Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - sacem

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lundi 30 janvier 2012

Aidez-moi ! !

Aidez-moi ! !

ou

Ne négligez aucune des aides qui existent

Chers amis,

Comme vous le savez sans doute, si vous me suivez depuis plusieurs mois, outre ce blog, j’écris également pour d’autres supports sur le net. Je collabore, depuis le début de cette année, avec Horscène, qui traite de l’information musicale autrement, mais également avec un site qui, lors de son lancement a fait grand bruit, je veux parler du Huffington Post.

De nombreux professionnels et anonymes reprochent à cette société de faire travailler gratuitement des rédacteurs. A ceux-là je répondrais simplement, que si mes lignes se trouvent publiées, c’est que je le veux bien et ai conscience de mon apport à leur commerce. Je suis libre d’interrompre à tout moment cette collaboration. Par ailleurs, il me semble que les sites participatifs existent depuis bien longtemps et n’ont jamais créé de polémique lors de leur mise en ligne…

Je note qu’en l’espace d’un mois, j’ai vu le nombre de connexions à mon blog et les demandes de conseils augmenter de façon significative. Ce qui m’amène à penser que le grand philosophe de la chanson Enrico Macias a bien raison de dire : « Donner, donner, do do donner, Dieu vous le rendra ». Il faut parfois savoir être désintéressé et ne pas manquer de dire « Que puis-je faire pour t’aider ? » A longue cela finit par payer.

SPPF ou SCPP ?

Mais ce n’est pas de cela que je souhaite vous parler cette semaine. Non, il y a bien plus sérieux comme sujet. En effet, j’ai été contacté, à la fin de l’an dernier, pour faire diffuser le clip d’un de mes artistes, sur une chaîne du câble. La condition était qu’il fallait que le producteur du vidéogramme soit affilié à une société civile de perception de droits.

Je passe quelques coups de téléphone, je me renseigne. Personne ne sait. Même le patron du petit label m’avoue ne pas avoir entrepris les démarches pour affilier sa structure de productions à ces petites mains qui vont récupérer des petits sous, là où vous n’imaginez pas qu’il puisse y en avoir.

N’étant répertorié nulle part, finalement le clip sera tout de même diffusé, mais le producteur ne pourra toucher le moindre centime, sans avoir préalablement effectué les démarches administratives, en remplissant les divers feuillets de tout un tas d’informations légales et rébarbatives à la fois. Que voulez-vous, c’est justement le prix à payer pour voir revenir dans la poche de celui qui a payé, le fruit de son travail.

Des aides à la création et au développement

Nos jeunes amis qui se lancent dans le métier, la plupart du temps pensent gagner de l’argent avec les concerts, en premier lieu, puis avec la vente de musique, qu’elle soit physique ou numérique. De ces deux activités découlent des droits d’auteur, qu’ils toucheront s’ils envoient bien leur déclaration à la SACEM, en espérant qu’ils soient inscrits auprès de la vénérable vieille dame. Tout ceci est très bien et déjà vu.

Il y a cependant une seconde catégorie de droits, un peu trop oubliés par les novices. Ce sont les droits voisins. Ceux-ci ont pris vie, il y a une trentaine d’années, sous l’impulsion de Jack Lang, alors Ministre de la Culture. Ils permettent entre autre, aux producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes (dénomination officielle), de toucher un pourcentage sur l’exploitation des œuvres pour lesquelles ils ont investi de l’argent. Ce n’est plus seulement la rémunération au support vendu mais à l’utilisation qui en est faite.

Voilà pourquoi, j’incite vivement toutes celles et ceux qui possèdent une structure de production, y compris associative, à entamer les démarches nécessaires à leur régularisation, auprès de la SPPF, par exemple. Outre le fait de pouvoir compter sur des droits, les producteurs pourront également bénéficier de nombreuses aides, environ une dizaine. Cela va de la production musicale au montage d’un show case, au support de tournée.

Le temps c'est de l'argent

Je sais que cela demande du temps, que de se consacrer au remplissage de dossiers, mais quand vous obtenez une subvention ou lorsque vous recevez un relevé de droits et que ô miracle, la société de collecte vous verse quelques dizaines, voire centaines d’euros, je vous assure que cela fait du bien.

Parfois, des âmes tristes, me rétorquent que c’est bien de la transpiration pour pas grand-chose. Ce à quoi je réponds, qu’il ne faut jamais rien négliger. Il est indécent de se plaindre de ne plus vendre comme avant, de voir ses revenus fondre comme neige au soleil et en même temps, ne pas profiter du système qui existe et qui tout de même permet de mettre un peu d’argent dans la tirelire.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 28 février 2011

Liberté, liberté chérie ! !

