Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - Serge Gainsbourg

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lundi 29 août 2011

Alchimie ! !

Alchimie ! !

ou

Les trois clés du succès

Chers amis,

Bien que le mois d’août ne soit pas tout à fait fini, c’est déjà la rentrée pour beaucoup d’entre vous. Qu’ils semblent loin la plage de sable fin et l’horizon avec le soleil couchant qui embrasait le ciel chaque soir. Ce scénario était réservé aux plus chanceux, car combien de concerts annulés pour cause d’intempéries ?

Succès

Je vous espère donc tous en pleine forme et bardés de courage, force et volonté pour affronter cette nouvelle saison. Comme d’habitude, je publierai tous les lundis, un article consacré au Music business, qui je le souhaite, vous aidera à mieux cerner cet univers impitoyable !

Le succès !

Cette semaine, rentrons directement dans le vif du sujet. Qu’est-ce que le succès ? Cette question m’a été posée par une jeune journaliste, qui bien failli me fiche en l’air une partie de mon premier week-end du mois de juillet ! En effet, le succès c’est quoi ? Cette interrogation journalistique faisait suite à un constat d’échec de plusieurs albums sortis par des gens portant un nom déjà installé dans le monde du show biz, mais n’ayant pas connu la gloire tant attendue. La demoiselle faisait référence entre autre à Mélanie Laurent et au flop de son premier disque.

La question n’était pas si dénuée de tout sens. En effet, sur quels éléments se fonde le succès ? J’ai noté trois points essentiels à la réussite d’un projet, autrement appelé succès.

Le produit

Le premier élément est « le produit ». Il va de soi que lorsque l’on se lance dans l’aventure musicale, l’opus qui sera livré au public devra être une somme d’autant de réussites qu’il y a de pistes à écouter. Ne parier que sur une chanson ou deux, pour vendre plusieurs milliers d’albums est une erreur. Chaque titre doit être un single en puissance. Chaque chanson doit être travaillée comme si elle était la seule à exister. Il faut que l’on se dise à l’écoute du disque « Je ne sais laquelle choisir pour les médias. Elles sont toutes excellentes ! »

Le public

Le second élément et non le moindre est « le public ». Je devrais dire plutôt « son public ». Je rencontre énormément de jeunes artistes qui veulent, avant toute chose, être dans les journaux, sur les radios, qu’on parle d’eux dans le poste ! Quand je demande où ils en sont dans leur parcours, bien souvent la réponse sonne creux et mis à part une prestation sur le parvis du bureau de poste de leur commune, le jour de la fête de la musique, il n’y a pas grand-chose. Soit vous avez acquis un public et des fans avec les années et quand votre produit sortira vos acheteurs seront déjà là, à attendre impatiemment la galette toute chaude, soit vous bénéficiez d’un service promo, lié à une major, qui bombardera un titre sur les ondes et avec un peu de chance, fera grossir votre communauté de fans de manière exponentielle.

Le nom de l'artiste

Et enfin le dernier point, pour moi le moins important, c’est « le nom » de l’artiste. Je dis le moins important car l’histoire du disque nous prouve que vous pouvez avoir été en haut de l’affiche pendant de nombreuses années et en être descendu, pour y remonter cela n’est pas chose facile. Cela peut aider, mais ne fera pas tout. Je pense aussi à tous ces « fils de », qui n’ont d’autre carte de visite que celle de leur père ou mère connus de tous, mais qui leur font une ombre terrible. Si Chédid, Dutronc ou Higelin sont arrivés à percer, c’est bien grâce à leur valeur artistique et non par un simple tour de passe-passe familial ou médiatique.

Le succès c’est une alchimie très compliquée. Vous pouvez avoir une œuvre de grande qualité et ne pas trouver votre public. Souvenez-vous des années de galère de Gainsbourg et de ses premiers disques 25 cm qui ne se vendaient qu’à quelques exemplaires. Vous pouvez avoir un nom grand comme la façade de l’Olympia et faire un flop avec un album, voyez les chiffres du dernier Hallyday. A l’inverse vous pouvez connaitre une vraie bonne surprise. Ce fut le cas pour le premier disque de Carla Bruni. Un top model qui se reconverti dans la chanson et puis quoi encore ! Bingo ! Un label qui pensait n’en vendre qu’une grosse poignée se retrouve avec un des plus gros cartons de l’année 2002 !

C'est le public qui choisit !

Aujourd’hui même, le succès de Nolwenn Leroy s’explique par les trois points exposés plus haut. La qualité de production de ses reprises ; Ses fans qui la suivent depuis plusieurs années, plus le grand public qui se retrouve dans des chansons qui font partie de l’histoire de chacun (qui n’a pas chanté la jument de Michao pendant des vacances en Bretagne ?) et enfin l’interprète qui n’est plus à présenter.

