Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - fete de la musique

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lundi 21 juin 2010

Dis-moi que tu m'aimes ! !

Dis-moi que tu m’aimes ! !

Ou

Toute critique est-elle bonne à dire

Chers amis,

21 juin fête de la musique ! J’apprends avec plaisir que de nombreuses communes de l‘ouest de la France souhaitent laisser la place à de vrais amateurs et non à de pseudo professionnels, sous payés, voire non payés. Pas de programmation. On vient, on se branche, on joue et on passe le relais aux copains. C’est très bien. Ce moment de la vie culturelle de notre pays doit être en priorité consacré à ceux qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer en public tout le reste de l’année. Pour les autres, il y a 364 jours, au cours desquels il est possible de donner de vrais concerts.

Le sujet de cette semaine, consacré à la critique, m’a été involontairement soufflé par un de mes lecteurs. Il m’excusera par avance de ne pas citer son nom, car ses propos serviront à alimenter une chronique et non une polémique.

Vous êtes de plus en plus nombreux à m’envoyer de petits messages, dans lesquels vous me demandez de bien vouloir me rendre sur votre page web, afin d’écouter votre travail et de donner mon avis sur celui-ci. Je suis toujours très touché de voir à quel point vous me faites confiance.

J’essaie, dans la mesure du possible, d’honorer ces requêtes. Dès que j’ai du temps et l’esprit disposé à « écouter », je clique sur des liens. Je dois bien l’avouer, parfois mes oreilles ont bien du mal à aller jusqu’au bout du premier morceau placé dans le player, tant le travail présenté n’est pas de bonne qualité. Que faire dans pareil cas ? Est-il vraiment nécessaire de se fendre d’une réponse qui sera désobligeante ? Je ne le pense pas. Il est parfois des situations qui méritent plutôt le silence.

Un garçon m’a sollicité à plusieurs reprises. J’ai écouté et lui ai écrit ce que ses chansons m’inspiraient. Inutile d’entrer dans les détails.

Je reçus quelques temps plus tard une réponse cinglante. Il estimait que je n’avais pas le droit de donner l’avis que j’avais défendu sur son travail, que je me trompais et que mes critiques l’avaient choqué !

Je comprends que l’on puisse être déstabilisé, décontenancé, par un texte qui ne va pas dans le sens dans lequel vous pensiez que tous iraient. Mais de grâce, lorsque l’on se prête au jeu de la critique, il faut l’accepter dans son ensemble. Ne pas séparer bons et mauvais commentaires. Bonnes et mauvaises appréciations. En gros, il aurait fallu que j’apprécie, au plus au point, les chansons de ce monsieur, avec tous les défauts qu’elles portent, n’en rien dire, surtout pour ne pas froisser l’ego du créateur et le laisser poursuivre sa route avec dans sa poche un gentil papier disant qu’il était un grand poète, à deux pas des Brassens, Brel et Ferré…

Cette conception du polissage de poils d’artistes n’a pas cours chez moi. Je l’ai dit, écrit et répété, déjà des dizaines de fois, je ne possède pas la vérité, ni la science infuse de ce métier magique. Mon point de vue ne veut pas être le reflet du show business tout entier. Il n’engage que moi. Si on me demande mon avis, je le donne. On a le droit de ne pas être d’accord avec ce que je dis, mais on n’a pas le droit de me reprocher de l’avoir dit. Peut-être que je me trompe dans mon jugement. Seul l’avenir nous le dira.

Une chose est sûre, avec le temps et l’expérience, je fais tout de même un peu la différence entre un chanteur qui a la voix placée et un qui se cherche, un guitariste qui joue sans hésitation et un autre qui gratouille, un texte bien écrit et une suite de rimes pauvres, un artiste qui à la gniak et celui qui joue à l’avoir. Je précise de suite, ce n’est pas parce que vous semblez posséder toutes les qualités premières citées, que vous êtes assurés de parvenir en haut de l’affiche. Donnez une belle main d’atouts à quelqu’un qui ne sait pas jouer aux cartes et il perdra la partie à coups sûrs.

S’exposer à la critique c’est se mettre en danger, il est vrai. Il y a deux aspects à cet exercice. Le premier, celui que je défends, est le coté pragmatique : cette chanson est-elle bien écrite, bien composée, bien chantée, me touche-t-elle ? Voilà les questions essentielles auxquelles je tente de répondre. Bien entendu cette analyse est déconnectée de ce que je peux penser de l’artiste, en tant que personne qui chante. En d’autres termes, et c’est la seconde face de la critique, je ne mets pas d’affectif dans mon propos. L’affectif tend à brouiller les pistes et à déformer la vision objective que l’on peut avoir d’un sujet.

