Ma chanson leur a pas plu ! !
ou
Comment placer des titres auprès d’interprètes
Chers amis,
Aujourd’hui, c’est la rentrée des classes. Ce jour sonne définitivement la fin de la période estivale et nous pousse doucement vers l’automne, avec son cortège de jours sombres et tristes. Réjouissons-nous tout de même, car c’est aussi le moment de l’année qui nous permet d’envisager les futures prestations artistiques que nous aurons gérer au printemps prochain ! Le monde merveilleux du spectacle ne s’arrête jamais. Il nous empêche ainsi, d’être empêtrés dans un quotidien sans perspective d’avenir.
Je suis particulièrement heureux de savoir qu’avec Renaud Hantson, avec qui je travaille depuis quelques semaines, nous avons déjà des dates de concert arrêtées sur nos tablettes, en décembre prochain, mais aussi des options pour juin et juillet 2012 !
Placer des titres
Cette semaine, ce n’est pas d’avenir que je souhaite vous parler. Il se trouve qu’au cours de l’été, j’ai reçu plusieurs mails, d’artistes qui me suivent sur ce blog et qui m’ont fait à chaque fois la même demande : « Je suis auteur-compositeur et j’aimerais placer des titres auprès de chanteurs renommés. Pouvez-vous m’aider ? »
Je vais me permettre aujourd’hui d’expliquer comment le placement de titres fonctionne.
Il y a en fait deux solutions. Tout d’abord, vous connaissez personnellement un chanteur, un membre de son entourage ou vous avez tout simplement trouvé un contact direct et avec du culot, vous osez vous lancer. Vous faites passer un texte ou un MP 3. L’artiste vous dira ce qu’il pense de votre travail, s’il est intéressé ou non, si son Directeur artistique a également flashé sur ce que vous proposez ou pas, si leur priorité est à la recherche de nouveaux auteurs... Peut-être parviendrez-vous à nouer un contact fructueux et ainsi une nouvelle collaboration verra le jour.
Contacter les éditeurs
L’autre solution, à la fois plus « anonyme », mais aussi plus vaste, consiste à contacter directement les maisons d’édition musicale. En effet, le placement de chansons, auprès d’interprètes, fait partie de leur travail. Pour cela, elles doivent avoir en permanence des textes à proposer, soit au chanteur, soit à un compositeur, soit encore à un producteur. C’est pour cela, qu’il ne faut pas craindre, comme un romancier envoie son manuscrit à toutes les maisons de Saint-Germain des prés, poster vos œuvres en direction des sociétés de publishing qui existent. Tout d’abord, on prend contact par téléphone, on obtient le nom d’une personne qui donnera de son temps en lisant vos travaux et on met au courrier.
Le point positif de cette démarche est que si vous entrez dans une écurie d’auteurs, cela vous permettra de toucher plus d’artistes que si vous n’en aviez démarché qu’un seul. Souvent un auteur veut travailler pour tel chanteur. Le rôle de l’éditeur est de faire circuler les œuvres qu’il détient et de les proposer aux interprètes les plus à même de se les approprier. Le point négatif est que vous pouvez être perdu au milieu d’une ribambelle d’autres auteurs et passer totalement inaperçu.
Les places sont chères
L’ambition de vouloir offrir des textes aux derniers gros « vendeurs » est grande et généreuse. Bien entendu, on me demande plutôt de contacter Florent Pagny ou Yannick Noha, que d’illustres inconnus. Comme vous pouvez l’imaginer, ceux qui détiennent les places de fournisseurs de rimes y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. En France, les droits d’auteur sont particulièrement intéressants et convoités. Si vous avez la chance d’être présent sur un opus, sorti par celles et ceux qui n’écrivent pas leurs propres textes, et d’arriver en tête des ventes, alors le chèque que vous toucherez pourra être conséquent. Voilà pourquoi certaines places relèvent du « domaine réservé » et qu’il est très compliqué de s’y installer.
Un dernier petit conseil, qui à mon avis vous évitera de vous retrouver trop rapidement dans la corbeille de votre lecteur, c’est d’appuyer vos démarches avec des argumentaires pompeux vous concernant. J’ai reçu des mails comportant des phrases telles que : « Je pense être un des meilleurs auteurs actuellement sur le marché », cependant personne ne le connaît, mais passons ou « Mon écriture correspond tout à fait à l’univers d’untel » et j’en oublie. Laissez à l’éditeur et à son chanteur le soin de savoir si celui-ci a envie de défendre ce que vous lui proposez. Il ne faut pas perdre de vue que l’artiste devra entrer dans vos mots, dans votre univers pour en faire le sien. L’exercice est périlleux, mais passionnant. Si cela marche, alors vous n’êtes pas à l’abri d’une bonne surprise.
Je vous souhaite plein de succès.
Bonne semaine.
Olivier
