Malheur à celui qui dit la vérité ! !

Chers amis,

La semaine qui vient de s'écouler a encore été riche en événements. Il y a eu tout d'abord deux belles interviews de Georgette Lemaire dans Platine Magazine et France dimanche; un déjeuner bien agréable avec Balablan, ainsi que Jean Davoust l'éditeur et Gilbert Castro le distributeur du label Balablan Music; Une rencontre avec Gilbert Jouin, auteur de textes pour de nombreux chanteurs; trois demandes de collaboration avec de jeunes artistes, dont un possible gros contrat avec l'Indonésie ; Une offre de participation à une série de conférences en novembre prochain…

Mais revenons à ce déjeuner de mercredi dernier. Au cours de celui-ci nous avons évoqué bien entendu le retour de la loi Hadopi à l’assemblée nationale et son adoption quasi certaine. Les arguments pour ou contre se valent et il est bien difficile d’avoir une opinion tranchée. D’ailleurs, les artistes eux-mêmes ne sont pas tous d’accord et s’opposent frontalement sur le sujet. Il y a ceux qui sont contre. Francis Lalanne considère que « La musique appartient à tout le monde et qu’il vaut mieux être écouté « téléchargé illégalement » que de voir ses disques ne pas se vendre ». Quant à Cali, lui dit : « Il faut faire le ménage chez nous…Le prix du disque est trop élevé…Les producteurs se font des marges énormes ». Et il y a ceux qui sont pour : Étienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc… : « « aujourd'hui, de bonnes âmes essaient de faire croire que la liberté de tout faire, donc de faire tout et n'importe quoi sur Internet est un droit de l'homme que rien ne saurait contrarier sauf à tomber dans une forme de dictature préhistorique. Eh bien non ! » extrait de l’appel lancé dans le JDD par 52 chanteurs.

Regardons les chiffres de ventes de disques, au cours du premier semestre 2009 :

191,5 millions d’Euros de revenus pour le disque physique et 37,7 M pour le numérique. 229,2 M en tout, soit près de 18% de moins qu’il y a un an ! Rappel, en 2004 le marché de la musique représentait presque 415 M d’Euros. (source snep www.disqueenfrance.com)

Le téléchargement légal représente seulement 17 % des ventes. La France est le pays d’Europe dans lequel l’achat de titres en ligne est le moins répandu, alors que dans des pays comme l’Allemagne ou l’Angleterre on obtient des chiffres avoisinant les 40 % de part de marché.

Le piratage informatique des œuvres touche principalement les gros vendeurs. En ce qui concerne les jeunes artistes, je ne suis pas persuadé que dix ans en arrière ils en auraient vendu beaucoup plus qu’aujourd’hui en magasin. Ce qui manque cruellement à notre jeunesse musicale, c’est l’exposition médiatique. Internet n’est pas le média idéale. Même si la musique se trouve sans problème sur de nombreuses plate-forme numériques, encore faut-il savoir qu’elle y est. Seuls les artistes installés et disposant de lourds moyens de communication peuvent le faire savoir.

Aujourd’hui encore les vrais prescripteurs sont les gros réseaux : TF1, NRJ, Skyrock et deux ou trois autres. On n’achète pas de la musique parce qu’on l’a entendue sur le Net. On l’achète parce qu’elle a été diffusée sur M6 !

Il y a en tout cas une chose qui ne se dément pas, le public est toujours attaché au physique. Je veux parler du disque. Un exemple. Balablan effectue des show case dans les magasins Cultura. A chaque fois, le public s’arrête, écoute et achète. Qu’elle ne fut pas ma surprise de savoir que lors d’une de ses représentations, il avait vendu 15 albums dans l’après-midi. Cet aspect positif a donné envie au responsable du magasin de placer l’album en borne d’écoute et par la suite ce sont 15 autres ventes qui ont été réalisées !

Voilà pourquoi Internet ou pas, téléchargement légal ou on, il vous faudra toujours avoir des albums avec vous. Au delà de l’artistique, le disque représente « un objet transitionnel » entre le public et le chanteur. Je connais des clubs aux murs desquels sont accrochées des pochettes de disque. Des vieux vinyles, des 33 et 45 tours, mais également des boîtiers de CD. Pour chacun, le patron du lieu peut raconter l’histoire de l’acquisition de l’objet et même montrer la dédicace qui va avec.

La chanson est un art vivant ! On ne peut la dématérialiser complètement. La sculpture n’est malheureusement pas un art populaire. Dans un musée on n’apprécie qu’à moitié le travail du sculpteur, avec les yeux. Les mains n’ont pas accès à la matière. Il suffirait de laisser le public prendre à bras le corps les statues pour qu’un nouveau rapport existe entre le spectateur et l’artiste. Ha, faire un gros câlin à la Vénus de Milo ! !

Il faut prendre garde à ce que la musique ne devienne pas seulement un art de l’oreille. Les yeux et les mains sont aussi importants pour que vivent les chanteurs.

Après avoir téléchargé le dernier single de Diam’s, je pars, mon portable sous le bras, le faire dédicacer !

Musicalement