Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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lundi 10 octobre 2011

Le chanteur malheureux ! !

Le chanteur malheureux ! !

ou

Faire l’artiste ne s’improvise pas

Chers amis,

Un des privilèges que nous avons, dans ce monde merveilleux du spectacle, est d’être souvent invité à assister à des représentations en tous genres. Cela va du concert d’un ami, que l’on n’a pas vu depuis longtemps, dans une grande salle, à un jeune débutant, qui voulant nous démontrer qu’il a du talent, nous envoie un carton, nous incitant à descendre dans une cave voûtée, mal équipée et peu accueillante.

spectacles de débutants donnés sur de grandes scènes !

Tout d’abord, je tiens à préciser qu’il ne sert à rien de donner des noms d’artistes. Voilà pourquoi, je ne citerai personne. Chacun mènera son enquête et reconnaitra qui il aura envie de reconnaitre…

Mercredi dernier, je me rends à deux pas de la place de la République. Un talent émergeant, la cinquantaine fougueuse, se commet en public. Une heure trente de marmonage, de crachotage et même de torpillage de succès des autres. En un mot, un calvaire pour le simple spectateur que j’étais. Heureusement que les musiciens qui entouraient la vedette étaient très bons. Toujours ça de pris ! Pas moyen de s’échapper. Une invitation s’honore jusqu’au bout, surtout lorsque vous êtes assis à côté de celui qui vous a gentiment obtenu votre billet…

Deux jours plus tard, même lieu, même heure. Entrée sur le plateau d’une dame qui sillonne les scènes et les routes depuis quelques années déjà. Là, le spectacle prend vraiment son sens. Si d’un point de vue technique tout était en place, ce qui est la moindre des choses, l’artiste, quant à elle, était « Là ». Elle incarnait vraiment son rôle. Les 90 minutes de spectacle passèrent comme si le public était confortablement installé sur une étole de soie naturelle. La chanteuse naviguait dans son répertoire comme un poisson tropical dans un océan de bonheur.

Se préparer techniquement

L’enseignement principal que je tire de cette comparaison est qu’on ne peut pas décemment se présenter sur une scène, face au public, sans avoir un minimum de base et de travail derrière soi.

Il est inadmissible qu’un chanteur entre dans la lumière, sans savoir placer sa voix, sans savoir comment bouger, sans avoir le sens du spectacle, quand il prétend en faire ! On objectera à mon propos (et je l’ai déjà entendu) qu’il a eu le courage de le faire, que monter sur scène c’est déjà un beau pari, que tout le monde n’a pas la capacité de réaliser un tel exploit…

Ces arguments en fait n’en sont pas. Cela revient à justifier n’importe quel acte par l’inconscience ! Est-ce que demain je peux, sous prétexte de posséder un permis de conduire, piloter une formule 1 ou parce que je sais faire une omelette, prendre les rênes du Grand Véfour ? Vous me prendriez pour un fou et vous auriez raison !

La chanson est un Art et comme tous les Arts, elle se travaille. Il serait bon qu’une fois pour toute, ceux qui veulent en faire profession comprennent bien qu’il y a une nette différence entre chanter dans sa salle de bain ou pour ses amis (ce qui est très sympathique) et se produire face à des gens. La différence tient à la capacité qu’a l’artiste à écouter les conseils et à progresser dans son domaine.

On ne participe pas à une finale des jeux olympiques, uniquement parce qu’on l’a décidé ! On se prépare, on s’entraine, on transpire, on se remet en question, on participe à des compétitions de qualification et parfois même on finit au pied du podium, alors on attend la prochaine olympiade et on retourne à l’entrainement.

Avoir conscience de ses limites

Si, le chanteur dont je parle, avait eu un peu de recul par rapport à son travail et était entouré de gens influents et capables de lui dire « Non, tu ne peux pas faire ça maintenant, attend encore un peu. On verra plus tard. Faisons plutôt quelques dates dans de petits endroits, pour bien nous rôder. On reviendra plus forts dans quelques temps » et qu’il ait été en mesure d’écouter ces conseils, alors nous n’aurions pas assisté au désastre de cette triste soirée.

Les excès sont néfastes, y compris d’avoir trop confiance en soi. Aveuglement et arrogance ne font pas bon ménage, surtout quand techniquement cela ne suit pas. Gageons que le temps fera son affaire et que des corrections seront apportés ou pas…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 3 octobre 2011

Scène de ménage ! !

Scène de ménage ! !

ou

Y a-t-il de la place pour tous sur scène ?

Chers amis,

Une sensation étrange m’a envahi dimanche après-midi, alors que je me rendais à la cigale, afin d’assister à un concert des légendes du rock’n roll. Dans les couloirs du métro, partout, je voyais des affiches annonçant des spectacles, des concerts, des représentations, des réductions, pour une place achetée, une place offerte, jusqu’au 25 de ce mois, c’est 50 % de réduction… __ Beaucoup trop d'offres__

Un trop plein ! Voilà ce que j’ai pensé en arpentant les quais de la RATP. Je me suis mis à la place des spectateurs et me suis demandé ce que j’irais bien voir, si j’en avais le temps et les moyens ? La réponse est simple et triste à la fois : pas grand-chose.

Non pas que la qualité ne serait pas au rendez-vous, loin de là, mais profusion nuit, j’en suis certain.