Liberté, liberté chérie ! !

Ou

«Créatives commons», nouvelles opportunités pour les artistes ?

Chers amis,

Tout d’abord, je tiens à vous présenter mes excuses, pour la non publication, la semaine passée, de mon article hebdomadaire. Etant déconnecté d’internet pendant quelques jours, car sans réseau wifi à proximité, (hé oui, ça arrive encore !), je ne pus mettre en ligne mon texte. A l’avenir, il me faudra gérer mieux mes absences, en utilisant l’utilitaire de programmation de parution sur mon blog. Comme quoi les erreurs sont toujours sources d’enseignements !

Il y a quelques mois, je reçus un message, provenant d’un jeune auteur compositeur. Celui-ci me demandait ce que je pensais des « Créatives commons ». Autrement dit, quel est mon sentiment concernant les « licences libres ». N’ayant pas eu à fréquenter ce sujet, car bien plus souvent questionné sur la SACEM et autres organismes de collectes, il est vrai que je n’étais pas en mesure de lui faire une réponse sur-le-champ. Il me fallu prendre un peu de recul et quelques notes afin d’y voir un peu plus clair dans cette offre qui semble attirer de plus en plus d’artistes.

Ma réflexion fut également abondée par un excellent site, sur lequel je trouvai plusieurs points de vue divergents. Je vous invite à lire le long article de Virginie Berger : http://virginieberger.com/2011/02/la-face-cachee-des-creatives-commons/

Les « creatives commons », sont des licences d’exploitations libres, garantissant d’une part les droits d’auteur au créateur et d’autre part facilite la circulation des œuvres.

Le seul et véritable avantage de cette nouvelle forme de protection (oui, c’en est bien une) est que l’artiste est le seul maitre à bord et décide de l’avenir de son travail. Le plus souvent, les auteurs utilisent les « CC » à des fins de large diffusion de leurs textes, musiques, photos…

En utilisant ce système, les artistes ne peuvent adhérer aux sociétés de collectes traditionnelles. Très bien. S’ils veulent récupérer un peu d’argent, ils doivent donc aller chercher eux-mêmes les revenus auxquels ils ont droit, car les « CC » n’exonèrent pas les diffuseurs de payer !

Si une radio diffuse de la musique placée sous licence « CC », elle ne paiera pas les trois minutes de diffusion à la SACEM. Elle devra payer directement à l’artiste. Idem pour un concert.

Sur le papier cela semble formidable comme système. Enfin, les artistes vont se prendre en main et faire entrer dans leurs poches ce qui leur revient de droit. Oui, mais, lorsque l’on sait que les radios associatives (celles qui diffusent les plus de musique sous creatives commons), paient une redevance globale, sans différenciation de l’origine de protection des titres et que ce montant est tellement infime, qu’un artiste qui viendrait réclamer son dû repartirait avec à peine quelques centimes.

Est-ce bien le travail d’un auteur compositeur que de suivre à la trace ses diffusions ? Non, bien entendu. C’est le job éventuellement du manager, du label, du producteur... Cela veut donc dire une personne qui épie et épluche des dizaines, voire des centaines de playlist pour trouver trace d’un titre. Les programmateurs peinent à vous présenter leur liste de diffusion. Le plus souvent les chansons sont mises dans un logiciel et apparaissent à l’antenne de manière aléatoire. Allez retrouver l’historique de vos passages sur les ondes ! Le temps passé ne sera jamais à la hauteur du chèque que vous demanderez.

Une fois, et je vous le souhaite, que vous deviendrez célèbre et que les grands médias vous diffuseront, vous aurez le choix de mandater une personne de votre entourage pour courir après vos droits ou vous rentrerez dans ce qui est aujourd’hui le rang et adhérerez à la sacem. Une part de vos revenus restera dans les caisses de l’organisme, mais vous serez à peu près certain de recevoir vos sous. Je dis bien à peu près…

Les creatives commons, solutions d’avenir ? Pour débuter et tenter d’exister sans passer par les institutions, c’est une solution intéressante.

Je me pose tout de même une question : pourquoi peu d’artistes « majeurs » en France sont passés sous ce régime ? A ma connaissance il n’y en a aucun. Est-ce que cela veut dire qu’il y aurait des lacunes dans ce système ou bien le confort de la tradition est-il plus fort que la nouveauté ? La réponse dans quelques années, lorsque les lignes auront bougées, si jamais elles bougent.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 31 janvier 2011

Edition Deluxe ! !

Edition deluxe ! !

