Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - bande fm

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vendredi 25 septembre 2015

Quota or not quota ? ?

Quota or not not quota ? ?

That is the chanson ! !

Depuis deux jours, je vois passer et repasser, sur le net, des informations concernant un amendement, voté par une quarantaine de députés, qui voudrait réguler la diffusion de titres francophones, sur les ondes. Il me semble à priori, que c’est une bonne chose.

Il y a quelques années en arrière, j’étais en contact avec de nombreuses radios, de la bande FM, essayant de placer des nouveautés auprès des programmateurs. Las, le combat était quasiment perdu d’avance, car leurs playlist étaient confectionnées autour d’une poignée de titres français, produits par une des quatre majors de l’époque et diffusés pour certains six à huit fois par jour ! ! Vous aurez bien compris qu’il était difficile, voire impossible, de se faire une petite place dans ce combat de géants.

Dominique A show case FNAC Ternes 03.06

N’oublions pas que les radios sont dites « commerciales ». Ce qui les intéresse avant tout, c’est de vendre de l’espace aux annonceurs. Comment convaincre un client de faire un gros chèque à la régie publicitaire ? Il faut l’assurer que la station a un audimat au Top et pour obtenir ce résultat, il faut diffuser ce qui se vend le mieux, sinon l’auditeur va écouter ailleurs Louane ou Kenji…

J’en entends certains pousser de grands cris et nous dire que ce n’est pas à la loi de nous imposer ce que l’on doit écouter ou pas. Ce sont, sans doute, les mêmes qui se réjouissaient, au siècle dernier, de l’imposition de quotas de chansons francophones sur les ondes, afin de sauvegarder cette exception culturelle que le monde entier nous envie. C’est à n’y rien comprendre…

Les grands groupes de médias se plaignent quant eux de la piètre qualité de la production française. Si j’osais, j’utiliserais l’expression « les oreilles m’en tombent ». Ce qu’il faudrait dire, c’est que la « chanson populaire » a été abandonnée au profit de la « nouvelle chanson française », plus racée, plus intello, peut-être et donc bien moins « playlistable », pour vendre du temps de cerveau disponible.

Je discutais, il y a peu, avec un chanteur bien installé dans le paysage musical. Il souhaite enregistrer un nouvel album, mais en même temps, il me dit « A quoi ça va servir, il n’y a personne qui diffuse nos nouveautés ». Alors effectivement, si toute la chaîne de production pense comme cela, pourquoi mettre des moyens colossaux sur un disque ? Ceci explique peut-être cela.

Les mêmes diffuseurs voudraient laisser entendre que les majors ont fait pression sur les politiques, afin de « détourner les auditeurs des radios et de les diriger vers le streaming ». On n’a pas eu besoin d’eux pour aller voir si chez Deezer ou Spotify l’herbe était plus verte. L’indigence des playlist des médias traditionnels, nous y a poussés.

Il faudrait aussi rappeler que les diffusions sur la bande FM rapportent beaucoup d’argent en droits. Il n’est pas rare, alors que c’est interdit par la loi, que les radios détiennent des parts d’édition sur les titres les plus joués et par là même touchent de l’argent sur les chansons qu’elles diffusent.

Aujourd’hui, toutes les stations sont présentes sur le net et proposent aux auditeurs des dizaines de webradios, toutes plus spécialisées les unes que les autres. Dans quelques années, la FM disparaitra et nous écouterons tous la radio sur nos téléphones. Chacun écoutera « sa radio ».

Pour conclure, je dirais que la limitation de diffusion de certaines chansons est une bonne chose, si le temps d’antenne dégagé est mis à disposition de la création et de la nouveauté. Il y a bien un subterfuge, pour échapper à cette loi. Nous savons bien que rien ne vaut un bon titre « gold », pour satisfaire l’ensemble des auditeurs. Les programmateurs alors, ressortiront des placards un bon vieux Florent Pagny ou un Gainsbourg parfumé à l’anis et le tour sera joué. La jeune génération mourra donc, sans jamais avoir connu l’extase d’une diffusion en modulation de fréquence.

Olivier

lundi 16 mai 2011

Radio bonheur ! !

