Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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lundi 7 décembre 2009

Toi, mon vieux copain ! !

Toi, mon vieux copain ! !

Chers amis,

Mon horoscope ce matin m’indique que, en tant que lion, j’en fait trop et qu’il faut lever le pied, sinon je cours le risque de m’épuiser… C’est bien la première fois que je trouve un message aussi négatif dans les étoiles. Si je le comprends bien, il me conseille, pour parvenir à atteindre mes objectifs, d’en faire le moins possible ! ! ! Je n’ai jamais lu un tel précepte dans aucun ouvrage traitant de la réussite professionnelle. Faites comme moi, dès demain, même si la tentation est forte, passez rapidement la page consacrée aux astres…

J’ai eu le grand plaisir la semaine passée, de présenter mon activité de blogueur sur l’antenne de Radio Néo. Depuis, le nombre de pages vues sur mon site me prouvent que la voie médiatique traditionnelle, radiophonique, a encore de beaux jours devant elle.

Bien entendu, j’ai reçu quelques messages « intéressés » de la part de quelques faux amis. Ils se découvrent toujours au mauvais moment.

Cela me renvoie à une discussion que j’ai eue il y a de cela deux ans en arrière. A cette époque je travaillais avec un garçon, sûr de son talent et de ses amitiés dans le show business. Il est vrai qu’il collectionnait un nombre de numéros de téléphone assez conséquent et appelait très facilement des animateurs télé ou radio, au beau milieu du jour ou de la nuit. Lors de nos premières rencontres, je dois avouer que je fus très impressionné par son annuaire.

J’entamais donc mon travail, de prise de contact avec les médias, de façon sereine, car je savais que je pourrais une fois assise une petite réputation de mon artiste auprès des radios régionales, attaquer les gros réseaux.

En l’espace de quelques semaines j’avais obtenu la diffusion d’un premier single sur une cinquantaine de stations, un peu partout en France. J’étais donc sur le bon chemin. Tout naturellement je me suis adressé à mon ami en lui demandant de faire jouer son réseau pour que sa carrière prenne un véritable tournant et décolle.

Les appels se sont enchaînés, par dizaines. J’étais souvent face à ce chanteur aux amitiés nombreuses. Nous passions de longues après-midi à contacter untel qui est sur RFM ou tel autre qui parle dans le micro de RTL. A chaque fois les échanges étaient courtois, chaleureux et sincères, mais à l’arrivée toujours le même discours : « Tu sais je pourrais te filer le petit coup de main, mais quand tu seras entré en playlist chez nous ou quand tu auras une grosse actu ». Moi, je voyais ces conversations comme de vrais échecs, car ils ne débouchaient sur rien de concret. Il y avait en permanence cette notion d’évitement, qui permet aux gens de presse de sembler être intéressés (peut-être le sont-ils sincèrement) par le sujet que vous leur apportez, mais qui finalement ne s’investissent pas.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’un animateur n’est pas un décideur, n’est pas le rédacteur en chef de son programme, n’est pas le patron qui définit la ligne éditoriale de son média. Un animateur est aux ordres de sa direction ! Avez-vous déjà vu d’illustres inconnus passer en vedette sur le plateau de Taratata ou de Chabada, le diamanche après-midi ? Moi pas. Est-ce que cela veut dire que Naguy et Daniella Lumbroso n’ont pas d’amis musiciens ? Certainement pas. D’ailleurs, je pense même qu’ils doivent être très sollicités. Non, cela veut simplement dire qu’à choisir et pour faire de l’audimat, ils préfèreront toujours programmer des valeurs sûres qui attireront le spectateur, plutôt que de faire la part belle à leurs copains.

Si vous avez la possibilité, regardez l’émission « Watt’s In », sur les chaînes régionales telles que Nantes 7, TV7, Wéo… Johann Perrier qui produit ce programme doit fournir chaque semaine quinze minutes d’interviews d’artistes. Toutes les majors (Sony, Warner, Universal, EMI) et autres gros labels indépendants, lui envoient régulièrement leurs nouveautés. Il n’a qu’à piocher, afin de concevoir sa liste d’invités. S’il lui prenait l’envie de ne réaliser que des émission consacrées uniquement à ses copains, il est à peu près certain que les acheteurs se détourneraient rapidement de son offre et iraient chercher ailleurs une production capable de fournir les minutes voulues. Voilà pourquoi, même quand son cœur balance pour un artiste émergent, mais sans notoriété, il préfèrera interviewer Pascal Obispo ou Enrique Iglésias.

