Olivier Vadrot COM / Conseil - Organisation - Management

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Tag - deezer

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samedi 16 avril 2011

Le streaming gratuit, c'est fini !

Nous apprenons, à la lecture d'un article du Point, paru le 15 avril, que Spotify décide de limiter l'accès gratuit de son catalogue en streaming.

En effet, à partir du 1er mai, les internautes connectés au service de cette plate-forme, ne pourrons plus écouter autant de chansons qu'ils le voudront, sans débourser un centime. Le retour des recettes publicitaires ne sont pas à la hauteur des espérances scandinave et d'autres pistes doivent être explorées.

Spotify propose la possibilité d'écouter le même titre cinq fois dans le mois et limite à une dizaine d'heures d'écoute en ligne, soit environ douze albums.

Il ne serait pas étonnant que le petit poucet français Deezer, suive le même chemin.

Est-ce une bonne nouvelle pour les ayants droits ?

Alors qu'aujourd'hui les titres écoutés en streaming sont rémunérés à hauteur de 0,001 €, pour les ayants droits, est-ce que le passage à l'abonnement payant permettra de faire entrer davantage d'argent dans les caisses ? On peut légitimement se poser la question, car pour l'internaute l'accès libre à ses morceaux préférés doit se faire sans aucune barrière, ni aucun engagement. Les accrocs pourraient très bien se détourner de Spotify et consors pour se diriger vers d'autres systèmes d'écoute en ligne, voire repartir vers le téléchargement illégal. Cela entraînerait donc une nouvelle vague d'appauvrissement des créateurs.

On nous parle beaucoup des "metadonnées" qui seraient LA solution. Franchement, acheter une chanson et avoir en cadeau, une photo, des paroles pour karaoké, un lien vers un clip et je ne sais quoi d'autre,, n'est pas à proprement parler la parade idéale. D'ailleurs, y en a-t-il seulement une ?

Comme nous pouvons le constater, le monde du music business se cherche encore. Aujourd'hui personne n'est en mesure d'assurer qui que ce soit, d'une stabilité du milieu musical pour les années à venir. Ce qui m'amène à revenir à la question que je posai il y a quelques jours : "Ne faudrait-il pas sortir des plates-formes de streaming et que chaque artiste retravaille sa propre diffusion, à partir de son site web ?"

mardi 5 avril 2011

Streaming or not streaming ?

Réflexion audio autour du bien-fondé de l'écoute de musique en streaming.

lundi 4 avril 2011

Sortez des rangs ! !

Sortez des rangs ! !

ou

Faut-il quitter les plateformes d’écoute en streaming ?

Chers amis,

La semaine passée, j’ai envoyé à de nombreux contacts, la première newsletter du blog « Music business ». Quel plaisir de lire vos commentaires positifs en retour.

N’hésitez pas à transmettre à vos amis, l’adresse du site : www.oliviervadrot.com, ainsi ils pourront s’abonner à la mailing list et recevoir régulièrement les liens de tous les articles mis en ligne.

Quelle rémunération pour le streaming ?

Nous connaissons depuis plusieurs mois l’explosion de l’écoute de musique en ligne, autrement appelée « le streaming ». Il suffit de vous connecter à une plateforme, telles que Deezer ou Spotify, et tout à coup, un flot de chansons se met à couler. Il est vrai qu’avec 7 millions de références, il y a de quoi écouter et ne rien manquer ou presque des nouveautés et surtout du back catalogue.

Les artistes sont rémunérés pour ces écoutes. En moyenne, il faut compter : 0,001 € par titre diffusé. Sachant qu’un album a un coût de production moyen de 15 000 €, il faudra donc : 15 000 000 de clics sur une chanson pour amortir l’investissement !

Si jamais un internaute vient à apprécier un single et décide de l’acheter, ce seront 0,70 € qui iront dans les poches du producteur. Il en conservera la moitié et reversera les 50% restant aux auteurs, compositeurs et éditeurs. C’est à la suite de 70 000 ventes qu’il pourra équilibrer sa balance financière.

