La ! La ! La !
ou
Le théorème de la réussite par Archimède
Chers amis,
Vous avez sans doute eu, comme moi, votre période « croyance irrationnelle ». Je veux parler de ces années au cours desquelles tout événement particulier prend une dimension inénarrable et est ponctué d’un « Waow ! Quand j’te disais que j’y pensais. Tu vois c’est arrivé ! ».
Hé ! bien, je dois avouer que je suis retombé en adolescence, vendredi dernier. Si vous avez lu mon article intitulé « Que reste-t-il de nos amours ? », vous aurez constaté que je me lamentais sur la jeune génération pop-rock et ne voyais qu’un seul groupe qui sorte du lot actuellement : Archimède.
Une claque ! !
En milieu de semaine, je retrouve un mail du booker de ce groupe qui gentiment me propose de venir les entendre à la Maroquinerie. Tiens ! J’avais oublié cette invitation. Je m’empresse d’accepter et me rends donc, en ce début de week-end, dans la salle du XXème.
Là, j’ai pris une claque ! ! Ce qui m’a d’emblée étonné, c’est le public. Sitôt joués les accords de la première chanson que 500 personnes se sont mises à chanter couplets et refrains. J’ai pensé que cela devait être le single qui passe en radio et que l’on devait absolument le connaitre pour être dans la salle. Pas du tout. Il en fut ainsi sur l’ensemble du show. Une vingtaine de titres, durant lesquels, 1000 cordes vocales soutinrent énergiquement le chanteur.
Je dois bien l’avouer, lors de ce concert, je me suis surpris à hocher de la tête, à taper des mains et à joindre ma voix à celle des autres. Il ne manque plus qu’un bon coup de pouce des médias « grand public » et la poussée d’Archimède se vérifiera.
Vous allez me demander, pourquoi faire un reporting de concert en ce lundi matin ? Tout simplement pour vous dire que malgré ce que j’ai pu écrire ces derniers temps, concernant la morosité ambiante, il peut m’arriver (et c’est souhaitable le plus souvent possible), d’être emballé par de nouveaux artistes.
Recette de la réussite
Je pense que les ingrédients utilisés par ce groupe sont les bons. Des textes écrits en français, ce qui devient de plus en plus rare, ciselés avec justesse. Des histoires qui touchent ceux qui les écoutent. De nombreuses critiques rapprochent leur univers à celui de Renaud ou de Dutronc. Une voix reconnaissable à la première note émise. Un petit quelque chose de rocailleux, au fond de la gorge. Des mélodies qui se retiennent facilement et qui permettent, grâce à ces fameuses onomatopées La ! La ! La !, déclinées sur tous les tons, de faire participer le spectateur ; si bien que l’on passe parfois de l’ambiance concert à celle, Ô combien agréable, de feu de camp.
J’ai d’ailleurs retrouvé une espèce de ferveur païenne. Celle qui existait à la fin de concert de Mano Solo, avec son hymne « Shalala » ou encore lorsque U2 quittait la scène sur « 40 », laissant des milliers de fans chanter jusqu’au bout de la nuit « How long to sing this song ? »
Je ne peux que vous inciter, vous jeunes auteurs-compositeurs, à ne pas avoir peur de la langue française. D’autres s’y sont attaqués avant vous et avec succès : Noir désir, Saez, Téléphone… Ne sombrez pas dans la pseudo facilité, en croyant que chanter en anglais ça passera mieux. C’est dans l’ensemble assez faux. Si vous avez des choses à dire, dites-le dans votre langue. Ha ! ça oui, pour trouver son style, son écriture, cela demande plus de temps que de rédiger un texte comprenant trois prétérit et une forme passive.
Il ne faut pas craindre de composer de « vraies » mélodies et non des balbutiements sur quelques notes. Aujourd’hui, les professionnels craignent « les voix », celles qui s’envolent et traversent plusieurs octaves. On préfère le minimalisme, reflet sans doute de l’époque, ne pas faire de vagues… Souhaitons que cela change et que les chanteurs retrouvent rapidement le droit de citer. Que l’on reconnaisse le talent d’un interprète également à sa capacité de pousser l’aiguille du compte-tours au maximum.
2012 ? ?
Et si 2012 marquait un retournement de situation ? Pourquoi ne pas imaginer qu’entrainées par une force surnaturelle, d’un seul coup, les majors décideraient de redonner une vraie place aux chanteurs qui ont des choses à dire et qui ont les moyens de l’exprimer ?
En attendant cette heure, je conclurai cet article par quelques mots, d’Archimède : « Le bonheur est à la portée de tous » et ça, e n’est pas une croyance d’adolescent.
Je vous souhaite plein de succès.
Bonne semaine.
Olivier