Ou

Que vont devenir nos chers auteurs ?

Chers amis,

Il aurait été très facile pour moi, de vous parler cette semaine des NRJ awards, décernés il y a quelques jours, à des artistes emblématiques du néant artistique, dans lequel les décideurs veulent nous faire plonger. Récompenser deux chanteurs qui ne vendent plus aucun disque, relève de la supercherie.

Rendez-vous compte Jennifer avec ses 40 000 CD vendus est devenue « l’artiste de l’année » ! ! ! Mylène Farmer qui a écoulé 10 fois plus de copies, de son dernier opus, deviendra alors certainement « l’artiste du siècle » !

L’opacité de cette remise de prix ressemble à une élection africaine. Il y a bien un vainqueur, mais on ne sait pas tout à fait dans quelles conditions la victoire a été obtenue…

Mais ceci n’est que du « divertissement », c'est-à-dire, comme le disait Pierre Bourdieu : « Faire diversion ». En effet, tant que l’on parle de cela, on ne s’occupe pas de choses plus importantes.

Mardi dernier, j’écoutais d’une oreille distraite France Inter, lorsque j’entendis l’intitulé de la fameuse émission du soir « Le téléphone sonne » : « En direct du MIDEM, où en est l’industrie du disque ? » Je tergiverse un moment, puis je me décide à appeler, pour poser une question.

L’opératrice qui me répond a une voix si suave que j’ai la sensation d’avoir de la guimauve qui me coule dans l’oreille…

- Mademoiselle, pourrais-je avant tout, connaître les invités de l’émission de ce soir ? - Une représentante des études statistiques de la sacem, le patron de Deezer, Bernard Chérez (directeur de la programmation musicale de la station) et deux membres du groupe Aaron. - Ha… Personne pour représenter l’édition musicale ? - Non… Quelle est votre question ? - J’aimerais savoir si l’industrie musicale ou les pouvoirs publics comptent prendre en main le dossier du téléchargement illégal de paroles, partitions et tablatures ? De nombreux sites offrent des milliers d’œuvres aux internautes, sans aucune rémunération pour les ayants droits. En revanche, ces mêmes sites gagnent chaque mois des milliers d’euros, uniquement par la publicité qui est diffusée sur les pages vues ? Cela me semble poser un problème identique à celui du peer to peer. Si l’on chasse les fraudeurs de mp 3, alors il doit en être de même pour les musiciens qui ne vont plus acheter de partitions et pillent les auteurs et compositeurs !

Ma question sera sélectionnée. Je prends la parole à l’antenne et déplore en premier lieu l’absence de représentants des éditeurs autour de la table. Ma remarque restera sans réponse et ne semblera d’ailleurs pas émouvoir les invités…

C’est à la dame de la SACEM que l’animateur envoie la patate chaude. En gros c’est « Tiens, débrouille-toi avec ça ! ». Je n’obtiendrai qu’un vague assentiment et un laconique « Oui, ce problème nous préoccupe en ce moment. Voyez avec la chambre syndicale des éditeurs, ils seront plus à même de vous répondre ». Au revoir, Monsieur.

Bien entendu, mon intervention n’était pas innocente et n’attendait pas de réponse définitive. Je sais ce qui se trame dans l’ombre, mais je voulais faire passer le message, à une heure de grande écoute.

Le cœur de métier des éditeurs est bien l’impression de partitions, de song book, de recueil de paroles, grâce à quoi les auteurs peuvent vivre. Si cette part de rémunération disparaît, au profit du téléchargement illégal, les éditeurs disparaitront et les auteurs avec.

De gros chèques ont été signés entre des fournisseurs de télécommunications et les instances de l’édition. Ils ont préféré prendre des sous aujourd’hui, sans se soucier de demain, tout en laissant des catalogues entiers à la disposition des internautes. Tous les auteurs auront-ils touché leur part ?

La gestion d’un patrimoine (et Dieu sait si celui de la chanson française est riche) se fait sur du long terme et non sur quelques semaines, voire quelques années. Il serait temps qu’une offre légale apparaisse sur le marché.

Mon appel aura-t-il servi à lever un coin du tapis et à découvrir le tas de poussière qui se cache dessous ? Modestement, je le souhaite pour ceux qui écrivent de belles chansons.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 2 novembre 2009

Hygiaphone ! !

Hygiaphone ! !

Chers amis,

Je rentre d’un week-end de travail, en Bretagne. J’accompagnais Georgette Lemaire, pour deux concerts donnés au Trousse chemise, petite salle de Langan, située à quelques kilomètres de Rennes. Outre la qualité des représentations, ce qui m’a le plus marqué est l’accueil que nous avons reçus.

