Tu es de ma famille ! !
ou
Avoir conscience de son identité musicale
Chers amis,
Voici une année qui démarre sur les chapeaux de roue. La France est un pays bien étrange. Le rythme de travail est ponctué par les périodes de vacances scolaires. Aussi, entre le 20 décembre et le 4 janvier, il ne faut pas espérer grand chose des contacts que l’on peut avoir. Mais, dès le 5 du même mois, cela n’arrête pas. Le téléphone sonne et les rendez-vous sont nombreux. Qui s’en plaindra.
Je suis très heureux de voir que mes activités se multiplient. En plus de l’écriture de mes articles et de leurs diffusions en ligne sur de nombreux sites, je tiens particulièrement à remercier l’équipe de Zicmeup, le site « accélerateur de talents », qui relaie mes papiers sur leur blog.
J’ai débuté janvier en participant par téléphone à une émission diffusée le mardi soir sur Radio Néo. « Le labo » propose aux jeunes artistes d’appeler et de faire découvrir en direct leur travail. J’ai entendu plusieurs intervenants au cours des deux heures de programme. Il y avait, entre autre, un jeune garçon qui pratiquait une musique typée, tendance cold wave, avec comme inspiration Cure ou New order. Des textes en anglais et une musique froide. Il était très heureux, et je le comprends, de nous annoncer qu’il avait des contacts à travers le monde, en particulier en Allemagne, aux USA et en Russie. Son album auto-produit se vendait confidentiellement, mais se vendait tout de même.
Vint ensuite Lola Baï, une jeune chanteuse prometteuse qui, à l’écoute de l’auditeur précédent, se laissa aller à rêver également à une diffusion internationale de ses chansons. Son style à elle, c’est la musique Pop, avec des paroles en français. « Oui, j’aimerais bien chanter en anglais », dit-elle à l’antenne « Et pourquoi pas partir à l’étranger ».
Autant je pense que Lola a une forte probabilité de réussir dans notre pays, autant je suis quasi certain, mais peut-être que je me trompe, elle n’en a pratiquement aucune de réussir en dehors de nos frontières et des pays francophones. Quand je parle de réussir, je veux dire autre chose que d’organiser quelques concerts dans des alliances françaises à Berlin ou Oslo.
La raison en est toute simple. La communauté musicale à laquelle vous appartenez vous offrira des possibilités. En dehors de celle-ci, point de salut, sans moyen énorme, et encore. Je m’explique.
Dans le premier cas cité, le groupe joue une musique originale, peut répandue dans notre pays et qui ne passe quasiment pas sur nos ondes. Il en est de même dans à peu près tous les autres pays d’Europe. Mais, dans chaque Etat, de nombreux jeunes sont à l’écoute d’une telle musique et ils n’hésitent pas à aller sur le Net découvrir des groupes qui viennent de loin et qui leur apporte ce qu’ils ne peuvent trouver chez eux. Ainsi un groupe français, peut tout à fait devenir fameux à l’autre bout de la terre, si plusieurs fans se mettent à acheter des disques et diffuser leurs compositions, voire même les inviter à venir jouer sur scène.
Il y a longtemps de cela, alors que je n’envisageais même pas de faire partie de ce milieu, j’accompagnais EPK, un groupe qui jouait une musique semblable à celle dont je parle. Nous partions le week-end un peu partout en France donner des concerts, dans des MJC ou des caves obscures. Il y avait toujours un public fidèle et fan de ces ambiances.
Je fus fort surpris de découvrir qu’à Reims, au Mans ou à Marseille, les spectateurs connaissaient les chansons, l’histoire du groupe et avaient acheté les albums via internet (ils en ont écoulé environ 500, sans passer par un distributeur ou un label). Il en était de même à Prague et Moscou.
Cet univers musical ne compte qu’un seul grand magazine papier qui fait la part belle à ces groupes. EPK avait eu droit à un article dans celui-ci. Régulièrement ils étaient contactés pour participer à des compilations qui étaient diffusées au-delà de nos frontières. Cela leur a valu une réputation internationale. Cette réputation est bien entendu, à leur niveau, mais existe tout de même.
Pour en revenir à Lola Baï, quelle est la communauté à laquelle elle appartient ? Celle des chanteurs français qui jouent une musique qui ressemble à celle de milliers d’autres chanteurs français. Un petit quelque chose en plus, il est vrai, mais pas assez identifiable ou original pour que des auditeurs à l’autre bout de la planète se disent « Ho ! ça c’est génial ! J’achète tout de suite. » Malheureusement, peut-être.
Avez-vous déjà écouté la bande FM norvégienne ou tchèque ? Et de vous dire : « ce que j’entends c’est Top, j’achète ! » Comme moi, jamais sans doute…
Il est important de savoir de quelle famille on veut être. Si vous jouez du hard rock, de la country ou du rap, alors là oui, vous pouvez diriger votre communication en direction des quelques médias qui seront susceptibles de vous diffuser. Les radios ou télés qui se disent généralistes, en fait ne le sont pas. Elles sont « variétés » et ventre mou, rien de plus. Elles préféreront plutôt diffuser Calogéro que Satan Joker (pour rester dans le hard rock). Donc il est inutile de nous demander, à nous les communiquant, de faire pression sur Michel Drucker, pour qu’il passe un bon morceau de Punk, le dimanche après-midi. Cela risquerait de faire grincer quelques dentiers…
Devenez des vedettes dans votre univers. Inondez les médias qui peuvent parler de vous, faites-vous connaître si ce n’est déjà fait. Ayez un véritable statut incontournable. Il faut qu’à chaque fois que l’on parle de votre style musical, on vous cite comme référence. Cela peut prendre du temps, cela dépend du nombre de radios, webradios, magazines, émissions de télé, salles de concerts… Ne négligez rien, du plus petit fanzine, à la plus grosse radio, du petit café-concert au grand festival, tout est bon à prendre. Si vous êtes sur une niche cela devrait être plus simple. En fait tout dépend de la taille de la niche.
Bonne semaine.
Olivier
