Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - musique

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vendredi 12 octobre 2012

Faut rigoler ! !

Faut rigoler ! !

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L’amateurisme des certains « professionnels » parfois fait peur

Chers amis,

Mais quelle rigolade ! ! Non, franchement, je n’avais pas ri autant depuis, depuis… Laissez-moi vous raconter, l’anecdote qui m’a mis en joie. Il y a une dizaine de jours, je reçoisde la part d’un illustre inconnu, un mail assez flatteur à mon endroit et relativement directif, quant à l’écoute d’un titre, d’une chanteuse sortant de nulle part. Je pris donc trois minutes et écoutai l’œuvre.

Jusqu’ici, rien que de bien normal et finalement d’assez habituel. Je reçois très fréquemment des MP3. Je renvoie donc un message au « manager-producteur » de la future vedette, en lui demandant de préciser ce qu’il attend de moi. Son premier message ne formulait pas clairement une demande en particulier.

C'est une blague ?

C’est en lisant son second mail que les bras m’en sont tombés, dans un premier temps, puis dans un second, je me suis dit que cela devait être une blague. Depuis, je ris à chaque fois que je jette un œil dessus.

Pour résumer son propos, je dirais qu’il voulait tout simplement, que j’aille faire le tour des majors avec sa maquette sous le bras, que forcément c’était un tube, donc je n’aurais aucun mal à trouver un label. Puis, il fallait que je fasse connaitre l’artiste à tous les médias de la place de Paris, avec de préférence des articles élogieux dans les journaux les plus lus et branchés de notre pays. Ensuite, je n’aurai aucun mal à trouver un tourneur et faire faire à la star une quarantaine de dates à travers le pays…

J’arrête là, la longue liste de lieux communs que l’importun m’infligeait. J’avais en fait, l‘impression de lire un résumé des 10 étapes à suivre pour réussir dans le show business.

Les "pseudo-professionnels"

Ce qui m’a vraiment amusé dans ses propos, n’est pas tant les points sur lesquels il insistait et était certain d’obtenir des résultats sans trop d’efforts, que l’aplomb dont il faisait preuve en me débitant sa tirade, convaincu qu’il était de détenir « LE » vrai bon produit. Autant vous dire, de suite, que la chanson est plus que quelconque et que ladite chanteuse n’a rien d’extraordinaire dans la voix qui pourrait laisser penser qu’une star naîtra dans les jours qui viennent.

Bien entendu, ce monsieur a raison, il faut passer par toutes ces étapes-là : maquette, label, distributeur, tourneur, presse, TUBE ! ! ! ! Mais de grâce, arrêtez de penser qu’il suffit de claquer des doigts pour faire tomber un disque d’OR ! ! Cessez de croire à la réalisation de vos rêves, uniquement parce que vous y pensez très fort ! !

Je suis toujours stupéfait par ces pseudo-professionnels qui semblent vouloir attaquer la falaise, car s’en est bien une, sans aucune préparation, ni aucune connaissance technique. Ceux-là se ramassent bien souvent après avoir gravi seulement une poignée de centimètres. Ils ne tombent pas de haut, mais peuvent se faire mal. Ce qui est grave, c’est que ces inconscients-là emportent dans leurs rêves (leurs chutes aussi) une jeunesse qui ne demande qu’à y croire et qui s’accroche à des paroles sans fondements.

Cette jeune chanteuse, sait-elle au moins comment fonctionne ce petit monde ? A-t-elle conscience du travail à fournir pour parvenir à mettre un pied sur une scène ? Comprend-elle comment se fait une playlist dans n’importe quelle radio et que les priorités qui sont données par les programmateurs répondent le plus souvent à des impératifs économiques, plus qu’à des considérations artistiques ? Je ne le crois pas ou alors, elle est aveuglée par le discours caricatural de son gourou de producteur.

Charlatanisme et escroquerie

Cette façon de procéder est très proche de celle qu’utilisent les attachés de presse, les plus fourbes et cupides, lorsqu’ils annoncent à un artiste qu’en les prenant sous contrat, ils sont certains d’entrer en rotation sur les plus grosses FM et d’obtenir toutes les télés de France, ainsi que la presse à grand tirage. Tous ces discours relèvent du charlatanisme et de l’escroquerie.

Soit on fait partie du monde de la musique et on sait comment celui-ci fonctionne, donc on ne tient pas ce type de discours, à tort et à travers, soit on vient d’une autre planète et là, permettez-moi de dire combien la naïveté du propos me fait rire. Mais, si vous combinez naïveté et microcosme, alors cela donne cette potion magique qui m’a fit rire, mais rire…

Bonne semaine.

Olivier

lundi 30 janvier 2012

Aidez-moi ! !

Aidez-moi ! !

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Ne négligez aucune des aides qui existent

Chers amis,

Comme vous le savez sans doute, si vous me suivez depuis plusieurs mois, outre ce blog, j’écris également pour d’autres supports sur le net. Je collabore, depuis le début de cette année, avec Horscène, qui traite de l’information musicale autrement, mais également avec un site qui, lors de son lancement a fait grand bruit, je veux parler du Huffington Post.

De nombreux professionnels et anonymes reprochent à cette société de faire travailler gratuitement des rédacteurs. A ceux-là je répondrais simplement, que si mes lignes se trouvent publiées, c’est que je le veux bien et ai conscience de mon apport à leur commerce. Je suis libre d’interrompre à tout moment cette collaboration. Par ailleurs, il me semble que les sites participatifs existent depuis bien longtemps et n’ont jamais créé de polémique lors de leur mise en ligne…

Je note qu’en l’espace d’un mois, j’ai vu le nombre de connexions à mon blog et les demandes de conseils augmenter de façon significative. Ce qui m’amène à penser que le grand philosophe de la chanson Enrico Macias a bien raison de dire : « Donner, donner, do do donner, Dieu vous le rendra ». Il faut parfois savoir être désintéressé et ne pas manquer de dire « Que puis-je faire pour t’aider ? » A longue cela finit par payer.

SPPF ou SCPP ?

Mais ce n’est pas de cela que je souhaite vous parler cette semaine. Non, il y a bien plus sérieux comme sujet. En effet, j’ai été contacté, à la fin de l’an dernier, pour faire diffuser le clip d’un de mes artistes, sur une chaîne du câble. La condition était qu’il fallait que le producteur du vidéogramme soit affilié à une société civile de perception de droits.

Je passe quelques coups de téléphone, je me renseigne. Personne ne sait. Même le patron du petit label m’avoue ne pas avoir entrepris les démarches pour affilier sa structure de productions à ces petites mains qui vont récupérer des petits sous, là où vous n’imaginez pas qu’il puisse y en avoir.

N’étant répertorié nulle part, finalement le clip sera tout de même diffusé, mais le producteur ne pourra toucher le moindre centime, sans avoir préalablement effectué les démarches administratives, en remplissant les divers feuillets de tout un tas d’informations légales et rébarbatives à la fois. Que voulez-vous, c’est justement le prix à payer pour voir revenir dans la poche de celui qui a payé, le fruit de son travail.

Des aides à la création et au développement

Nos jeunes amis qui se lancent dans le métier, la plupart du temps pensent gagner de l’argent avec les concerts, en premier lieu, puis avec la vente de musique, qu’elle soit physique ou numérique. De ces deux activités découlent des droits d’auteur, qu’ils toucheront s’ils envoient bien leur déclaration à la SACEM, en espérant qu’ils soient inscrits auprès de la vénérable vieille dame. Tout ceci est très bien et déjà vu.

