Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - Julien Doré

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lundi 16 janvier 2012

La p'tite monnaie ! !

La p’tite monnaie ! !

ou

Et si on payait les chanteurs quand ils chantent…

Chers amis,

Quel plaisir de commencer une semaine en découvrant un article dans le quotidien Métro, consacré au travail de Renaud Hantson et Laurent Karila, autour du concept-album « AddictionS », disque intégralement consacré aux risques et dangers liés à la prise de produits stupéfiants, d’une part et d’autre part un excellent Live report du Satan’s Fest III, toujours organisé par le fondateur de Satan Jokers.

Je souhaite à chacun de mes lecteurs, de connaitre un jour, le plaisir de participer à une aventure aussi enrichissante humainement que professionnellement. Je suis certain que nous ne faisons que commencer un long chemin qui nous mènera vers des réussites significatives.

Course à la visibilité

A la relecture de deux articles consacrés aux ventes d’albums physiques, sur les six derniers mois de l’année 2011, m’est venue une réflexion, quant à l’importance de la visibilité médiatique.

Depuis de nombreuses années, et cela s’est accéléré avec le temps, une fois qu’un artiste avait un nouveau disque, tout beau tout chaud, sorti des presses, il fallait se précipiter, se battre, se déchirer, pour passer dans une des grandes émissions de télé, afin d’être certain d’en écouler un bon gros paquet de 10 000, dès l’ouverture du Monop’, le lendemain matin.

Il fut même un temps où les chanteurs touchaient un cachet, pour chanter sur les plateaux des buttes Chaumont, dans les studios antiques et disparus de la légendaires S.F.P. A cette époque, la télé n’avait que trois chaines publiques. On y entendait les dernières niaiseries des hit-parades, mais pas seulement. Des artistes installés depuis bien longtemps dans le paysage, venaient interpréter un titre et s’en allait, empochant au passage une enveloppe aussi épaisse que leur renommée.

Télé "commerciale"

Puis est arrivée la télé commerciale, celle qui doit conserver des « temps de cerveau disponible, pour vendre du coca cola ». A partir de ce moment, les médias ont cessé de payer au motif que chaque passage à l’antenne étant promotionnel, le producteur allait s’y retrouver à l’arrivée. Cela a été vrai jusqu’à il n’y a pas longtemps. Effectivement, quand on sait ce que coûte un spot de publicité sur une chaine importante, on se dit qu’un plateau gratuit à 20 h 50 et 6 millions de spectateurs qui regardent c’est toujours bon à prendre.

Ce fut vrai pour presque tous. Cela ne l’est plus que pour quelques-uns. Je ne prendrai qu’un seul exemple. Quand on regarde à nouveau le matraquage médiatique qu’il y a eu l’an passé, pour la sortie de « Bichon », l’album de Julien Doré et que l’on s’intéresse aux chiffres de vente, on est en droit de se poser plusieurs questions.

Tout d’abord, l’album méritait-il cette présence aussi accrue sur les antennes ? Je n’en suis pas persuadé, mais le plus important est ailleurs. Julien Doré est un « bon client » pour les médias. Il a une bonne petite gueule ; il n’est pas aussi idiot que certains le disent ; il plaît aux jeunes filles. C’est donc le bon produit à faire de l’audience. Un booster d’audimat.

Et c’est quoi l’audimat, si ce n’est de l’argent qui rentre dans les caisses de la chaine qui diffuse ? L’artiste lui, aujourd’hui passe à la télé, mais ne vend plus rien. Comme dans une équation, on devrait faire une proposition inverse : Comme ce n’est plus la télé qui fait gagner de l’argent aux artistes, mais le contraire, il serait donc logique que les chanteurs qui se produisent devant les caméras touchent de nouveau un cachet, pour chacune de leur prestation !

Il est temps de changer l'ordre des choses.

Dans un pays limitrophe et francophone, de notre hexagone, il existe une émission de variétés, à l’ancienne, qui paie les artistes. Je fus d’ailleurs très surpris lorsqu’on me demanda quel serait le montant du cachet, pour que telle chanteuse aille sur leur plateau ?

On ne pourra plus faire croire encore longtemps aux créateurs, que le simple fait de passer sur la une ou la douze, permet de se faire une réputation et d’engranger ensuite des tonnes d’euros. Ce temps touche à sa fin.

