Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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mardi 22 mars 2011

Chanteur ou juré populaire ?

Le podcast de cette semaine met le doigt sur l'aspect polymorphe des chanteurs d'aujourd'hui.

Bonne écoute.

lundi 21 mars 2011

The times they are A-changin' ! !

The times they are A-changin' ! !

ou

Christophe Willem passe de la tortue du succès, au lièvre de l'audimat !

Chers amis,

Tout d'abord, je tiens à vous remercier des nombreux messages de soutien et d'encouragement reçus ces derniers jours, suite à la mise en ligne des premiers podcasts. A priori cette version audio de mes chroniques vous plaît. J'en suis heureux.

Je vous invite à vous inscrire à la newsletter. Ainsi nous serons en contact direct et plus aucune information ne vous échappera.

Cette semaine, un fait a retenu tout particulièrement mon attention. Sur M6 était diffusée en prime time, la première émission du célèbre jeu « X factor ». Sur le même principe que tous ses cousins germains : « Nouvelle Star », « Pop Star », « Incroyable talent » et j'en passe, la chaîne donne une chance à d'illustres inconnus de devenir la star de demain.

Comme nous le savons tous, le radio crochet existe depuis que la radio est radio et le télé crochet idem. Donc sur ce point aucun commentaire. Laissons la jeunesse rêver à un futur merveilleux fait de strass, de paillettes, de dépression nerveuse et puis enfin d'oubli...

Je dois avouer que je n'ai regardé que quelques minutes ce programme. Tout de même, deux point m'ont fait réagir.

Une gentille et dynamique octogénaire se présente sur le plateau et d'une jolie voix douce interprète : « Mon amant de Saint-Jean ». Ovation, public debout, émotion sincère dans les jugements du jury et cette petite remarque d'Henri Padovani « Simone, c'est très bien, mais je ne crois pas que cela corresponde vraiment à ce que nous recherchons. Nous voulons la star de demain ». Simone s'en moque pas mal, elle est surtout contente d'avoir chanté devant des millions de téléspectateurs, c'est tout.

Oui, mais qui se trouve juste à coté du fondateur du groupe Police ? Christophe Willem ! Ce chanteur talentueux a lui-même remporté un jeu télévisé, il y a cinq ans. A cette époque, il était donné comme la nouvelle référence en terme de variété, avec des capacités vocales exceptionnelles, etc, etc...

Je l'ai vu en concert et effectivement, même avec un manque de répertoire certain, sa prestation fut bluffante.

Aujourd'hui, après un deuxième album bien en dessous du succès de son premier opus, nous retrouvons notre nouvelle star, dans un jury de programme télé !

Est-ce que cela voudrait dire que de nos jours être une vedette signifie être vu le plus possible, quel que soit le créneau de diffusion ? Y compris là où on ne vous attend pas ! Je me pose la question. Pourquoi ce garçon, qui a beaucoup de talent, passe finalement plus de temps à donner un avis sur des prestations de chanteurs qui demain auront disparu, plutôt que d'aller sur les routes, faire son métier !

Aurions-nous vu, il y a vingt ans en arrière Patrick Bruel, au moment de l'explosion de sa carrière de chanteur, participer pendant de longs mois à une émission de télé ? Je ne le crois pas. A cette époque, il était plus important de vendre des disques, donc de faire de la scène et de participer aux émissions musicales. Aujourd'hui, il est vrai, on ne vend plus de CD et il n'y a presque plus d'émissions musicales. Pour rester dans l'esprit des « consommateurs », ils faut donc être présent, de toutes les façons !

Fabien Lecoeuvre me confiait un jour que si on lui parlait d'un rôle, dans un téléfilm ou une pièce de théâtre, pour un artiste avec qui il travaille et que celui-ci corresponde à cet emploi, il ferait en sorte que le chanteur accepte. Ne négliger aucune piste, aucune voie, me dit-il.

Le chanteur de l'an 2011 doit être polymorphe. Bien entendu son fond de commerce reste la chanson, mais il doit être en mesure de savoir faire bien d'autres choses.

Si jamais le succès vient à chatouiller votre notoriété, n'hésitez surtout pas à dire que vous savez aussi très bien faire la cuisine ou planter un clou. A défaut de disque d'or, on vous remettra un disque à poncer et vous côtoierez Valérie Damidot. Votre clou lui sera de girofle et vous ferez partie du jury de Master chef !

Bonne semaine.

Olivier

lundi 19 avril 2010

Savez-vous planquer vos sous ? ?