Il y a cependant une seconde catégorie de droits, un peu trop oubliés par les novices. Ce sont les droits voisins. Ceux-ci ont pris vie, il y a une trentaine d’années, sous l’impulsion de Jack Lang, alors Ministre de la Culture. Ils permettent entre autre, aux producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes (dénomination officielle), de toucher un pourcentage sur l’exploitation des œuvres pour lesquelles ils ont investi de l’argent. Ce n’est plus seulement la rémunération au support vendu mais à l’utilisation qui en est faite.

Voilà pourquoi, j’incite vivement toutes celles et ceux qui possèdent une structure de production, y compris associative, à entamer les démarches nécessaires à leur régularisation, auprès de la SPPF, par exemple. Outre le fait de pouvoir compter sur des droits, les producteurs pourront également bénéficier de nombreuses aides, environ une dizaine. Cela va de la production musicale au montage d’un show case, au support de tournée.

Le temps c'est de l'argent

Je sais que cela demande du temps, que de se consacrer au remplissage de dossiers, mais quand vous obtenez une subvention ou lorsque vous recevez un relevé de droits et que ô miracle, la société de collecte vous verse quelques dizaines, voire centaines d’euros, je vous assure que cela fait du bien.

Parfois, des âmes tristes, me rétorquent que c’est bien de la transpiration pour pas grand-chose. Ce à quoi je réponds, qu’il ne faut jamais rien négliger. Il est indécent de se plaindre de ne plus vendre comme avant, de voir ses revenus fondre comme neige au soleil et en même temps, ne pas profiter du système qui existe et qui tout de même permet de mettre un peu d’argent dans la tirelire.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 16 janvier 2012

La p'tite monnaie ! !

La p’tite monnaie ! !

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Et si on payait les chanteurs quand ils chantent…

Chers amis,

Quel plaisir de commencer une semaine en découvrant un article dans le quotidien Métro, consacré au travail de Renaud Hantson et Laurent Karila, autour du concept-album « AddictionS », disque intégralement consacré aux risques et dangers liés à la prise de produits stupéfiants, d’une part et d’autre part un excellent Live report du Satan’s Fest III, toujours organisé par le fondateur de Satan Jokers.

Je souhaite à chacun de mes lecteurs, de connaitre un jour, le plaisir de participer à une aventure aussi enrichissante humainement que professionnellement. Je suis certain que nous ne faisons que commencer un long chemin qui nous mènera vers des réussites significatives.

Course à la visibilité

A la relecture de deux articles consacrés aux ventes d’albums physiques, sur les six derniers mois de l’année 2011, m’est venue une réflexion, quant à l’importance de la visibilité médiatique.

Depuis de nombreuses années, et cela s’est accéléré avec le temps, une fois qu’un artiste avait un nouveau disque, tout beau tout chaud, sorti des presses, il fallait se précipiter, se battre, se déchirer, pour passer dans une des grandes émissions de télé, afin d’être certain d’en écouler un bon gros paquet de 10 000, dès l’ouverture du Monop’, le lendemain matin.

Il fut même un temps où les chanteurs touchaient un cachet, pour chanter sur les plateaux des buttes Chaumont, dans les studios antiques et disparus de la légendaires S.F.P. A cette époque, la télé n’avait que trois chaines publiques. On y entendait les dernières niaiseries des hit-parades, mais pas seulement. Des artistes installés depuis bien longtemps dans le paysage, venaient interpréter un titre et s’en allait, empochant au passage une enveloppe aussi épaisse que leur renommée.

Télé "commerciale"

Puis est arrivée la télé commerciale, celle qui doit conserver des « temps de cerveau disponible, pour vendre du coca cola ». A partir de ce moment, les médias ont cessé de payer au motif que chaque passage à l’antenne étant promotionnel, le producteur allait s’y retrouver à l’arrivée. Cela a été vrai jusqu’à il n’y a pas longtemps. Effectivement, quand on sait ce que coûte un spot de publicité sur une chaine importante, on se dit qu’un plateau gratuit à 20 h 50 et 6 millions de spectateurs qui regardent c’est toujours bon à prendre.

Ce fut vrai pour presque tous. Cela ne l’est plus que pour quelques-uns. Je ne prendrai qu’un seul exemple. Quand on regarde à nouveau le matraquage médiatique qu’il y a eu l’an passé, pour la sortie de « Bichon », l’album de Julien Doré et que l’on s’intéresse aux chiffres de vente, on est en droit de se poser plusieurs questions.

Tout d’abord, l’album méritait-il cette présence aussi accrue sur les antennes ? Je n’en suis pas persuadé, mais le plus important est ailleurs. Julien Doré est un « bon client » pour les médias. Il a une bonne petite gueule ; il n’est pas aussi idiot que certains le disent ; il plaît aux jeunes filles. C’est donc le bon produit à faire de l’audience. Un booster d’audimat.

Et c’est quoi l’audimat, si ce n’est de l’argent qui rentre dans les caisses de la chaine qui diffuse ? L’artiste lui, aujourd’hui passe à la télé, mais ne vend plus rien. Comme dans une équation, on devrait faire une proposition inverse : Comme ce n’est plus la télé qui fait gagner de l’argent aux artistes, mais le contraire, il serait donc logique que les chanteurs qui se produisent devant les caméras touchent de nouveau un cachet, pour chacune de leur prestation !

Il est temps de changer l'ordre des choses.

Dans un pays limitrophe et francophone, de notre hexagone, il existe une émission de variétés, à l’ancienne, qui paie les artistes. Je fus d’ailleurs très surpris lorsqu’on me demanda quel serait le montant du cachet, pour que telle chanteuse aille sur leur plateau ?

On ne pourra plus faire croire encore longtemps aux créateurs, que le simple fait de passer sur la une ou la douze, permet de se faire une réputation et d’engranger ensuite des tonnes d’euros. Ce temps touche à sa fin.

Rêvons un peu. Et si, chaque fois qu’un média contactait un agent, celui-ci répondait : « D’accord pour venir dans votre programme, c’est 5000 ! » et que l’autre accepte, alors le monde aurait changé. Mais, tant que le show business attirera à lui des papillons éphémères, prêts à tout, y compris à payer, pour s’exhiber face aux caméras, alors il ne sert à rien de se battre. Les mass-média ont gagné. Tant pis pour les artistes.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 9 janvier 2012

Il n'y a plus rien ! !

Il n’y a plus rien ! !

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Trop de reprises tue la création

Chers amis,

J’ai eu à rencontrer un peu avant Noël, une équipe de production audiovisuelle. Alors que nous parlions d’un projet bien précis, j’ai demandé quelles étaient les émissions qu’ils avaient déjà produites. La jeune femme, face à moi, me fit une liste aussi longue qu’un ticket de supermarché, au début du mois quand le compte en banque est approvisionné. Je ne retins qu’un seul programme. Bien entendu, celui-ci était musical et s’appelait « Star Sur Seine »

L’idée était bonne et me plaisait bien. Je la manque le jour de diffusion, mais la retrouve en replay. J’en regarde quelques minutes et au-delà de l’aspect « Déjà vu », oui parce que ce concept n’est pas nouveau, ce qui m’a une nouvelle fois marqué et interrogé, c’est la prestation de Shym. De son superbe sourire, elle nous a présenté son nouveau single « En apesanteur », reprise de Calogero.

Que de reprises ! !

Je venais d’évoquer dans un autre article, les résultats des meilleures ventes pour l’année 2011. Force était de constater que les prêtres et Nolwenn Leroy caracolaient en tête, avec des albums composés uniquement de reprises !

Je me suis alors souvenu, d’un propos de Charles Aznavour qui n’hésitait pas à défendre ce type d'enregistrement, dans un de ses livres, mettant en avant le fait que le patrimoine devait vivre et qu’il était bon que des chanteurs, en mal de bonnes chansons, s’attaquent à un répertoire pioché dans le passé.

