Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - Laurent Karila

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lundi 3 septembre 2012

Chanter tue ! !

Chanter tue ! !

ou

Dans la musique on ne fait pas de vieux os

Chers amis,

Le week-end dernier, eut lieu une réception d’un genre tout à fait particulier en la mairie de Barbizon. En effet, le maire de la commune du bout de la Seine-et-Marne, à deux pas de Fontainebleau, recevait en ses murs une concitoyenne peu ordinaire. La baronne de la Doucette fêtait ses 100 ans (en réalité le 26 août) !

Vous me demanderez : Mais qui est cette aristocrate qui porte un si joli nom ? Ce n’est autre que la doyenne des chanteurs français ! Plus connue sous son nom de scène Léo Marjane, a soufflé toutes ses bougies, entourée du petit monde la chanson. Georges Chelon, Pascal Danel, Herbert Léonard et même Louis Bertignac étaient présents.

Léo Marjane

La première centenaire

Au-delà du simple fait de se réjouir de voir cette dame âgée, mais toujours en pleine forme, relatée ses années d’occupation, lorsqu’elle chantait dans un club de la rue Joubert, pour un public pas uniquement composé de parisiens, puis son séjour aux Etats-Unis où elle fut une véritable vedette, connaissant ses premières « standing ovation », jusqu’à la découverte, avant les autres, d’artistes de talent tels que Bécaud ou Ferré, ce qui interpelle, c’est qu’elle est la première chanteuse à franchir le cap du centenaire ! Depuis que la musique se traite industriellement, jamais aucun interprète n’a passé cette barre symbolique. Rares sont ceux qui s’en sont approchés.

Alors qu’il y a peu de temps encore, nous avions la larme à l’œil en voyant nos vieux poilus de la première guerre mondiale, cent ans passés, serrer mollement la main du Président de la République, on se disait que si ces hommes ont eu la force de traverser les années, après avoir connu les atrocités des bombardements, des tranchés, des hivers rigoureux et des rats courants sur les cadavres des copains tombés la poitrine éventrée, alors comment se fait-il que nos chanteurs ne soient pas si résistants qu’eux ?

Il est tout de même inquiétant de noter que l’espérance de vie chez les chanteurs est finalement assez courte et sans aucun doute inférieure à la moyenne générale de la population. Il y a tout de même ce seuil fatidique des 27 ans qu’il faut franchir, si on ne veut pas allonger la liste tristement célèbre des : Jim Morrison, Janis Joplin ou Amy Winehouse… Une fois les 28 bougies éteintes on peut espérer compter quelques années supplémentaires sur le calendrier.

Comment expliquer ce fait ? On ne peut tout de même pas mettre en avant le manque de soin, la fermeture des hôpitaux en rase campagne, le trou de la sécurité sociale ou le déficit de recherche scientifique. Non, bien sûr.

Gare aux excès

Les artistes, les musiciens, les chanteurs vivent des vies hors-norme. Ils sont sans cesse appelés à se dépasser, à faire de la route, à voir leur horloge tourner à l’envers, à synchroniser une lune sur un soleil, à connaitre les montagnes russes des sentiments, up and down en permanence ou presque, sans cesse sollicités. Alors un jour, ils glissent, dérapent, font fausse route et se livrent aux substances illicites, à l’alcool, aux médicaments. Ils ne finissent pas tous comme Elvis Presley ou Michael Jackson, mais ces périodes d’instabilité et d’excès laissent des traces et sans doute affaiblissent l’organisme. Un jour ou l’autre on finit par payer ses dettes !

Après avoir établi ce constat tristement effrayant, que faut-il faire ? Certainement pas dissuader les jeunes prétendants de monter sur scène, mais les mettre en garde. S’il est urgent d’arrêter de fumer, car c’est bien connu : « fumer tue », il est tout aussi urgent de continuer de chanter, car malgré tout la musique a des effets bénéfiques sur le corps humain. Et, si la jeunesse pense qu’un artiste est plus prolixe en consommant des produits, elle se trompe. Dites-vous que ceux que vous avez aimés shootés, vous les auriez adorés s’ils avaient été clean !

