Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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lundi 13 septembre 2010

Un coup pour rien ! !

Un coup pour rien ! !

Ou

Comment dépenser son argent à bon escient

Chers amis,

 La semaine qui vient de s’écouler a été comme prévue, bien chargée et personne ne s’en plaindra. Parmi les nouveautés évoquées sur mon blog fin août, mais non encore révélées, je peux à présent vous donner un indice : Les articles que vous lisez régulièrement, vous pourrez bientôt les écouter ! Je finalise ce projet et vous en reparle très vite.

L’article de cette semaine m’a été inspiré à la suite d’une discussion avec un ami, producteur d’un jeune talent.

Juin 2010, le téléphone sonne. Je décroche. La voix de Samuel, reconnaissable entre mille grâce à son accent nimois, se fait entendre. Après avoir fait un rapide tour d’horizon de nos activités respectives, il me dit : « Ho, tu ne sais pas l’opportunité que j’ai ? Un de mes copains, responsable du marketing chez NRJ, me propose de diffuser un spot promo pour l’album de Fred'Angelo, tout le mois d’août, sur la région PACA. Qu’en penses-tu ? » « Que bien ! », lui répondis-je.

Il est vrai que la cote d’Azur en cette période de l’année est plutôt bien fréquentée. On peut légitimement espérer qu’il y aura de bons retours. Toutefois, comme à mon habitude, je lui dis quel était mon point de vue dans pareille situation. Soit le producteur de l’artiste a de l’argent et cette dépense publicitaire ne représente pas grand-chose en cas de perte dans son budget. Que représente 1000 ou 2000 euros pour quelqu’un qui est blindé ? Dans ce cas là, il ne faut pas hésiter. Faut y aller. On verra bien ce que cela donnera.

Soit, il n’y a pas ou peu de sous dans la cagnotte, ce qui est le cas pour la plupart des auto-productions, et alors là, il faut être très prudent quant aux dépenses à engager. Mieux vaut peut-être garder un petit peu de réserve financière pour se payer un musicien supplémentaire lors d’un concert important ou faire presser quelques CD de plus, que l’on vendra à la fin des spectacles et sur lesquels on est à peu près certain de se rembourser. Pour ce qui est de Samuel, aucun souci, il pourra payer rubis sur l’ongle les quatre semaines de publicité. Je l’invite donc à ne pas tergiverser plus longtemps et à foncer.

Fin août 2010, j’appelle mon ami. « Alors, la campagne promo pour Fred, sur NRJ, ça a donné quoi ? » Je m’attendais à une réponse positive. « Mon pauvre, ça n’a rien donné… ». Lorsqu’il me dit rien, c’est rien. Pas un clic de plus sur le site internet de l’artiste, pas un CD vendu, pas un retour d’auditeur, pas de critique, ni positive, ni négative. Rien… Les chagrins étant moins lourds à porter avec l’accent du sud et la misère étant moins pénible au soleil, il me fallut croire que cet échec n’avait eu aucun effet sur le moral du producteur. Nous parlâmes donc d’autre chose.

L’exemple de ce jour m’amène à plusieurs réflexions. La première est que tout réseau médiatique, aussi important soit-il, ne fait jamais découvrir un artiste par l’intermédiaire de la publicité. Pour que le spot diffusé ait un impact, il faut que les auditeurs sachent de qui il parle. Si demain vous entendez parler de la sortie du premier album de Fred’Angelo, puisqu’on en parle justement, vous n’irez pas prendre de renseignements sur ce chanteur sorti dont ne sait où. Maintenant, si ce garçon commence à être diffusé sur des radios, des grosses, à passer en télé, des très grosses, à avoir son nom dans quelques magazines bien ciblés, alors là oui, l’impact publicitaire peut avoir un effet positif et démultiplier la notoriété de l’artiste. L’inverse nous prouve que non.

La seconde réflexion porte sur la capacité à investir régulièrement dans des espaces publicitaires. Je me souviens de l’époque de la sortie du premier album de Balablan : « Messieurs les musiciens », il y a un an et demi. Nous avions décidé de placer des encarts publicitaire dans des supports comme Francofans. Une fois, deux fois, trois fois et puis à un moment la réserve financière étant épuisée, plus de pub… Alors que je feuilletais ce journal samedi dernier, je découvris qu’il y avait certains groupes qui, déjà présents début 2009, étaient toujours dans les pages du magazine 18 mois plus tard ! A force de voir leur nom apparaître, sur la longueur, on finit par l’intégrer. Le jour ou tel groupe est en première page, cela n’étonne plus personne.

