T'étais où ! !
ou
Christophe Maé ? Connais pas !
Chers amis,
Je suis en mesure de vous annoncer qu'un de projets prévus pour la fin de l'année dernière, va enfin voir le jour, dans les semaines qui viennent. En effet, vous aurez la possibilité de retrouver mes chroniques dans un format audio. Ceci permettra à ceux qui n'ont pas le temps de se concentrer sur un écran quelques minutes par semaine, de pouvoir m'écouter tout en faisant autre chose.
Je vous donnerai plus détail sur cette opération très bientôt.
Pour l'heure, j'aimerais revenir sur une info entendue il y a peu et qui, à mon sens, mérite réflexion.
L'artiste le mieux payé de l'année 2010 est Christophe Maé, avec plus de 4 millions d'Euros empochés !
Je sais que ce garçon est un grand performeur et est surtout très apprécié par public jeune et féminin. Le style de sa musique, que l'on peut qualifier de variété (ce n'est pas parce qu'il y a des guitares électriques que c'est du rock, ni parce qu'il y a des percussions caribéennes que c'est du reggae) est en grande diffusion sur tous les réseaux généralistes, télés et radios.
Oui, mais voilà, lorsque je pense à la carrière de ce garçon, je suis incapable de prononcer le moindre titre d'une de ses chansons !
A quoi est-ce dû ? Non pas à un manque de curiosité ou d'intérêt de ma part pour cet artiste qui, s'il est tout en haut du palmarès, le mérite certainement, car je sais qu'il travaille beaucoup ; ni par esprit sectaire qui voudrait que sous prétexte que ça ce vend en grande quantité, c'est que forcément ce n'est pas bien.
La raison en est bien plus simple. Tout ceci est causé par la segmentation des médias.
Revenons en arrière. Il y a une trentaine d'années, disons avant 1982, nous n'avions que trois radios et trois chaînes de télé. Il était donc tout à fait impossible, et je mets au défi quiconque de me dire le contraire, de passer à travers les succès et tubes de l'époque. Bien sûr on avait tout à fait le droit de ne pas aimer Patrick Juvet, Joe Dassin, Michel ou Fugain, mais impossible de dire « je n'ai jamais entendu une chanson de ces gens-là. » Voilà comment des générations entières chantent aujourd'hui, dans n'importe quelle fête, « Alexandrie, Alexandra ».
Après la libération des ondes de la bande FM, des centaines de canaux de diffusion ont vu le jour entraînant avec eux un public lassé d'entendre toujours la même chose dans les médias traditionnels. Puis vînt le temps des structurations et rachats, avec comme idée simple et logique : Vous aimez le jazz, vous écouterez telle station, vous aimez les chansons françaises, vous vous brancherez sur telle fréquence et ainsi de suite.
La fidélisation des auditeurs couplée à la qualité de programmation ont fini par éloigner « Le Public » de certains artistes. Aujourd'hui ce sont des milliers de sources qui sont à notre disposition. Bien entendu, télés et radios sont toujours très puissants par leur présence, mais il ne faut pas négliger l'importance du net.
Il m'arrive de passer des journées entières connecté sur le site d'une radio italienne, depuis mon PC. Je finis donc par en oublier qu'il y a également de la bonne variété en France.
Il y a en suisse, sur la TSR, une émission animée par Alain Morrisod. Il prend un malin plaisir à mélanger tous les styles musicaux sur son plateau. Lorsque j'y suis allé, l'an passé, j'y ai côtoyé à la fois Helmuth Fritz et Hugues Aufray. Un brassage des genres détonnant, mais qui a permis à un large public de s'y retrouver.
Chez nous, le système médiatique est tellement cloisonné que nous ne connaissons plus ce genre de programme. « Taratata » pour les jeunes pop-rockeurs branchés, « Chabada », pour les nostalgiques de la chanson française et le reste sur toutes les autres chaînes.
Voilà comment on peut avoir à proximité de ses oreilles des vrais talents et passer à côté.
Ne vous offusquez pas, si jamais on vous dit ne jamais avoir entendu un seul de vos titres. Renvoyez les béotiens vers les bons canaux. Je vous souhaite ainsi de ravir la place de Christophe Maé, dans un futur très proche.
Bonne semaine.
Olivier