En province les gens vous reçoivent les bras ouverts et avec chaleur. Toujours à disposition et prêts à dégainer toute une gamme de solutions au moindre problème.

Il y a une dizaine de jours nous étions avec Balablan dans une salle parisienne. A l’arrivée du groupe en fin d’après-midi, c’est l’équipe des musiciens de la seconde partie qui l’a reçu. Distribution de deux tickets chacun pour une consommation au bar et à la fin du show, une poignée de main molle, qui laissa entendre qu’il n’y aurait aucun partage des recettes, le bistrotier n’ayant pas fait son minimum de chiffre d’affaire (un peu trop élevé à mon goût). Voilà pourquoi, une nouvelle fois, je me dis que sont bienheureux ceux qui peuvent vivre de leur art, loin des grandes agglomérations mangeuses de talents.

Je reviendrai je pense à cet aspect des choses dans un autre article. Aujourd’hui, il me semble important d’attirer l’attention des jeunes artistes sur le potentiel d’aides qu’ils peuvent trouver tout autour d’eux et auxquelles ils ne pensent pas forcément.

Au printemps dernier, je suis allé voir une jeune demoiselle appelée Lune. Elle donnait un concert sur une péniche, au pied de la grande bibliothèque. A la fin du show nous avons un peu discutés. Je l’ai retrouvée participant au concours Zicmeup, en mai dernier. Cette fois-ci nous avons pris un peu plus de temps et elle m’a raconté comment elle était parvenue à décrocher une série de dates dans de belles salles de la capitale (Le Zèbre, La bellevilloise...).

Il lui a suffit de remplir de nombreux dossiers de demandes de subventions auprès de différents organismes, pour récolter quelques centaines d’Euro par-ci, quelques milliers d’autres par là.

Bien que vivant dans un pays dit capitaliste, je peux vous assurer que l’Etat, ainsi que de nombreuses structures, aident les jeunes créateurs. Je vous entends déjà me dire : « Oui, il y a des aides, mais ce sont toujours les mêmes qui les ont !». A ceci je répondrai une chose : Oui, ceux qui obtiennent des aides les ont demandées…

Le ïatus est que l’on demande aux artistes d’effectuer un travail de secrétariat, tout en étant créatifs. C’est mission impossible et voilà pourquoi tant d’eux ne trouvent pas la force de remplir les petites cases de tous les documents récupérés. Mais, avec un peu de volonté et peut-être en étant entouré d’une équipe cohérente, ce travail peut-il devenir fructueux.

Je vous invite à vous rendre sur tous les sites web des diverses structures : SACEM, ADAMI, FCM, SCPP… cherchez les rubriques de propositions de subventions, ouvrez, lisez, trouvez le numéro de téléphone de l’antenne la plus proche de chez vous, prenez rendez-vous avec une personne et non avec un serveur vocal, présentez votre projet et vous verrez il y a de grandes chances pour que vous obteniez de l’aide.

Attention toutefois à ne pas croire qu’après avoir lu mon article, tous les artistes bénéficieront de l’argent public ! Il faut bien entendu que votre projet soit cohérent, qu’il ait un aspect professionnel. Il vous faudra sans doute justifier d’une structure, au minimum une association, au mieux un label, mais également de facture de studio, de pressage, de location de salle pour un show case, de fiches de paie pour les musiciens…

Les aides existent. Elles sont données à ceux qui possèdent un cadre structuré. Là, peut-être commence pour vous la galère. Très souvent également, l’argent que vous pouvez recevoir, n’est versé qu’en contre-partie de la présentation d’une facture ou d’un contrat. C’est-à-dire que vous devez avancer les frais et vous faire rembourser à une certaine hauteur ensuite. Vous devez donc avoir des petits reins solides dès le départ pour pouvoir assumer les engagements en cas de non versement des sommes demandées.

J’ai connu par le passé des compagnies de théâtre qui ne fonctionnaient que comme cela. Elles présentaient des projets à toutes les commissions et attendaient le verdict. Si aucune aide ne venait, elles abandonnaient les projets, fussent-ils magnifiques.

Dans la musique, on ne peut travailler ainsi. La chanson est un art vivant, de l’instant. Il est impensable de demander à un auteur-compositeur d’écrire des chansons et lui dire : « Si l’argent ne vient pas tu laisses ton œuvre dans un tiroir. »

Le plus difficile c’est de faire le premier pas. Une fois que vous êtes en marche, rien ne peut plus vous arrêter, à part vous, bien sûr.

Musicalement

Olivier