Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - Johnny Hallyday

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lundi 2 janvier 2012

Dans ma boule de cristal ! !

Dans ma boule de cristal ! !

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Ce que je vois pour 2012

Chers amis,

La dernière page de 2011 est refermée depuis peu. Ce fut pour moi presque un plaisir. Alors que je m’apprêtais, en cette fin de journée du 31 décembre, à réaliser un dernier achat, afin de festoyer dans la joie et la bonne humeur, j’entrai chez un marchand de journaux. J’eus un joli pincement au cœur en découvrant une bonne chronique de l’album « AddictionS », de Satan Jokers, écrit et composé par Renaud Hantson et Laurent Karila, dans le nouveau numéro de bassiste magazine. Grâce à ce papier, la dernière soirée de l’année eut la saveur d’une gorgée de Champagne.

Mais voilà que 2012 démarre en trombe.

Avant d’évoquer concrètement ce qui m’occupera au cours des 366 prochains jours, j’aimerais jouer à un petit jeu. Quoi de plus amusant que de débuter une nouvelle année légèrement, avec un brin d’insouciance, de futilité, voire même d’innocence.

Nous avons tous été assommés, ces dernières semaines par tout un tas de rétrospectives, nous ressassant les succès des uns et surtout les déboires des autres. Et si, on s’amusait à faire un peu d’anticipation pour 2012 ? Que pourrait-il bien se passer dans les mois à venir ? Je vais en bon devin, vous livrer ma vision des grands évènements qui marqueront cette année.

Suite au rachat d’EMI par Universal, de nombreux artistes se retrouveront sans contrat ! En effet, il n’est pas logique pour une entreprise de conserver des produits identiques. On peut travailler dans l’artistique, mais tout de même avoir une belle vision capitaliste du rendement d’un chanteur ! Si tu doublonnes avec une autre référence de notre catalogue et que tu rapportes moins, on t’invitera à aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte et les contrats plus juteux.

Si la HADOPI ne décède pas prématurément, en passant l’arme à gauche, soyons certain qu’elle enverra ses premiers hommes, chercher manu militari, les terribles resquilleurs du net qui auront eu l’outrecuidance de télécharger le dernier album de Patrick Bruel, parce que ceux qui pillent Lady Gaga ou les Strokes, savent comment faire pour se dissimuler derrière des adresses IP n’appartenant à personne ou renvoyant sur des serveurs fantômes. Des drames familiaux vont se jouer dans les cuisines de pavillons de banlieue, lorsque des parents découvriront deux gendarmes embarquer des enfants, pourtant si sages habituellement et l’ordinateur criminel, chargé à bloc de toute la discographie des 2 be 3. Espérons que la maréchaussée n’aura pas à écouter tous les titres conservés sur disque dur, car des dépressions nerveuses pourraient se déclarer.

Johnny Hallyday chantera bien en juin au stade de France. A moins que, à moins que…

Nous verrons fondre, comme neige au soleil, les rayons disques, dans certains magasins dits spécialisés. Il se pourrait bien que ceux-ci disparaissent totalement, tels que nous les connaissons, à l’horizon 2013. On ne sait pas encore ce qui les remplacera…Il paraît que l’avenir se trouve dans la création de jeux vidéo, que ce secteur aura de plus en plus besoin de compositeurs. Bientôt pour découvrir le dernier Metallica, il faudra chausser des lunettes 3D et piloter, sans se prendre un mur, une grosse cylindrée.

Carla Bruni enregistrera un nouvel album, si l’activité de son mari le lui permet…

De nouvelles règles seront imposées aux diffuseurs de musique, afin de mettre davantage en avant les créations françaises. Peut-être même que l’on interdira de playlister plus de 8 fois par jour un même titre ! Alors là, ce serait pour le coup une vraie révolution ! !

Le carton de l’année 2012 sera un album de reprises ! ! On ne sait pas encore lequel, mais lorsque l’on voit le palmarès de 2011, on se dit qu’après Nolwenn Leroy et Les prêtres, tout est envisageable. Ils ne sont pas nés les artistes qui réaliseront des scores de ventes aussi importants avec des titres originaux. D’ailleurs y en aura-t-il encore ?

Christophe Hondelatte n’enregistrera pas un second album.