Si cela pouvait se justifier à une époque où les auteurs n’étaient pas si nombreux, où les compositeurs avaient du mal à faire entendre leurs musiques, aujourd’hui ce n’est plus pareil. Grâce aux nouveaux moyens de communication, un artiste ne peut plus être isolé et mourir dans l’indifférence générale, pour peu qu’il soit entouré de quelques personnes qui l’aideront à exister sur le web, puisque c’est bien de cela qu’il s’agît.

De moins en moins de créativité

Alors pourquoi depuis plusieurs mois maintenant, il semble qu’il y ait une course à la « reprise » ? Est-ce qu’il y a un bonus offert par le gouvernement ? Chacun y va d’ailleurs, de son soi-disant « petit plus », qui en fait n’apporte pas grand-chose de neuf. Bref, passons…

J’ai l’étrange sensation que plus le temps passe et plus la créativité s’étiole. Qui peut me citer un ou deux grands courants musicaux actuels ? Le rap ne connaît toujours pas l’essor auquel il aspire, depuis bientôt 30 ans. L’electro est représentée par des DJ aux figures emblématiques, mais pas par des œuvres inoubliables. Le rock est le style qui survit le mieux aux années. Et après ?

Un de mes amis, musicien de formation classique, me fit remarquer que dans son domaine de compétence, il n’y avait presque pas de compositeurs, juste beaucoup d’interprètes et qu’il leur était impensable de se mettre à composer durant les périodes de disette de représentation, tant la création était réservée à certains.

Doit-on imaginer le monde de la chanson, de la variété, comme celui du classique ? Avec simplement une quantité incalculable, de plus ou moins bons interprètes et seulement une petite poignée de « vrais » auteurs, compositeurs ? Si tel est le cas, alors sonnera le glas.

Les plus belles pages ont été écrites, semble-t-il. Plus personne ne paraît en mesure de se frotter aux statues de commandeur, qui trône dans les mémoires de chacun d’entre nous. Il semble que nous ne retrouverons pas de sitôt de grandes figures qui nous marqueront pour longtemps et enrichiront le patrimoine.

Quand une société n’est plus capable de se renouveler, c’est qu’elle est au bord de la destruction. Au début, elle s’asphyxie, puis disparaît.

Soyez originaux

Si l’envie vous venait de vouloir faire des reprises, ce qui est naturel lorsque l’on débute une carrière, ne vous contentez surtout pas de faire du copier-coller. Apportez à la chanson ce petit supplément qui vous caractérise. N’hésitez pas à malmener les arrangements, à torturer les harmonies, à ralentir le rythme, à transposer d’un style dans un autre.

Il vous faudra vous amuser avec la matière existante, afin de vous l’approprier à part entière. Sinon, cela ne sera qu’une version en plus, en moins bien, d’un titre que tout le monde connait déjà et préfère l’originale.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 19 décembre 2011

Petit Papa Noël ! !

Petit papa Noël ! !

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Des disques pour cadeaux, quelle idée !

Chers amis,

Nous voici arrivés dans la dernière ligne droite de cette année 2011. La semaine prochaine, pour moi, sera off. Dernier billet, dernière chronique, avant d’attaquer les 366 prochains jours, plein de bonnes résolutions. Si j’en crois les projets qui sont posés sur le coin de mon bureau, 2012 sera résolument musicale ! On s’en reparle très vite.

Noël ne connaît pas la crise

S’il y a bien une période qui ne connaît pas la crise, c’est celle de Noël. En effet, année après année, les chiffres liés à l’industrie de la musique sont toujours de plus en plus mauvais. Les ventes de disques ont chuté de manière vertigineuse, ça nous le savons tous. En revanche, la lecture détaillée des statistiques démontre que sur le mois de décembre, le CD reste un produit phare ! Les années passent, mais les résultats liés aux fêtes de Noël sont à peu de chose près constants.

Les consommateurs continuent d’offrir de la musique ! Je veux dire, des disques. Vous conviendrez qu’il est plus agréable de remettre entre les mains de ceux qu’on aime, un coffret comprenant les symphonies de Beethoven ou l’intégrale des Beatles. Je ne me vois pas glisser dans une santiag, au pied du sapin, une carte prépayée qui ne ressemble à rien et qui surtout, ne permet pas de symboliser la marque du cadeau.

Même si nous évoluons de plus en plus dans un univers dématérialisé, le besoin de se raccrocher au réel reste fort. Nous ne pouvons mettre toutes nos émotions, nos envies, nos rêves, dans du numérique. Voilà pourquoi, une fois par an, faire sauter le joli bolduc rouge et éclater le papier coloré qui emballe le paquet est rassurant et nous comble de bonheur.

Et le vinyle ?

Je vais même aller plus loin. Alors que je déambulais dans les rayons de la FNAC, la semaine dernière, j’ai eu plaisir à passer en revue tout le linéaire (pas très important certes) de disques vinyles. Je trouve que l’idée de rééditer des albums de U 2 ou d’AC/DC est judicieuse. Ne serait-il pas subversif de ne sortir que des nouveautés sous cette forme ?

Une grande partie du marché se fait dans les caves de l’internet, en douce. Même si Hadopi court après les resquilleurs, elle n’en attrape qu’une infime partie. Le reste s’échange des fichiers sur des sites que tout le monde connaît mais fait comme si ils n’existaient pas… Alors que risquerait-on à sortir le dernier Moby ou le prochain Biolay sur une belle galette noire de 30 cm ? Pas grand-chose. Cela aurait de la gueule, non ?

Le disque témoin de notre histoire

Vous devez me trouver passéiste. Pas tant que cela. Je trouve extraordinaire de pouvoir faire tenir dans un petit objet de quelques centimètres carrés, des milliers de chansons ! Je veux juste attirer l’attention sur le fait, qu’à mon sens, il y aura toujours de la musique vendue sous forme physique. Les linéaires disparaitront ou presque, des magasins de janvier à novembre, puis refleuriront pour les fêtes de fin d’année.

De plus, les majors ne sachant plus quoi faire pour enrayer la fuite des capitaux, vers l’économie souterraine, multiplient les offres, comprenant parfois des inédits, des remix, des raretés, bref de bons produits. Alors, pourquoi s’en priver ?

Que l’on se rassure, il y aura toujours de la musique pour Noël. Aujourd’hui, nous offrons les titres qui appartiennent au patrimoine, comme nous mettons les œuvres complètes de Balzac, dans notre bibliothèque. C’est autant un geste d’attachement au passé, qu’un éventuel acte de découverte d’un artiste pour les plus jeunes. L’objet en lui-même possède le pouvoir du témoin que l’on se passe au cours d’un relai. Il est la matérialisation de notre histoire. En sera-t-il de même, demain, avec un simple fichier ? ?

Pas certain que les téléchargements soient en forte croissance ces prochains jours… On en reparlera, chiffres à l’appui, une fois que seront publiées les statistiques du troisième trimestre 2011.

Pour l’heure, je vous souhaite de bien finir cette année, en musique, bien entendu et vous donne rendez-vous en janvier 2012.

Bonnes fêtes.

Olivier

lundi 12 décembre 2011

Tu parles trop ! !

Tu parles trop ! !

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Les chanteurs ne chantent plus, ils parlent…

Chers amis,

J’ai lu hier une interview de Pascal Nègre. A ma grande surprise, le puissant patron d’Universal se dit heureux. En effet, selon lui la révolution numérique est une réussite et le marché de la musique est reparti. Il est vrai que lorsque l’on est presque mort, il est bien légitime, au moindre signe positif, de se croire Lazare ressuscité. Que les dieux de la musique, d’Hadopi et de la carte prépayée t’entendent, Pascal !

