Petit papa Noël ! !

ou

Des disques pour cadeaux, quelle idée !

Chers amis,

Nous voici arrivés dans la dernière ligne droite de cette année 2011. La semaine prochaine, pour moi, sera off. Dernier billet, dernière chronique, avant d’attaquer les 366 prochains jours, plein de bonnes résolutions. Si j’en crois les projets qui sont posés sur le coin de mon bureau, 2012 sera résolument musicale ! On s’en reparle très vite.

Noël ne connaît pas la crise

S’il y a bien une période qui ne connaît pas la crise, c’est celle de Noël. En effet, année après année, les chiffres liés à l’industrie de la musique sont toujours de plus en plus mauvais. Les ventes de disques ont chuté de manière vertigineuse, ça nous le savons tous. En revanche, la lecture détaillée des statistiques démontre que sur le mois de décembre, le CD reste un produit phare ! Les années passent, mais les résultats liés aux fêtes de Noël sont à peu de chose près constants.

Les consommateurs continuent d’offrir de la musique ! Je veux dire, des disques. Vous conviendrez qu’il est plus agréable de remettre entre les mains de ceux qu’on aime, un coffret comprenant les symphonies de Beethoven ou l’intégrale des Beatles. Je ne me vois pas glisser dans une santiag, au pied du sapin, une carte prépayée qui ne ressemble à rien et qui surtout, ne permet pas de symboliser la marque du cadeau.

Même si nous évoluons de plus en plus dans un univers dématérialisé, le besoin de se raccrocher au réel reste fort. Nous ne pouvons mettre toutes nos émotions, nos envies, nos rêves, dans du numérique. Voilà pourquoi, une fois par an, faire sauter le joli bolduc rouge et éclater le papier coloré qui emballe le paquet est rassurant et nous comble de bonheur.

Et le vinyle ?

Je vais même aller plus loin. Alors que je déambulais dans les rayons de la FNAC, la semaine dernière, j’ai eu plaisir à passer en revue tout le linéaire (pas très important certes) de disques vinyles. Je trouve que l’idée de rééditer des albums de U 2 ou d’AC/DC est judicieuse. Ne serait-il pas subversif de ne sortir que des nouveautés sous cette forme ?

Une grande partie du marché se fait dans les caves de l’internet, en douce. Même si Hadopi court après les resquilleurs, elle n’en attrape qu’une infime partie. Le reste s’échange des fichiers sur des sites que tout le monde connaît mais fait comme si ils n’existaient pas… Alors que risquerait-on à sortir le dernier Moby ou le prochain Biolay sur une belle galette noire de 30 cm ? Pas grand-chose. Cela aurait de la gueule, non ?

Le disque témoin de notre histoire

Vous devez me trouver passéiste. Pas tant que cela. Je trouve extraordinaire de pouvoir faire tenir dans un petit objet de quelques centimètres carrés, des milliers de chansons ! Je veux juste attirer l’attention sur le fait, qu’à mon sens, il y aura toujours de la musique vendue sous forme physique. Les linéaires disparaitront ou presque, des magasins de janvier à novembre, puis refleuriront pour les fêtes de fin d’année.

De plus, les majors ne sachant plus quoi faire pour enrayer la fuite des capitaux, vers l’économie souterraine, multiplient les offres, comprenant parfois des inédits, des remix, des raretés, bref de bons produits. Alors, pourquoi s’en priver ?

Que l’on se rassure, il y aura toujours de la musique pour Noël. Aujourd’hui, nous offrons les titres qui appartiennent au patrimoine, comme nous mettons les œuvres complètes de Balzac, dans notre bibliothèque. C’est autant un geste d’attachement au passé, qu’un éventuel acte de découverte d’un artiste pour les plus jeunes. L’objet en lui-même possède le pouvoir du témoin que l’on se passe au cours d’un relai. Il est la matérialisation de notre histoire. En sera-t-il de même, demain, avec un simple fichier ? ?

Pas certain que les téléchargements soient en forte croissance ces prochains jours… On en reparlera, chiffres à l’appui, une fois que seront publiées les statistiques du troisième trimestre 2011.

Pour l’heure, je vous souhaite de bien finir cette année, en musique, bien entendu et vous donne rendez-vous en janvier 2012.

Bonnes fêtes.

Olivier