Je vous donne, d’ores et déjà, rendez-vous début 2013, afin de voir si je suis plus fort qu’Elisabeth Tessier, au jeu des prévisions sans intérêt.

Je vous souhaite, plus sérieusement, plein de succès pour cette nouvelle année.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 21 novembre 2011

Que reste-t-il de nos amours ? ?

Que reste-t-il de nos amours ? ?

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Il serait temps que les artistes retrouvent « l’envie »

Chers amis,

Lundi de la semaine dernière, j’ai assisté à la remise des « Grands prix de la SACEM ». Comme d’habitude, les soirées d’autocongratulation sont assez ennuyeuses dès les discours commencent. Une fois que les artistes passent devant le micro cela va un peu mieux.

Avoir envie !

J’ai toutefois été très surpris du manque d’envie de la part des impétrants. Je dois préciser que le palmarès est connu longtemps à l’avance et qu’il n’y a donc aucun suspens, aucune surprise. Les artistes montent sur le plateau, s’embrouillent dans des remerciements convenus et sans intérêt, reçoivent une médaille, dont ils ne savent que faire pendant qu’ils interprètent un titre, font un peu de musique et puis s’en vont. On les retrouvera en fin de soirée au bar VIP.

Sur une dizaine de récompensés, un seul m’a fait un véritable effet. Baptiste Trotignon, pianiste de jazz. Lorsqu’il prend place au clavier, son corps se transforme, c’est imperceptible mais visible, il « entre en musique ». Durant les quelques minutes, au cours desquelles il jouera un de ses titres, on le sent pénétré par quelque chose de supérieur. Il est comme touché par la grâce divine. On voit qu’il est dedans et non au-dessus de son piano.

La salle ne s’y est pas trompé et une fois la dernière note jouée, perdue dans le silence de l’écoute quasi religieuse, une vague d’applaudissements a envahi le casino de Paris. L’émotion était palpable. A ce moment-là, il s’est vraiment passé quelque chose. C’est cet instant si infime et si léger que l’on recherche lorsque l’on se rend dans une salle de spectacle. Ces brèves secondes qui nous font aimer la musique, qui nous poussent à revenir sans cesse dans ces lieux obscures, qui nous font battre le cœur un peu plus vite et rêver à des vies plus belles et qui, au fond, donne raison à Nietzsche « Sans musique, la vie serait une erreur ».

Et la jeune génération ?

Mais voilà, il y a un mais ! Cette fougue, ce plaisir de jouer, cette irradiation qui doit émaner du chanteur, je ne la retrouve quasiment plus sur nos scènes ! Qui, de nos jours, enflamme le public ? Quel artiste français monte sur scène et déchaîne les passions ? C’est terrible, mais je pense qu’un des derniers à avoir encore cette capacité à électriser les foules, c’est Johnny Hallyday ! !

Et la jeune génération, alors ? Elle peine ! Quand je repense aux années 60, je me souviens qu’il y avait régulièrement des joutes, montées de toute pièce par des magazines, qui opposaient les Chats sauvages aux Chaussettes noires, dans les 70’s il y avait Ange, Magma, Martin Circus et plus tard on aura Trust, Téléphone, Starshooter, Taxi girl, pour finir en apothéose avec La Mano Négra et Noir désir. Depuis ? ? Archimède aujourd’hui, s’en sort plutôt bien. Sinon ?

A avoir voulu tant démocratiser l’accès à la musique, il me semble que l’on a fini par affadir la filière. Je lis actuellement l’autobiographie de Steven Tyler, le leader charismatique du célèbre groupe « Aérosmith ». J’aime lorsque je tombe sur un passage, au cours duquel, il dit qu’à l’adolescence, il ne laissait rien passer de la mode, de la façon dont ses idoles de l’époque s’habillaient, se coiffaient, se chaussaient, se comportaient. Il jouait à la rock star, pour finir par en devenir une !

Il n'y a plus de star !__

Actuellement, lorsque j’ouvre n’importe quel magazine, je ne tombe quasiment plus que sur de jeunes anglo-saxons, qui me sont totalement inconnus et qui ne véhiculent à mon sens rien d’extraordinaire. A force d’avoir voulu faire descendre les chanteurs dans la rue, on a fini par se priver de la saveur que l’on recherchait auparavant. Les vedettes sont des gens comme vous, comme moi. Ils ne font presque plus rêver et de ce fait, eux-mêmes ne se sentent pas en position de force avec la capacité d’assommer le public en quelques minutes. Ils viennent, chantent, juste ce qu’il faut et puis s’en vont.

