Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 28 mars 2011

Le produit de l'année ! !

Le produit de l'année ! !

ou

Vous n'échapperez pas au marketing, même en musique.

Chers amis,

Je débute la semaine avec optimisme. En effet, la mise en ligne des podcats, brèves, news et autres articles sur mon blog ont fait progresser significativement la fréquentation du site. Je vous en remercie.

Très prochainement une newsletter sera envoyée à mes fidèles lecteurs. Ainsi, vous serez tenus informés régulièrement des nouvelles publications.

Il y a une quinzaine de jours, j'écrivais sur ce même blog, un article intitulé « je veux être une star ». A la suite de cette chronique, je reçus plusieurs commentaires, dont un, laissé par un anonyme (Ha ! Quelle bonheur cet internet. Pouvoir insulter ou glorifier en toute tranquillité, sans jamais rien signer, que c'est bon, que cela fait du bien...) qui concluait que « l'art c'est autre chose que l'art du marketing ».

J'aimerais aujourd'hui revenir sur cette notion de « marketing ».

Depuis que la publicité existe, la musique et son industrie ont utilisé ce vecteur de communication, considérant les disques comme des « produits » semblables aux autres. On entendait déjà Léo Ferré, à la fin des années 60 cracher sur ces chansons que l'on vend « comme des paquets de cacahuètes ».

On sait aujourd'hui que ce qui représente la plus grosse part ou presque du budget, pour la sortie d'un CD, est le marketing. Comment faire savoir, sans communication, qu'un nouvel album est en vente ? Impossible.

Je le vois bien, même au niveau des autoproductions, chacun cherche l'image qui accrochera l'oeil, l'idée du clip qui créera le buzz sur la toile, le look qui permettra aux fans de reconnaître instantanément son groupe préféré et j'en oublie.

Le problème auquel sont confrontés les jeunes artistes aujourd'hui est le gouffre qui existe entre les moyens de production (un disque peut se réaliser avec quelques euros et un home studio) et les moyens de communication.

En effet, le moindre spot publicitaire radio, coûtera plusieurs milliers d'euros, sans avoir la certitude de retombées économiques. Quant aux publicités papier, elles aussi sont relativement inabordables pour les petits budgets. D'ailleurs, elles doivent être menées sur des temps relativement long, pour espérer obtenir un impact conséquent.

Bien entendu, nous avons la grande chance d'avoir cet outil merveilleux qu'est l'internet. En quelques clics, vous mettez en ligne votre travail et tentez de vous faire connaître jusqu'à l'autre bout de la terre. Cette communication virale est aussi du marketing.

Vous pouvez très bien choisir de n'utiliser que le net pour faire parler de vous et n'apparaître sur aucun autre support médiatique. Mais, sans l'aide de la publicité, donnez-lui la forme que vous voudrez, vous ne parviendrez à rien.

Julien Doré sort un nouvel album, en format collector vous aurez des enregistrements supplémentaires. Radiohead édite un CD que l'on peut se procurer sur le web en donnant ce que l'on veut. Marc Cerone sort le premier téléphone munie de titres pour le combiné. Paul Mac Cartney quitte les réseaux de distribution officiels pour s'adjoindre les services d'une chaîne de vente de café américaine. Tout ceci est marketing ! !

A aucun moment, on est bien d'accord, on ne parle de l'artistique. Un plan de développement peut être ambitieux, si le public n'accroche pas, c'est la production qui coule. Dernier exemple en date, le show Hallyday, diffusé le week-end dernier sur TF1. 1 million d'euro de production, pour finir derrière Patrick Sébastien en chiffres d'audimat. J'imagine que chez Warner il y en a qui qui doivent, en ce lundi matin, se faire taper sur les doigts. Produire c'est prendre des risques. Parfois ça passe, parfois, ça casse. Finalement, c'est le public qui décide.

Croire que l'on peut éclater uniquement grâce à une bonne chanson, sans autre appui, fait partie, de mon point de vue, du fantasme pur. A l'inverse, penser qu'un mauvais titre matraqué par les médias peut devenir un tube, se rapproche davantage de la réalité. Et c'est quoi ça, sinon du marketing ?

Bonne semaine.

Olivier

lundi 15 juin 2009

Avec ou sans toi...

Avec ou sans toi...