Les Bénéfices du doute

Mais ce n’est pas de cela que je veux parler en ce lundi. Je crois effectivement que le verbe « parler » n’aura jamais aussi bien collé à la réalité de ce qu’est la chanson actuellement. Non pas que les artistes parlent plus qu’ils ne chantent, mais se font entendre plus par leur discours que par leurs œuvres.

Il n’aura échappé à personne qui s’intéresse un tant soit peu à l’actualité des sorties d’albums, que nous avons eu la dernière livraison de Bénabar. Un album de variété intitulé : « Les bénéfices du doute ».

A l’occasion de la promotion de cet opus, le chanteur a fait la tournée des médias. Jusqu’ici tout semble normal. Là où ça se gâte, à mon sens, c’est qu’en zappant ces dernières soirées, j’ai retrouvé Bénabar dans plusieurs émissions invité, non pas à chanter, mais à s’expliquer sur les polémiques de son disque précédent, sur les paroles de ces chansons que certains parfois trouvent un peu légères, sur ses nouveaux textes tellement engagés dans le politiquement correct, sur les musiques, les arrangements, la photo de la pochette…

Faire du buzz

Aujourd’hui, les médias semblent préférer davantage le bla bla à la chanson ! Bien entendu un échange verbal peut déraper, peut entrainer un clash, peut amener l’artiste là où il ne souhaitait pas aller et en fin de compte créer un buzz qui sera bien plus bénéfique au programme concerné et peu au chanteur. Une chanson dure trois petites minutes, au cours desquelles il ne se passe rien qui puisse être repris dans le zapping le lendemain et faire s’esclaffer les fans du Grand journal.

Voilà pourquoi, on préfèrera de plus en plus bavarder tranquillement, deviser gaiement, batifoler autour d’une grande table aux côtés de chroniqueurs qui n’auront de cesse de dire « allez, on regarde un extrait du dernier clip », puis enchaîneront sur des questions aussi fondamentales que « êtes-vous plutôt fromage ou dessert ? » ou tout aussi sympathique « les critiques, ça fait mal, non ? ». Ce à quoi le chanteur tentera de répondre avec le plus de gentillesse possible, parce que son attaché de presse lui a fait comprendre que c’est super important de passer pour un garçon sensible et émouvant.

Allez, je vais jouer une nouvelle fois à l’ancien combattant, mais il fut un temps où les émissions musicales existaient et permettaient aux chanteurs de chanter ! !

Ping pong verbal

Je ne peux que conseiller aux jeunes prétendants de faire du media training. Conservez vos forces et votre voix pour les scènes et plateaux, autres que ceux de la télé ou de la radio. Préparez-vous à avoir à répondre à tout un tas de questions aussi idiotes qu’insensées. Si vous ne possédez pas le minimum de répartie nécessaire, alors vous pourriez vivre des moments douloureux. Si, en revanche, vous êtes à la hauteur du ping pong que l’on vous fera jouer, alors vous aurez une chance de sortir la tête haute de ce face à face.

Nous vivons tout de même une époque très paradoxale. Plus on multiplie les canaux de diffusion : Radios, télés, sites web, plus laisse d’espace pour la chanson, moins on en entend ! ! Comment comprendre cette situation ? Malheureusement, je n’en ai pas la moindre idée…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 5 décembre 2011

Imitation ! !

Imitation ! !

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Imiter le passé, pour mieux envisager l’avenir

Chers amis,

Jeudi et vendredi de la semaine dernière, j’étais sur la route, avec Renaud Hantson. Tout d’abord, un très beau moment vécu lors du concert donné au casino 2000, de Mondorf les bains, au Luxembourg. Le public, à la fois fidèle et conquis par la prestation tellement humaine du chanteur, restera jusque tard dans la nuit aux cotés de l’artiste. Qu’il est bon et réconfortant de sentir autant d’amour autour de celui que l’on doit accompagner, pour son retour dans la lumière. Ce n’est jamais gagné d’avance, mais je me dis que la voie(x) est libre !

Génération Stars

Puis, vendredi soir, nous étions à Vesoul, pour la finale de « Générations Stars ». Ce concours récompense celui ou celle qui demain prendra la place de Yannick Noah ou Nolwenn Leroy.

Chacun des candidats devaient présenter deux titres. A priori, il n’y avait pas de contrainte de forme. Reprises ou compositions, tout était permis. A mon sens, cela biaise quelque peu le jeu, car celui qui prend un vrai risque en se présentant avec une chanson originale aura finalement plus de chance de l’emporter, car les professionnels apprécient beaucoup ceux qui se mettent en danger.

Bien chanter un titre de Goldman ou un extrait de Starmania, peut donner l’impression parfois d’assister à un Karaoké géant. Dans ce cas, les comparaisons fusent et les claques peuvent tomber plus rapidement qu’on ne le pense. Il est finalement bien plus casse gueule de croire au bénéfice du déjà existant au détriment de l’originalité.

Mais, n’étant pas membre de l’organisation de cette épreuve, je me garderai bien de donner des conseils à l’équipe qui gère cette compétition depuis sept ans déjà. Si cela dure c’est que l’ensemble des participants s’y retrouvent.

L'imitation est-elle limitation ?

Je voudrais simplement revenir sur un aspect, que nous avons été plusieurs à noter. A différents moments, au cours des prestations, nous avons entendu, dans la salle des : « Ho ! t’as vu, on dirait untel ! » et « Il essaie trop de ressembler à… ». On m’a posé la question au cours de l’entracte : « ne trouves-tu pas qu’il y a parfois trop d’imitation dans les interprétations ? »

A ce moment-là m’est revenu en mémoire un article paru dans un magazine d’arts martiaux. Celui-ci était intitulé « L’imitation est-elle limitation ? », car bon nombre de pratiquants ont tendance à chercher les postures et attitudes de leurs ainés pour progresser.

Que répondait le maître à cette interrogation ? Hé bien, qu’il est tout à fait naturel qu’un jeune qui débute et qui cherche sa voie soit guidé par les pas de ceux qui le précèdent. Attention, il est primordial d’avoir à ses côtés, si l’on veut avancer, un guide, un coach, un professeur, qui aide à apprendre les bonnes postures, à corriger les mauvaises habitudes et qui montre le chemin. C’est ainsi qu’en partant d’un statut d’imitateur, on se libère d’un carquant et que l’on devient soi-même.

Dans la chanson, il en est de même. Que l’on admire Michael Jackson ou Mylène Farmer, au point de travailler leurs chansons, face à sa télé, avec un DVD de Karaoké, pourquoi pas, mais à ce moment-là, il est préférable de n’avoir aucune velléité artistique. Vous finirez par obtenir, le ton juste, la gestuelle parfaite de vos idoles, mais après ? Vous ne serez qu’un clone à travers lequel on retrouvera une part de l’original, mais sans l’être ! Quand vous serez entrés dans la peau de celui que vous admirez, vous ne vous en sortirez qu’avec beaucoup de mal. Si vous pouvez, d’ailleurs…

Le travail pour aller de l'avant

Ce travail sur le passé est nécessaire. On a tous gratouillé et massacré, sur des guitares désaccordées, les succès de Brassens ou Leforestier. Il faut à un moment s’affranchir des anciens et partir sur sa propre route. Le drame est que bien souvent les jeunes artistes sont peu ou pas du tout entourés, ce qui ne leur permet pas de se trouver. Ils végèteront, prendront de mauvaises directions et finiront par se perdre dans le dédale du petit monde du show business.

J’ai déjà écrit, peut-être une centaine de fois, que devenir chanteur c’est avant tout beaucoup de travail et ce travail ne peut se réaliser seul, dans sa chambre ou sa cave. Il faut avoir face à soi un miroir qui renvoie non pas ce que l’artiste veut voir, mais ce qu’il faut savoir. C’est le rôle du maître dans un dojo d’arts martiaux, corriger, afin de permettre à l’élève d’aller de l’avant, de se découvrir, pour connaitre ensuite l'harmonie.

