Des p'tits sous ! !
Ou
Ce que l’on gagne vraiment avec le téléchargement
Chers amis,
Je tiens tout d'abord à vous remercier car, au fil des semaines, vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre, à m'écrire, à m'encourager de continuer de vous informer. Tout comme pour un artiste qui sort un album et découvre des chiffres de vente de plus en plus importants, je goûte ce plaisir que de voir les statistiques hebdomadaires de consultation de mon blog croître et amplifier.
Je ne peux que vous inviter à faire passer le lien de cette page à tous vos amis et à toutes vos connaissances.
Pour ceux qui veulent suivre les informations mises en ligne en temps réel, j'ai ouvert une page sur Twitter : https://twitter.com/Olivier140869 N'hésitez pas à vous y abonner.
L'article de la semaine passée : "Savez-vous planquer vos sous", traitait des collectes de fonds effectuées, et pas toujours bien redistribuées, par la SACEM et d'autres organismes du même genre. Ayant reçu plusieurs réactions suite à cette publication, j'ai souhaité vous proposer un nouveau post en forme de complément.
Vous êtes tous attirés, et c'est bien normal, par la vente en ligne de votre musique. Internet, outil génial et révolutionnaire permet à tout créateur de mettre à disposition de son public ses oeuvres, bonnes ou mauvaises, sans avoir à passer par le chaîne traditionnelle qui suit le mastering, à savoir, l'artwork, le pressage et surtout la distribution physique en magasin.
A grands coups de publicité sur vos pages Myspace, facebook et j'en oublie, vous voyez défiler de jolies publicités qui vous proposent de vendre votre musique sur plusieurs plateformes connues et reconnues. Je pense bien entendu à iTunes, Fnac.com, virginmega... Après avoir pris contact avec un fournisseur, peu importe lequel, vous serez référencé chez tous les marchands, vous attendrez les premiers chiffres de vente et les premières retombées économiques. C'est là que les choses se compliquent voire se ternissent.
Vous aurez remarqué, comme moi que, quel que soit le type de production, le prix de vente d'un titre est toujours de 0,99 € et votre album quel que soit le nombre de titres sera de 9,99 €.
Comment se répartissent les revenus ? Pour les auteurs-compositeurs et éditeurs, la part sur un single est de 0,07 € et sur un album de 0,70 €. Donc si vous n’êtes que l’un ou l’autre, vous toucherez qu’un tiers de 7 centimes. 0,025 € ! La gloire ! Cela devient intéressant financièrement à partir d’un million de téléchargements en dessous…
Bien entendu, la part la plus importante reviendra au producteur, qui lui touchera environ 50 % du prix vendu. Ce qui semble tout à fait justifié, car c’est lui qui a misé sur votre produit et a sorti des sous de sa poche. Il prend les risques, il est normal qu’en cas de réussite il reçoive son dû.
Lire ce dossier : http://www.sacem.fr/files/content/sites/fr/files/mediatheque/sacem/presse/etudes/Remuneration_auteurs_17nov2009.pdf
Il est vrai que je m’adresse plutôt à des jeunes artistes qui se débrouillent tous assez bien pour trouver les moyens nécessaires à la réalisation de leur projet, sans avoir à passer par de grosses structures de production. Si vous parvenez à gagner le gros lot et à empocher la quasi totalité des revenus afférents à votre mise, alors vous pourrez commencer à compter ce que vous aura rapporté votre production, déduction faite des investissements, bien entendu.
Une chose me surprend encore. C’est justement le prix de vente de la musique. Que vous ayez dépensé dans votre production beaucoup d’argent ou très peu, le prix sera toujours le même ! Un CD lambda enregistré en trio, en une semaine sera vendu 14,99 €. Un album enregistré aux USA, avec une dizaine de musiciens, pendant un mois, sera mis sur le marché physique à 15,99 € !
Il serait peut-être temps de revoir la rémunération et les prix de vente de la musique. Cela fait des années que j’en entends parler et rien ne se fait. Il est incompréhensible de trouver en téléchargement tous les produits, back catalogue ou nouveautés, au même tarif. Il semblerait judicieux de proposer des prix plus élevés pour des titres qui viennent de sortir et des prix réduits pour des chansons ou albums ayant déjà été amortis depuis bien longtemps.
Cette modulation tarifaire permettrait aux plus jeunes, arrivant sur le marché, de ne pas être découragés en recevant le relevé de leurs ventes et de continuer de croire que l’on peut gagner sa vie en vendant sa musique.
Bonne semaine.
