Simple constat ! !
ou
Les chiffres du spectacle vivant en 2010 donnent à réfléchir
Chers amis,
Alors que se déroule, en ce moment même, la grande réunion annuelle du PRODISS, les producteurs et diffuseurs de spectacles vivants, l’analyse des chiffres de la saison passée, laisse perplexe.
Plus de spectacles en 2010
En effet, le CNV (Centre National de la chanson et la Variété) a publié les résultats de l’ensemble de l’année 2010. Si la progression du nombre de shows proposés est de 7 %, l’augmentation de la fréquentation quant à elle, n’est que de 2 %.
Les grosses productions, ayant générées plus de 5 millions d’Euro de recettes, ne sont qu’au nombre de 15, alors que l’an passé, il y en avait 17. Ce petit écart entraine tout de même un manque à gagner de 80 millions d’Euro de billetterie !
On nous explique depuis cinq ou six ans que, suite à la brutale chute des ventes d’albums physiques, le Live allait prendre la relève et devenir la vraie source de revenus pour les artistes. Comme par le passé, entendait-on. A l’époque sans doute où il n’y avait que ménestrels et trouvères sur les routes et chemins de nos régions !
Plus de concerts compensent les pertes des ventes de CD
L’idée géniale du microcosme était que les pertes seraient compensées par un plus grand nombre de concerts. Nous avons donc assisté à une explosion du nombre de concerts ces dernières années. Oui, mais voilà, le porte-monnaie des spectateurs n’est pas sans fond et à un moment il faut choisir. De plus, et dans le même temps, le prix des places de concerts a très nettement augmenté. Alors, que faire ? Se rendre à un spectacle dont on est à peu près sûr de ne pas sortir déçu, en y mettant le prix ou plusieurs petites salles, dans des conditions techniques pas forcément exceptionnelles ?
A ces questions, le public a répondu. Il privilégie les grosses machines ! D’ailleurs, en école de commerce, je crois que l‘on enseigne qu’il vaut mieux investir beaucoup, en une seule fois, afin de récupérer assez facilement au minimum sa mise, au mieux un maximum de bénéfices, plutôt que de s’éparpiller sur des petites affaires et au final risquer de ne rien gagner du tout !
Vous aurez remarqué, que les temps de crise économique, ne renforce pas vraiment les secteurs du divertissement. Quand il faut choisir dans les dépenses, il y a des priorités, que l’on comprend tous.
Heureusement que dans notre beau pays, il y a quantité de salles subventionnées qui accueillent des artistes en ne se souciant guère du taux de remplissage. Celles-ci sont enviées, à tel point qu’il est très difficile de s’y faire programmer.
J’aimerais tellement vous tenir un discours inverse et vous dire que tout est beau et que chacun à sa place sur la plus haute marche. Mais la réalité n’est pas celle-là. Les temps sont très durs.
Tournée annulée !
Regardez par exemple la tournée de Sinclair qui a été annulée. On prétextera ce que l’on voudra, mais c’est sans aucun doute que les taux de remplissage, à quelques semaines du coup d’envoi, n’étaient sans doute pas à la hauteur des espérances des investisseurs. Il vaut mieux, parfois, faire profil bas et prendre des décisions qui ne mettront pas en péril l’économie d’une société de production.
L’internet fait croire, encore aujourd’hui, à de nombreux jeunes, qu’il y a de la place pour tout le monde. Ce n’est pas vrai. Trop d’offre tue l’offre ! Je ne crois pas que le marché se purgera de lui-même. C’est à présent impossible. Il y a trop d’espace à occuper (ce qui est très bien pour la liberté, justement). Chacun veut sa petite part du gâteau. Mais à force de grignoter, on finit par piquer les miettes de son voisin et créer de la tension, ce qui entre nous est complètement l’inverse de ce que l’on souhaite, lorsque l’on fait du spectacle ou alors on crève. C’est malheureusement ce qui arrive de plus en plus souvent.
Face à ce constat bien sombre, il faut garder l’espoir. Ne pas baisser les bras. Continuer à se battre au quotidien, poursuivre un chemin fait de travail, de réflexion, de remise en cause. La musique en sortira toujours vainqueur. Les efforts finissent toujours par payer.
Bonne semaine.
Olivier
