Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - Steve et Heather

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lundi 22 février 2010

Juste après ! !

Juste après ! !

Ou

Comment anticiper les problèmes

Chers amis,

La semaine qui vient de s’écouler m’a permis de prendre une nouvelle fois conscience que se sont les petits détails qui font la différence.

Comme je le dis souvent, la réalisation et le devenir d’un artiste ne se fait pas en un jour. Il lui faut du temps. Ce temps doit être entièrement consacré à son travail. Le reste, les à-cotés, ne doivent pas interférer dans son quotidien et venir parasiter son univers créatif.

Prenez une chanteuse à qui l’on dit, il y a des mois de cela, que son prochain tour de chant passera par des pays exotiques, hors de l’union européenne et qu’à ce titre il lui faudra avoir un passeport en bonne et due forme. « Oui, oui, je vais m’en occuper ! » Hé bien, c’est à quelques jours du départ que l’on se rend compte que le délai nécessaire pour l’obtention du dit document sera beaucoup plus long que celui dont on dispose. Nous allons donc devoir faire une demande en urgence et augmenter notre dose de stress en attendant de savoir si nous serons dans les temps.

Si cette information avait été traitée dès réception nous aborderions cette tournée dans la plus grande décontraction et n’aurions pas nos pensées obnubilées par ce problème.

Autre exemple, il y a quelques mois de cela, Steve et Heather reçoivent une invitation à participer au premier festival de country d’Abidjan. Pour se rendre en Cote d’Ivoire, il vous faut être vacciné. L’organisateur après leur avoir laissé entendre que pour lui tout était bon, ne leur donna plus signe de vie durant quelques jours. Que faire ? Aller tout de même se faire piquer, même si au dernier moment le festival est annulé ou attendre la confirmation pour y aller et n’être pas dans les temps ? Ils reçurent leur feuille de route sur le fil et purent recevoir leur dose et donner brillamment leur représentation face à un public africain subjugé.

Ces deux anecdotes quelque peu éloignées du monde merveilleux du show business, nous enseignent tout de même une chose, que vous soyez artistes ou organisateurs : Il faut anticiper !

Une étude a démontré que la majorité de ceux qui réussissent dans le milieu des affaires, sont ceux qui, déjà lorsqu’ils étaient à l’école, savaient s’avancer dans leurs devoirs ! ! ! Je ne peux me résoudre à considérer que la musique soit un univers si différent, qui répondrait à d’autres règles.

Les concerts en général se prévoient plusieurs mois, voire une année à l’avance. N’attendez pas la dernière minute pour vous soucier de savoir comment vous allez vous rendre sur place. Si le déplacement est compris dans votre cachet, il vous faudra trouver la solution la moins onéreuse. Parfois le train ou une location de voiture, kilométrage illimité, sont bien plus avantageux.

On entend souvent dire chez les artistes « Ha, oui, mais moi je travaille dans l’urgence, il n’y a que comme ça que je peux créer ». Sans doute est-ce vrai pour ce qui concerne le processus de création, mais ce domaine n’est pas le mien. Encore que, je me demande combien d’albums excellents ou de concerts remarquables ont été montés comme ça dans l’urgence ? On a souvent parlé des textes de Gainsbourg rédigés au coin d’un bar en plein milieu de la nuit. Même s’il y eut des fulgurances et des éclairs de génie poétique, il n’en demeure pas moins que ce qu’il laisse de plus intelligent sont des paroles écrites et réécrites, raturées jusqu’à trouver la phrase juste.

Daniel Balavoine enregistra en une journée les voix de son dernier album. Il s’était enfermé avec ses musiciens pendant plusieurs semaines en Irlande et avait travaillé, travaillé, travaillé, jusqu’à obtenir le son qu’il voulait. Une fois dans le studio du palais des congrès il suffit à l’ingénieur du son de mettre en route le magnéto et de laisser défiler les titres. Il n’y eut aucune retouche.

Lorsque vous avez des échéances à l’horizon, ne vous dites jamais « j’ai le temps », dites-vous que vous devez régler les problèmes le plus tôt possible afin d’être tranquille.

En écrivant ce texte, je me tape sur les doigts, car j’ai bien failli ne pas publier aujourd’hui. Je savais pourtant que je serai loin de mon ordinateur ce week-end. J’aurais dû écrire mon papier en avance et programmer sa publication pour ce lundi matin. Mais voilà j’ai oublié et suis obligé de me rattraper dans la fin de journée. C’est bon, ça passe mais juste. Mea culpa.

La prochaine fois, je ne me dirai pas, j’ai le temps, jusqu’ici tout va bien. Quand on se dit cela, il est déjà trop tard.

Musicalement

lundi 9 novembre 2009

Le premier pas ! !

Le salaire de la peur ! !

Chers amis,

Dimanche dernier j’ai assisté à l’Alhambra de Paris, à un très beau concert de Steve et Heather. La country est vraiment un univers musical riche et beaucoup plus varié que l’on ne croit et sans le savoir, ou sans se l’avouer, nous avons tous un coté country ! Il n’est pas rare d’entendre, dans les émissions spécialisées, des titres de Bruce Springsteen ou de Shaina Twain diffusés entre Johnny Cash et Hank Williams.