Qui parle d’émeute ? De groupies en furie qui attendent désespérément au bas de l’hôtel que leur idole montre son nez ? De filles raides dingues du petit chanteur ? De voiture bousculée par des fans chauds bouillants ? De fausses sirènes d’ambulance pour éloigner la star des mains poisseuses d’hystériques prêtes à tout, pour toucher ce corps, comme on effleurerait une relique ?

Personnellement, je ne vois rien. Si, peut-être sur le net. D’ailleurs, on ne dit plus adoration, on dit buzz. On ne parle plus de spectateur, mais de pages vues. On n’est plus fan, on est ami…

Au casino de Paris, j’ai tout de même vu Jean-Louis Aubert et HF Thiéfaine. C’était bien. Oui, mais eux c’est le passé…

Bonne semaine.

Olivier

lundi 29 août 2011

Alchimie ! !

Alchimie ! !

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Les trois clés du succès

Chers amis,

Bien que le mois d’août ne soit pas tout à fait fini, c’est déjà la rentrée pour beaucoup d’entre vous. Qu’ils semblent loin la plage de sable fin et l’horizon avec le soleil couchant qui embrasait le ciel chaque soir. Ce scénario était réservé aux plus chanceux, car combien de concerts annulés pour cause d’intempéries ?

Succès

Je vous espère donc tous en pleine forme et bardés de courage, force et volonté pour affronter cette nouvelle saison. Comme d’habitude, je publierai tous les lundis, un article consacré au Music business, qui je le souhaite, vous aidera à mieux cerner cet univers impitoyable !

Le succès !

Cette semaine, rentrons directement dans le vif du sujet. Qu’est-ce que le succès ? Cette question m’a été posée par une jeune journaliste, qui bien failli me fiche en l’air une partie de mon premier week-end du mois de juillet ! En effet, le succès c’est quoi ? Cette interrogation journalistique faisait suite à un constat d’échec de plusieurs albums sortis par des gens portant un nom déjà installé dans le monde du show biz, mais n’ayant pas connu la gloire tant attendue. La demoiselle faisait référence entre autre à Mélanie Laurent et au flop de son premier disque.

La question n’était pas si dénuée de tout sens. En effet, sur quels éléments se fonde le succès ? J’ai noté trois points essentiels à la réussite d’un projet, autrement appelé succès.

Le produit

Le premier élément est « le produit ». Il va de soi que lorsque l’on se lance dans l’aventure musicale, l’opus qui sera livré au public devra être une somme d’autant de réussites qu’il y a de pistes à écouter. Ne parier que sur une chanson ou deux, pour vendre plusieurs milliers d’albums est une erreur. Chaque titre doit être un single en puissance. Chaque chanson doit être travaillée comme si elle était la seule à exister. Il faut que l’on se dise à l’écoute du disque « Je ne sais laquelle choisir pour les médias. Elles sont toutes excellentes ! »

Le public

Le second élément et non le moindre est « le public ». Je devrais dire plutôt « son public ». Je rencontre énormément de jeunes artistes qui veulent, avant toute chose, être dans les journaux, sur les radios, qu’on parle d’eux dans le poste ! Quand je demande où ils en sont dans leur parcours, bien souvent la réponse sonne creux et mis à part une prestation sur le parvis du bureau de poste de leur commune, le jour de la fête de la musique, il n’y a pas grand-chose. Soit vous avez acquis un public et des fans avec les années et quand votre produit sortira vos acheteurs seront déjà là, à attendre impatiemment la galette toute chaude, soit vous bénéficiez d’un service promo, lié à une major, qui bombardera un titre sur les ondes et avec un peu de chance, fera grossir votre communauté de fans de manière exponentielle.

Le nom de l'artiste

Et enfin le dernier point, pour moi le moins important, c’est « le nom » de l’artiste. Je dis le moins important car l’histoire du disque nous prouve que vous pouvez avoir été en haut de l’affiche pendant de nombreuses années et en être descendu, pour y remonter cela n’est pas chose facile. Cela peut aider, mais ne fera pas tout. Je pense aussi à tous ces « fils de », qui n’ont d’autre carte de visite que celle de leur père ou mère connus de tous, mais qui leur font une ombre terrible. Si Chédid, Dutronc ou Higelin sont arrivés à percer, c’est bien grâce à leur valeur artistique et non par un simple tour de passe-passe familial ou médiatique.