Chers amis,

J'ai encore pris quelque liberté avec mon calendrier et n'ai pas publié d'article la semaine passée. Je tiens à vous présenter mes sincères excuses et à rassurer celles et ceux qui m'ont écrits, inquiêts : non, je ne compte pas abandonner mon blog en si bon chemin ! Je reçois de plus en plus de messages de soutien, des demandes de rendez-vous et des propositions de collaboration. Donc vous pouvez compter sur moi !

L'article de cette semaine porte sur le "pouvoir" que nous autres : Attachés de presse, chargés de communication, expert en relations publiques... sommes sensés avoir.

A la fin du mois de mai, j'avais rendez-vous avec fabien Lecoeuvre, afin de parler d'un projet que nous avons en commun autour d'une chanteuse dont je suis en charge de la communication. Après avoir évoqué notre affaire, alors que nous étions en train de boire quelques gouttes de Champagne, notre hôte nous présenta les derniers produits qu'il avait à défendre. Parmi ceux-ci, il y avait le nouveau DVD consacré à Elie Kakou.

De retour chez moi, je m'empressai de glisser le disque dans le lecteur et de choisir le sketch de "L'attaché de presse". Vous vous souvenez sans doute du personnage, manteau léopard et chevelure rousse abondante, et qui n'a de cesse de répéter que c'est elle "qui lance les artistes !". Elle a tout de même la lucidité de reconnaitre que, bien qu'ayant envoyé des centaines d'invitations, il n'y a dans la salle que "Paris Boum boum qui est venu".

Inutile de vous dire à quel point j'apprécie ce sketch, à travers lequel je reconnais bon nombre de mes confrères. Je vous en donne deux exemples.

Un de mes clients, pensant avoir plus de poids sur les médias, a jugé bon de travailler avec moi et une autre personne. Après plusieurs semaines de travail, aucun résultat à l'horizon, sur le secteur dont cette autre communicante était en charge. Ils se séparent donc en très mauvais terme. Le jour du clash, elle m'appelle en me disant qu'un média voulait une interview, mais que étant donné la situation, elle allait tout annuler et que la carrière de l'artiste était finie avant même de commencer ! Que voulez-vous que je réponde à cela ? Ma situation est délicate, donc je ne prends partie pour aucun des deux.

Une heure plus tard le téléphone sonne. Un journaliste de France Bleu me demande s'il est possible de réaliser une interview avec l'artiste en question ! ! Etonné, je lui demande si ma consoeur n'avait pas annulé ce rendez-vous ? Dans un soupire il me lâche : "Ho ! vous savez les attaché de presse, si on les écoutait... Moi, je veux une interview de ce chanteur, c'est tout !" On cala un jour et une heure sur le planning et l'entretien eut lieu.

Je connus le même problème sur une émission de télé, avec Georgette Lemaire. Tout était arrêté, les convocations envoyées. L'attachée de presse en charge de l'organisation de cette promotion, envoya tout valser à la dernière minute. On était à deux doigts de la catastrophe, car aujourd'hui faire une émission sur une chaîne nationale est précieux dans le cadre de la mise en avant d'un artiste et par conséquent ne pas la faire peut avoir des répercussions importantes. Qu'a cela ne tienne, je trouve le numéro de téléphone du réalisateur, je l'appelle et lui présente la situation. "Bien entendu que je maintiens le rendez-vous. Moi, les attachés de presse..." L'enregistrement s'est bien déroulé et l'émission sera diffusée au cours de l'été.

Ces deux anecdotes, doivent vous permettre de prendre conscience que tout comme une hirondelle ne fait pas le Printemps, le communicant ne fera jamais de vous une vedette. Bien entendu, nous avons un rôle charnière entre vous et les médias. Nous sommes chargés de présenter et de défendre votre travail, mais au final c'est toujours le journaliste ou le programmateur qui choisit. L'attaché de presse n'est pas un rédacteur en chef et ne peut pas imposer ses choix. Je ne connais aucun spécialiste en communication qui soit encore parvenu à placer sur le JT de 20 h de TF1, le frère de la soeur d'une copine de ma voisine qui chante super trop bien ! ! En revanche si votre produit a tapé dans l'oreille d'un média, alors là, tout est permis, avec ou sans attaché de presse d'ailleurs.

Musicalement