Rêvons un peu. Et si, chaque fois qu’un média contactait un agent, celui-ci répondait : « D’accord pour venir dans votre programme, c’est 5000 ! » et que l’autre accepte, alors le monde aurait changé. Mais, tant que le show business attirera à lui des papillons éphémères, prêts à tout, y compris à payer, pour s’exhiber face aux caméras, alors il ne sert à rien de se battre. Les mass-média ont gagné. Tant pis pour les artistes.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 28 mars 2011

Le produit de l'année ! !

Le produit de l'année ! !

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Vous n'échapperez pas au marketing, même en musique.

Chers amis,

Je débute la semaine avec optimisme. En effet, la mise en ligne des podcats, brèves, news et autres articles sur mon blog ont fait progresser significativement la fréquentation du site. Je vous en remercie.

Très prochainement une newsletter sera envoyée à mes fidèles lecteurs. Ainsi, vous serez tenus informés régulièrement des nouvelles publications.

Il y a une quinzaine de jours, j'écrivais sur ce même blog, un article intitulé « je veux être une star ». A la suite de cette chronique, je reçus plusieurs commentaires, dont un, laissé par un anonyme (Ha ! Quelle bonheur cet internet. Pouvoir insulter ou glorifier en toute tranquillité, sans jamais rien signer, que c'est bon, que cela fait du bien...) qui concluait que « l'art c'est autre chose que l'art du marketing ».

J'aimerais aujourd'hui revenir sur cette notion de « marketing ».

Depuis que la publicité existe, la musique et son industrie ont utilisé ce vecteur de communication, considérant les disques comme des « produits » semblables aux autres. On entendait déjà Léo Ferré, à la fin des années 60 cracher sur ces chansons que l'on vend « comme des paquets de cacahuètes ».

On sait aujourd'hui que ce qui représente la plus grosse part ou presque du budget, pour la sortie d'un CD, est le marketing. Comment faire savoir, sans communication, qu'un nouvel album est en vente ? Impossible.

Je le vois bien, même au niveau des autoproductions, chacun cherche l'image qui accrochera l'oeil, l'idée du clip qui créera le buzz sur la toile, le look qui permettra aux fans de reconnaître instantanément son groupe préféré et j'en oublie.

Le problème auquel sont confrontés les jeunes artistes aujourd'hui est le gouffre qui existe entre les moyens de production (un disque peut se réaliser avec quelques euros et un home studio) et les moyens de communication.

En effet, le moindre spot publicitaire radio, coûtera plusieurs milliers d'euros, sans avoir la certitude de retombées économiques. Quant aux publicités papier, elles aussi sont relativement inabordables pour les petits budgets. D'ailleurs, elles doivent être menées sur des temps relativement long, pour espérer obtenir un impact conséquent.

Bien entendu, nous avons la grande chance d'avoir cet outil merveilleux qu'est l'internet. En quelques clics, vous mettez en ligne votre travail et tentez de vous faire connaître jusqu'à l'autre bout de la terre. Cette communication virale est aussi du marketing.

Vous pouvez très bien choisir de n'utiliser que le net pour faire parler de vous et n'apparaître sur aucun autre support médiatique. Mais, sans l'aide de la publicité, donnez-lui la forme que vous voudrez, vous ne parviendrez à rien.

Julien Doré sort un nouvel album, en format collector vous aurez des enregistrements supplémentaires. Radiohead édite un CD que l'on peut se procurer sur le web en donnant ce que l'on veut. Marc Cerone sort le premier téléphone munie de titres pour le combiné. Paul Mac Cartney quitte les réseaux de distribution officiels pour s'adjoindre les services d'une chaîne de vente de café américaine. Tout ceci est marketing ! !

A aucun moment, on est bien d'accord, on ne parle de l'artistique. Un plan de développement peut être ambitieux, si le public n'accroche pas, c'est la production qui coule. Dernier exemple en date, le show Hallyday, diffusé le week-end dernier sur TF1. 1 million d'euro de production, pour finir derrière Patrick Sébastien en chiffres d'audimat. J'imagine que chez Warner il y en a qui qui doivent, en ce lundi matin, se faire taper sur les doigts. Produire c'est prendre des risques. Parfois ça passe, parfois, ça casse. Finalement, c'est le public qui décide.

Croire que l'on peut éclater uniquement grâce à une bonne chanson, sans autre appui, fait partie, de mon point de vue, du fantasme pur. A l'inverse, penser qu'un mauvais titre matraqué par les médias peut devenir un tube, se rapproche davantage de la réalité. Et c'est quoi ça, sinon du marketing ?

Bonne semaine.

Olivier