Poudre aux yeux ! !

ou

Confessions d’un enfant du rail

Chers amis,

Ce 29 mars marque l’anniversaire de Renaud Hantson. Hasard du calendrier, hier est sortie en librairie son autobiographie « Poudre aux yeux – Sexe, drogues et show business », aux éditions Pygmalion.

Poudre aux yeux

Le récit de sa vie, Renaud l’a découpé en autant de chapitres que d’années passées dans les affres de la dépendance à la cocaïne. 17 ans en enfer, 17 morceaux d’un puzzle qui, lorsqu’il finit par être reconstitué, laisse le lecteur le souffle coupé.

Le parcours artistique de Renaud Hantson est à l’image du titre d’un de ses albums : « Des plaies et des bosses ». Des marques sur le corps et dans son âme, l’artiste en est bardé. Son véritable regret est « de ne pas avoir livré bataille » au cours de toutes ces années et pour cause. Lorsqu’il avait les armes en mains et la volonté farouche d’en découdre, on lui a retiré ses munitions et laissé au bord chemin.

Ha ! Le magnifique visionnaire qu’était son D.A de l’époque. « On fait un break d’un an et tu reviendras plus fort ! », lui avait-il dit et Renaud le croyant à attendu, attendu et le retour n’est finalement pas venu comme il l’espérait. C’est pendant cette longue période de désœuvrement que la cocaïne a fait son entrée dans sa vie.

Tout au long des trente années passées dans le show business, il a eu des hauts et de bas, parfois en résille, parfois en gouffres profonds dont on se demande comment il en est sorti. S’il est toujours sur pieds, il n’est pas indemne. Tel un boxeur titubant sous les coups, Renaud n’abdique jamais et repart à l’assaut, sans cesse. Jusqu’à présent, il a gagné tous ses combats.

Le succès bien sûr est largement présent dans cet ouvrage, car n’oublions pas que sa carrière est ponctuée par les réussites de « Starmania » et « La légende de Jimmy », de Berger et Plamandon et de la formidable tournée au début des années 2000, de « Notre-Dame de Paris » ; qu’en solo, il a sorti à ce jour, une dizaine d’albums, que ses projets parallèles Satan Jokers et Furious Zoo sont plus que jamais d’actualité.

Dans cette autobiographie, nous croisons les routes de nombreux musiciens : Glenn Hugues, Angus Young, Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, William Sheller… Grâce à ces rencontres, nous comprenons mieux pourquoi Renaud réussit ce grand écart permanent entre Hard rock et variété pop.

« Poudre aux yeux » est le point final d’une dérive qui l’a entrainé très loin. Ce livre aurait pu s’intituler « Rédemption », tant Renaud s’ouvre avec honnêteté. Aucun des sujets n’est épargné, son père absent, ses conquêtes féminines, ses délires paranoïaques, ses doutes, ses envies, ses bonheurs. Tout y est décortiqué avec sincérité, ce qui rend le récit encore plus émouvant.

Au-delà du simple fait de vouloir laisser une trace écrite, le souhait le plus profond du chanteur est de savoir que son travail peut aider, voire éviter à des jeunes de tomber dans les diverses drogues et substances qui rendent dépendant et qui au bout du compte vous pourrissent la vie. « Poudre aux yeux » est le complément nécessaire à l’album « AddictionS », sorti à l’automne dernier.

Cette autobiographie à cœur ouvert n’aurait pu voir le jour sans la rencontre magique avec le psychiatre Laurent Karila. Celui-ci a rédigé pour son ami, une très belle préface.

« Poudre aux yeux » est un livre rock n’ roll, écrit sur le cuir le plus dur, d’une peau tannée par les douleurs. Inutile de porter un perfecto pour se le procurer. Il suffit d’avoir envie d’aller à la rencontre de Renaud Hantson.

Olivier