Toi, mon vieux copain ! !
Chers amis,
Mon horoscope ce matin m’indique que, en tant que lion, j’en fait trop et qu’il faut lever le pied, sinon je cours le risque de m’épuiser… C’est bien la première fois que je trouve un message aussi négatif dans les étoiles. Si je le comprends bien, il me conseille, pour parvenir à atteindre mes objectifs, d’en faire le moins possible ! ! ! Je n’ai jamais lu un tel précepte dans aucun ouvrage traitant de la réussite professionnelle. Faites comme moi, dès demain, même si la tentation est forte, passez rapidement la page consacrée aux astres…
J’ai eu le grand plaisir la semaine passée, de présenter mon activité de blogueur sur l’antenne de Radio Néo. Depuis, le nombre de pages vues sur mon site me prouvent que la voie médiatique traditionnelle, radiophonique, a encore de beaux jours devant elle.
Bien entendu, j’ai reçu quelques messages « intéressés » de la part de quelques faux amis. Ils se découvrent toujours au mauvais moment.
Cela me renvoie à une discussion que j’ai eue il y a de cela deux ans en arrière. A cette époque je travaillais avec un garçon, sûr de son talent et de ses amitiés dans le show business. Il est vrai qu’il collectionnait un nombre de numéros de téléphone assez conséquent et appelait très facilement des animateurs télé ou radio, au beau milieu du jour ou de la nuit. Lors de nos premières rencontres, je dois avouer que je fus très impressionné par son annuaire.
J’entamais donc mon travail, de prise de contact avec les médias, de façon sereine, car je savais que je pourrais une fois assise une petite réputation de mon artiste auprès des radios régionales, attaquer les gros réseaux.
En l’espace de quelques semaines j’avais obtenu la diffusion d’un premier single sur une cinquantaine de stations, un peu partout en France. J’étais donc sur le bon chemin. Tout naturellement je me suis adressé à mon ami en lui demandant de faire jouer son réseau pour que sa carrière prenne un véritable tournant et décolle.
Les appels se sont enchaînés, par dizaines. J’étais souvent face à ce chanteur aux amitiés nombreuses. Nous passions de longues après-midi à contacter untel qui est sur RFM ou tel autre qui parle dans le micro de RTL. A chaque fois les échanges étaient courtois, chaleureux et sincères, mais à l’arrivée toujours le même discours : « Tu sais je pourrais te filer le petit coup de main, mais quand tu seras entré en playlist chez nous ou quand tu auras une grosse actu ». Moi, je voyais ces conversations comme de vrais échecs, car ils ne débouchaient sur rien de concret. Il y avait en permanence cette notion d’évitement, qui permet aux gens de presse de sembler être intéressés (peut-être le sont-ils sincèrement) par le sujet que vous leur apportez, mais qui finalement ne s’investissent pas.
Pourquoi ? Tout simplement parce qu’un animateur n’est pas un décideur, n’est pas le rédacteur en chef de son programme, n’est pas le patron qui définit la ligne éditoriale de son média. Un animateur est aux ordres de sa direction ! Avez-vous déjà vu d’illustres inconnus passer en vedette sur le plateau de Taratata ou de Chabada, le diamanche après-midi ? Moi pas. Est-ce que cela veut dire que Naguy et Daniella Lumbroso n’ont pas d’amis musiciens ? Certainement pas. D’ailleurs, je pense même qu’ils doivent être très sollicités. Non, cela veut simplement dire qu’à choisir et pour faire de l’audimat, ils préfèreront toujours programmer des valeurs sûres qui attireront le spectateur, plutôt que de faire la part belle à leurs copains.
Si vous avez la possibilité, regardez l’émission « Watt’s In », sur les chaînes régionales telles que Nantes 7, TV7, Wéo… Johann Perrier qui produit ce programme doit fournir chaque semaine quinze minutes d’interviews d’artistes. Toutes les majors (Sony, Warner, Universal, EMI) et autres gros labels indépendants, lui envoient régulièrement leurs nouveautés. Il n’a qu’à piocher, afin de concevoir sa liste d’invités. S’il lui prenait l’envie de ne réaliser que des émission consacrées uniquement à ses copains, il est à peu près certain que les acheteurs se détourneraient rapidement de son offre et iraient chercher ailleurs une production capable de fournir les minutes voulues. Voilà pourquoi, même quand son cœur balance pour un artiste émergent, mais sans notoriété, il préfèrera interviewer Pascal Obispo ou Enrique Iglésias.
Tout comme dans le milieu bancaire, dans le show business, bien souvent, on ne prête qu’aux riches…
Pour en revenir à mon ami et son carnet d’adresses long comme le bras d’un lanceur de javelot, je dirais que vous pourrez mettre à profit tous vos contacts lorsque vous serez établi et légitime à votre place. En attendant, dorlotez-les, chouchoutez-les, mais ne vous bercer pas trop d’illusions. Tant que vous en serez à chanter vos chansons, très bonnes sans aucun doute, dans des petits clubs et à auto-produire votre CD avec vos économies, les portes des grands médias resteront malheureusement fermées, même si vous passez vos vacances avec le patron de NRJ.
D’ailleurs, avec qui vais-je partir cet hiver ? Je vous enverrai une carte postale pour vous le faire savoir…
Musicalement
Olivier