J’espère que vous aurez tous à cœur de trouver celui ou celle qui vous aidera à prendre les bonnes décisions et vous permettra de faire naitre véritablement l’artiste qui est en vous, sans limites !

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 20 octobre 2011

La révolution est en marche ! !

Elle n'est pas encore au bout du chemin, la révolution qui rendra les artistes enfin heureux ! ! Le secteur est toujours entre à cheval entre deux mondes. Pour combien de temps ?

vendredi 14 octobre 2011

Apprendre à faire l'artiste ! !

On n'est pas artiste naturellement, on le devient ! Je reviens sur l'idée que l'on pourrait monter sur scène, uniquement parce qu'on en a envie, mais sans le talent qui va avec.

lundi 10 octobre 2011

Le chanteur malheureux ! !

Le chanteur malheureux ! !

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Faire l’artiste ne s’improvise pas

Chers amis,

Un des privilèges que nous avons, dans ce monde merveilleux du spectacle, est d’être souvent invité à assister à des représentations en tous genres. Cela va du concert d’un ami, que l’on n’a pas vu depuis longtemps, dans une grande salle, à un jeune débutant, qui voulant nous démontrer qu’il a du talent, nous envoie un carton, nous incitant à descendre dans une cave voûtée, mal équipée et peu accueillante.

spectacles de débutants donnés sur de grandes scènes !

Tout d’abord, je tiens à préciser qu’il ne sert à rien de donner des noms d’artistes. Voilà pourquoi, je ne citerai personne. Chacun mènera son enquête et reconnaitra qui il aura envie de reconnaitre…

Mercredi dernier, je me rends à deux pas de la place de la République. Un talent émergeant, la cinquantaine fougueuse, se commet en public. Une heure trente de marmonage, de crachotage et même de torpillage de succès des autres. En un mot, un calvaire pour le simple spectateur que j’étais. Heureusement que les musiciens qui entouraient la vedette étaient très bons. Toujours ça de pris ! Pas moyen de s’échapper. Une invitation s’honore jusqu’au bout, surtout lorsque vous êtes assis à côté de celui qui vous a gentiment obtenu votre billet…

Deux jours plus tard, même lieu, même heure. Entrée sur le plateau d’une dame qui sillonne les scènes et les routes depuis quelques années déjà. Là, le spectacle prend vraiment son sens. Si d’un point de vue technique tout était en place, ce qui est la moindre des choses, l’artiste, quant à elle, était « Là ». Elle incarnait vraiment son rôle. Les 90 minutes de spectacle passèrent comme si le public était confortablement installé sur une étole de soie naturelle. La chanteuse naviguait dans son répertoire comme un poisson tropical dans un océan de bonheur.

Se préparer techniquement

L’enseignement principal que je tire de cette comparaison est qu’on ne peut pas décemment se présenter sur une scène, face au public, sans avoir un minimum de base et de travail derrière soi.

Il est inadmissible qu’un chanteur entre dans la lumière, sans savoir placer sa voix, sans savoir comment bouger, sans avoir le sens du spectacle, quand il prétend en faire ! On objectera à mon propos (et je l’ai déjà entendu) qu’il a eu le courage de le faire, que monter sur scène c’est déjà un beau pari, que tout le monde n’a pas la capacité de réaliser un tel exploit…

Ces arguments en fait n’en sont pas. Cela revient à justifier n’importe quel acte par l’inconscience ! Est-ce que demain je peux, sous prétexte de posséder un permis de conduire, piloter une formule 1 ou parce que je sais faire une omelette, prendre les rênes du Grand Véfour ? Vous me prendriez pour un fou et vous auriez raison !

La chanson est un Art et comme tous les Arts, elle se travaille. Il serait bon qu’une fois pour toute, ceux qui veulent en faire profession comprennent bien qu’il y a une nette différence entre chanter dans sa salle de bain ou pour ses amis (ce qui est très sympathique) et se produire face à des gens. La différence tient à la capacité qu’a l’artiste à écouter les conseils et à progresser dans son domaine.

On ne participe pas à une finale des jeux olympiques, uniquement parce qu’on l’a décidé ! On se prépare, on s’entraine, on transpire, on se remet en question, on participe à des compétitions de qualification et parfois même on finit au pied du podium, alors on attend la prochaine olympiade et on retourne à l’entrainement.

Avoir conscience de ses limites

Si, le chanteur dont je parle, avait eu un peu de recul par rapport à son travail et était entouré de gens influents et capables de lui dire « Non, tu ne peux pas faire ça maintenant, attend encore un peu. On verra plus tard. Faisons plutôt quelques dates dans de petits endroits, pour bien nous rôder. On reviendra plus forts dans quelques temps » et qu’il ait été en mesure d’écouter ces conseils, alors nous n’aurions pas assisté au désastre de cette triste soirée.

Les excès sont néfastes, y compris d’avoir trop confiance en soi. Aveuglement et arrogance ne font pas bon ménage, surtout quand techniquement cela ne suit pas. Gageons que le temps fera son affaire et que des corrections seront apportés ou pas…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 6 octobre 2011

Une place pour chacun ?

Le podcast de l'article de cette semaine. Réflexion sur le grand nombre de spectacles dans la capitale. Est-ce que cela permet à tous les artistes de pouvoir s'exprimer ?

lundi 3 octobre 2011

Scène de ménage ! !

Scène de ménage ! !

ou

Y a-t-il de la place pour tous sur scène ?

Chers amis,

Une sensation étrange m’a envahi dimanche après-midi, alors que je me rendais à la cigale, afin d’assister à un concert des légendes du rock’n roll. Dans les couloirs du métro, partout, je voyais des affiches annonçant des spectacles, des concerts, des représentations, des réductions, pour une place achetée, une place offerte, jusqu’au 25 de ce mois, c’est 50 % de réduction… __ Beaucoup trop d'offres__

Un trop plein ! Voilà ce que j’ai pensé en arpentant les quais de la RATP. Je me suis mis à la place des spectateurs et me suis demandé ce que j’irais bien voir, si j’en avais le temps et les moyens ? La réponse est simple et triste à la fois : pas grand-chose.

Non pas que la qualité ne serait pas au rendez-vous, loin de là, mais profusion nuit, j’en suis certain.

Notre société est celle du divertissement, mais aussi une société de non courage. J’entends par là, tout nous arrive déjà mâché dans notre ordinateur. Pourquoi faire un effort pour aller entendre un jeune artiste que peu de gens connaissent, dans des conditions précaires ? Qu’est-ce qui pourrait bien nous pousser hors de chez nous, afin d’assister à des représentations moyennes ? La curiosité ? Par le passée, sans doute, mais aujourd’hui…

Il y a des salles qui, tout de même, s’affranchissent du taux de remplissage, parce que subventionnées. Je pense aux Trois Baudets, par exemple. Il n’est pas rare de voir des artistes à l’affiche, avec un taux d’occupation des sièges payants, flirtant à peine avec les deux chiffres. Heureusement qu’il y a des cartons d’invitation… __ Quel avenir pour les jeunes talents ? __ Un gentil père de famille, de province, voulant produire une date pour son fils, m’a contacté la semaine passée, en me demandant si 500 € de location de salles sur Paris était un tarif « honnête » ? Que lui répondre ? Bien sûr que c’est cher, surtout lorsque personne ne vous connaît. Si vous possédez un petit public qui vous suit, c’est jouable, encore que… Faites le calcul : 50 personnes à 10 € et tout le reste à payer : musiciens, transports, hébergement, c’est juste, non ?