En publicité, le « One shot », ne sert à rien. N’espérez pas être découvert ou passer dans la cours des grands sur une seule diffusion d’un spot radio ou d’un passage télé. Bien entendu, comme je le répète régulièrement aux artistes qui me consultent : « Il vaut mieux que se soit toi plutôt qu’un autre qui passe sur les ondes, même s’il n’y a que trois auditeurs. Au moins ceux-là ne pourront pas dire qu’ils ne t’ont jamais entendu ! Mais pas à n'importe quel prix.» La notoriété, c’est un clou que l’on enfonce chaque jour, à petits coups de marteau. Si vous tapez mal, votre clou se tord et vous perdez toutes vos chances d’aller au bout de votre entreprise. Tapez bien. Tapez juste !

Bonne semaine

Olivier

 www.oliviervadrot.com

lundi 19 avril 2010

Savez-vous planquer vos sous ? ?

Ou

Comment les organismes collecteurs de fonds s’enrichissent sur le dos des artistes

Chers amis,

Avec l’arrivée du printemps et des beaux jours qui l’accompagnent, c’est également une belle fin de saison artistique qui se présente pour moi. Nouveau contrat, nouveaux concerts ! J’espère que pour vous aussi, le vent souffle dans le bon sens.

A propos de vent, je suis resté cloué au sol, non pas à cause des fumées venues d’Iceland, mais bel et bien par la faute d’un rapport, émanant d’une commission composée de membres de la cours des comptes, qui est chargée de vérifier les chiffres de nos organismes collecteurs de fonds, pour les auteurs compositeurs (SACEM ; SACD ; ADAMI…).

J’appris, comme vous sans doute, le faramineux montant des rémunérations des principaux dirigeants de ces structures. Pensez que les 10 plus gros salaires de la SACEM touchent en moyenne de 364.000 €/an ! !

Je n’ai pas pour habitude d’écrire des articles polémiques, vous le savez, si vous me lisez régulièrement. Mais parfois, il est bon de participer au bruit médiatique, pour dénoncer des situations difficilement acceptables.

http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2010-04-10/revenus-comment-la-sacem-se-goinfre/1253/0/442942

Lorsque je découvre ces chiffres, me viennent à l’esprit deux situations caractéristiques de ce que vous avez sans doute, vous aussi, déjà vécu.

Un musicien américain avec lequel je travaille me demande, il y a quelques temps, de l’accompagner à la SACEM, car au cours des deux dernières années, il a joué de nombreuses fois en France, a participé à plusieurs émissions de radios, a été en playlist, multi diffusé sur des chaînes du câble… Pas une grosse vedette, certes, mais tout de même. A chacune de ses prestations il fallait remplir les différents documents relatifs à la SACEM, ses chansons étant écrites par une auteur française, il semblait tomber sous le sens que de les déposer dans son propre pays (ce qui d’ailleurs ne posa jamais de problème).

Lors de notre visite chez les collecteurs, documents officiels dans un beau dossier, on nous expliqua qu’on ne trouvait aucune trace des passages de cet artiste sur nos ondes et par conséquent aucun centime ne pourrait lui être versé. On nous conseilla de ne plus nous déplacer et de faire les démarches par téléphone. C’est ce que naïvement nous fîmes. Avez-vous déjà entendu un téléphone sonner dans le vide pendant des jours et des jours, sans jamais personne qui décroche ?

Le deuxième exemple me vient d’une amie qui tient un café restaurant dans Paris. Dès son ouverture, alors qu’aucun client n’avait franchi le pas de sa porte, elle avait déjà dû faire un chèque à la SACEM pour avoir le droit diffuser de la musique dans son établissement. Je précise de suite que je trouve cela tout à fait normal. La machine fonctionne bien d’un coté.

Les établissements collecteurs savent bien aller chercher l’argent là où il se trouve. En revanche, terriblement compliqué est le chemin qui mène l’artiste jusqu’au versement de son dû.

