Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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lundi 24 janvier 2011

Une autre histoire ! !

Une autre histoire ! !

Ou

Hommage à Gérard Blanc ?

Chers amis,

Croyez-vous aux signes du destin ? Êtes-vous portés sur la chose paranormale et donnez-vous un sens à chaque événement, propos ou situation de votre vie ? Je ne suis pas de ceux-là. Il est toujours aisé d’analyser et d’interpréter après coup ce que l’on a vécu. « J’aurais dû comprendre », « Cela me saute aux yeux, aujourd’hui »... Combien de fois a-t-on entendu ces phrases ? Des milliers, sans doute.

Il doit être tout autant terrifiant de vivre dans la recherche du mot qui n’aurait pas dû être dit, du geste qui n’aurait pas dû être fait. Vouloir tout expliquer relève des sciences occultes et me fait très peur. Dans la vie, il y a des hasards et des coïncidences. Heureuses parfois. Malheureuses de temps en temps. C’est tout.

Pourquoi ce préambule ? En voici l’explication. Il y a deux ans, je perdais un ami et la chanson populaire, au sens noble du terme, un de ses plus beaux représentants. Gérard Blanc fermait les yeux une dernière fois.

Début 2008, nous travaillons à la promotion d’une compilation, sortie chez Sony, au titre définitif : « Les plus grands succès de Gérard Blanc et Martin circus ». Une chanson est choisie pour figurer dans les playlist des radios. Il est décidé que « Je déménage » représentera l’album. Ce titre original est quasiment inédit.

Le clip est tourné dans le XVIIIème, dans ce quartier que Gérard aime tant. A la fin, on découvre le chanteur, brassant « un autre ciel, d’autres nuages » sur fond d’images prises d’avion, ciel bleu et cumulus en décor naturel… Il est encore troublant pour moi de l’entendre dire : « je fais le vide, je m’offre un voyage… »

Puis, en mars de la même année, il y eut une soirée exceptionnelle à l’Olympia. Ensuite, Gérard voulut sortir un live : « Made in Paris ». A la question, pourquoi un live après une compilation ? La réponse ne se faisait pas attendre : « Pour clore un chapitre. On a fait les titres en studio, on les donne en concert, puis on tourne la page et on écrit une nouvelle histoire, sur une page blanche. »

Il regardera une dernière fois le DVD, qui sortira en même temps que le CD et s’endormira, fier et heureux de ses presque 40 ans de carrière retracée dans ce film. Malheureusement, il n’y eut pas de nouvelles aventures.

Une autre anecdote me revient. Au cours de l’été 2008, Brigitte, femme et manager de l’artiste m’appelle. A cette époque, je gère le Myspace du chanteur. Elle me demande d’ajouter des dates de concerts, car une petite tournée vient d’être signée. En quelques minutes le calendrier est mis à jour.

A l’automne Gérard tombe malade. Brigitte m’annonce qu’elle a annulé tous les concerts pour les six prochains mois, ne sachant comment l’état de santé de son mari allait évoluer. Dans le bénéfice du doute, je ne touche pas au planning. On verra dans quelques jours, quelques semaines…

Plus attentif au compte rendu de l’hôpital qu’aux visites sur le site web, j’oublie de modifier les dates. Après le décès de Gérard, je fais « le ménage » dans les pages web et lorsque j’ouvre le calendrier, je m’aperçois avec émotion, qu’au mois de septembre précédent, j’avais noté que le dernier concert aurait lieu le samedi 24 janvier 2009. Gérard est mort au cours de la nuit du 24 au 25 janvier. Comme si l’artiste avait attendu que le dernier contrat soit assuré pour tirer sa révérence.

Je sais que ces faits peuvent être troublants pour celui qui croit aux forces de l’invisible. Hasard de calendrier, signe du destin ? Comment savoir. Je laisse à chacun la liberté de dire sa vérité.

Je me devais, en ce jour anniversaire, de rendre hommage à celui qui m’a ouvert grand sa porte, grand son coeur.

Lors de notre dernière rencontre, il y avait autour de Gérard, Brigitte, son ange gardien, ses musiciens, son monteur et son réalisateur vidéo. Il regarda tous ces gens et me dit : « Voilà, on a recréé une famille. » J’étais fier de faire partie de celle-ci. Aujourd’hui, je peux dire que la famille est triste.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 8 mars 2010

And the winner is ! !