Etant donné que beaucoup d’artistes pensent qu’ils émergeront, quelles que soient les conditions de représentations et que des loueurs de lieux jouent sur cette crédulité, le commerce a de beaux jours devant lui et les chanteurs feront face à des salles désespérément vides…

Paradoxe

Nous vivons un grand paradoxe. L’internet a ouvert des possibilités ignorées il y a peu, laissant croire que tout le monde aurait sa place. La crise du disque a accentué la sensation que les revenus proviendraient davantage de la scène. C’est la ruée sur les planches. En même temps, c’est la place des chanteurs, non ?

Etait-il plus facile de se faire entendre par le passé ? Je ne sais pas. Il y avait moins d’artistes, mais aussi moins de moyens de diffusion. Donc rien n’a changé ! Pourtant nous avons l’impression que tout est possible. Sans doute n’est-ce qu’une impression. Le virtuel est parmi nous.

Encore plus aujourd’hui qu’hier il me semble difficile de se faire une place au soleil, dans Paris. Ailleurs…

Pourtant, je ne cesserai jamais de dire aux jeunes artistes qu’il faut y croire, se battre en permanence et ne jamais baisser les bras, que ce métier est formidable, y compris dans les moments difficiles. Il y a toujours une rencontre, une parole, une idée qui vous redonnera une folle envie de monter sur scène et de continuer votre chemin.

Je vous souhaite plein de succès pour cette nouvelle saison.

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 29 septembre 2011

Durée de vie : 90 jours !

Voici le format audio de l'article de cette semaine. 90 jours est la durée de vie moyenne d'une chanson en radio.

mardi 27 septembre 2011

L'été indien ! !

L’été indien ! !

ou

La durée de vie d’une chanson en radio est très courte…

Chers amis,

C’est l’été indien ! Magnifique. Une saison qui s’étire sur plus de trois mois, c’est tellement agréable. J’espère que vous en profitez tous et que vous vous sentez aussi fort et détendu qu’en plein mois de juillet, au bord de la mer, les pieds dans le sable.

Ha ! L’été indien, c’est malheureusement ce que ne connaissent jamais la plupart des titres qui entrent en radio… En effet, une étude à constater que la majorité des singles, qui passent sur nos ondes, ont une durée de vie moyenne de 3 mois et puis s’en vont.

Le temps d’une petite saison et puis c’est la disparition…

Voilà pourquoi le temps que dure un contrat de promotion n’est pas tellement plus long que ça. Pourquoi passer plus de temps sur un titre qui à peine entré est déjà ressorti ?

Deux solutions : Soit votre single est assez fort et peut espérer une petite prolongation de durée de vie. Je vous le souhaite, car dans ce cas de figure, vous pouvez commencer à penser que vous tenez peut-être une bombe. Soit vous ne faites pas vraiment de vagues et dans ce cas, il vous faudra très vite envisager un changement de fusil d’épaule.

On me dira que les temps ont changé, que la mode est au « toujours plus vite », que les artistes n’ont pas le temps de prendre leurs marques, qu’on ne donne plus leur chance aux chansons et bla bla bla !

Hit parade

En reprenant les classements des « hit parades » des années 70, on s’aperçoit que bon nombre de chansons vont et viennent et que très vite elles sont remplacées par d’autres. A cette époque, les 45 tours fleurissaient comme des pissenlits en plein champ.

Rien qu’au cours de l’année 1978, Boney M a classé 3 titres, de même pour les Bee Gees et Claude François. On pourrait multiplier les exemples sur toute une page. Mais la démonstration est faite. Aujourd’hui, on ne laisse vivre ni plus, ni moins longtemps une chanson qu’auparavant. C’est une question de perception.

Je comprends la déception d’un jeune artiste qui se trouve propulsé sur les ondes avec « sa première » chanson et qui au bout de 90 jours s’évanouit dans la nature.

Vive le web

Par chance aujourd’hui, il existe le NET ! Hé oui ! Vos titres continuent d’exister bien au-delà du simple format radio. Il est vrai que ce média est encore prescripteur, peut-être plus pour longtemps et dans une moindre mesure, mais tout de même, il est encore là !

La magie de l’internet est que vous ne mourrez jamais. Il reste toujours une trace de votre « œuvre » quelque part. N’oubliez surtout pas, en laissant vos chansons, de renseigner si cela est possible, les tags, avec votre nom, c’est évident, mais aussi, le titre, l’auteur, le compositeur, l’éditeur, enfin tout ce qui peut permettre à un moteur de recherches de mettre la main sur vous, même bien longtemps après que vous serez passé à autre chose.

Ne vous focalisez pas sur cette bande FM. Elle n’est pas tout ! Et puis trois mois, c’est quoi ? Rien ou si peu, au regard du temps que vous aurez passé à façonner votre art, à ourler les vers, à agencer vos accords, à fignoler la mélodie. Autant d’énergie mise au service d’une chanson, pour disparaitre aussi qu’elle serait apparue !

Les bonnes chansons traversent le temps. D’ailleurs, nous fredonnons toujours des mélodies très anciennes. Des airs qui n’ont nullement eu besoin d’une radio, d’une télé ou d’un site web pour venir jusqu’à nous.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 19 septembre 2011

Simple constat ! !

Simple constat ! !

ou

Les chiffres du spectacle vivant en 2010 donnent à réfléchir

Chers amis,

Alors que se déroule, en ce moment même, la grande réunion annuelle du PRODISS, les producteurs et diffuseurs de spectacles vivants, l’analyse des chiffres de la saison passée, laisse perplexe.

Plus de spectacles en 2010

En effet, le CNV (Centre National de la chanson et la Variété) a publié les résultats de l’ensemble de l’année 2010. Si la progression du nombre de shows proposés est de 7 %, l’augmentation de la fréquentation quant à elle, n’est que de 2 %.

Les grosses productions, ayant générées plus de 5 millions d’Euro de recettes, ne sont qu’au nombre de 15, alors que l’an passé, il y en avait 17. Ce petit écart entraine tout de même un manque à gagner de 80 millions d’Euro de billetterie !

On nous explique depuis cinq ou six ans que, suite à la brutale chute des ventes d’albums physiques, le Live allait prendre la relève et devenir la vraie source de revenus pour les artistes. Comme par le passé, entendait-on. A l’époque sans doute où il n’y avait que ménestrels et trouvères sur les routes et chemins de nos régions !

Plus de concerts compensent les pertes des ventes de CD

L’idée géniale du microcosme était que les pertes seraient compensées par un plus grand nombre de concerts. Nous avons donc assisté à une explosion du nombre de concerts ces dernières années. Oui, mais voilà, le porte-monnaie des spectateurs n’est pas sans fond et à un moment il faut choisir. De plus, et dans le même temps, le prix des places de concerts a très nettement augmenté. Alors, que faire ? Se rendre à un spectacle dont on est à peu près sûr de ne pas sortir déçu, en y mettant le prix ou plusieurs petites salles, dans des conditions techniques pas forcément exceptionnelles ?

A ces questions, le public a répondu. Il privilégie les grosses machines ! D’ailleurs, en école de commerce, je crois que l‘on enseigne qu’il vaut mieux investir beaucoup, en une seule fois, afin de récupérer assez facilement au minimum sa mise, au mieux un maximum de bénéfices, plutôt que de s’éparpiller sur des petites affaires et au final risquer de ne rien gagner du tout !

Vous aurez remarqué, que les temps de crise économique, ne renforce pas vraiment les secteurs du divertissement. Quand il faut choisir dans les dépenses, il y a des priorités, que l’on comprend tous.

Heureusement que dans notre beau pays, il y a quantité de salles subventionnées qui accueillent des artistes en ne se souciant guère du taux de remplissage. Celles-ci sont enviées, à tel point qu’il est très difficile de s’y faire programmer.

J’aimerais tellement vous tenir un discours inverse et vous dire que tout est beau et que chacun à sa place sur la plus haute marche. Mais la réalité n’est pas celle-là. Les temps sont très durs.