Qu’une entreprise gagne de l’argent, même beaucoup d’argent, ne me choque pas outre mesure, si elle se trouve sur un secteur concurrentiel fort et faisant courir de gros risques à ses investisseurs. Mais lorsqu’il s’agît de se baisser pour ramasser les cotisations, sans reverser équitablement à ceux à qui cet écot revient, me semble peu honnête.

Nous savons tous aujourd’hui que l’industrie musicale a fondu de 50 % en quelques années. Que les revenus des dirigeants de ces sociétés augmentent fait preuve d’un cynisme à nul autre pareil. Les auteurs compositeurs touchent de moins en moins et les patrons de plus en plus. Cela s’appelle un hiatus, non ? Malheureusement, nous n’entendons jamais personne se plaindre ouvertement dans les médias de cette situation.

Tant que vous ne serez pas diffusés, à de nombreuses reprises, sur les grands et gros réseaux nationaux (TF1, NRJ, M6, Fun…) n’espérez pas vivre de vos revenus SACEM. Tant que vous n’aurez pas une personne introduite dans la place, capable de vous aider à fouiller dans la paperasse institutionnelle, vous n’aurez que très peu de chance de récupérer un Kopek de vos diverses prestations.

Continuez tout de même de remplir tous les documents vous ouvrant des droits, car on ne sait jamais, un jour peut-être lorsque vous serez d’énormes vedettes, vous pourrez faire valoir ces papiers.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 7 décembre 2009

Toi, mon vieux copain ! !

Toi, mon vieux copain ! !

Chers amis,

Mon horoscope ce matin m’indique que, en tant que lion, j’en fait trop et qu’il faut lever le pied, sinon je cours le risque de m’épuiser… C’est bien la première fois que je trouve un message aussi négatif dans les étoiles. Si je le comprends bien, il me conseille, pour parvenir à atteindre mes objectifs, d’en faire le moins possible ! ! ! Je n’ai jamais lu un tel précepte dans aucun ouvrage traitant de la réussite professionnelle. Faites comme moi, dès demain, même si la tentation est forte, passez rapidement la page consacrée aux astres…

J’ai eu le grand plaisir la semaine passée, de présenter mon activité de blogueur sur l’antenne de Radio Néo. Depuis, le nombre de pages vues sur mon site me prouvent que la voie médiatique traditionnelle, radiophonique, a encore de beaux jours devant elle.

Bien entendu, j’ai reçu quelques messages « intéressés » de la part de quelques faux amis. Ils se découvrent toujours au mauvais moment.

Cela me renvoie à une discussion que j’ai eue il y a de cela deux ans en arrière. A cette époque je travaillais avec un garçon, sûr de son talent et de ses amitiés dans le show business. Il est vrai qu’il collectionnait un nombre de numéros de téléphone assez conséquent et appelait très facilement des animateurs télé ou radio, au beau milieu du jour ou de la nuit. Lors de nos premières rencontres, je dois avouer que je fus très impressionné par son annuaire.

J’entamais donc mon travail, de prise de contact avec les médias, de façon sereine, car je savais que je pourrais une fois assise une petite réputation de mon artiste auprès des radios régionales, attaquer les gros réseaux.

En l’espace de quelques semaines j’avais obtenu la diffusion d’un premier single sur une cinquantaine de stations, un peu partout en France. J’étais donc sur le bon chemin. Tout naturellement je me suis adressé à mon ami en lui demandant de faire jouer son réseau pour que sa carrière prenne un véritable tournant et décolle.

Les appels se sont enchaînés, par dizaines. J’étais souvent face à ce chanteur aux amitiés nombreuses. Nous passions de longues après-midi à contacter untel qui est sur RFM ou tel autre qui parle dans le micro de RTL. A chaque fois les échanges étaient courtois, chaleureux et sincères, mais à l’arrivée toujours le même discours : « Tu sais je pourrais te filer le petit coup de main, mais quand tu seras entré en playlist chez nous ou quand tu auras une grosse actu ». Moi, je voyais ces conversations comme de vrais échecs, car ils ne débouchaient sur rien de concret. Il y avait en permanence cette notion d’évitement, qui permet aux gens de presse de sembler être intéressés (peut-être le sont-ils sincèrement) par le sujet que vous leur apportez, mais qui finalement ne s’investissent pas.

