Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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mardi 3 mai 2011

La grande illusion ! !

Chers amis,

Voici pour ceux qui n'aiment pas la lecture, le podcast de l'article du lundi.

Comme d'habitude, j'attends vos commentaires et réactions.

Au plaisir de vous lire.

Olivier

lundi 2 mai 2011

A l'envers, à l'endroit ! !

A l’envers, à l’endroit ! !

ou

Enregistrer un album, puis avoir un public ou l’inverse ?

Chers amis,

Je suis actuellement en préparation d’une interview pour une chaîne de télé régionale. Je vous en reparlerai dès que celle-ci sera en boite. Lorsque j’ai la journaliste au téléphone, afin de mieux connaitre mon activité, celle-ci me pose exactement les mêmes questions que les jeunes novices qui m’interpellent via le net.

Celle qui revient sans cesse et qui m’a poussé à m’interroger est : Faut-il à tout prix avoir un « album » pour se faire connaitre ? A cette question deux réponses.

Si tu es un chanteur qui donne beaucoup de concerts et que ton public en délire lors de tes shows souhaite acquérir une part de toi-même au-cul-du-camion, alors oui, il te faut un support. Si tu as un peu de moyen, tu peux investir quelques petits milliers d’euro et tu auras de quoi réjouir tes fans. Il est probable que tu amortiras ton investissement assez facilement.

Si tu es un artiste qui ne donne pas beaucoup de spectacles et qui rêve d’une signature en maison de disques, avant d’avoir connu le parcours du combattant, alors laisse-moi te dire que ton superbe support ne te servira pas à grand-chose.

Bien entendu, j’écarte de suite les quelques spécimens de produits formatés, configurés, marketés, que nous connaissons tous et qui ne survivent que grâce à quelques fans bloqués au coeur des années 80 ou 90.

Il existe une illusion autour du show business et un grand besoin de reconnaissance de la part de ceux qui rêvent d’accéder à la plus haute place de charts.

Que représente un « disque » ? L’aboutissement d’un parcours. J’ai imaginé, pensé et enfin réalisé ce projet. Mais à qui s’adresse-t-il ? Il ne sert absolument à rien de vider sa tirelire dans des productions financièrement peu rentable, si aucune certitude de faire un minimum d’argent n’est envisagée.

Vous allez me dire que je suis un rabat-joie ou un pessimiste ou un affreux libéral qui ne voit la musique que comme étant un produit comme un autre. Hé bien vous auriez raison, car lorsqu’on se lance dans la réalisation d’un album, sans se poser préalablement les questions : Qui est mon public ? Combien puis-je espérer en vendre ? Est-ce que j’ai bien calculé mon coup ? Je peux vous assurer que c’est comme jeter de l’argent par la fenêtre !

Commencer par le merchandising, avant de faire vivre l’artiste est une erreur que beaucoup font. Vous ne pouvez pas imaginer combien de fois j’ai entendu dire « En ce moment, on travaille sur le premier album, mais on pense déjà au suivant ! » Mais quel suivant ? Quel disque ? Vous êtes qui déjà ?

Ensuite vous chercherez à vous faire connaitre dans les médias. Donc vous paierez un « attaché de presse » qui vous demandera beaucoup d’argent et vous donnera peu de résultats. Non pas qu’il ne soit pas bon ou que son carnet d’adresses ne soit pas bien rempli, mais parce que vous ne représentez rien aux yeux des journalistes.

Je pense encore une fois qu’une carrière se bâtit en suivant des règles. La première d’entre-elles est de chanter pour « son » public. Encore faut-il en avoir un ! Donc, il faut s’attacher à jouer, jouer, jouer ! Ne pas hésiter à attendre des mois, voire des années avant de se dire : « Je suis mûr pour enregistrer mes chansons et les vendre ». Même si le net supprime l’aspect physique, il n’en demeure pas moins que placer des chansons sur Itunes ou Virginmega ne vous apportera pas grand-chose, si vous n’avez pas une grosse poignée d’afficionados.

Ce qui meut le futur chanteur est la réjouissance de la lumière qui brille et des étoiles qui filent dans le ciel noir des salles de spectacles. C’est un linéaire de grande surface avec un boitier plastique sous blister, sur lequel le chaland découvrira le nom d’un illustre inconnu. C’est le plaisir de lire quelques lignes perdues sur un obscur site web qui dira le plus grand bien de votre œuvre !

Tout ceci n’est qu’illusion.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 26 avril 2010

Des p'tits sous ! !