Tournée annulée !

Regardez par exemple la tournée de Sinclair qui a été annulée. On prétextera ce que l’on voudra, mais c’est sans aucun doute que les taux de remplissage, à quelques semaines du coup d’envoi, n’étaient sans doute pas à la hauteur des espérances des investisseurs. Il vaut mieux, parfois, faire profil bas et prendre des décisions qui ne mettront pas en péril l’économie d’une société de production.

L’internet fait croire, encore aujourd’hui, à de nombreux jeunes, qu’il y a de la place pour tout le monde. Ce n’est pas vrai. Trop d’offre tue l’offre ! Je ne crois pas que le marché se purgera de lui-même. C’est à présent impossible. Il y a trop d’espace à occuper (ce qui est très bien pour la liberté, justement). Chacun veut sa petite part du gâteau. Mais à force de grignoter, on finit par piquer les miettes de son voisin et créer de la tension, ce qui entre nous est complètement l’inverse de ce que l’on souhaite, lorsque l’on fait du spectacle ou alors on crève. C’est malheureusement ce qui arrive de plus en plus souvent.

Face à ce constat bien sombre, il faut garder l’espoir. Ne pas baisser les bras. Continuer à se battre au quotidien, poursuivre un chemin fait de travail, de réflexion, de remise en cause. La musique en sortira toujours vainqueur. Les efforts finissent toujours par payer.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 12 septembre 2011

Mobilis in mobile ! !

Mobilis in mobile ! !

ou

De l’importance de se créer un maximum de contacts

Chers amis,

Comme je suis toujours heureux à la lecture de vos commentaires ! A chaque fois c’est un réel plaisir de savoir que certains ont pris un peu de temps, pour m’envoyer un petit mot, disant combien ils sont soit contents, soit en désaccord avec mon propos. Même si parfois la critique est difficile à encaisser, elle fait partie du jeu. Continuez d’être actifs sur ce blog, cela ne pourra que nous faire avancer mutuellement.

L'énergie du mouvement

Une nouvelle fois, une évidence m’est de nouveau apparue au cours de la semaine qui vient de s‘écouler. Plus vous êtes en mouvement, plus on vous voit, plus vous générez d’énergie et attirez à vous les autres. Je m’explique.

Comme vous le savez sans doute, car je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises ici, je travaille actuellement avec Renaud Hantson. Depuis de longues années, ce chanteur extrêmement doué et brillant est « sorti » du circuit médiatique. Il y a à cela plusieurs raisons, qu’il expliquera lui-même dans un livre à paraitre, en 2012.

Aujourd’hui, pour les besoins de la sortie de son nouvel album « Opéra rock », nous faisons un retour auprès des médias. Il n’est pas encore dans des émissions de Prime time, mais tout de même, il suscite parfois de la curiosité, mais surtout de l’intérêt.

En l’espace de quelques jours, depuis fin août, il a donné plusieurs interviews, pour la presse papier, ainsi que diverses radios. A chaque fois, le scénario se répète. Rencontre avec un journaliste, diffusion de l’info sur un média et dans la foulée, je reçois un appel ou un mail, me demandant la présence du chanteur sur tel évènement, me proposant sa participation à un plateau d’artistes ou m’offrant la possibilité de le faire apparaitre dans tel programme !

Ne pas rester à l'écart

Comment un chanteur que beaucoup apprécient, peut-il passer aussi longtemps inaperçu ? Tout simplement en restant à l’écart de l’agitation médiatique. Je ne rentrerai pas dans le jeu de la critique, de ses productions précédentes, qui pour certains, pourrait expliquer cela. D’ailleurs, cela ne semble pas être un point crucial, car lorsque l’on voit le nombre de flops, en termes de ventes, on est forcé de se rendre à l’évidence que le succès n’a rien à avoir avec la notoriété. Passons.

Le vrai point positif est que plus vous vous montrez, plus on veut vous voir ! Quelle évidence, me direz-vous ! Parfois, il est bon de rappeler ces quelques principes, qui permettent, avec le temps, de rester connecter au monde dans lequel vous souhaitez évoluer.

Il est vrai que je m’adresse plus volontiers aux jeunes artistes, à ceux qui voudraient bien pénétrer ce monde merveilleux, plutôt qu’aux chanteurs aguerris et baroudeurs du métier depuis longtemps. Ceux-là savent bien de quoi je parle.

Réseautage obligatoire !

Quant aux autres, je me permets de rappeler qu’une petite partie de leur succès grandissant se fera par le réseautage. Cette vérité, si souvent mise en avant et enseignée dans les grandes écoles, vaut également pour le show business !

Sortez, serrez des mains, échangez vos cartes de visite, passez des coups de fil, pour vous rappeler aux bons souvenirs de tel décideur, laissez des démos, communiquez sur vos différents sites web, en un mot soyez proactifs ! !

La réussite ne vient jamais à vous sans rien demander ! On pourra toujours me dire que grâce à l’internet, on ne risque plus de passer à côté d’un Mozart ou d’un Van Gogh. Je n’y crois pas. Un artiste qui resterait chez lui, enfermé dans son studio et qui attendrait que son téléphone sonne, n’aurait pas plus de chance de devenir célèbre aujourd’hui qu’il y a trois cents ans !

Il faut qu’il y ait une volonté de réussir à la base de la démarche. Ensuite, il faut avoir le courage, parfois c’est bien de cela qu’il s’agît, de sortir de sa tanière et d’aller à la rencontre des autres.

Plus vous multiplierez les contacts, plus vous aurez de chances de trouver l’ouverture. Celle qui vous permettra d’aller plus loin. Attention, rien n’est jamais acquis dans ce métier. Ce que tu as aujourd’hui, tu peux le perdre demain. C’est pour cela qu’il faut en permanence être « sur le coup », ne rien lâcher et être toujours en recherche.

Ce sport demande une discipline et un esprit de fer ! Si vous ne l’avez pas encore, il faut vous armer rapidement.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

mardi 30 août 2011

Les 3 clés du succès !

Les trois clés du succès vous seront données dans ce podcast.

lundi 15 août 2011

Jacques Higelin

Quartiers d’été

Jacques Higelin

EMI 04 décembre 2007

Jacques Higelin

Il n’avait pas enregistré d’album studio, avec ses propres compositions, depuis huit ans. Pour ses fans, une éternité ! En 2006 sort le très attendu « Amor doloroso ». Un retour gagnant pour Higelin. Une tournée l’entrainera sur les routes de France et d’ailleurs. Un tel succès qu’un Live est enregistré à Paris, au Bataclan.

Alors que nous connaissons tous l’esprit rebelle et anarchique de l’artiste, celui-ci se trouva pris au piège, lorsque sa maison de disques lui concocta, en partenariat avec une grosse chaîne de distribution, un concert privé, réservé à une centaine de bons clients fidèles. Le révolté était obligé de se plier face au système…

Une amie m’appela et connaissant mon goût pour le chanteur, me proposa de partager son accréditation. Rendez-vous fut pris face aux locaux d’EMI, au nord de Paris. Nous pénétrâmes dans la toute petite salle, réservée aux show case, un peu avant le public. Régisseur et techniciens s’activent encore à arranger la scène, afin qu’aucun câble, aucun fil ne viennent gêner les déplacements d’Higelin et de ses musiciens.

Les portes s’ouvrent et les 250 veinards se pressent dans notre dos. Je suis collé contre la scène, à hauteur des genoux. Mon sac contenant tout mon matériel entre les jambes. Pas très confortable, car cela veut dire que la place que j’ai, je dois la garder, au risque de ne pas en trouver une autre tout aussi bonne. A vrai dire, je sens que moi et mes camarades photographes ne sommes pas vraiment les bienvenus, comme souvent…

On nous a briefés. Comme d’habitude, on a le droit aux trois premiers morceaux et ensuite on doit tout arrêter. Dans leur grande mansuétude, les organisateurs ne nous ont pas demandés de sortir. On pourra donc rester jusqu’au bout. Super !