Le succès c’est une alchimie très compliquée. Vous pouvez avoir une œuvre de grande qualité et ne pas trouver votre public. Souvenez-vous des années de galère de Gainsbourg et de ses premiers disques 25 cm qui ne se vendaient qu’à quelques exemplaires. Vous pouvez avoir un nom grand comme la façade de l’Olympia et faire un flop avec un album, voyez les chiffres du dernier Hallyday. A l’inverse vous pouvez connaitre une vraie bonne surprise. Ce fut le cas pour le premier disque de Carla Bruni. Un top model qui se reconverti dans la chanson et puis quoi encore ! Bingo ! Un label qui pensait n’en vendre qu’une grosse poignée se retrouve avec un des plus gros cartons de l’année 2002 !

C'est le public qui choisit !

Aujourd’hui même, le succès de Nolwenn Leroy s’explique par les trois points exposés plus haut. La qualité de production de ses reprises ; Ses fans qui la suivent depuis plusieurs années, plus le grand public qui se retrouve dans des chansons qui font partie de l’histoire de chacun (qui n’a pas chanté la jument de Michao pendant des vacances en Bretagne ?) et enfin l’interprète qui n’est plus à présenter.

Quoi qu’il en soit, au bout du compte c’est le public qui finit par rendre son jugement. Celui-ci n’est jamais définitif, mais il est vrai qu’attendre que la postérité fasse le reste, c’est un peu rageant.

Je vous souhaite plein de succès pour cette nouvelle saison.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 28 mars 2011

Le produit de l'année ! !

Le produit de l'année ! !

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Vous n'échapperez pas au marketing, même en musique.

Chers amis,

Je débute la semaine avec optimisme. En effet, la mise en ligne des podcats, brèves, news et autres articles sur mon blog ont fait progresser significativement la fréquentation du site. Je vous en remercie.

Très prochainement une newsletter sera envoyée à mes fidèles lecteurs. Ainsi, vous serez tenus informés régulièrement des nouvelles publications.

Il y a une quinzaine de jours, j'écrivais sur ce même blog, un article intitulé « je veux être une star ». A la suite de cette chronique, je reçus plusieurs commentaires, dont un, laissé par un anonyme (Ha ! Quelle bonheur cet internet. Pouvoir insulter ou glorifier en toute tranquillité, sans jamais rien signer, que c'est bon, que cela fait du bien...) qui concluait que « l'art c'est autre chose que l'art du marketing ».

J'aimerais aujourd'hui revenir sur cette notion de « marketing ».

Depuis que la publicité existe, la musique et son industrie ont utilisé ce vecteur de communication, considérant les disques comme des « produits » semblables aux autres. On entendait déjà Léo Ferré, à la fin des années 60 cracher sur ces chansons que l'on vend « comme des paquets de cacahuètes ».

On sait aujourd'hui que ce qui représente la plus grosse part ou presque du budget, pour la sortie d'un CD, est le marketing. Comment faire savoir, sans communication, qu'un nouvel album est en vente ? Impossible.

Je le vois bien, même au niveau des autoproductions, chacun cherche l'image qui accrochera l'oeil, l'idée du clip qui créera le buzz sur la toile, le look qui permettra aux fans de reconnaître instantanément son groupe préféré et j'en oublie.

Le problème auquel sont confrontés les jeunes artistes aujourd'hui est le gouffre qui existe entre les moyens de production (un disque peut se réaliser avec quelques euros et un home studio) et les moyens de communication.

En effet, le moindre spot publicitaire radio, coûtera plusieurs milliers d'euros, sans avoir la certitude de retombées économiques. Quant aux publicités papier, elles aussi sont relativement inabordables pour les petits budgets. D'ailleurs, elles doivent être menées sur des temps relativement long, pour espérer obtenir un impact conséquent.

Bien entendu, nous avons la grande chance d'avoir cet outil merveilleux qu'est l'internet. En quelques clics, vous mettez en ligne votre travail et tentez de vous faire connaître jusqu'à l'autre bout de la terre. Cette communication virale est aussi du marketing.