Tout comme dans le milieu bancaire, dans le show business, bien souvent, on ne prête qu’aux riches…

Pour en revenir à mon ami et son carnet d’adresses long comme le bras d’un lanceur de javelot, je dirais que vous pourrez mettre à profit tous vos contacts lorsque vous serez établi et légitime à votre place. En attendant, dorlotez-les, chouchoutez-les, mais ne vous bercer pas trop d’illusions. Tant que vous en serez à chanter vos chansons, très bonnes sans aucun doute, dans des petits clubs et à auto-produire votre CD avec vos économies, les portes des grands médias resteront malheureusement fermées, même si vous passez vos vacances avec le patron de NRJ.

D’ailleurs, avec qui vais-je partir cet hiver ? Je vous enverrai une carte postale pour vous le faire savoir…

Musicalement

Olivier

lundi 29 juin 2009

C'est la fête, la fête ! !

C'est la fête, la fête ! !

Chers amis,

A l’instar de tous les médias, je passe dès ce jour en mode « programme d’été » et vous livre donc mon dernier article avant congés. Bien qu’étant relié en quasi permanence au monde, grâce à l’internet, je pense que vous ferez comme moi et prendrez tout de même des vacances, bien méritées. Celles-ci vous permettront de recharger vos batteries, pour revenir à la rentrée, d’une part en pleine forme et d’autre part le cœur et l’esprit remplis de beaux projets artistiques.

Comme évoqué la semaine passée, je vais vous conter deux expériences vécues le jour de la fête de la musique en 2008 et 2009.

Le 21 juin de l’an passé, j’étais sur la place Saint Nicolas à Bastia. Jessie Karel, Chanteuse originaire des Alpes, dont j’assurais la promotion à cette époque, avait été choisie pour clore le plateau organisé par NRJ Corse. Avant son passage un petit groupe local de collégiens joua quelques reprises Pop-rock. Il y avait du cœur et beaucoup de fausses notes et de break joués à contre-temps. Peu importe, la place était noire de monde et les applaudissements nourris. L’ambiance était idéale. Jessie monta sur scène. Après trois chansons, le public s’en était allé et l’audience avait fondu comme neige au soleil.

Je vous prie de croire que le talent de la chanteuse n’était pas en cause, car quelques mois avant ce voyage, je l’avais vue sur scène, dans sa région, au Grand Bornant, chanter face à un public de plusieurs centaines de personnes et n’en perdre aucune en cours de représentation.

Je mis ce demi-échec sur le compte de la faute à « pas de chance » et sur un match de football qui à-priori intéressait énormément le peuple de l’île de beauté…

Cette année au début du printemps, je reçus une belle proposition pour Balablan cette fois. Un plateau organisé par R.J.R, une radio de Reims, sur la place de l’hôtel de ville. Même scénario que l’an passé. Groupe local qui marche bien en première partie, puis une fois Balablan sur scène, les rangs se désertent. Ceux qui ont déjà vu cet artiste sur scène ne me démentiront pas, lorsqu’il prend le micro, il ne laisse personne indifférent, normalement…

Je peux vous assurer que ces deux dernières « fête de la musique » m’ont laissé un goût amer.

Alors ? Quelle leçon peut-on tirer de ces expériences ?

Je pense qu’une nouvelle fois, la carte « vedette locale » a joué à plein. En effet, sinon comment expliquer que de jeunes gens, sans grands talents, puissent fédérer autour d’eux une foule immense ?

Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, et l’écris à nouveau aujourd’hui, devenez une star chez vous, dans votre ville, dans votre région. C’est le meilleur moyen que vous ayez pour obtenir une belle visibilité. Les médias locaux sont toujours plus attirés vers les artistes du crû, que vers les parisiens en Bretagne ou les alsaciens au Pays basque !

Imposer un chanteur n’est pas chose aisée. Il ne faut pas croire que le public avale tout ce qu’on lui donne. Il faut savoir le lui présenter. En fait, si vous n’avez pas de gros passages en radio ou en télé, de belles chroniques dans la presse papier ou un gros buzz sur le net, il sera quasi impossible de faire de vous une star dans une région qui ne vous connaît pas. Combien de fois ai-je entendu : « Mais, sa chanson elle passe sur quelle radio ? »

A croire que le fait d’être estampillé Virgin radio, RTL2 ou Le Mouv’ donnait forcément une valeur ajoutée à votre talent !

On peut rager contre cet état de fait, mais comment s’y opposer ? Il ne faut pas justement aller au combat frontalement, il faut s’adapter à la situation. Ne cherchez pas à monter à tout prix à Paris, cela ne sert pas à grand chose. Creusez votre trou et rayonnez depuis là où vous vous trouvez. Petit à petit, vous grignoterez des kilomètres et augmenterez votre rayon d’action.

