles. Je trouve que l’idée de rééditer des albums de U 2 ou d’AC/DC est judicieuse. Ne serait-il pas subversif de ne sortir que des nouveautés sous cette forme ?

Une grande partie du marché se fait dans les caves de l’internet, en douce. Même si Hadopi court après les resquilleurs, elle n’en attrape qu’une infime partie. Le reste s’échange des fichiers sur des sites que tout le monde connaît mais fait comme si ils n’existaient pas… Alors que risquerait-on à sortir le dernier Moby ou le prochain Biolay sur une belle galette noire de 30 cm ? Pas grand-chose. Cela aurait de la gueule, non ?

Le disque témoin de notre histoire

Vous devez me trouver passéiste. Pas tant que cela. Je trouve extraordinaire de pouvoir faire tenir dans un petit objet de quelques centimètres carrés, des milliers de chansons ! Je veux juste attirer l’attention sur le fait, qu’à mon sens, il y aura toujours de la musique vendue sous forme physique. Les linéaires disparaitront ou presque, des magasins de janvier à novembre, puis refleuriront pour les fêtes de fin d’année.

De plus, les majors ne sachant plus quoi faire pour enrayer la fuite des capitaux, vers l’économie souterraine, multiplient les offres, comprenant parfois des inédits, des remix, des raretés, bref de bons produits. Alors, pourquoi s’en priver ?

Que l’on se rassure, il y aura toujours de la musique pour Noël. Aujourd’hui, nous offrons les titres qui appartiennent au patrimoine, comme nous mettons les œuvres complètes de Balzac, dans notre bibliothèque. C’est autant un geste d’attachement au passé, qu’un éventuel acte de découverte d’un artiste pour les plus jeunes. L’objet en lui-même possède le pouvoir du témoin que l’on se passe au cours d’un relai. Il est la matérialisation de notre histoire. En sera-t-il de même, demain, avec un simple fichier ? ?

Pas certain que les téléchargements soient en forte croissance ces prochains jours… On en reparlera, chiffres à l’appui, une fois que seront publiées les statistiques du troisième trimestre 2011.

Pour l’heure, je vous souhaite de bien finir cette année, en musique, bien entendu et vous donne rendez-vous en janvier 2012.

Bonnes fêtes.

Olivier

lundi 26 avril 2010

Des p'tits sous ! !

Des p'tits sous ! !

Ou

Ce que l’on gagne vraiment avec le téléchargement

Chers amis,

Je tiens tout d'abord à vous remercier car, au fil des semaines, vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre, à m'écrire, à m'encourager de continuer de vous informer. Tout comme pour un artiste qui sort un album et découvre des chiffres de vente de plus en plus importants, je goûte ce plaisir que de voir les statistiques hebdomadaires de consultation de mon blog croître et amplifier.

Je ne peux que vous inviter à faire passer le lien de cette page à tous vos amis et à toutes vos connaissances.

Pour ceux qui veulent suivre les informations mises en ligne en temps réel, j'ai ouvert une page sur Twitter : https://twitter.com/Olivier140869 N'hésitez pas à vous y abonner.

L'article de la semaine passée : "Savez-vous planquer vos sous", traitait des collectes de fonds effectuées, et pas toujours bien redistribuées, par la SACEM et d'autres organismes du même genre. Ayant reçu plusieurs réactions suite à cette publication, j'ai souhaité vous proposer un nouveau post en forme de complément.

Vous êtes tous attirés, et c'est bien normal, par la vente en ligne de votre musique. Internet, outil génial et révolutionnaire permet à tout créateur de mettre à disposition de son public ses oeuvres, bonnes ou mauvaises, sans avoir à passer par le chaîne traditionnelle qui suit le mastering, à savoir, l'artwork, le pressage et surtout la distribution physique en magasin.

A grands coups de publicité sur vos pages Myspace, facebook et j'en oublie, vous voyez défiler de jolies publicités qui vous proposent de vendre votre musique sur plusieurs plateformes connues et reconnues. Je pense bien entendu à iTunes, Fnac.com, virginmega... Après avoir pris contact avec un fournisseur, peu importe lequel, vous serez référencé chez tous les marchands, vous attendrez les premiers chiffres de vente et les premières retombées économiques. C'est là que les choses se compliquent voire se ternissent.

Vous aurez remarqué, comme moi que, quel que soit le type de production, le prix de vente d'un titre est toujours de 0,99 € et votre album quel que soit le nombre de titres sera de 9,99 €.

Comment se répartissent les revenus ? Pour les auteurs-compositeurs et éditeurs, la part sur un single est de 0,07 € et sur un album de 0,70 €. Donc si vous n’êtes que l’un ou l’autre, vous toucherez qu’un tiers de 7 centimes. 0,025 € ! La gloire ! Cela devient intéressant financièrement à partir d’un million de téléchargements en dessous…

Bien entendu, la part la plus importante reviendra au producteur, qui lui touchera environ 50 % du prix vendu. Ce qui semble tout à fait justifié, car c’est lui qui a misé sur votre produit et a sorti des sous de sa poche. Il prend les risques, il est normal qu’en cas de réussite il reçoive son dû.

Lire ce dossier : http://www.sacem.fr/files/content/sites/fr/files/mediatheque/sacem/presse/etudes/Remuneration_auteurs_17nov2009.pdf

Il est vrai que je m’adresse plutôt à des jeunes artistes qui se débrouillent tous assez bien pour trouver les moyens nécessaires à la réalisation de leur projet, sans avoir à passer par de grosses structures de production. Si vous parvenez à gagner le gros lot et à empocher la quasi totalité des revenus afférents à votre mise, alors vous pourrez commencer à compter ce que vous aura rapporté votre production, déduction faite des investissements, bien entendu.

Une chose me surprend encore. C’est justement le prix de vente de la musique. Que vous ayez dépensé dans votre production beaucoup d’argent ou très peu, le prix sera toujours le même ! Un CD lambda enregistré en trio, en une semaine sera vendu 14,99 €. Un album enregistré aux USA, avec une dizaine de musiciens, pendant un mois, sera mis sur le marché physique à 15,99 € !

Il serait peut-être temps de revoir la rémunération et les prix de vente de la musique. Cela fait des années que j’en entends parler et rien ne se fait. Il est incompréhensible de trouver en téléchargement tous les produits, back catalogue ou nouveautés, au même tarif. Il semblerait judicieux de proposer des prix plus élevés pour des titres qui viennent de sortir et des prix réduits pour des chansons ou albums ayant déjà été amortis depuis bien longtemps.

Cette modulation tarifaire permettrait aux plus jeunes, arrivant sur le marché, de ne pas être découragés en recevant le relevé de leurs ventes et de continuer de croire que l’on peut gagner sa vie en vendant sa musique.

Bonne semaine.