Des p'tits sous ! !

Ou

Ce que l’on gagne vraiment avec le téléchargement

Chers amis,

Je tiens tout d'abord à vous remercier car, au fil des semaines, vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre, à m'écrire, à m'encourager de continuer de vous informer. Tout comme pour un artiste qui sort un album et découvre des chiffres de vente de plus en plus importants, je goûte ce plaisir que de voir les statistiques hebdomadaires de consultation de mon blog croître et amplifier.

Je ne peux que vous inviter à faire passer le lien de cette page à tous vos amis et à toutes vos connaissances.

Pour ceux qui veulent suivre les informations mises en ligne en temps réel, j'ai ouvert une page sur Twitter : https://twitter.com/Olivier140869 N'hésitez pas à vous y abonner.

L'article de la semaine passée : "Savez-vous planquer vos sous", traitait des collectes de fonds effectuées, et pas toujours bien redistribuées, par la SACEM et d'autres organismes du même genre. Ayant reçu plusieurs réactions suite à cette publication, j'ai souhaité vous proposer un nouveau post en forme de complément.

Vous êtes tous attirés, et c'est bien normal, par la vente en ligne de votre musique. Internet, outil génial et révolutionnaire permet à tout créateur de mettre à disposition de son public ses oeuvres, bonnes ou mauvaises, sans avoir à passer par le chaîne traditionnelle qui suit le mastering, à savoir, l'artwork, le pressage et surtout la distribution physique en magasin.

A grands coups de publicité sur vos pages Myspace, facebook et j'en oublie, vous voyez défiler de jolies publicités qui vous proposent de vendre votre musique sur plusieurs plateformes connues et reconnues. Je pense bien entendu à iTunes, Fnac.com, virginmega... Après avoir pris contact avec un fournisseur, peu importe lequel, vous serez référencé chez tous les marchands, vous attendrez les premiers chiffres de vente et les premières retombées économiques. C'est là que les choses se compliquent voire se ternissent.

Vous aurez remarqué, comme moi que, quel que soit le type de production, le prix de vente d'un titre est toujours de 0,99 € et votre album quel que soit le nombre de titres sera de 9,99 €.

Comment se répartissent les revenus ? Pour les auteurs-compositeurs et éditeurs, la part sur un single est de 0,07 € et sur un album de 0,70 €. Donc si vous n’êtes que l’un ou l’autre, vous toucherez qu’un tiers de 7 centimes. 0,025 € ! La gloire ! Cela devient intéressant financièrement à partir d’un million de téléchargements en dessous…

Bien entendu, la part la plus importante reviendra au producteur, qui lui touchera environ 50 % du prix vendu. Ce qui semble tout à fait justifié, car c’est lui qui a misé sur votre produit et a sorti des sous de sa poche. Il prend les risques, il est normal qu’en cas de réussite il reçoive son dû.

Lire ce dossier : http://www.sacem.fr/files/content/sites/fr/files/mediatheque/sacem/presse/etudes/Remuneration_auteurs_17nov2009.pdf

Il est vrai que je m’adresse plutôt à des jeunes artistes qui se débrouillent tous assez bien pour trouver les moyens nécessaires à la réalisation de leur projet, sans avoir à passer par de grosses structures de production. Si vous parvenez à gagner le gros lot et à empocher la quasi totalité des revenus afférents à votre mise, alors vous pourrez commencer à compter ce que vous aura rapporté votre production, déduction faite des investissements, bien entendu.

Une chose me surprend encore. C’est justement le prix de vente de la musique. Que vous ayez dépensé dans votre production beaucoup d’argent ou très peu, le prix sera toujours le même ! Un CD lambda enregistré en trio, en une semaine sera vendu 14,99 €. Un album enregistré aux USA, avec une dizaine de musiciens, pendant un mois, sera mis sur le marché physique à 15,99 € !

Il serait peut-être temps de revoir la rémunération et les prix de vente de la musique. Cela fait des années que j’en entends parler et rien ne se fait. Il est incompréhensible de trouver en téléchargement tous les produits, back catalogue ou nouveautés, au même tarif. Il semblerait judicieux de proposer des prix plus élevés pour des titres qui viennent de sortir et des prix réduits pour des chansons ou albums ayant déjà été amortis depuis bien longtemps.

Cette modulation tarifaire permettrait aux plus jeunes, arrivant sur le marché, de ne pas être découragés en recevant le relevé de leurs ventes et de continuer de croire que l’on peut gagner sa vie en vendant sa musique.

Bonne semaine.