Comme un accord ! !
ou
Sur Internet chacun doit pouvoir s’y retrouver
Chers amis,
Les 24 et 25 mai 2011 s’est tenu à Paris, aux Tuileries, le premier sommet baptisé « e G-8 », consacré au monde de l’internet. Une table ronde avait pour thème la « Propriété intellectuelle », avec comme intervenants entre autre, Pascal Nègre, P-d-G d’Universal France, mais également Frédéric Mitterrand le Ministre de la culture ou Antoine Gallimard, de la maison d’édition du même nom.
e G-8 quel constat ?
Que peut-on retenir, pour ce qui nous concerne, du milieu musical ?
- Contrairement à ce qu’espèrent de vieux esprits retors, on ne reviendra plus jamais à l’ancien monde (les disques d’OR en pagaille, les avances colossales, les dépenses pharaoniques et les profits qui vont avec…)
- On ne sait toujours pas comment endiguer les pertes économiques qui fragilisent une industrie entière (- 50% de chiffre d’affaires en moins de dix ans).
En effet, nous pouvions légitimement penser que la réunion de tous ces décideurs mondiaux, allait servir à quelque chose et permettre à nos artistes d’entrevoir un avenir un peu plus radieux que celui qu’ils connaissent depuis de nombreux mois.
D’un côté, les tenants de la propriété intellectuelle, façon Beaumarchais du XXIème siècle (on ne lâche rien) et de l’autre des fanatiques d’une liberté totale sur le réseau, avec abolition du droit d’auteur.
Entre l’Hadopi qui n’effraie pas (ou plus) grand monde et ceux que l’on appelle encore « les pirates » du Net, il serait temps de trouver le juste milieu et de poser enfin le curseur sur la bonne fréquence.
Mettre les régies publicitaires à contribution
Outre les téléchargements légaux et les « ventes forcées » d’abonnements à des sites officiels, qui permettent de gonfler artificiellement les chiffres, il y a tous ceux qui gagnent de l’argent sur le dos des créateurs et ne reversent jamais un centime !
Ne serait-il pas temps que les fournisseurs d’accès, les moteurs de recherche, les régies publicitaires mettent un peu la main à la poche ?
J’ai plaisir à vous conter cette petite anecdote au sujet d’un site web fermé par décision de justice.
Un amateur de chansons française avait eu l’idée, pas mauvaise au départ, de créer un site sur lequel, on pouvait trouver en quelques clics, toutes les paroles des titres du répertoire francophone. Une base données fut ainsi crée et mise à disposition des internautes. Je rappelle que la diffusion d’une œuvre est toujours soumise à autorisation de l’ayant-droit avec en retour des droits d’auteur. Là, aucune demande n’avait été faite auprès de qui que ce soit.
Puis, face aux nombreuses visites, s’est invitée la publicité. Le propriétaire dudit site empochait les recettes publicitaires, sans en faire part aux sociétés de collectes. Une action en justice fut menée. A la fermeture des pages, le montant des annonces commerciales représentait environ 40 000 € annuel ! Sachant qu’il existe sur la toile des dizaines de sites comparables, vous imaginez les sommes perdues pour ceux qui ont travaillé et qui ne verront jamais le moindre petit sou généré par leur créativité.
Je ne pense pas que ce soit le droit d’auteur qui doive être remis en cause, mais plutôt la répartition des recettes générées par la publicité. J’ai sur mon blog deux bannières de pub. Si vous cliquez dessus et déclenchez un achat, je vais toucher un tout petit pourcentage. Si vous consulter une tablature ou un texte et que vous agissez de même, c’est le propriétaire des pages qui touchera, pas l’auteur de l’œuvre consultée !
Chacun a sa place, mais à quel prix ?
Il ne s’agît ni de verrouiller l’internet, avec des gardes chiourmes à tous les coins d’écran et revenir aux temps anciens, ni d’ouvrir les vannes du contenu à gros bouillon, sans aucune surveillance. Il faut mettre en place une juste régulation qui permette autant aux créateurs du web de vivre, sans pour autant spolier les auteurs de revenus qui se réduisent de jour en jour.
Actuellement chaque acteur tire la couverture à soi et renvoie la balle dans le camp adverse. Entre les deux, il y a des artistes qui aimeraient juste que l’on reconnaisse leur travail à sa juste valeur.
Bonne semaine.
Olivier