Radio bonheur ! !

ou

Se faire une place sur la bande FM

Chers amis,

Le week-end dernier, l’Europe entière avait les yeux rivés sur le petit écran. Non pas pour suivre les présumées frasques hôtelières du patron du FMI, mais pour assister au couronnement annoncé du représentant de la France à l’Eurovision. Les parieurs anglais donnaient Amaury Vassili vainqueur à 3 contre 1. On connaît le résultat. Une piètre quinzième place. Exit le beau ténor et son chant corse…

Une chose est certaine, mis à part la déception de n’avoir pas remporté le titre, les auteurs compositeurs tireront leur épingle du jeu, grâce à la présence dans les médias de leur chanson. Maigre consolation, mais consolation tout de même…

Plusieurs types de radios

Ceci m’amène à poursuivre ma réflexion, initiée lundi dernier, sur la présence de la chanson française dans les radios. Très souvent je reçois des mails ou des commentaires me demandant comment se faire entendre sur la bande FM. Y compris pour les jeunes générations qui ont poussé au même rythme que l’internet et le téléphone portable, la radio reste le média de référence.

Tout d’abord, il faut préciser que les stations de radios sont classifiées selon des critères bien précis et doivent répondre à un cahier des charges imposé par le CSA. En France nous avons 5 catégories : A, B, C, D, E.

  • A : Radios associatives (Radio puisaleine, Aligre FM, Thème radio)
  • B : Radios commerciales locales (Mona FM, L’OR FM, Sud radio)
  • C : Radios commerciales locales affiliées à un réseau national (Chérie FM Nîmes, NRJ Lorraine)
  • D : Radios commerciales nationales (RTL 2, Skyrock, Virgin radio)
  • E : Radios périphériques (Europe 1, RTL, RMC)

Musique vs publicité

Je pense que tout le monde aura compris qu’une fois que l’on a écrit « commerciale » dans l’intitulé du titre, on a à peu près tout dit. Quel est le but recherché par ces stations ? Attirer le plus possible de budgets publicitaires dans leur régie, afin de réaliser de beaux et bons chiffres d’affaires et devenir ainsi leader sur le marché.

Les tarifs se négocient en fonction de l’auditoire. C’est l’offre et la demande. Plus vous avez d’auditeurs, plus vous vendez chers les passages des spots promotionnels.

Comment faire pour avoir beaucoup de gens qui écoutent votre station ? Diffuser le plus possible de programmes musicaux « fédérateurs ». J’entends par là, des titres qui sont soit dans l’air du temps, soit des chansons « gold » que tout le monde connaît et que l’on entend sans vraiment écouter jusqu’à la prochaine pause pub.

Avec l’apparition et la multiplication des sources de diffusion, des parts de marché ont été perdues par les radios. Pour mettre un terme à l’hémorragie, la solution fut simple : On resserre les playlist autour d’une quinzaine de titres, à raison de 8 passages par jour, on n’aura que de la musique qui conviendra à notre auditoire et la pub se vendra bien ! Tant pis pour tous les petits, les autoproduits, les sans grades, les sans moyens, les inconnus…

Quelles solutions ?

Si vous voulez impérativement être diffusé sur une antenne de la bande FM, je ne peux que vous conseiller, dans un premier temps, de chercher autour de chez vous toutes les stations de catégorie A, il y en a des centaines. N’étant pas soumises aux chiffres de médiamétrie, elles ouvrent facilement leur antenne aux nouveautés, aux artistes locaux. Vous pourrez même donner des interviews et pourquoi pas, organiser un show case en studio. Ce ne sera pas la gloire dès le lendemain matin, mais vous aurez acquis une expérience.

Ces prestations ne sont pas rémunératrices. N’espérez pas toucher un chèque de la SACEM. Ces radios règlent une somme forfaitaire sans obligation de préciser les titres des playlist. Qu’importe. Il vaut mieux être présent pour rien que de végéter chez soi en attendant que Universal vienne frapper à votre porte.

Une fois que votre statut d’artiste « local » est bien imposé dans l’esprit des gens, que vous possédez une réputation suffisante pour commencer à intéresser des radios plus importantes, n’hésitez pas à les contacter. Il se pourrait qu’elles soient intéressées par la promotion d’un artiste régional et qu’elles vous donnent un petit coup de pouce.

Révolution via le réseau

Tout ceci se fait sur la longueur. Il faut prendre patience, savoir que rien n’arrive du jour au lendemain. Se trouver une place dans la bande FM est flatteur, mais pas une fin en soi. Il y a tellement de moyens aujourd’hui de créer une communauté autour de chaque artiste, que la radio ne doit pas représenter le point central de focalisation.

Développez vos sites web, soyez présents sur les réseaux sociaux, intervenez sur les forums, sur les blogs, faites parler de vous, augmentez votre fanbase, vendez vos produits directement.

J’ai eu la chance de vivre la naissance de la FM au début des années 80. Vous avez l’opportunité de participer activement à la révolution de la diffusion de musique sur internet. Profitez-en !

Bonne semaine.

Olivier