Juste après ! !
Ou
Comment anticiper les problèmes
Chers amis,
La semaine qui vient de s’écouler m’a permis de prendre une nouvelle fois conscience que se sont les petits détails qui font la différence.
Comme je le dis souvent, la réalisation et le devenir d’un artiste ne se fait pas en un jour. Il lui faut du temps. Ce temps doit être entièrement consacré à son travail. Le reste, les à-cotés, ne doivent pas interférer dans son quotidien et venir parasiter son univers créatif.
Prenez une chanteuse à qui l’on dit, il y a des mois de cela, que son prochain tour de chant passera par des pays exotiques, hors de l’union européenne et qu’à ce titre il lui faudra avoir un passeport en bonne et due forme. « Oui, oui, je vais m’en occuper ! » Hé bien, c’est à quelques jours du départ que l’on se rend compte que le délai nécessaire pour l’obtention du dit document sera beaucoup plus long que celui dont on dispose. Nous allons donc devoir faire une demande en urgence et augmenter notre dose de stress en attendant de savoir si nous serons dans les temps.
Si cette information avait été traitée dès réception nous aborderions cette tournée dans la plus grande décontraction et n’aurions pas nos pensées obnubilées par ce problème.
Autre exemple, il y a quelques mois de cela, Steve et Heather reçoivent une invitation à participer au premier festival de country d’Abidjan. Pour se rendre en Cote d’Ivoire, il vous faut être vacciné. L’organisateur après leur avoir laissé entendre que pour lui tout était bon, ne leur donna plus signe de vie durant quelques jours. Que faire ? Aller tout de même se faire piquer, même si au dernier moment le festival est annulé ou attendre la confirmation pour y aller et n’être pas dans les temps ? Ils reçurent leur feuille de route sur le fil et purent recevoir leur dose et donner brillamment leur représentation face à un public africain subjugé.
Ces deux anecdotes quelque peu éloignées du monde merveilleux du show business, nous enseignent tout de même une chose, que vous soyez artistes ou organisateurs : Il faut anticiper !
Une étude a démontré que la majorité de ceux qui réussissent dans le milieu des affaires, sont ceux qui, déjà lorsqu’ils étaient à l’école, savaient s’avancer dans leurs devoirs ! ! ! Je ne peux me résoudre à considérer que la musique soit un univers si différent, qui répondrait à d’autres règles.
Les concerts en général se prévoient plusieurs mois, voire une année à l’avance. N’attendez pas la dernière minute pour vous soucier de savoir comment vous allez vous rendre sur place. Si le déplacement est compris dans votre cachet, il vous faudra trouver la solution la moins onéreuse. Parfois le train ou une location de voiture, kilométrage illimité, sont bien plus avantageux.
On entend souvent dire chez les artistes « Ha, oui, mais moi je travaille dans l’urgence, il n’y a que comme ça que je peux créer ». Sans doute est-ce vrai pour ce qui concerne le processus de création, mais ce domaine n’est pas le mien. Encore que, je me demande combien d’albums excellents ou de concerts remarquables ont été montés comme ça dans l’urgence ? On a souvent parlé des textes de Gainsbourg rédigés au coin d’un bar en plein milieu de la nuit. Même s’il y eut des fulgurances et des éclairs de génie poétique, il n’en demeure pas moins que ce qu’il laisse de plus intelligent sont des paroles écrites et réécrites, raturées jusqu’à trouver la phrase juste.
Daniel Balavoine enregistra en une journée les voix de son dernier album. Il s’était enfermé avec ses musiciens pendant plusieurs semaines en Irlande et avait travaillé, travaillé, travaillé, jusqu’à obtenir le son qu’il voulait. Une fois dans le studio du palais des congrès il suffit à l’ingénieur du son de mettre en route le magnéto et de laisser défiler les titres. Il n’y eut aucune retouche.
Lorsque vous avez des échéances à l’horizon, ne vous dites jamais « j’ai le temps », dites-vous que vous devez régler les problèmes le plus tôt possible afin d’être tranquille.
En écrivant ce texte, je me tape sur les doigts, car j’ai bien failli ne pas publier aujourd’hui. Je savais pourtant que je serai loin de mon ordinateur ce week-end. J’aurais dû écrire mon papier en avance et programmer sa publication pour ce lundi matin. Mais voilà j’ai oublié et suis obligé de me rattraper dans la fin de journée. C’est bon, ça passe mais juste. Mea culpa.
La prochaine fois, je ne me dirai pas, j’ai le temps, jusqu’ici tout va bien. Quand on se dit cela, il est déjà trop tard.
Musicalement