Le grand Jacques entre en scène. Il est vêtu d’un grand imperméable. Il ressemble à un aventurier de l’arche perdu… Il défile ses chansons. Beaucoup de nouvelles, celles du dernier album. Bien entendu quelques anciennes. Il est entouré d’une bande de musiciens exceptionnels. Il y a son vieux complice « le docteur Mahut », comme il l’appelle, aux percussions et à la guitare Yan Péchin, un génial fou furieux, que j’avais déjà entendu aux côtés de Thiéfaine.

Passé le troisième morceau, la question se pose : tout ranger ou grapiller quelques images supplémentaires ? Parfois, plus tard dans la soirée, la lumière est meilleure ou le costume de scène change ou le chanteur « donne » plus vers la fin du show. Je décide d’attendre.

A quelques mètres de moi, un confrère qui, se sentant sans doute libre car sans surveillance, continua de mitrailler Higelin. Le pauvre n’eut pas la présence d’esprit de calmer son déclencheur au cours d’une chanson calme. D’un seul coup, il le fusilla du regard et de la parole. Les mots exacts, je les ai oubliés, mais je sais que je n’aurais pas apprécié être à sa place.

Donc, tout naturellement, je baisse les mains qui tiennent mon 20 D et les passe dans mon dos. Il faut laisser passer la tempête. Je repasse en mode « simple spectateur ». Assisté à ce concert privé est plus qu’agréable, ne gâchons pas notre plaisir.

Je reste tout de même à l’affût. On ne sait jamais, une belle posture, un jeu de lumières, une attitude spectaculaire et une bonne photo peut être faite.

C’est au cours d’un pont que Jacques prit cette position, sous une douche de lumière blanche. Une image religieuse m’apparût. Je crus me trouver face au martyre de Saint-Sébastien. Un homme qui sourit presque sous le coup des flèches reçues. Une pause quasi extatique.

Dans le volume sonore personne n’entendra le moteur de mon appareil tourner. Je cadre et appuie. Quatre, cinq fichiers sont enregistrés. Je range aussi vite mon appareil que je l’avais sorti. Je ne découvrirai mes photos qu’au sortir du concert.

Le reste de la soirée fut très rock’n roll et passionné, comme chaque fois que Jacques Higelin monte sur scène. On sait quand ça commence, pas toujours quand cela finit et surtout ce qu’il y aura à voir et à entendre. De toute façon, on n’est jamais déçu.

Bonne semaine.

lundi 1 août 2011

Mano Solo

Quartiers d’été

Mano Solo

Olympia 18 septembre 2006

Mano Solo

Dans nos vies, il y a des routes que l’on croise. Des chemins parallèles, qui de temps en temps oublient la réalité géométriques et finissent par se frôler.

Au beau milieu des années 90, alors que je fréquentais le milieu théâtral et rêvais d’une carrière sur les planches, la pièce que notre compagnie venait de monter avait été, à notre grande surprise, choisie par le directeur du Tourtour, célèbre salle rue Quincampoix, à côté de Beaubourg, pour tenir l’affiche tout l’été.

Nous allions prendre le créneau détenu depuis plusieurs semaines, par Mano Solo. Celui-ci était fermement soutenu dans sa démarche artistique par le directeur de la salle, qui le recevra souvent sur son plateau, y compris lorsque la carrière de Mano sera pleine de succès et lui permettra d’investir des lieux vingt fois plus grands.

« La marmaille nue » tournait en boucle chez moi. Encore trop jeune et pas assez sûr de moi, je n’ai pas osé, alors que nous installions notre décor et que Mano et ses musiciens enlevaient matériel et effets personnels des loges, l’aborder pour lui dire le plaisir que j’avais à écouter ses titres et à gratouiller quelques chansons sur ma guitare. Nous nous sommes croisés, salués, souris et ce fut tout.

Une des premières grosses manifestations musicales à laquelle je me suis rendu, en tant que photographe, se tenait sur la place de la République. Parmi les têtes d’affiche : Mano Solo. Arrivé, puis reparti aussi vite, je n’eus pas le temps de contourner la scène pour tirer quelques portraits.

Lors de la fête de l’Huma qui suivit, je croisai un autre photographe qui me fit savoir que le mardi suivant, Mano serait à l’Olympia. Je fis en sorte de connaitre le nom de la personne qui gèrait les accréditations et pris contact le lundi matin à la première heure. J’obtins sans trop de problème le précieux sésame.

Ce soir-là, nous étions peu nombreux dans l’espace réservé aux photographes, mais la salle du boulevard des Capucines était pleine à craquer. En première partie Loïc Lantoine nous donna une prestation poétique et rock’n roll, à la fois. Des textes plus slamés que chantés et une contrebasse pour seul instrument. La lumière n’était pas bonne. Tout en contre. Rien de face. Un peu de côté et c’est tout. Cela s’arrangera pour la tête d’affiche, pensais-je…

Mano Solo est entré sur la scène accompagné de trois musiciens et de son chien, un beau berger allemand ou y ressemblant furieusement, un bandana autour du cou en guise de collier. Grand, sec et coiffé d'un chapeau, le chanteur ne donnait pas son visage. Et ces éclairages qui ne changeaient pas. On en prenait plein les yeux, au sens propre. Comme souvent, allez savoir pourquoi, dans les concerts, on ne sert pas les meilleures lumières aux photographes, pourtant venus pour donner une bonne image des artistes. Nous allons donc avoir un contre-jour permanent et une silhouette fantomatique face à nous.

Dans ces situations, un peu tendues, il y a quelques minutes de stress. Comment sortir d’ici avec au moins un bon cliché ? Il faut faire vite, tout essayer : Gros plan, plan large, américain, focales courtes et longues se succèdent. On va à droite, à gauche, non pas au centre ! Micro sur pied, collé à la bouche. On ne voit rien.

Il faut se résigner après le deuxième titre et se dire qu’on n’aura sans doute pas le portrait classique tant attendu, avec le regard. Alors on joue la carte de l’esthétique, on s’amuse avec les couleurs, les effets, la fumée qui envahit le plateau pour donner forme au rais lumineux.

Et puis, à un moment, alors qu’une douche blanche et découpée baigne l’arrière du corps du chanteur, Mano tourne légèrement son visage et entre dans la lumière ! Dans mon viseur j’ai ce qu’il me faut. Travaillant tout en manuel, je joue en permanence avec les ouvertures et vitesses d’obturation. Là, il me fallut régler très rapidement. Trop ouvert, j’aurais cramé les blancs et obtenu un visage surexposé. Trop rapide, je n’aurais pu détacher que le projecteur du fond et perdre le corps du chanteur.

Par chance, il reste trois ou quatre secondes dans cette position. Juste le temps, pour moi, de tester plusieurs formules. Ce sera finalement 2,8 et 1/80, 70mm, pour 1600 iso.

Je suis resté dans la salle pour assister à tout le concert. La lumière sera identique jusqu’au bout. Un grand sentiment de frustration envahira le public. Beaucoup ont eu la sensation de ne pas avoir « vu » Mano Solo. Quant à moi, ce jour-là, je n’ai eu qu’une « bonne » photo.

Bonne semaine.

jeudi 7 juillet 2011

Un attaché de presse, ça sert à quoi ?

Quelques réflexions autour du rôle de l'attaché de presse. Est-il si important qu'on ne puisse s'en passer ? Ouvre-t-il véritablement toutes les portes ? N'hésitez pas à me laisser vos remarques et points de vue.

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