Vous pouvez très bien choisir de n'utiliser que le net pour faire parler de vous et n'apparaître sur aucun autre support médiatique. Mais, sans l'aide de la publicité, donnez-lui la forme que vous voudrez, vous ne parviendrez à rien.

Julien Doré sort un nouvel album, en format collector vous aurez des enregistrements supplémentaires. Radiohead édite un CD que l'on peut se procurer sur le web en donnant ce que l'on veut. Marc Cerone sort le premier téléphone munie de titres pour le combiné. Paul Mac Cartney quitte les réseaux de distribution officiels pour s'adjoindre les services d'une chaîne de vente de café américaine. Tout ceci est marketing ! !

A aucun moment, on est bien d'accord, on ne parle de l'artistique. Un plan de développement peut être ambitieux, si le public n'accroche pas, c'est la production qui coule. Dernier exemple en date, le show Hallyday, diffusé le week-end dernier sur TF1. 1 million d'euro de production, pour finir derrière Patrick Sébastien en chiffres d'audimat. J'imagine que chez Warner il y en a qui qui doivent, en ce lundi matin, se faire taper sur les doigts. Produire c'est prendre des risques. Parfois ça passe, parfois, ça casse. Finalement, c'est le public qui décide.

Croire que l'on peut éclater uniquement grâce à une bonne chanson, sans autre appui, fait partie, de mon point de vue, du fantasme pur. A l'inverse, penser qu'un mauvais titre matraqué par les médias peut devenir un tube, se rapproche davantage de la réalité. Et c'est quoi ça, sinon du marketing ?

Bonne semaine.

Olivier

dimanche 27 mars 2011

Johnny Hallyday en chute libre !

On nous annonçait le grand retour de Johnny Hallyday, sur TF 1, samedi 25 mars 2011. On allait voir ce qu'on allait voir ! Non, Johnny n'est pas un chanteur moribond et il va le prouver à la France entière !

Oui, mais voilà, les chiffres de médiamétrie tombent en ce dimanche matin et là, catastrophe, Patrick Sébastien et son "Grand cabaret arrivent" en tête ! Il s'en est faallu d'un rien pour que M 6 ne décroche la médaille d'argent !

http://www.jeanmarcmorandini.com/article-51748-audiences-johnny-tf1-largement-battu-par-sebastien-fr2.html

Que s'est-il passé ? Comme se fait-il que l'idole des jeunes ne fasse plus recette ?

Depuis qu'il est passé d'Universal chez Warner, on ne peut pas dire que les résultats soient à la hauteur des espérances des investisseurs. Des singles qui ne deviennent pas des tubes, des disques qui se vendent correctement, mais pour un chanteur tel que Johnny le correctement ne suffit pas ! Le summum est à atteindre. une tournée qui s'annule, on sait pourquoi et enfin, hier soir une émission de télé boudée.

Faut-il craindre une chute sans fin pour Johnny Hallyday ? Sans doute que non. Il nous a habitué depuis 50 ans à alterner les périodes de haut et de bas. Espérons que le fond a été touché et que la lumière sera au bout du long tunnel, dans lequel il s'est engouffré il y a quelques années.

lundi 9 novembre 2009

Le premier pas ! !

Le salaire de la peur ! !

Chers amis,

Dimanche dernier j’ai assisté à l’Alhambra de Paris, à un très beau concert de Steve et Heather. La country est vraiment un univers musical riche et beaucoup plus varié que l’on ne croit et sans le savoir, ou sans se l’avouer, nous avons tous un coté country ! Il n’est pas rare d’entendre, dans les émissions spécialisées, des titres de Bruce Springsteen ou de Shaina Twain diffusés entre Johnny Cash et Hank Williams.

Cette semaine, je voudrais attirer votre attention sur l’idée qu’un jeune artiste peut se faire de son premier pas dans le métier. Au cours d’un dîner, jeudi soir dans un cabaret parisien, nous avons abordé le sujet.

Je fus très surpris d’entendre un prétendant dire : « Pour débuter dans ce milieu, il faut faire une reprise ». Jean-Pierre Pasqualini, patron de « Platine Magazine » et moi-même, étions du même avis : Ce propos est une ineptie !