Notre société est celle du divertissement, mais aussi une société de non courage. J’entends par là, tout nous arrive déjà mâché dans notre ordinateur. Pourquoi faire un effort pour aller entendre un jeune artiste que peu de gens connaissent, dans des conditions précaires ? Qu’est-ce qui pourrait bien nous pousser hors de chez nous, afin d’assister à des représentations moyennes ? La curiosité ? Par le passée, sans doute, mais aujourd’hui…

Il y a des salles qui, tout de même, s’affranchissent du taux de remplissage, parce que subventionnées. Je pense aux Trois Baudets, par exemple. Il n’est pas rare de voir des artistes à l’affiche, avec un taux d’occupation des sièges payants, flirtant à peine avec les deux chiffres. Heureusement qu’il y a des cartons d’invitation… __ Quel avenir pour les jeunes talents ? __ Un gentil père de famille, de province, voulant produire une date pour son fils, m’a contacté la semaine passée, en me demandant si 500 € de location de salles sur Paris était un tarif « honnête » ? Que lui répondre ? Bien sûr que c’est cher, surtout lorsque personne ne vous connaît. Si vous possédez un petit public qui vous suit, c’est jouable, encore que… Faites le calcul : 50 personnes à 10 € et tout le reste à payer : musiciens, transports, hébergement, c’est juste, non ?

Etant donné que beaucoup d’artistes pensent qu’ils émergeront, quelles que soient les conditions de représentations et que des loueurs de lieux jouent sur cette crédulité, le commerce a de beaux jours devant lui et les chanteurs feront face à des salles désespérément vides…

Paradoxe

Nous vivons un grand paradoxe. L’internet a ouvert des possibilités ignorées il y a peu, laissant croire que tout le monde aurait sa place. La crise du disque a accentué la sensation que les revenus proviendraient davantage de la scène. C’est la ruée sur les planches. En même temps, c’est la place des chanteurs, non ?

Etait-il plus facile de se faire entendre par le passé ? Je ne sais pas. Il y avait moins d’artistes, mais aussi moins de moyens de diffusion. Donc rien n’a changé ! Pourtant nous avons l’impression que tout est possible. Sans doute n’est-ce qu’une impression. Le virtuel est parmi nous.

Encore plus aujourd’hui qu’hier il me semble difficile de se faire une place au soleil, dans Paris. Ailleurs…

Pourtant, je ne cesserai jamais de dire aux jeunes artistes qu’il faut y croire, se battre en permanence et ne jamais baisser les bras, que ce métier est formidable, y compris dans les moments difficiles. Il y a toujours une rencontre, une parole, une idée qui vous redonnera une folle envie de monter sur scène et de continuer votre chemin.

Je vous souhaite plein de succès pour cette nouvelle saison.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 27 décembre 2010

Etat des lieux ! !

Etat des lieux ! !

Ou

Comment bien finir l’année 2010

Chers amis,

Nous voici presque arrivés au terme de cette année 2010. Dans quelques jours, nous basculerons en 2011. Il est donc temps, pour chacun d’entre-nous, de faire un petit bilan des 365 jours écoulés.

Je le répète régulièrement, cet exercice est salutaire pour qui veut avancer sans avoir, d’une part à réitérer les erreurs passées et d’autre part cela permet de positiver et de prendre conscience de toutes nos réussites.

Souvent, j’entends dire : « c’est trop dur, je n’y arriverai pas ! », « Comment veux-tu que je parvienne à ce résultat, d’autres avant moi n’ont pas atteint cet objectif ! » et j’en passe…

La seule aide d’une feuille de papier et d’un stylo, peut vous permettre de réaliser que vous êtes plus forts que vous ne le croyez. Notez simplement toutes les démarches positives que vous avez eues au cours des douze derniers mois. Cela peut aller de l’écriture d’une chanson qui vous rend particulièrement heureux, à l’enregistrement d’un CD démo, au passage sur une scène convoitée depuis longtemps. Alignez les dates de concert, les show case, les interviews données à tous les médias, grands et petits, relevez les articles parus dans la presse et relisez-les, regardez des photos ou des vidéos extraites de tous ces événements, revivez tous ces moments.

Deux choses se produiront. La première est que votre cerveau se remettra dans l’état de joie et d’excitation vécue à ce moment-là. Vous sécréterez des hormones qui vous donneront envie de revivre de tels instants. Le second point, qui découle du précédent, est que la pratique de ce « sport », permet de retrouver ou de gagner en estime de soi. Le fait de faire un état des lieux, vous renvoie en miroir une part de vous-même. Autant prendre ce qui est bon, non !

Une fois cette étape franchie, poursuivez avec les objectifs que vous souhaitez atteindre l’an prochain. Vous voulez décrocher une distribution, accrocher un festival, avoir l’oreille d’un tourneur, signer dans une major (pourquoi pas !), écrivez-le. Il n’y a qu’en notant les choses et en les ayant sous les yeux le plus souvent possible que celle-ci se réaliseront. Votre subconscient est plus fort que vous ne l’imaginez. Il ne fait pas tout, c’est certain, mais il vous aide d’une manière puissante, pour peu que vous lui donniez de la matière.

Morgan Freeman voulait croire en sa bonne étoile au cinéma, à tel point qu’il fit confectionner une boite, dans un joli bois. Il la plaça, vide, dans son salon et chaque jour il la regardait en imaginant à l’intérieur la statuette de l’oscar du meilleur comédien. Cela finit par arriver en 2004 !

Il lui a fallu beaucoup de travail et d’abnégation pour parvenir à ce résultat, mais son esprit était programmé pour la réussite.

N’hésitez pas vous aussi à visualiser vos objectifs. Je suis certain que vous finirez par les atteindre.

Pour finir cette année, je tiens à vous remercier pour votre fidélité. Je sais que vous êtes nombreux à me lire chaque semaine et les retours que vous me faites me remplissent de joie. J’espère qu’en 2011, nous poursuivrons nos échanges avec le même plaisir, la même ferveur et surtout la même passion.

Je vous souhaite le meilleur pour cette nouvelle année.

Bonne semaine.

Olivier