Qu’est-ce que sera demain ! !

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L’industrie musicale = Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !

Chers amis,

Début octobre. L’automne revient. Cette fois, c’est sûr, la saison d’été est terminée. On ne parle plus des festivals, tournées des plages, plateaux gratuits sur les places des villages, comités des fêtes pas toujours très « pro », mais toujours accueillants, 14 juillet, 15 août et fêtes des vendanges. L’été est passé et il nous faut déjà penser au prochain ! !

Pas grand chose à l'horizon

Oui, mais voilà, de quoi sera-t-il fait ? ? Septembre s’est écoulé à une vitesse vertigineuse, sans nous offrir les surprises musicales « attendues » et de quoi envisager, avec une certaine facilité, la programmation de belles affiches pour 2013. Oui, dans la série de disques mis sur le marché, il y a bien sûr l’album de Lou Doillon qui sort un peu du lot. Une série de titres très « lounge » et bien enveloppés, dont le tout-Paris parle avec délice, mais cela suffira-t-il à remplir les salles, lors d’une tournée ?

En France, nous connaissons une sorte de quadrature du cercle. Nos artistes sont appréciés des médias, mais ils ne remplissent pas les salles. Je ne m’étendrai pas sur la longue liste des concerts et tournées annulés, des salles remplies artificiellement d’invités ou de zéniths dont il faut tirer les rideaux du fond, afin de réduire l’espace, pour donner l’impression au public qu’il y avait tout de même beaucoup de monde.

Je veux bien croire aux effets de la crise et aux bourses qui se délient difficilement dès qu’il faut sortir 75 € ou plus, pour assister au concert de son artiste préféré, mais il n’y a pas que cela quand même ! Où est-il passé l’engouement du public pour les artistes ? Où sont sont-elles passées nos vedettes de la chanson ? Qui, aujourd’hui, donne envie à la jeunesse de lever le poing ou de crier à s’en évanouir ? En France, à l’horizon, je ne vois rien venir… Je crains que nous soyons condamnés à voir nos chanteurs français, sur les affiches des festivals de 2013, à la traîne des locomotives américaines et anglo-saxonnes. On aura Tryo, bien sûr, qui tirera honorablement son épingle du jeu, mais en dehors de cela ?

Le niveau n'y est pas

Il y a quelques semaines de cela, je discutais avec un des programmateurs, d’un gros festival de chansons francophones à l’étranger, et je m’étonnais de voir sur son affiche, de plus en plus de groupes chantant en anglais ! ! Un peu gêné, il me répondit qu’il avait de plus en plus de difficultés à trouver des artistes capables d’attirer plus de 3000 personnes payantes, alors que de nombreux groupes britanniques font vendre le double de places ! !

Est-ce le niveau de qualité qui baisse ? Je ne le crois pas. On n’a jamais autant produit de musique qu’en ce moment, donc forcément, il y a dans toute cette matière, quelques pépites. Les exigences du public sont-elles de plus en plus élevées ? Je ne le pense pas, car quand la musique est bonne… Est-ce que les maisons de disques font encore leur travail en aidant véritablement les jeunes dans un développement à long terme ? On en doute.

Bref, nos amis programmateurs sont en train de s’arracher les cheveux, l’été 2013 c’est demain, nos copains tourneurs espèrent avoir dans leur roster le bon cheval, qui leur permettra de rentrer 40 dates entre mai et septembre, mais n’en sont pas certain, nos potes des majors allument des cierges et prient de ne pas se faire virer avant la fin de l’année et enfin le public se désespère de n’avoir rien de transcendant à se mettre dans les oreilles.

Le 21.12.2012 serait, d’après un antique calendrier, la date de la fin du monde. J’ai bien l’impression que, dans l’industrie musicale, quelques-uns ont déjà décidé de baisser le rideau.

Bonne semaine.

Olivier