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’un animateur n’est pas un décideur, n’est pas le rédacteur en chef de son programme, n’est pas le patron qui définit la ligne éditoriale de son média. Un animateur est aux ordres de sa direction ! Avez-vous déjà vu d’illustres inconnus passer en vedette sur le plateau de Taratata ou de Chabada, le diamanche après-midi ? Moi pas. Est-ce que cela veut dire que Naguy et Daniella Lumbroso n’ont pas d’amis musiciens ? Certainement pas. D’ailleurs, je pense même qu’ils doivent être très sollicités. Non, cela veut simplement dire qu’à choisir et pour faire de l’audimat, ils préfèreront toujours programmer des valeurs sûres qui attireront le spectateur, plutôt que de faire la part belle à leurs copains.

Si vous avez la possibilité, regardez l’émission « Watt’s In », sur les chaînes régionales telles que Nantes 7, TV7, Wéo… Johann Perrier qui produit ce programme doit fournir chaque semaine quinze minutes d’interviews d’artistes. Toutes les majors (Sony, Warner, Universal, EMI) et autres gros labels indépendants, lui envoient régulièrement leurs nouveautés. Il n’a qu’à piocher, afin de concevoir sa liste d’invités. S’il lui prenait l’envie de ne réaliser que des émission consacrées uniquement à ses copains, il est à peu près certain que les acheteurs se détourneraient rapidement de son offre et iraient chercher ailleurs une production capable de fournir les minutes voulues. Voilà pourquoi, même quand son cœur balance pour un artiste émergent, mais sans notoriété, il préfèrera interviewer Pascal Obispo ou Enrique Iglésias.

Tout comme dans le milieu bancaire, dans le show business, bien souvent, on ne prête qu’aux riches…

Pour en revenir à mon ami et son carnet d’adresses long comme le bras d’un lanceur de javelot, je dirais que vous pourrez mettre à profit tous vos contacts lorsque vous serez établi et légitime à votre place. En attendant, dorlotez-les, chouchoutez-les, mais ne vous bercer pas trop d’illusions. Tant que vous en serez à chanter vos chansons, très bonnes sans aucun doute, dans des petits clubs et à auto-produire votre CD avec vos économies, les portes des grands médias resteront malheureusement fermées, même si vous passez vos vacances avec le patron de NRJ.

D’ailleurs, avec qui vais-je partir cet hiver ? Je vous enverrai une carte postale pour vous le faire savoir…

Musicalement

Olivier

lundi 21 septembre 2009

Révolution.com ! !

Malheur à celui qui dit la vérité ! !

Chers amis,

La semaine qui vient de s'écouler a encore été riche en événements. Il y a eu tout d'abord deux belles interviews de Georgette Lemaire dans Platine Magazine et France dimanche; un déjeuner bien agréable avec Balablan, ainsi que Jean Davoust l'éditeur et Gilbert Castro le distributeur du label Balablan Music; Une rencontre avec Gilbert Jouin, auteur de textes pour de nombreux chanteurs; trois demandes de collaboration avec de jeunes artistes, dont un possible gros contrat avec l'Indonésie ; Une offre de participation à une série de conférences en novembre prochain…

Mais revenons à ce déjeuner de mercredi dernier. Au cours de celui-ci nous avons évoqué bien entendu le retour de la loi Hadopi à l’assemblée nationale et son adoption quasi certaine. Les arguments pour ou contre se valent et il est bien difficile d’avoir une opinion tranchée. D’ailleurs, les artistes eux-mêmes ne sont pas tous d’accord et s’opposent frontalement sur le sujet. Il y a ceux qui sont contre. Francis Lalanne considère que « La musique appartient à tout le monde et qu’il vaut mieux être écouté « téléchargé illégalement » que de voir ses disques ne pas se vendre ». Quant à Cali, lui dit : « Il faut faire le ménage chez nous…Le prix du disque est trop élevé…Les producteurs se font des marges énormes ». Et il y a ceux qui sont pour : Étienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc… : « « aujourd'hui, de bonnes âmes essaient de faire croire que la liberté de tout faire, donc de faire tout et n'importe quoi sur Internet est un droit de l'homme que rien ne saurait contrarier sauf à tomber dans une forme de dictature préhistorique. Eh bien non ! » extrait de l’appel lancé dans le JDD par 52 chanteurs.