Ou

Si vous voulez un trophée, signez dans une major

Chers amis,

Je viens de vivre une semaine extraordinaire. Je ne sais si cela vous est déjà arrivé, mais lorsque votre rêve devient réalité, vous ressentez un sentiment extrêmement fort de plaisir et de joie. Depuis mon plus jeune âge, je souhaitais travailler aux cotés d’artistes, de chanteurs, être dans les coulisses, sur des plateaux de télé, dans des studios de radio… Voilà donc ce qui a été mon quotidien ces derniers jours.

Quel que soit le but que vous souhaitiez atteindre, je ne peux que vous encourager à le poursuivre. A force d’acharnement et de volonté, parfois avec un peu de chance (mais ça, je n’y crois pas trop, car il me semble que celle-ci nous la créons nous-même. J’y reviendrai un autre jour), on finit par arriver là où l’on veut aller.

Je vous engage à ne pas attendre d’être parvenu au sommet pour fêter vos réussites. C’est en célébrant chaque étape franchie, que l’on crée l’énergie qui propulse sur le palier suivant. Tout comme l’écrivait Molière pour Dom Juan « Y voir chaque jour les petits progrès que l’on fait ».

Il se trouve donc que cette semaine, je suis parti sur la nouvelle tournée du spectacle « Âge tendre ». Je vous entends d’ici rire de ce rire narquois et moqueur. Je vous arrête de suite. Le show qui est donné est d’une très grande qualité et ne souffre d’aucune critique. Pour être tout à fait honnête (et il faut l’être), je ne cautionne pas tous les chanteurs de ce plateau, ayant des préférences artistiques, mais cela ne regarde que mon goût personnel et je ne me permettrai pas d’émettre quelques remarques en place publique, à travers cet article.

Une polémique est née il y a quelques jours, car comme le savez et l’avez certainement suivi, le programme des Victoires de la musique diffusé samedi dernier, n’a pas laissé de place à certaines catégories. Michel Algay, le producteur « d’Âge tendre », ne veut pas à tout prix recevoir un trophée. Deux millions de spectateurs en 4 ans de tournée, c’est plutôt une belle récompense et cela lui suffit d’obtenir les suffrages du public.

Le problème qui est soulevé, c’est l’impartialité des décideurs et la probité avec laquelle sont décernées ces sculptures.

Il faut pour bien comprendre avoir quelques éléments qui peuvent échapper au public. Le comité des « Victoires de la musique » est une association qui vit principalement de l’argent qui est versé par les majors. De ces dons, des gens tirent des salaires. Tout travail mérite salaire, d’accord, mais certaines rentes me semblent douteuses.

En termes claires, si je suis payé par Sony et Universal, puis-je décemment donner une récompense à un album produit par un label indépendant et uniquement distribué par internet ?

De plus le producteur de l’émission télévisée est Nagui. Vous aurez remarqué que tous les extraits de présentation des chanteurs nominnés sont issus de Taratata… Il faut savoir parfois se faire de la publicité à peu de frais.

Les Victoires de la musique, ne sont vraiment que celles d’une certaine musique, plutôt bien appréciée dans le milieu très parisianiste de soirées branchouilles et Bo-bo, tendance France Inter et Télérama. Je dis cela en connaissance de cause, j’écoute France Inter. Ce qui est le plus gênant, ce n’est pas que Biolay ou Ruiz soient récompensés, au contraire, leur travail mérite d’être reconnu, quant à l’album d’Izia, celui-ci est tout simplement excellent, non ce qui me dérange c’est la permanente opposition qu’il faudrait faire entre la chanson « Intello » et la chanson « populo ». Pourquoi vouloir sans cesse diviser plutôt que rassembler ?

Il me semble que le coeur même de l’art (même s’il est mineur) c’est la création d’émotion. Si une chanson, d’oû qu’elle vienne, quels qu’en soient les auteurs et compositeurs, vous donnent le frisson, alors c’est une bonne chanson. Je peux vous assurer que lorsque j’entends certains titres de Damien Saez, Alain Bashung ou Jacques Higelin, je suis ému de la même manière que lorsque je vois sur scène Charles Dumont ou Isabelle Aubret. C’est juste une question d’alchimie musicale. Une belle mélodie, un beau texte et la magie opère.

Pour résumer, si vous rêvez de remporter un jour une récompense, prévoyez d’intégrer d’abord une major, d’avoir un plan promo avec beaucoup de zéro et de passer dans les meilleurs programmes musicaux. A ce moment-là vous aurez des chances. Sinon, continuez d’écrire, de composer et de chanter face à votre public, lorsque vous recevrez leurs applaudissements et leurs bravos, ce sera alors votre plus belle victoire.

Bonne semaine.