Dans son très bon livre « Une histoire de poudre », le psychiatre addictologue Laurent karila dresse une liste assez impressionnante et pourtant non exhaustive des noms de chanteurs qui sont passés de l’autre côté du miroir, pour avoir un peu trop fréquenté l’illégal. Renaud Hantson, dans son autobiographie « Poudre aux yeux » le reconnaît ouvertement : « J’ai perdu des neurones dans la bataille ». Espérons que ces petites connexions cérébrales manquantes, ne l’empêcheront pas de connaitre encore au moins 50 ans de carrière, afin que l’on puisse dire qu’il a rejoint Léo Marjane au palmarès des centenaires.

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 29 mars 2012

Poudre aux yeux ! !

Poudre aux yeux ! !

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Confessions d’un enfant du rail

Chers amis,

Ce 29 mars marque l’anniversaire de Renaud Hantson. Hasard du calendrier, hier est sortie en librairie son autobiographie « Poudre aux yeux – Sexe, drogues et show business », aux éditions Pygmalion.

Poudre aux yeux

Le récit de sa vie, Renaud l’a découpé en autant de chapitres que d’années passées dans les affres de la dépendance à la cocaïne. 17 ans en enfer, 17 morceaux d’un puzzle qui, lorsqu’il finit par être reconstitué, laisse le lecteur le souffle coupé.

Le parcours artistique de Renaud Hantson est à l’image du titre d’un de ses albums : « Des plaies et des bosses ». Des marques sur le corps et dans son âme, l’artiste en est bardé. Son véritable regret est « de ne pas avoir livré bataille » au cours de toutes ces années et pour cause. Lorsqu’il avait les armes en mains et la volonté farouche d’en découdre, on lui a retiré ses munitions et laissé au bord chemin.

Ha ! Le magnifique visionnaire qu’était son D.A de l’époque. « On fait un break d’un an et tu reviendras plus fort ! », lui avait-il dit et Renaud le croyant à attendu, attendu et le retour n’est finalement pas venu comme il l’espérait. C’est pendant cette longue période de désœuvrement que la cocaïne a fait son entrée dans sa vie.

Tout au long des trente années passées dans le show business, il a eu des hauts et de bas, parfois en résille, parfois en gouffres profonds dont on se demande comment il en est sorti. S’il est toujours sur pieds, il n’est pas indemne. Tel un boxeur titubant sous les coups, Renaud n’abdique jamais et repart à l’assaut, sans cesse. Jusqu’à présent, il a gagné tous ses combats.

Le succès bien sûr est largement présent dans cet ouvrage, car n’oublions pas que sa carrière est ponctuée par les réussites de « Starmania » et « La légende de Jimmy », de Berger et Plamandon et de la formidable tournée au début des années 2000, de « Notre-Dame de Paris » ; qu’en solo, il a sorti à ce jour, une dizaine d’albums, que ses projets parallèles Satan Jokers et Furious Zoo sont plus que jamais d’actualité.

Dans cette autobiographie, nous croisons les routes de nombreux musiciens : Glenn Hugues, Angus Young, Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, William Sheller… Grâce à ces rencontres, nous comprenons mieux pourquoi Renaud réussit ce grand écart permanent entre Hard rock et variété pop.

« Poudre aux yeux » est le point final d’une dérive qui l’a entrainé très loin. Ce livre aurait pu s’intituler « Rédemption », tant Renaud s’ouvre avec honnêteté. Aucun des sujets n’est épargné, son père absent, ses conquêtes féminines, ses délires paranoïaques, ses doutes, ses envies, ses bonheurs. Tout y est décortiqué avec sincérité, ce qui rend le récit encore plus émouvant.

Au-delà du simple fait de vouloir laisser une trace écrite, le souhait le plus profond du chanteur est de savoir que son travail peut aider, voire éviter à des jeunes de tomber dans les diverses drogues et substances qui rendent dépendant et qui au bout du compte vous pourrissent la vie. « Poudre aux yeux » est le complément nécessaire à l’album « AddictionS », sorti à l’automne dernier.

Cette autobiographie à cœur ouvert n’aurait pu voir le jour sans la rencontre magique avec le psychiatre Laurent Karila. Celui-ci a rédigé pour son ami, une très belle préface.

« Poudre aux yeux » est un livre rock n’ roll, écrit sur le cuir le plus dur, d’une peau tannée par les douleurs. Inutile de porter un perfecto pour se le procurer. Il suffit d’avoir envie d’aller à la rencontre de Renaud Hantson.

Olivier

lundi 2 janvier 2012

Dans ma boule de cristal ! !

Dans ma boule de cristal ! !

