Une autre histoire ! !
Ou
Hommage à Gérard Blanc ?
Chers amis,
Croyez-vous aux signes du destin ? Êtes-vous portés sur la chose paranormale et donnez-vous un sens à chaque événement, propos ou situation de votre vie ? Je ne suis pas de ceux-là. Il est toujours aisé d’analyser et d’interpréter après coup ce que l’on a vécu. « J’aurais dû comprendre », « Cela me saute aux yeux, aujourd’hui »... Combien de fois a-t-on entendu ces phrases ? Des milliers, sans doute.
Il doit être tout autant terrifiant de vivre dans la recherche du mot qui n’aurait pas dû être dit, du geste qui n’aurait pas dû être fait. Vouloir tout expliquer relève des sciences occultes et me fait très peur. Dans la vie, il y a des hasards et des coïncidences. Heureuses parfois. Malheureuses de temps en temps. C’est tout.
Pourquoi ce préambule ? En voici l’explication. Il y a deux ans, je perdais un ami et la chanson populaire, au sens noble du terme, un de ses plus beaux représentants. Gérard Blanc fermait les yeux une dernière fois.
Début 2008, nous travaillons à la promotion d’une compilation, sortie chez Sony, au titre définitif : « Les plus grands succès de Gérard Blanc et Martin circus ». Une chanson est choisie pour figurer dans les playlist des radios. Il est décidé que « Je déménage » représentera l’album. Ce titre original est quasiment inédit.
Le clip est tourné dans le XVIIIème, dans ce quartier que Gérard aime tant. A la fin, on découvre le chanteur, brassant « un autre ciel, d’autres nuages » sur fond d’images prises d’avion, ciel bleu et cumulus en décor naturel… Il est encore troublant pour moi de l’entendre dire : « je fais le vide, je m’offre un voyage… »
Puis, en mars de la même année, il y eut une soirée exceptionnelle à l’Olympia. Ensuite, Gérard voulut sortir un live : « Made in Paris ». A la question, pourquoi un live après une compilation ? La réponse ne se faisait pas attendre : « Pour clore un chapitre. On a fait les titres en studio, on les donne en concert, puis on tourne la page et on écrit une nouvelle histoire, sur une page blanche. »
Il regardera une dernière fois le DVD, qui sortira en même temps que le CD et s’endormira, fier et heureux de ses presque 40 ans de carrière retracée dans ce film. Malheureusement, il n’y eut pas de nouvelles aventures.
Une autre anecdote me revient. Au cours de l’été 2008, Brigitte, femme et manager de l’artiste m’appelle. A cette époque, je gère le Myspace du chanteur. Elle me demande d’ajouter des dates de concerts, car une petite tournée vient d’être signée. En quelques minutes le calendrier est mis à jour.
A l’automne Gérard tombe malade. Brigitte m’annonce qu’elle a annulé tous les concerts pour les six prochains mois, ne sachant comment l’état de santé de son mari allait évoluer. Dans le bénéfice du doute, je ne touche pas au planning. On verra dans quelques jours, quelques semaines…
Plus attentif au compte rendu de l’hôpital qu’aux visites sur le site web, j’oublie de modifier les dates. Après le décès de Gérard, je fais « le ménage » dans les pages web et lorsque j’ouvre le calendrier, je m’aperçois avec émotion, qu’au mois de septembre précédent, j’avais noté que le dernier concert aurait lieu le samedi 24 janvier 2009. Gérard est mort au cours de la nuit du 24 au 25 janvier. Comme si l’artiste avait attendu que le dernier contrat soit assuré pour tirer sa révérence.
Je sais que ces faits peuvent être troublants pour celui qui croit aux forces de l’invisible. Hasard de calendrier, signe du destin ? Comment savoir. Je laisse à chacun la liberté de dire sa vérité.
Je me devais, en ce jour anniversaire, de rendre hommage à celui qui m’a ouvert grand sa porte, grand son coeur.
Lors de notre dernière rencontre, il y avait autour de Gérard, Brigitte, son ange gardien, ses musiciens, son monteur et son réalisateur vidéo. Il regarda tous ces gens et me dit : « Voilà, on a recréé une famille. » J’étais fier de faire partie de celle-ci. Aujourd’hui, je peux dire que la famille est triste.
Bonne semaine.
Olivier