Il serait bon que ceux qui attendent des retours sur leur travail sachent faire la part des choses, Ô je sais que c’est très difficile comme exercice. Heureusement il y a parfois des auteurs, des compositeurs, des chanteurs qui prennent ce que vous leur donnez, même si cela leur fait mal à l’orgueil et savent utiliser la critique comme moteur. Ils n’appliquent pas forcément ce que vous leur avez dit, qu’importe, mais ils réfléchissent, tentent de faire mieux, en un mot avancent. Jamais ils ne s’abritent derrière un « Quand je joue cette chanson devant mes copains, elle passe vachement bien ! » Ce type de phrase marque la limite entre les professionnels et les amateurs. Allez, c’est votre jour. A vous de jouer !

Bonne semaine.

Olivier

www.oliviervadrot.com

lundi 29 juin 2009

C'est la fête, la fête ! !

C'est la fête, la fête ! !

Chers amis,

A l’instar de tous les médias, je passe dès ce jour en mode « programme d’été » et vous livre donc mon dernier article avant congés. Bien qu’étant relié en quasi permanence au monde, grâce à l’internet, je pense que vous ferez comme moi et prendrez tout de même des vacances, bien méritées. Celles-ci vous permettront de recharger vos batteries, pour revenir à la rentrée, d’une part en pleine forme et d’autre part le cœur et l’esprit remplis de beaux projets artistiques.

Comme évoqué la semaine passée, je vais vous conter deux expériences vécues le jour de la fête de la musique en 2008 et 2009.

Le 21 juin de l’an passé, j’étais sur la place Saint Nicolas à Bastia. Jessie Karel, Chanteuse originaire des Alpes, dont j’assurais la promotion à cette époque, avait été choisie pour clore le plateau organisé par NRJ Corse. Avant son passage un petit groupe local de collégiens joua quelques reprises Pop-rock. Il y avait du cœur et beaucoup de fausses notes et de break joués à contre-temps. Peu importe, la place était noire de monde et les applaudissements nourris. L’ambiance était idéale. Jessie monta sur scène. Après trois chansons, le public s’en était allé et l’audience avait fondu comme neige au soleil.

Je vous prie de croire que le talent de la chanteuse n’était pas en cause, car quelques mois avant ce voyage, je l’avais vue sur scène, dans sa région, au Grand Bornant, chanter face à un public de plusieurs centaines de personnes et n’en perdre aucune en cours de représentation.

Je mis ce demi-échec sur le compte de la faute à « pas de chance » et sur un match de football qui à-priori intéressait énormément le peuple de l’île de beauté…

Cette année au début du printemps, je reçus une belle proposition pour Balablan cette fois. Un plateau organisé par R.J.R, une radio de Reims, sur la place de l’hôtel de ville. Même scénario que l’an passé. Groupe local qui marche bien en première partie, puis une fois Balablan sur scène, les rangs se désertent. Ceux qui ont déjà vu cet artiste sur scène ne me démentiront pas, lorsqu’il prend le micro, il ne laisse personne indifférent, normalement…

Je peux vous assurer que ces deux dernières « fête de la musique » m’ont laissé un goût amer.

Alors ? Quelle leçon peut-on tirer de ces expériences ?

Je pense qu’une nouvelle fois, la carte « vedette locale » a joué à plein. En effet, sinon comment expliquer que de jeunes gens, sans grands talents, puissent fédérer autour d’eux une foule immense ?

Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, et l’écris à nouveau aujourd’hui, devenez une star chez vous, dans votre ville, dans votre région. C’est le meilleur moyen que vous ayez pour obtenir une belle visibilité. Les médias locaux sont toujours plus attirés vers les artistes du crû, que vers les parisiens en Bretagne ou les alsaciens au Pays basque !

Imposer un chanteur n’est pas chose aisée. Il ne faut pas croire que le public avale tout ce qu’on lui donne. Il faut savoir le lui présenter. En fait, si vous n’avez pas de gros passages en radio ou en télé, de belles chroniques dans la presse papier ou un gros buzz sur le net, il sera quasi impossible de faire de vous une star dans une région qui ne vous connaît pas. Combien de fois ai-je entendu : « Mais, sa chanson elle passe sur quelle radio ? »

A croire que le fait d’être estampillé Virgin radio, RTL2 ou Le Mouv’ donnait forcément une valeur ajoutée à votre talent !

On peut rager contre cet état de fait, mais comment s’y opposer ? Il ne faut pas justement aller au combat frontalement, il faut s’adapter à la situation. Ne cherchez pas à monter à tout prix à Paris, cela ne sert pas à grand chose. Creusez votre trou et rayonnez depuis là où vous vous trouvez. Petit à petit, vous grignoterez des kilomètres et augmenterez votre rayon d’action.

Un jour viendra, vous pourrez vous flatter d’avoir cartonné à 500 kilomètres de chez vous. A ce moment-là, le vrai succès et la reconnaissance du public ne seront plus très loin.

Sur ces mots, je vous souhaite de passer un bel été et vous invite à me retrouver début septembre.

Musicalement.

Olivier