Quoi qu’il en soit, au bout du compte c’est le public qui finit par rendre son jugement. Celui-ci n’est jamais définitif, mais il est vrai qu’attendre que la postérité fasse le reste, c’est un peu rageant.

Je vous souhaite plein de succès pour cette nouvelle saison.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 4 janvier 2010

Let it be ! !

Let it be ! !

Ou Comment les Beatles sont devenus les Beatles

Chers amis,

Voici venu le temps des vœux en ce début d’année. Bien entendu, je ne peux que vous souhaiter le meilleur pour vous, ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers et vous entourent.

Traditionnellement en janvier, viennent avec la galette des rois et son trop plein de sucres rapides et de mauvaise graisse, les bonnes résolutions. Je veux parler des vraies et de non de celles qui prennent fin dès le 2 janvier au soir.

Rêvons que 2010 sera l’année de la sagesse et de la prise de conscience que seul on ne peut avancer bien loin.

Il y a une dizaine de jours de cela, sous le sapin de Noël, attendait sagement une biographie des Beatles. Je l’avais tout spécialement choisie pour faire plaisir à mon fils qui est fan de ce groupe. Bien entendu, j’ai profité des quelques jours de congés pris pour les fêtes, pour compulser l’ouvrage. Aimant ouvrir ce type de livre à n’importe quelle page, le hasard m’amena au chapitre consacré à Brian Epstein.

Ce jeune garçon, obscur disquaire de Liverpool sans grand charisme, entend parler des Beatles. Il se rend à plusieurs concerts de ceux-ci et décide rapidement des les prendre en management. A cette époque les garçons étaient tellement dans le vent que leur attitude scénique ne satisfaisait pas du tout Epstein. C’est lui qui leur a demandé de ne plus fumer, boire, manger du chewing-gum en scène, de parler aux copains du premier rang pendant les spectacles, d’être polis avec les organisateurs de concerts…

Malgré le caractère rebelle que l’on attribue à ces jeunes et plus particulièrement à John Lennon, ceux-ci se plièrent aux injonctions du manager. A coup de notes dactylographiées Brian Epstein faisait ses recommandations. Les Beatles, pas encore signés en maison de disque et pas tout à fait au complet, Ringo Starr n’arrivera que quelques mois plus tard, comprirent qu’ils devaient faire confiance à leur aîné, car lui avait le regard extérieur qui leur manquait pour pouvoir avancer. Ce fut dans la bonne direction.

On sent bien à la lecture de ces pages, que Mac Cartney et les autres, avaient besoin que quelqu’un prennent en main leur destinée. Ni Brian Epstein, ni Georges Martin n’ont enlevé quoi que ce soit aux Fab four. Non, au contraire, ils ont permis une sublimation de ce qu’ils avaient en eux, à savoir un talent fou et une mine d’inspiration presque inépuisable.

Combien j’en ai vu qui, pour chercher leur voie(x), jouent en scène avec des artifices. En fait ceux-ci cachent plus qu’ils ne dévoilent. Il ne sert à rien de vouloir « jouer » une image qui n’est pas la bonne, qui n’est pas la vraie. Monter sur scène une cigarette au bec ou une bouteille à la main, hormis par souci de mise en scène, n’apporte rien à votre personnalité et peut même donner l’effet inverse de celui voulu.

Si jamais un jour, une personne avisée venait à vous demander de modifier un petit quelque chose dans votre attitude scénique : « Tiens-toi mieux », « Regarde le public », « parle moins », « parle plus », « travaille ta voix » ou dans votre rapport aux médias : «Sois plus précis dans tes explications », « Ne cite jamais untel ou untel, mais plutôt tel autre », « N’hésite pas à renvoyer la balle si celle-ci arrive trop vite », faites confiance à cette personne.

Ne pensez pas que vous maîtrisez tout, vous avez des failles et c’est normal. Le miroir de vous-même ne vous renvoie pas l’image véritable de ce que vous êtes. Vous ne voyez de vous que ce que vous voulez voir.

Il ne s’agît en rien de faire de vous des pantins dont les ficelles seraient tirées par on ne sait qui. Le but est de vous aider à prendre votre vraie dimension. Dans l’ombre de ceux qui réussissent, il y a toujours une femme ou un homme ou un groupe de personnes qui poussent vers l’avant. On ne les connaît pas toujours, on n’a jamais vu leur visage, ni entendu leur voix et pourtant sans eux certains artistes n’existeraient pas. Qu’aurait été la carrière de Léo Ferré chez Barclay sans Richard Marsan ? et celle de Gainsbourg chez Philips sans Philippe Lerichomme ?

Il n’est pas facile de donner sa confiance, surtout dans ce monde merveilleux du show business ou chacun est prêt à manger sur le dos de son camarade pour recevoir un peu de gloire éphémère. Mais si vous trouvez la bonne personne alors lâchez du lest et laissez-vous entraîner vers la gloire.

Je vous renouvelle tous mes vœux de réussite pour cette année 2010.

Musicalement

Olivier