Faut-il rester sur ces plateformes ?

Même si cette démonstration peut sembler caricaturale, elle est le reflet de la réalité. La course à l’éternelle diffusion. « Si ce n’est pas moi, c’est quelqu’un d’autre qui prendra ma place ». La reconnaissance des auditeurs, quel qu’en soit le prix !

Une réflexion s’impose. Faut-il céder à l’appel de ces marchands de musique ? Des producteurs se posent sérieusement la question. Pourquoi « donner » des titres pour presque rien ? D’ailleurs, une étude à démontrer que les internautes, sur les sites de streaming, privilégient les anciennes chansons ! Très peu de place est faite aux nouveaux talents.

Une chanson aujourd’hui doit être un produit d’appel. Quel horreur, j’ai écrit « produit » ! En effet, il faut, par des stratégies attractives, faire revenir les fans, vers les sites officiels des artistes, pour que leur musique, leurs photos, vidéos, chansons inédites, soient vendues à partir de leur propre page web.

Quelles sont les autres pistes ?

Un fan dépense en moyenne 26 €, sur le site d’un artiste qu’il apprécie. Cela représente, pour amortir nos 15 000 € de production, environ 850 acheteurs. Est-il plus facile d’obtenir 15 000 000 de clics ou 850 fans ?

N’oublions pas que les concerts, donc la vente en direct, représentent le meilleurs moyen d’engranger des recettes en quantité non négligeable. Il ne faut pas hésiter à multiplier les offres auprès des spectateurs. En plus de votre CD officiel, vendez par exemple des titres inédits !

Les bouleversements que connaît l’industrie musicale, depuis un peu moins de 10 ans, n’en finissent pas. Je note tout particulièrement que les internautes sont bien plus réactifs et en avance que les maisons de disques.

Alors que n’importe quel adolescent sait où et comment trouver de la musique, des photos, des vidéos, divers renseignements sur son groupe préféré, nos spécialistes en sont encore à se demander s’ils doivent dépenser leur budget publicité sur telle émission télé plutôt que sur telle autre !

Révolution cyber-musicale

Les structures ancestrales, que nous appelons Majors, sont comme de vieux paquebots. Elles semblent ne pas avoir compris que les virages ne se prennent pas à la dernière minute, qu’il faut du temps pour changer de cap. Cela s’appelle l’anticipation. Il faut croire que chez nous, elles en manquent cruellement, au détriment des artistes d’ailleurs, et que l’iceberg n’est plus très loin.

Il n’y aurait, à mon avis, aucun inconvénient à jouer sa propre partition. Sortir du schéma traditionnel et suivre son chemin. Dans le grand vide cyber-musical, il y a tout à inventer, donc rien à perdre !

Bonne semaine.

Olivier

lundi 19 octobre 2009

Cassez la voix ! !

Cassez la voix ! !

Chers amis,

Il est parfois des évidences tellement violentes à admettre, qu’il vaut mieux mettre la tête sous le sable et attendre que quelqu’un d’autre se charge de divulguer l’information.

Grâce à cet outil formidable qu’est Deezer, je peux écouter ou ré-écouter de vieux albums que je possédais par le passé et qui ont, à présent, trouvés refuge dans le fond d’un grenier. Au cours de cette semaine j’ai pris du plaisir à me faire couler dans les oreilles, quelques disques de Jacques Higelin.

Bien entendu, avec le temps et les années de pratique du monde de la musique, mon oreille entend différemment aujourd’hui. Par le passé seuls l’émotion des paroles, de la voix et de la mélodie m’importaient. Je ne prêtai guère attention aux diverses flûtes et trompettes et autres instruments utilisées par l’artiste pour modeler sa chanson.

Je vous invite à vous connecter à la plate-forme évoquée plus haut et à sélectionner « Higelin 82 » ou à fouiller dans vos archives pour dégoter un CD, un vinyle, voire une cassette achetée dans une station service d’autoroute, alors que vous partiez en vacances du coté de Concarneau tandis que tous vos copains eux allaient au cap d’Agde.