Cette semaine, je voudrais attirer votre attention sur l’idée qu’un jeune artiste peut se faire de son premier pas dans le métier. Au cours d’un dîner, jeudi soir dans un cabaret parisien, nous avons abordé le sujet.

Je fus très surpris d’entendre un prétendant dire : « Pour débuter dans ce milieu, il faut faire une reprise ». Jean-Pierre Pasqualini, patron de « Platine Magazine » et moi-même, étions du même avis : Ce propos est une ineptie !

Comme je n’ai de cesse de le rappeler à tous ceux qui me demandent conseil : commencez par avoir une réflexion de bon sens ! Prenez l’histoire de la chanson française, celle que vous avez à portée d’oreille et que vous connaissez malgré tout sans doute le mieux. Jetez un rapide coup d’œil sur les titres qui se sont bien placés dans les charts divers. Faites le calcul du nombre de reprises arrivées en tête des Tops et déduisez-en si en enregistrer une est une bonne idée.

Bien sûr, on objectera que Lâam a vendu près d’un million de singles du titre : « Chanter pour ceux… » de Michel Berger. Et après ? Combien sont-ils à avoir réalisé cet exploit ? Peu, très peu. Dans un premier temps cela pouvait s’apparenter à « un coup », mais l’album qui est sorti ensuite était de très bonne qualité et contenait d’excellentes chansons. Il ne restait plus ensuite qu’à dérouler une carrière, mais les choses étant parfois beaucoup plus compliquées qu’on ne le pense, Lâam a connu des hauts et des bas.

Si je tente d’expliquer que reprendre des titres déjà connus et implantés dans l’inconscient collectif est une pauvre idée pour se lancer, elle peut en revanche apporter une image fédératrice, pour un public qui découvre « en live » un artiste et permet d’identifier l’univers du chanteur. Lorsque Balablan reprend en concert du Gainsbourg et du Salvador, nous voyons de quelle école de la chanson il est issu. Les reprises servent à cristalliser une identité, pas à la fabriquer.

Mais que demande-t-on aux artistes ?

Un chanteur se présente face au public pour y présenter son monde, avec ses mots et ses musiques. L’intérêt de ce métier est que chacun peut évoquer le même sujet en utilisant des mots et des mélodies différentes. Ces chansons forment votre personnalité artistique.

Même si vous n’êtes qu’interprète, avec des auteurs autour de vous, vous allez sans cesse chercher à mettre sur vos cordes vocales les mots que d’autres sauront mieux exprimer, mais que vous revendiquerez. N’hésitez pas d’ailleurs à renvoyer vos faiseurs de chansons à leurs tables de travail, parfois malheureusement un mot, un vers ou une expression peuvent faire chavirer le texte entier dans la catégorie des rebus.

On se nourrit de ce qui a déjà été fait, c’est certain, mais ce n’est pas une raison suffisante pour ne vouloir s’adonner qu’à cet exercice de reprise. Dans les années 60, la jeunesse prenait énormément de plaisir à chanter les succès d’Elvis Presley, Buddy holly, Carl Perkins et tant d’autres, allant jusqu’à imiter les postures, les coiffures, les costumes… Ils devenaient des clones. Combien de temps a-t-il fallu pour que les Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Dick Rivers, pour ne parler que d’eux, trouvent et assument leur identité ? Des années ! Quant aux autres ? Disparus…

Aujourd’hui, ceci n’est plus envisageable. On ne peut plus se permettre d’enregistrer des covers à longueur d’année, pour enfin un jour se dire « Et si je faisais mon œuvre ! Celle que j’ai vraiment envie de chanter ! ». tout va trop vite et le temps est compté. Si vous voulez monter sur scène pour défendre ce que vous avez vraiment dans le ventre, alors il vous faudra creuser, gratter, chercher au plus profond de vous ce qu’il y a de meilleur à produire sous forme de chanson.

Si votre seul désir, et celui-ci est blâmable, est de monter sur une scène pour vous aveugler une fois dans votre vie de lumière, vous étourdir de son et vous bercer d’applaudissements, hé bien vous faites fausse route. Ce sera mettre beaucoup d’efforts pour un bonheur furtif qui vous laissera avec le temps plus d’amertume que de joie.

Le show bizness est un fantasme. Et comme tel, une fois vécu il est décevant.

Chanteur en revanche est un vrai métier, qui demande beaucoup de travail pour parvenir à l’obtention d’un résultat.

Je finirai par une comparaison. Les élèves des Beaux-arts copient, recopient les tableaux des maîtres qui les ont précédés, mais une fois franchie et maîtrisée cette étape, ils se retrouvent face à la toile blanche et sont amenés à y projeter leur propre monde. On ne découvre pas un peintre qui présente « trait pour trait » une reproduction de la Joconde ! On l’ignore.

Soyez les peintres de votre vie et imaginez votre monde tel que vous le voulez et non comme il a déjà été dépeint !