Comme je n’ai de cesse de le rappeler à tous ceux qui me demandent conseil : commencez par avoir une réflexion de bon sens ! Prenez l’histoire de la chanson française, celle que vous avez à portée d’oreille et que vous connaissez malgré tout sans doute le mieux. Jetez un rapide coup d’œil sur les titres qui se sont bien placés dans les charts divers. Faites le calcul du nombre de reprises arrivées en tête des Tops et déduisez-en si en enregistrer une est une bonne idée.

Bien sûr, on objectera que Lâam a vendu près d’un million de singles du titre : « Chanter pour ceux… » de Michel Berger. Et après ? Combien sont-ils à avoir réalisé cet exploit ? Peu, très peu. Dans un premier temps cela pouvait s’apparenter à « un coup », mais l’album qui est sorti ensuite était de très bonne qualité et contenait d’excellentes chansons. Il ne restait plus ensuite qu’à dérouler une carrière, mais les choses étant parfois beaucoup plus compliquées qu’on ne le pense, Lâam a connu des hauts et des bas.

Si je tente d’expliquer que reprendre des titres déjà connus et implantés dans l’inconscient collectif est une pauvre idée pour se lancer, elle peut en revanche apporter une image fédératrice, pour un public qui découvre « en live » un artiste et permet d’identifier l’univers du chanteur. Lorsque Balablan reprend en concert du Gainsbourg et du Salvador, nous voyons de quelle école de la chanson il est issu. Les reprises servent à cristalliser une identité, pas à la fabriquer.

Mais que demande-t-on aux artistes ?

Un chanteur se présente face au public pour y présenter son monde, avec ses mots et ses musiques. L’intérêt de ce métier est que chacun peut évoquer le même sujet en utilisant des mots et des mélodies différentes. Ces chansons forment votre personnalité artistique.

Même si vous n’êtes qu’interprète, avec des auteurs autour de vous, vous allez sans cesse chercher à mettre sur vos cordes vocales les mots que d’autres sauront mieux exprimer, mais que vous revendiquerez. N’hésitez pas d’ailleurs à renvoyer vos faiseurs de chansons à leurs tables de travail, parfois malheureusement un mot, un vers ou une expression peuvent faire chavirer le texte entier dans la catégorie des rebus.

On se nourrit de ce qui a déjà été fait, c’est certain, mais ce n’est pas une raison suffisante pour ne vouloir s’adonner qu’à cet exercice de reprise. Dans les années 60, la jeunesse prenait énormément de plaisir à chanter les succès d’Elvis Presley, Buddy holly, Carl Perkins et tant d’autres, allant jusqu’à imiter les postures, les coiffures, les costumes… Ils devenaient des clones. Combien de temps a-t-il fallu pour que les Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Dick Rivers, pour ne parler que d’eux, trouvent et assument leur identité ? Des années ! Quant aux autres ? Disparus…

Aujourd’hui, ceci n’est plus envisageable. On ne peut plus se permettre d’enregistrer des covers à longueur d’année, pour enfin un jour se dire « Et si je faisais mon œuvre ! Celle que j’ai vraiment envie de chanter ! ». tout va trop vite et le temps est compté. Si vous voulez monter sur scène pour défendre ce que vous avez vraiment dans le ventre, alors il vous faudra creuser, gratter, chercher au plus profond de vous ce qu’il y a de meilleur à produire sous forme de chanson.

Si votre seul désir, et celui-ci est blâmable, est de monter sur une scène pour vous aveugler une fois dans votre vie de lumière, vous étourdir de son et vous bercer d’applaudissements, hé bien vous faites fausse route. Ce sera mettre beaucoup d’efforts pour un bonheur furtif qui vous laissera avec le temps plus d’amertume que de joie.

Le show bizness est un fantasme. Et comme tel, une fois vécu il est décevant.

Chanteur en revanche est un vrai métier, qui demande beaucoup de travail pour parvenir à l’obtention d’un résultat.

Je finirai par une comparaison. Les élèves des Beaux-arts copient, recopient les tableaux des maîtres qui les ont précédés, mais une fois franchie et maîtrisée cette étape, ils se retrouvent face à la toile blanche et sont amenés à y projeter leur propre monde. On ne découvre pas un peintre qui présente « trait pour trait » une reproduction de la Joconde ! On l’ignore.

Soyez les peintres de votre vie et imaginez votre monde tel que vous le voulez et non comme il a déjà été dépeint !