Trois petites notes de musique ! !

Chers amis,

Allez, cette fois, c’est parti ! On ne parle déjà plus des vacances et le bronzage magnifique que nous avions tous a déjà presque disparu. Il ne reste que des souvenirs. Ceux-ci vous offriront peut-être l’occasion d’écrire de nouvelles chansons.

Je ne sais pas si chez vous c’est la même chose, mais à la maison, on attaque souvent le début du mois de septembre avec de grands travaux de réaménagement. Quelques jours de peinture et nous voilà avec un intérieur tout à fait différent.

La semaine dernière, je faisais du rangement quand, mettant le nez dans un carton enfoui au fond d’un placard, je tombai sur une pile de cassettes à bande magnétique. Je mis la première de la série dans le lecteur et quelle ne fut pas ma surprise de redécouvrir des chansons que j’avais eu l’audace d’écrire, composer et interpréter il y a plus de 25 ans en arrière ! Je ne m’étendrai pas sur le caractère Ô combien insignifiant du texte, ni sur les trois accords révolutionnaires utilisés, Ré, sol, la. Passons…

Ce qui a attiré mon attention et que je m’empresse de partager avec vous, c’est la seconde version de cette chanson, qui se trouvait enregistrée juste derrière. Dans un premier temps, une guitare et une voix avec des accords plaqués, dans un second temps, le même titre arrangé et enregistré à l’aide d’un magnéto 4 pistes, dans un petit studio. A ce moment-là, je me suis souvenu de cette séance, qui à vrai dire m’était sortie de la tête.

Un de mes copains de lycée avait donc accès à ce petit local qui servait de studio. Un jour il le proposa de l’accompagner. Une fois arrivés, je pris une guitare et me mis à jouer la chanson en question. Il me proposa de l’enregistrer « proprement ». Bingo ! On y va. Mais avant de démarrer les premières prises, il me posa quelques questions, comme : « Ta chanson, elle se passe où ? », « A quel moment de la journée », « La fille dont tu parles, elle jeune ? grande ? blonde ? brune ? ». Je n’avais pas vraiment réfléchi à tout cela en écrivant le texte, mais à la réflexion je parvins à donner des réponses à ces questions. La fille est brune et marche dans la rue en fin d’après-midi, au moment où la lumière dessine le mieux les formes et laisse apparaître les ombres avantageuses.

Vous me croirez si vous voulez, rien qu’avec ces explications mon copain réussit à mettre en valeur ma chanson. Il sut mettre en musique les mots non-dits. A partir de la phrase « elle marche dans la rue », il me proposa d’ajouter sur l’accord de ré, à certains moments précis, une petite 9ème, vous savez le petit sol que l’on retrouve souvent chez U2. Cette note couplée à une rythmique bien marquée, nous donna le résultat que jamais je n’imaginais pouvoir obtenir avec mes petites chansons (oui, parce que j’en ai fait d’autres…).

J’entends trop souvent aujourd’hui, de jeunes artistes me dire, « Nous on veut arriver avec des chansons finies, prêtes à être diffusées ». Je pense sincèrement que si la démarche est naturelle et louable, elle n’est pas toujours bien menée. Je m’explique. Une chanson ce sont des paroles et de la musique, plus un habillage (arrangements, orchestration...) Cette dernière phase de création est tout autant importante que les autres.

Je me souviens qu’à la sortie du dernier album de Jacques Higelin, celui-ci dit qu’avant de commencer à enregistrer il s’était assis avec Rodolphe Burger, le réalisateur et celui-ci l’avait fait parler du disque qu’il voulait entendre à la fin de la session. Pas une note de musique n’avait été jouée, pas une mélodie fredonnée. Juste des mots. Après quelques semaines de studio, on livra au chanteur le produit dont il avait rêvé.

Ne vous souciez pas de cette phase, la mise en valeur. Le moment venu, vous aurez à faire à une personne dont on ne parle pas assez en France : Le Réalisateur. Il vous aidera à faire sortir de vos chansons ce qu’il y a de meilleur, à mettre en avant telle note, tel mot, créer un véritable univers pour chaque titre. Je parlais de U2 juste avant. Regardez l’équipe qui suit ce groupe depuis 30 ans : Brian Eno, Daniel Lanois et Steve Lillywhite. A chaque fois c’est un succès, car il y a une vraie osmose entre tous les membres de cette équipe.

Julien Clerc, regrette le temps des années 70 où l’on arrivait chez son directeur artistique (il y en avait à cette époque) avec sa chanson sous le bras (piano-voix) et que l’on faisait confiance à cette personne chargée de trouver justement le bon arrangeur et le bon réalisateur qui transformera le plomb en Or.

Ne craignez pas de présenter vos titres, à ceux qui sont capables de les écouter, de manière brute, sans artifice. Puis, laissez-vous surprendre par les propositions que vous recevrez. Je suis certain que goûterez agréablement le plaisir de redécouvrir vos œuvres et que vous vous direz « Mince, c’est moi qui est fait ça ? »

Quant à moi, je peux jeter mon lecteur de cassettes, la bande vient de se casser…

Musicalement