C'est la fête, la fête ! !
Chers amis,
A l’instar de tous les médias, je passe dès ce jour en mode « programme d’été » et vous livre donc mon dernier article avant congés. Bien qu’étant relié en quasi permanence au monde, grâce à l’internet, je pense que vous ferez comme moi et prendrez tout de même des vacances, bien méritées. Celles-ci vous permettront de recharger vos batteries, pour revenir à la rentrée, d’une part en pleine forme et d’autre part le cœur et l’esprit remplis de beaux projets artistiques.
Comme évoqué la semaine passée, je vais vous conter deux expériences vécues le jour de la fête de la musique en 2008 et 2009.
Le 21 juin de l’an passé, j’étais sur la place Saint Nicolas à Bastia. Jessie Karel, Chanteuse originaire des Alpes, dont j’assurais la promotion à cette époque, avait été choisie pour clore le plateau organisé par NRJ Corse. Avant son passage un petit groupe local de collégiens joua quelques reprises Pop-rock. Il y avait du cœur et beaucoup de fausses notes et de break joués à contre-temps. Peu importe, la place était noire de monde et les applaudissements nourris. L’ambiance était idéale. Jessie monta sur scène. Après trois chansons, le public s’en était allé et l’audience avait fondu comme neige au soleil.
Je vous prie de croire que le talent de la chanteuse n’était pas en cause, car quelques mois avant ce voyage, je l’avais vue sur scène, dans sa région, au Grand Bornant, chanter face à un public de plusieurs centaines de personnes et n’en perdre aucune en cours de représentation.
Je mis ce demi-échec sur le compte de la faute à « pas de chance » et sur un match de football qui à-priori intéressait énormément le peuple de l’île de beauté…
Cette année au début du printemps, je reçus une belle proposition pour Balablan cette fois. Un plateau organisé par R.J.R, une radio de Reims, sur la place de l’hôtel de ville. Même scénario que l’an passé. Groupe local qui marche bien en première partie, puis une fois Balablan sur scène, les rangs se désertent. Ceux qui ont déjà vu cet artiste sur scène ne me démentiront pas, lorsqu’il prend le micro, il ne laisse personne indifférent, normalement…
Je peux vous assurer que ces deux dernières « fête de la musique » m’ont laissé un goût amer.
Alors ? Quelle leçon peut-on tirer de ces expériences ?
Je pense qu’une nouvelle fois, la carte « vedette locale » a joué à plein. En effet, sinon comment expliquer que de jeunes gens, sans grands talents, puissent fédérer autour d’eux une foule immense ?
Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, et l’écris à nouveau aujourd’hui, devenez une star chez vous, dans votre ville, dans votre région. C’est le meilleur moyen que vous ayez pour obtenir une belle visibilité. Les médias locaux sont toujours plus attirés vers les artistes du crû, que vers les parisiens en Bretagne ou les alsaciens au Pays basque !
Imposer un chanteur n’est pas chose aisée. Il ne faut pas croire que le public avale tout ce qu’on lui donne. Il faut savoir le lui présenter. En fait, si vous n’avez pas de gros passages en radio ou en télé, de belles chroniques dans la presse papier ou un gros buzz sur le net, il sera quasi impossible de faire de vous une star dans une région qui ne vous connaît pas. Combien de fois ai-je entendu : « Mais, sa chanson elle passe sur quelle radio ? »
A croire que le fait d’être estampillé Virgin radio, RTL2 ou Le Mouv’ donnait forcément une valeur ajoutée à votre talent !
On peut rager contre cet état de fait, mais comment s’y opposer ? Il ne faut pas justement aller au combat frontalement, il faut s’adapter à la situation. Ne cherchez pas à monter à tout prix à Paris, cela ne sert pas à grand chose. Creusez votre trou et rayonnez depuis là où vous vous trouvez. Petit à petit, vous grignoterez des kilomètres et augmenterez votre rayon d’action.
Un jour viendra, vous pourrez vous flatter d’avoir cartonné à 500 kilomètres de chez vous. A ce moment-là, le vrai succès et la reconnaissance du public ne seront plus très loin.
Sur ces mots, je vous souhaite de passer un bel été et vous invite à me retrouver début septembre.
Musicalement.
Olivier
