Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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lundi 29 juin 2015

Douce violence ! !

Douce violence ! !

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Le rapport annuel du SNEP est implacable

Chers amis,

Comme chaque année, le SNEP (syndicat national des éditeurs phonographiques) publie son rapport, concernant l’économie de la production musicale française. Une série de chiffres, de tableaux et de courbes en tout genre, nous éclaire et surtout nous permet d’avoir une vision assez précise de la tendance future de ce bon vieux marché de la musique.

SNEP

Le chanteur français vend encore des disques

D’une manière assez étrange, on découvre que les ventes physiques, bien qu’étant en éternelle perte de vitesse (-11,5 % en 2014), depuis dix ans, restent encore largement majoritaires, face au numérique, qui pourtant gagne de plus en plus de part de marché (+ 6 %). Ce n’est pas le petit revival qui existe autour du disque vinyle qui permettra d’inverser de nouveau les courbes, même si certains en rêve toujours. Non, toutes les maisons ne s’équiperont pas d’une platine, afin de réécouter, en 30 cm, les Doors ou AC/DC, voire le dernier album de Johnny Hallyday. Cela n’est qu’un gadget pour les nostalgiques du « quand ça craquait, c’est bien mieux ! ».

Si le volume des ventes physiques est encore élevé, c’est que la variété française y est pour quelque chose. En effet, nos artistes vendent plus de CD que les chanteurs internationaux (74 % contre 26 %). Sans doute est-ce le fait que nous n’avons pas converti toutes les générations au numérique et que nos ainés préfèrent encore acheter un disque, plutôt que de le télécharger !

Le streaming sort grand vainqueur

Le second enseignement est la percée du streaming. Il y a encore peu, on ne donnait pas cher de la peau de ce système, qui consiste à écouter la musique que l’on aime, sans la posséder. Tous pariaient sur le téléchargement, via iTunes, entre autre. Aujourd’hui, force est de constater que nous privilégions l’écoute aléatoire sur diverses plateformes, soit gratuitement, soit par abonnement, plutôt que de dépenser des €uros, dans l’achat de fichiers dématérialisés que finalement, nous ne possédons pas (là, il y a un vrai non-sens économique).

Le point positif du streaming est l’accès à des catalogues, qui réunis forment une espèce de puit sans fond, donnant le vertige quant au nombre incalculable de morceaux auquel l’auditeur à droit. Il est vrai que je n’aurais jamais vraiment pu avoir accès à l’ensemble de l’œuvre de Bruce Springsteen, aussi rapidement et à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, si je n’avais pas une application qui me le permette.

Le point négatif du streaming, qui mangera tout d’ici à quelques courtes années, c’est la place laissée aux jeunes talents sur ces services. C’est-à-dire peu ou pas (contrairement à ce qu’on veut bien nous faire croire). Il y a un mot qui revient en permanence dans le discours des développeurs informatiques, c’est « algorithme ». Ce simple vocable, découverte fantastique des informaticiens, annihile la spontanéité. Lorsque vous avez fait une ou deux recherches spécifiques sur le net, votre fournisseur de musique ne vous propose plus que des artistes dans la même veine. Fini le temps de la découverte !

Vous avez, tout comme moi, passé beaucoup de temps dans les rayonnages de la FNAC ou chez Virgin, à regarder les pochettes d’albums, à prendre un casque et à écouter, au hasard, une nouveauté rap ou country et pourquoi pas, êtes partis avec le disque en poche. Nous étions alors devant un large choix et seul notre libre arbitre nous guidait. Aujourd’hui, c’est « l’algorithme » qui nous aide, qui nous guide, qui nous façonne… Comment de jeunes chanteurs pourront faire leur trou, parmi ces millions de fichiers ? Sincèrement, je n’en ai pas la moindre idée.

Modèle économique contestable

Un autre écueil apparait dans l’utilisation du streaming. Je veux parler de la rémunération des titres écoutés. Nous apprenions, au printemps dernier, que Portishead, groupe de renommée mondiale, n’avait touché que 2300 €, pour 34 millions de titres écoutés. Imaginez un peu les revenus générés par de artistes en développement !

Au prix auquel est payée la musique, sur le net, il faut environ 50 000 000 d’écoutes, pour qu’un groupe qui sort son premier album puisse rentabiliser son investissement. Autant dire, impensable et impossible. C’est pourtant le modèle qui sera la référence définitive dans quelques petites années…Il est fort à parier, que dans ce même temps, Deezer, Youtube ou Apple deviendront les nouveaux producteurs de musiques. On en reparlera bientôt.

Olivier

mardi 5 avril 2011

Streaming or not streaming ?

Réflexion audio autour du bien-fondé de l'écoute de musique en streaming.