Prenez le temps d’écouter. Je ne vous demande pas d’aimer le chanteur, ni ses chansons. Juste écouter. Chaque titre est confectionné intelligemment, avec à chaque fois un véritable univers musical bien défini.

Déjà à l’époque, bientôt 30 ans, Jacques utilisait du Ukulélé et tout un tas d’objets bigarrés. Aujourd’hui on crie au génie dès qu’un artiste met quelques notes de cet instrument dans une de ses compositions, avec à la clé une petite chance d’intéresser une station de Radio France.

Ce qui m’a vraiment frappé à la suite des 50 minutes que dure l’album, c’est la recherche qui a été faite, afin de proposer une véritable œuvre et non un produit.

Je reçois des CD, j’en écoute également sur le net. Tout me semble lisse, homogène, sans aspérité, sans folie. La grande phrase à la mode, que l’on entend très souvent et que j’emploie également, je l’avoue, mais qui ne veut pas dire grand chose : « c’est bien produit !» En langage clair il faut comprendre : Le son est bon, le mix est bon, le mastering n’est pas mauvais, mais le produit ne casse pas trois pattes à un canard.

A moins d’être dans une niche, comme je l’évoquais il y a quelques semaines et de ne pas pouvoir ou vouloir déroger à la règle, il vous est instamment demandé, à vous les artistes, de travailler vos morceaux comme s’il s’agissait d’œuvre d’art et non comme de vulgaires chansonnettes. Je sais que beaucoup d’entre vous mettez tout votre cœur dans vos créations. Mais cela ne suffit pas. il faut savoir jusqu’où on peut aller trop loin. Il ne faut pas hésiter à se dire : « je suis content du résultat, j’ai mis longtemps à l’obtenir, mais suis-je réellement au bout du processus ? »

Peut-être que le titre que vous venez d’enregistrer, sous forme de maquette, dont vous et votre entourage êtes très contents, mériterait-il d’être « déconstruit », « remodelé », « détourné ». Je sais, ô combien, la hâte est grande de voir son « petit » prendre vie, d’entendre le résultat de jours et de mois de travail. Cette impatience ne doit pas vous détourner de votre but artistique, créer une œuvre.

Alain Bashung a commencé sa carrière de chanteur en 1966. Il avait déjà à l’époque une posture quelque peu rebelle et chantait des choses impossibles à diffuser à la télé ou sur les ondes radio comme : « T’es vieux, t’es moche ». Son élocution était très claire et finalement sans caractère. Puis, le travail, la recherche, lui ont permis d’aboutir à ce que nous connaissons tous. Combien d’années lui a-t-il fallu pour parvenir à cette diction qui lui était propre ? 20 ans ! A présent, il ne faut pas plus de quelques secondes pour reconnaître ce timbre de voix inimitable.

Tout comme un peintre fait évoluer sa palette, Bashung a su modifier sa voix pour enfin trouver la sienne. Si Picasso était resté coincé au début du 20ème siècle, il est à peu près sûr que nous en parlerions beaucoup moins aujourd’hui.

N’oubliez pas que votre texte n’est peut-être pas de la poésie, mais votre chanson, paroles, musiques et arrangements, doivent être entendus, comme on regarde un tableau, dixit Jacques Brel. Une chanson c’est un tout.

Ce qui fait que l’album « Higelin 82 » est aujourd’hui aussi bon qu’hier, c’est justement par le travail acharné de l’artiste. A force d’avoir remis son ouvrage sur le métier, il est parvenu à créer une œuvre d’art. Je n’en dirai pas autant de tous ses albums. Il faut tout de même savoir resté objectif et ne pas être aveuglé par la grandeur du créateur.

Un artiste, par essence, doit outrepasser les codes. Si vous proposez à notre écoute des chansons qui nous feront penser immédiatement à ce qui a déjà été fait, il est fort probable que vous n’aurez pas notre oreille très longtemps.

Soyez originaux ! Inventifs ! créatifs ! Artistes quoi !

Olivier

www.oliviervadrot.com