Regardons les chiffres de ventes de disques, au cours du premier semestre 2009 :

191,5 millions d’Euros de revenus pour le disque physique et 37,7 M pour le numérique. 229,2 M en tout, soit près de 18% de moins qu’il y a un an ! Rappel, en 2004 le marché de la musique représentait presque 415 M d’Euros. (source snep www.disqueenfrance.com)

Le téléchargement légal représente seulement 17 % des ventes. La France est le pays d’Europe dans lequel l’achat de titres en ligne est le moins répandu, alors que dans des pays comme l’Allemagne ou l’Angleterre on obtient des chiffres avoisinant les 40 % de part de marché.

Le piratage informatique des œuvres touche principalement les gros vendeurs. En ce qui concerne les jeunes artistes, je ne suis pas persuadé que dix ans en arrière ils en auraient vendu beaucoup plus qu’aujourd’hui en magasin. Ce qui manque cruellement à notre jeunesse musicale, c’est l’exposition médiatique. Internet n’est pas le média idéale. Même si la musique se trouve sans problème sur de nombreuses plate-forme numériques, encore faut-il savoir qu’elle y est. Seuls les artistes installés et disposant de lourds moyens de communication peuvent le faire savoir.

Aujourd’hui encore les vrais prescripteurs sont les gros réseaux : TF1, NRJ, Skyrock et deux ou trois autres. On n’achète pas de la musique parce qu’on l’a entendue sur le Net. On l’achète parce qu’elle a été diffusée sur M6 !

Il y a en tout cas une chose qui ne se dément pas, le public est toujours attaché au physique. Je veux parler du disque. Un exemple. Balablan effectue des show case dans les magasins Cultura. A chaque fois, le public s’arrête, écoute et achète. Qu’elle ne fut pas ma surprise de savoir que lors d’une de ses représentations, il avait vendu 15 albums dans l’après-midi. Cet aspect positif a donné envie au responsable du magasin de placer l’album en borne d’écoute et par la suite ce sont 15 autres ventes qui ont été réalisées !

Voilà pourquoi Internet ou pas, téléchargement légal ou on, il vous faudra toujours avoir des albums avec vous. Au delà de l’artistique, le disque représente « un objet transitionnel » entre le public et le chanteur. Je connais des clubs aux murs desquels sont accrochées des pochettes de disque. Des vieux vinyles, des 33 et 45 tours, mais également des boîtiers de CD. Pour chacun, le patron du lieu peut raconter l’histoire de l’acquisition de l’objet et même montrer la dédicace qui va avec.

La chanson est un art vivant ! On ne peut la dématérialiser complètement. La sculpture n’est malheureusement pas un art populaire. Dans un musée on n’apprécie qu’à moitié le travail du sculpteur, avec les yeux. Les mains n’ont pas accès à la matière. Il suffirait de laisser le public prendre à bras le corps les statues pour qu’un nouveau rapport existe entre le spectateur et l’artiste. Ha, faire un gros câlin à la Vénus de Milo ! !

Il faut prendre garde à ce que la musique ne devienne pas seulement un art de l’oreille. Les yeux et les mains sont aussi importants pour que vivent les chanteurs.

Après avoir téléchargé le dernier single de Diam’s, je pars, mon portable sous le bras, le faire dédicacer !

Musicalement

lundi 18 mai 2009

La tactique du gendarme ! !

La tactique du gendarme ! !

Chers amis,

Comme je vous le disais dans mon article précédent, le dimanche 10 mai j’étais en Normandie. Alors que je me trouvais sur la plage de Cabourg à ramasser des coquillages, deux artistes dont je suis en charge de la communication, se trouvaient être les inviter d’une émission sur le réseau national de France Bleu.

Je ne vous cache pas que j’étais assez satisfait d’avoir obtenu une belle interview de Georgette Lemaire, pour la présentation de son nouvel album « Inoubliable », avec une diffusion de plusieurs titres, ainsi qu’une petite discussion avec le chanteur leader du groupe Los del sol, qui interprète « La muñequita ».

Pour débuter la semaine, je me suis rendu, toujours en compagnie de Georgette Lemaire, rue Bayard, pour une interview de la chanteuse, par la célèbre grosse tête qu’est Philippe Bouvard.

Tous ces succès m’amenèrent à réfléchir à la différence qui existe entre deux termes souvent mal utilisés : La tactique et la stratégie. Vous allez comprendre où je veux en venir.

