Le produit de l'année ! !
ou
Vous n'échapperez pas au marketing, même en musique.
Chers amis,
Je débute la semaine avec optimisme. En effet, la mise en ligne des podcats, brèves, news et autres articles sur mon blog ont fait progresser significativement la fréquentation du site. Je vous en remercie.
Très prochainement une newsletter sera envoyée à mes fidèles lecteurs. Ainsi, vous serez tenus informés régulièrement des nouvelles publications.
Il y a une quinzaine de jours, j'écrivais sur ce même blog, un article intitulé « je veux être une star ». A la suite de cette chronique, je reçus plusieurs commentaires, dont un, laissé par un anonyme (Ha ! Quelle bonheur cet internet. Pouvoir insulter ou glorifier en toute tranquillité, sans jamais rien signer, que c'est bon, que cela fait du bien...) qui concluait que « l'art c'est autre chose que l'art du marketing ».
J'aimerais aujourd'hui revenir sur cette notion de « marketing ».
Depuis que la publicité existe, la musique et son industrie ont utilisé ce vecteur de communication, considérant les disques comme des « produits » semblables aux autres. On entendait déjà Léo Ferré, à la fin des années 60 cracher sur ces chansons que l'on vend « comme des paquets de cacahuètes ».
On sait aujourd'hui que ce qui représente la plus grosse part ou presque du budget, pour la sortie d'un CD, est le marketing. Comment faire savoir, sans communication, qu'un nouvel album est en vente ? Impossible.
Je le vois bien, même au niveau des autoproductions, chacun cherche l'image qui accrochera l'oeil, l'idée du clip qui créera le buzz sur la toile, le look qui permettra aux fans de reconnaître instantanément son groupe préféré et j'en oublie.
Le problème auquel sont confrontés les jeunes artistes aujourd'hui est le gouffre qui existe entre les moyens de production (un disque peut se réaliser avec quelques euros et un home studio) et les moyens de communication.
En effet, le moindre spot publicitaire radio, coûtera plusieurs milliers d'euros, sans avoir la certitude de retombées économiques. Quant aux publicités papier, elles aussi sont relativement inabordables pour les petits budgets. D'ailleurs, elles doivent être menées sur des temps relativement long, pour espérer obtenir un impact conséquent.
Bien entendu, nous avons la grande chance d'avoir cet outil merveilleux qu'est l'internet. En quelques clics, vous mettez en ligne votre travail et tentez de vous faire connaître jusqu'à l'autre bout de la terre. Cette communication virale est aussi du marketing.
Vous pouvez très bien choisir de n'utiliser que le net pour faire parler de vous et n'apparaître sur aucun autre support médiatique. Mais, sans l'aide de la publicité, donnez-lui la forme que vous voudrez, vous ne parviendrez à rien.
Julien Doré sort un nouvel album, en format collector vous aurez des enregistrements supplémentaires. Radiohead édite un CD que l'on peut se procurer sur le web en donnant ce que l'on veut. Marc Cerone sort le premier téléphone munie de titres pour le combiné. Paul Mac Cartney quitte les réseaux de distribution officiels pour s'adjoindre les services d'une chaîne de vente de café américaine. Tout ceci est marketing ! !
A aucun moment, on est bien d'accord, on ne parle de l'artistique. Un plan de développement peut être ambitieux, si le public n'accroche pas, c'est la production qui coule. Dernier exemple en date, le show Hallyday, diffusé le week-end dernier sur TF1. 1 million d'euro de production, pour finir derrière Patrick Sébastien en chiffres d'audimat. J'imagine que chez Warner il y en a qui qui doivent, en ce lundi matin, se faire taper sur les doigts. Produire c'est prendre des risques. Parfois ça passe, parfois, ça casse. Finalement, c'est le public qui décide.
Croire que l'on peut éclater uniquement grâce à une bonne chanson, sans autre appui, fait partie, de mon point de vue, du fantasme pur. A l'inverse, penser qu'un mauvais titre matraqué par les médias peut devenir un tube, se rapproche davantage de la réalité. Et c'est quoi ça, sinon du marketing ?
Bonne semaine.
Olivier
