Alchimie ! !
ou
Les trois clés du succès
Chers amis,
Bien que le mois d’août ne soit pas tout à fait fini, c’est déjà la rentrée pour beaucoup d’entre vous. Qu’ils semblent loin la plage de sable fin et l’horizon avec le soleil couchant qui embrasait le ciel chaque soir. Ce scénario était réservé aux plus chanceux, car combien de concerts annulés pour cause d’intempéries ?

Je vous espère donc tous en pleine forme et bardés de courage, force et volonté pour affronter cette nouvelle saison. Comme d’habitude, je publierai tous les lundis, un article consacré au Music business, qui je le souhaite, vous aidera à mieux cerner cet univers impitoyable !
Le succès !
Cette semaine, rentrons directement dans le vif du sujet. Qu’est-ce que le succès ? Cette question m’a été posée par une jeune journaliste, qui bien failli me fiche en l’air une partie de mon premier week-end du mois de juillet ! En effet, le succès c’est quoi ? Cette interrogation journalistique faisait suite à un constat d’échec de plusieurs albums sortis par des gens portant un nom déjà installé dans le monde du show biz, mais n’ayant pas connu la gloire tant attendue. La demoiselle faisait référence entre autre à Mélanie Laurent et au flop de son premier disque.
La question n’était pas si dénuée de tout sens. En effet, sur quels éléments se fonde le succès ? J’ai noté trois points essentiels à la réussite d’un projet, autrement appelé succès.
Le produit
Le premier élément est « le produit ». Il va de soi que lorsque l’on se lance dans l’aventure musicale, l’opus qui sera livré au public devra être une somme d’autant de réussites qu’il y a de pistes à écouter. Ne parier que sur une chanson ou deux, pour vendre plusieurs milliers d’albums est une erreur. Chaque titre doit être un single en puissance. Chaque chanson doit être travaillée comme si elle était la seule à exister. Il faut que l’on se dise à l’écoute du disque « Je ne sais laquelle choisir pour les médias. Elles sont toutes excellentes ! »
Le public
Le second élément et non le moindre est « le public ». Je devrais dire plutôt « son public ». Je rencontre énormément de jeunes artistes qui veulent, avant toute chose, être dans les journaux, sur les radios, qu’on parle d’eux dans le poste ! Quand je demande où ils en sont dans leur parcours, bien souvent la réponse sonne creux et mis à part une prestation sur le parvis du bureau de poste de leur commune, le jour de la fête de la musique, il n’y a pas grand-chose. Soit vous avez acquis un public et des fans avec les années et quand votre produit sortira vos acheteurs seront déjà là, à attendre impatiemment la galette toute chaude, soit vous bénéficiez d’un service promo, lié à une major, qui bombardera un titre sur les ondes et avec un peu de chance, fera grossir votre communauté de fans de manière exponentielle.
Le nom de l'artiste
Et enfin le dernier point, pour moi le moins important, c’est « le nom » de l’artiste. Je dis le moins important car l’histoire du disque nous prouve que vous pouvez avoir été en haut de l’affiche pendant de nombreuses années et en être descendu, pour y remonter cela n’est pas chose facile. Cela peut aider, mais ne fera pas tout. Je pense aussi à tous ces « fils de », qui n’ont d’autre carte de visite que celle de leur père ou mère connus de tous, mais qui leur font une ombre terrible. Si Chédid, Dutronc ou Higelin sont arrivés à percer, c’est bien grâce à leur valeur artistique et non par un simple tour de passe-passe familial ou médiatique.
Le succès c’est une alchimie très compliquée. Vous pouvez avoir une œuvre de grande qualité et ne pas trouver votre public. Souvenez-vous des années de galère de Gainsbourg et de ses premiers disques 25 cm qui ne se vendaient qu’à quelques exemplaires. Vous pouvez avoir un nom grand comme la façade de l’Olympia et faire un flop avec un album, voyez les chiffres du dernier Hallyday. A l’inverse vous pouvez connaitre une vraie bonne surprise. Ce fut le cas pour le premier disque de Carla Bruni. Un top model qui se reconverti dans la chanson et puis quoi encore ! Bingo ! Un label qui pensait n’en vendre qu’une grosse poignée se retrouve avec un des plus gros cartons de l’année 2002 !
C'est le public qui choisit !
Aujourd’hui même, le succès de Nolwenn Leroy s’explique par les trois points exposés plus haut. La qualité de production de ses reprises ; Ses fans qui la suivent depuis plusieurs années, plus le grand public qui se retrouve dans des chansons qui font partie de l’histoire de chacun (qui n’a pas chanté la jument de Michao pendant des vacances en Bretagne ?) et enfin l’interprète qui n’est plus à présenter.
Quoi qu’il en soit, au bout du compte c’est le public qui finit par rendre son jugement. Celui-ci n’est jamais définitif, mais il est vrai qu’attendre que la postérité fasse le reste, c’est un peu rageant.
Je vous souhaite plein de succès pour cette nouvelle saison.
Bonne semaine.
Olivier