La plupart du temps, lorsque je suis contacté par un artiste ou une production, leur seule ambition est « d’être dans les médias ». Je ne parle pas de la diffusion d’un titre en radio, cela semble évident. Je veux dire être présent dans des émission ou des programmes à grosses audiences. Parfois même peu importe l’audience, l’important est d’entendre sa voix dans le poste ou de montrer sa bobine dans le petit écran. « Chacun aura son quart d’heure de gloire » disait Warhol. C’est effectivement ce que je rencontre fréquemment.

Là se trouve la scission entre tactique et stratégie. La tactique c’est « one shot ». On se bat pour obtenir un résultat. Une fois obtenu, on est content, mais on ne se demande pas à quoi ce succès va bien pouvoir servir. Alors on remet en place une autre tactique et ainsi de suite, jusqu’à épuisement des forces de tous. A chaque fois que vous devez réfléchir à la façon de valoriser votre gain, vous multipliez les efforts pour trouver les solutions. De ces brain storming naissent souvent des conflits à l’intérieur des équipes « Ha, non. Moi, je ne vois pas ça comme ça !», « A mon avis il faudrait faire autrement ! ». Il y a toujours un bon copain qui a la solution à tous vos problèmes et qui fera forcément de vous la prochaine vedette. C’est bien connu, non ?

Une stratégie s’établit sur le long terme. Celle-ci est faite de plusieurs actions simultanés ou mises en place les unes après les autres qui, si tout se passe bien, vous amèneront là où vous voulez aller.

Lorsque Bénabar à débuté, il était comme vous. Il jouait dans les cafés, les restaurants de province. Une femme un jour s’est trouvée dans la salle. Elle est tombée sous le charme de ce garçon et s’est mise à travailler pour le compte de l’artiste Bénabar. Elle a commencé par trouver des dizaines de concerts, partout en France. Puis, elle a fait enregistrer un CD démo qu’elle a envoyé à tout le monde : Radios, journaux, fanzines, PQR… Elle savait l’avis de ceux qui avaient reçu le disque. Face aux bons retours, elle a entrepris de monter une auto-production. Ce fût le premier album de Bénabar, avec le succès que l’on connaît. Entre ces deux événements : Leur rencontre et la sortie de ce CD, se sont écoulés 6 ans ! !

Lorsque j’ai appris au producteur de « La muñequita » que l’on aurait cette diffusion sur un réseau national, il a été fou de joie (et moi donc !). Mais, au-delà de ces quelques minutes radio-diffusées, que faire de cette victoire ?

Une artiste suisse dont on m’avait proposé de prendre en charge la communication sur la France, il y a deux ans, avait un album très bien réalisé et venait d’être sélectionnée pour participer au grand plateau « NRJ Tour », à l’Aréna de Genève. Quelle belle opportunité me direz-vous, pour commencer à battre la presse et les médias helvétiques ! Hé bien, les producteurs et éditeurs de la demoiselle se sont contentés de ce résultat en disant « maintenant qu’elle est estampillée NRJ, cela va être plus simple. Ils vont venir nous manger dans la main. » Que croyez-vous qu’il arriva ? Rien.

Vous le savez sans doute, j’ai collaboré avec Gérard Blanc, jusqu’à son décès. L’an dernier à l’époque de son Olympia, il a fait plusieurs « grosses » télés. On ne pouvait que se réjouir de cette présence dans le média le plus important du paf. Mais malheureusement il y eut encore des gens qui, bien après la diffusion, nous dirent qu’ils n’étaient pas informés que Gérard serait sur cette scène parisienne mythique. Pourtant la stratégie de communication avait été réfléchie. Pas assez sans doute. On peut se dire également qu’il y a toujours des petits poissons qui passent au travers du filet. Une chose est sûre, ne chercher à atteindre qu’une seule cible ne sert pas à grand chose, à moins d’être sur une « niche ». Là, c’est autre chose.

Même si c’est bon pour l’égo (et je sais de quoi je parle), il ne faut pas se contenter de ces petits pas pour penser que vous êtes au bout du chemin. Ce n’est pas parce que vous serez diffusés une fois sur un gros réseau, que la partie sera gagnée. Il faudra se battre en permanence pour aller de victoire en victoire.

Gagner une bataille ne permet pas malheureusement de gagner la guerre.

Musicalement