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Ce que je vois pour 2012

Chers amis,

La dernière page de 2011 est refermée depuis peu. Ce fut pour moi presque un plaisir. Alors que je m’apprêtais, en cette fin de journée du 31 décembre, à réaliser un dernier achat, afin de festoyer dans la joie et la bonne humeur, j’entrai chez un marchand de journaux. J’eus un joli pincement au cœur en découvrant une bonne chronique de l’album « AddictionS », de Satan Jokers, écrit et composé par Renaud Hantson et Laurent Karila, dans le nouveau numéro de bassiste magazine. Grâce à ce papier, la dernière soirée de l’année eut la saveur d’une gorgée de Champagne.

Mais voilà que 2012 démarre en trombe.

Avant d’évoquer concrètement ce qui m’occupera au cours des 366 prochains jours, j’aimerais jouer à un petit jeu. Quoi de plus amusant que de débuter une nouvelle année légèrement, avec un brin d’insouciance, de futilité, voire même d’innocence.

Nous avons tous été assommés, ces dernières semaines par tout un tas de rétrospectives, nous ressassant les succès des uns et surtout les déboires des autres. Et si, on s’amusait à faire un peu d’anticipation pour 2012 ? Que pourrait-il bien se passer dans les mois à venir ? Je vais en bon devin, vous livrer ma vision des grands évènements qui marqueront cette année.

Suite au rachat d’EMI par Universal, de nombreux artistes se retrouveront sans contrat ! En effet, il n’est pas logique pour une entreprise de conserver des produits identiques. On peut travailler dans l’artistique, mais tout de même avoir une belle vision capitaliste du rendement d’un chanteur ! Si tu doublonnes avec une autre référence de notre catalogue et que tu rapportes moins, on t’invitera à aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte et les contrats plus juteux.

Si la HADOPI ne décède pas prématurément, en passant l’arme à gauche, soyons certain qu’elle enverra ses premiers hommes, chercher manu militari, les terribles resquilleurs du net qui auront eu l’outrecuidance de télécharger le dernier album de Patrick Bruel, parce que ceux qui pillent Lady Gaga ou les Strokes, savent comment faire pour se dissimuler derrière des adresses IP n’appartenant à personne ou renvoyant sur des serveurs fantômes. Des drames familiaux vont se jouer dans les cuisines de pavillons de banlieue, lorsque des parents découvriront deux gendarmes embarquer des enfants, pourtant si sages habituellement et l’ordinateur criminel, chargé à bloc de toute la discographie des 2 be 3. Espérons que la maréchaussée n’aura pas à écouter tous les titres conservés sur disque dur, car des dépressions nerveuses pourraient se déclarer.

Johnny Hallyday chantera bien en juin au stade de France. A moins que, à moins que…

Nous verrons fondre, comme neige au soleil, les rayons disques, dans certains magasins dits spécialisés. Il se pourrait bien que ceux-ci disparaissent totalement, tels que nous les connaissons, à l’horizon 2013. On ne sait pas encore ce qui les remplacera…Il paraît que l’avenir se trouve dans la création de jeux vidéo, que ce secteur aura de plus en plus besoin de compositeurs. Bientôt pour découvrir le dernier Metallica, il faudra chausser des lunettes 3D et piloter, sans se prendre un mur, une grosse cylindrée.

Carla Bruni enregistrera un nouvel album, si l’activité de son mari le lui permet…

De nouvelles règles seront imposées aux diffuseurs de musique, afin de mettre davantage en avant les créations françaises. Peut-être même que l’on interdira de playlister plus de 8 fois par jour un même titre ! Alors là, ce serait pour le coup une vraie révolution ! !

Le carton de l’année 2012 sera un album de reprises ! ! On ne sait pas encore lequel, mais lorsque l’on voit le palmarès de 2011, on se dit qu’après Nolwenn Leroy et Les prêtres, tout est envisageable. Ils ne sont pas nés les artistes qui réaliseront des scores de ventes aussi importants avec des titres originaux. D’ailleurs y en aura-t-il encore ?

Christophe Hondelatte n’enregistrera pas un second album.

Je vous donne, d’ores et déjà, rendez-vous début 2013, afin de voir si je suis plus fort qu’Elisabeth Tessier, au jeu des prévisions sans intérêt.

Je vous souhaite, plus sérieusement, plein de succès pour cette nouvelle année.

Bonne semaine.

Olivier