Un jour viendra, vous pourrez vous flatter d’avoir cartonné à 500 kilomètres de chez vous. A ce moment-là, le vrai succès et la reconnaissance du public ne seront plus très loin.

Sur ces mots, je vous souhaite de passer un bel été et vous invite à me retrouver début septembre.

Musicalement.

Olivier

lundi 22 juin 2009

Cette leçon vaut bien un fromage ! !

Cette leçon vaut bien un fromage ! !

Chers amis,

Vous ne m'en voudrez pas si je n'aborde pas aujourd'hui le fameux et tant attendu sujet de "La fête de la musique". Celle-ci est encore trop fraîche dans ma tête et mon esprit encore un peu endormi, pour que je puisse écrire de manière objective. Non, je vais vous raconter une petite histoire qui s'est déroulée la semaine passée et qui sera pour vous, je l'espère, riche en réflexion.

Jeudi dernier alors que je sortai du café de la danse, après y avoir vu le très beau spectacle de Christina Rosmini intitulé "Sous l'oranger", je tombai nez à nez avec une artiste dont je fus en charge de la promotion il y a quelqus mois. A l'époque, son "petit" label et son "petit" producteur" m'ont demandé, comme tous les autres d'ailleurs, de leur décrocher au minimum une rotation sur NRJ, rien que ça ! Bien entendu cette station m'a rit au nez. Je suis tout de même parvenu à faire entrer son single en rotation sur une des webradio de ce groupe, ce qui à mon sens était déjà un certain succès. Mais il leur en fallait plus. Toujours plus, mais sans avoir une véritable connaissance du fonctionnement des radios. Bref, on se sépara à cette époque, bons amis, mais en froid tout de même.

J'appris au cours de notre conversation qu'elle galérait de nouveau pour trouver, des diffusions de ses titres et des dates de concerts. En somme le lot de tout artiste qui n'a pas de structure autour de lui. Puis elle me demanda ce que je faisais en ce moment. Je lui expliquais donc que je m'occupais de la communication de Georgette Lemaire et de la sortie de son nouvel album. Suite à cela je fis une liste des médias que nous avions rencontrés pour cette promo. Bien entendu j'ai évoqué France Soir, RTL, Europe 1, LCI et j'en passe. D'un air désespéré, mon ex-cliente me demanda : mais pourquoi n'as-tu pas utilisé ces contacts pour moi ?

A ce moment-là, je me suis dit qu'une démonstration vaudrait sans doute mieux qu'un long discours. Je pris mon téléphone et appela devant elle, une amie journaliste qui écrit dans de nombreux magazines culturels. Je pris soin de mettre le haut-parleur afin qu'il n'y eut pas d'ambigüité au cours de la discussion.

- Christine ! C'est Olivier. J'aimerais te présenter une chanteuse dont je m'occupe actuellement. - Oui, qui est-ce ? - Tu ne la connais pas, mais je pense que tu seras surprise quand tu la rencontreras. Elle a vraiment un truc en plus. - Comme toutes les autres ! Elles ont toutes un truc en plus. Sérieusement, elle est signée chez qui ? - Un petit label des deux-Sèvres. - ... et elle est distribuée par qui ? - Un petit distributeur. - ... c'est petit alors ? - Elle débute... - Que veux-tu que je fasse pour elle ? Je vais la rencontrer et après ? Même si je trouvais son album plutôt bien, tu penses qu'un des rédac-chefs avec qui je bosse me laisserait passer un papier sur elle ? Tu sais je reçois 10 CD par semaine, alors entre le dernier Georgette Lemaire ou celui de ta chanteuse, pour les journaux y a pas photo. Elle a Contacter la PQR. Eux, ils aprécient de mettre en avant les jeunes talents. - On a déjà fait ça. - Je ne peux que vous encourrager à continuer ! - Merci Christine. A bientôt.

Je vis en quelques secondes se décomposer le visage de ma chanteuse. Non, on ne ment pas lorsque l'on dit aux jeunes artistes : "Rêver, mais pas trop". Si nous ne parvenons pas à obtenir les gros résultats que "vous" espérez, ce n'est pas faute de travailler, c'est tout simplement que le système médiatique à un mode de fonctionnement particulier et que l'on ne peut aller contre. Il faut appréhender tous les échelons hirarchiques un à un, pour enfin parvenir au sommet. Cela prend du temps et demande beaucoup d'NRJ, mince je l'ai redit...

Musicalement