Ou

Comment les organismes collecteurs de fonds s’enrichissent sur le dos des artistes

Chers amis,

Avec l’arrivée du printemps et des beaux jours qui l’accompagnent, c’est également une belle fin de saison artistique qui se présente pour moi. Nouveau contrat, nouveaux concerts ! J’espère que pour vous aussi, le vent souffle dans le bon sens.

A propos de vent, je suis resté cloué au sol, non pas à cause des fumées venues d’Iceland, mais bel et bien par la faute d’un rapport, émanant d’une commission composée de membres de la cours des comptes, qui est chargée de vérifier les chiffres de nos organismes collecteurs de fonds, pour les auteurs compositeurs (SACEM ; SACD ; ADAMI…).

J’appris, comme vous sans doute, le faramineux montant des rémunérations des principaux dirigeants de ces structures. Pensez que les 10 plus gros salaires de la SACEM touchent en moyenne de 364.000 €/an ! !

Je n’ai pas pour habitude d’écrire des articles polémiques, vous le savez, si vous me lisez régulièrement. Mais parfois, il est bon de participer au bruit médiatique, pour dénoncer des situations difficilement acceptables.

http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2010-04-10/revenus-comment-la-sacem-se-goinfre/1253/0/442942

Lorsque je découvre ces chiffres, me viennent à l’esprit deux situations caractéristiques de ce que vous avez sans doute, vous aussi, déjà vécu.

Un musicien américain avec lequel je travaille me demande, il y a quelques temps, de l’accompagner à la SACEM, car au cours des deux dernières années, il a joué de nombreuses fois en France, a participé à plusieurs émissions de radios, a été en playlist, multi diffusé sur des chaînes du câble… Pas une grosse vedette, certes, mais tout de même. A chacune de ses prestations il fallait remplir les différents documents relatifs à la SACEM, ses chansons étant écrites par une auteur française, il semblait tomber sous le sens que de les déposer dans son propre pays (ce qui d’ailleurs ne posa jamais de problème).

Lors de notre visite chez les collecteurs, documents officiels dans un beau dossier, on nous expliqua qu’on ne trouvait aucune trace des passages de cet artiste sur nos ondes et par conséquent aucun centime ne pourrait lui être versé. On nous conseilla de ne plus nous déplacer et de faire les démarches par téléphone. C’est ce que naïvement nous fîmes. Avez-vous déjà entendu un téléphone sonner dans le vide pendant des jours et des jours, sans jamais personne qui décroche ?

Le deuxième exemple me vient d’une amie qui tient un café restaurant dans Paris. Dès son ouverture, alors qu’aucun client n’avait franchi le pas de sa porte, elle avait déjà dû faire un chèque à la SACEM pour avoir le droit diffuser de la musique dans son établissement. Je précise de suite que je trouve cela tout à fait normal. La machine fonctionne bien d’un coté.

Les établissements collecteurs savent bien aller chercher l’argent là où il se trouve. En revanche, terriblement compliqué est le chemin qui mène l’artiste jusqu’au versement de son dû.

Qu’une entreprise gagne de l’argent, même beaucoup d’argent, ne me choque pas outre mesure, si elle se trouve sur un secteur concurrentiel fort et faisant courir de gros risques à ses investisseurs. Mais lorsqu’il s’agît de se baisser pour ramasser les cotisations, sans reverser équitablement à ceux à qui cet écot revient, me semble peu honnête.

Nous savons tous aujourd’hui que l’industrie musicale a fondu de 50 % en quelques années. Que les revenus des dirigeants de ces sociétés augmentent fait preuve d’un cynisme à nul autre pareil. Les auteurs compositeurs touchent de moins en moins et les patrons de plus en plus. Cela s’appelle un hiatus, non ? Malheureusement, nous n’entendons jamais personne se plaindre ouvertement dans les médias de cette situation.

Tant que vous ne serez pas diffusés, à de nombreuses reprises, sur les grands et gros réseaux nationaux (TF1, NRJ, M6, Fun…) n’espérez pas vivre de vos revenus SACEM. Tant que vous n’aurez pas une personne introduite dans la place, capable de vous aider à fouiller dans la paperasse institutionnelle, vous n’aurez que très peu de chance de récupérer un Kopek de vos diverses prestations.

Continuez tout de même de remplir tous les documents vous ouvrant des droits, car on ne sait jamais, un jour peut-être lorsque vous serez d’énormes vedettes, vous pourrez faire valoir ces papiers.

Bonne semaine.

Olivier