Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - Hadopi

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lundi 30 avril 2012

Elise et moi ! !

Elise et moi ! !

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Point de musique dans la campagne électorale présidentielle

Chers amis,

Il n’aura échappé à personne, sans doute, que la France entre dans la dernière ligne droite d’une campagne électorale présidentielle. Dans sept jours, au soir du 6 mai, nous découvrirons qui aura le soin de tenir les rênes de notre pays et de prendre des engagements pour notre avenir.

Pour l’heure et depuis que les concurrents se sont retrouvés sur la ligne de départ, j’ai entendu parler de quelques sujets médiatiquement porteurs, mais sans que cela ne fasse frémir chez moi le moindre organe. Un mot a été tordu en tous sens, à la manière d’un exercice de style à la Queneau c’est « industrie » et trempé dans toutes les sauces du libéralisme et du protectionnisme.

Industrie musicale

Il se trouve que chez nous aussi, on utilise ce vocable. Vous savez lorsque l’on parle de ces gens qui produisent et ensuite vendent (ou essaient de vendre) des CD dans les magasins prévus à cet effet, on dit « l’industrie du disque ». Bien entendu, le petit label qui presse 500 exemplaires du dernier opus d’un groupe local, lui n’est pas comptabilisé parmi les « artisans du disque », car cela n’existe pas…

Les trois sociétés qui forment ce conglomérat : Universal, Sony et Warner, connaissent depuis une dizaine d’années de graves difficultés (et le terme est faible). J’ai bien plus souvent entendu parler de plans sociaux que de projets d’avenir ou de sorties massives de nouveaux artistes sur le marché. On commence par ratiboiser les invisibles, les assistants, les secrétaires, on fait quelques économies sur la masse salariale, si ça ne suffit pas on passe le Kärcher sur le service promo, on dit qu’on externalise, ça fait plus propre, et on finit le ménage par un coup de chiffon chez les D.A. Après cela, on s’étonne que les majors soient moins performantes aujourd’hui qu’hier…

Artistes mis à la porte

Quand ce grand nettoyage a été fait, on n’hésite pas non plus à rendre des contrats à des chanteurs qui coûtent très chers à ces sociétés en perte de vitesse économique. Pour l’instant on n’en parle pas trop, mais le rachat d’EMI par Universal pourrait bien entrainer la mise à la porte de certains artistes.

Que se passera-t-il lorsque Françoise Hardy ou Alain Souchon se retrouveront dans le bureau de Pascal Nègre et que celui-ci leur demandera de signer, éventuellement, un nouveau contrat d’artiste, avec de nouvelles conditions, beaucoup plus restrictives que par le passé ? Soit ils acceptent et ne toucheront plus qu’une misère, soit ils refusent et se retrouveront à la rue.

Verra-t-on un jour une manifestation de chanteurs ? Un grand défilé avec en tête Jean-Louis Aubert et Julien Clerc, hurlant contre le grand capital qui met ses employés dehors ! Inimaginable et pourtant cela aurait de la gueule, non ?

EMI n'est pas Renault

Souvent, je me dis que si l’industrie automobile avait connu, comme le disque, une chute de 60 % de son chiffre d’affaires, en moins de 10 ans, l’Etat aurait déjà mis en place des aides pour encourager la vente et le maintien de milliers d’emplois. Dès que l’on flirte avec une baisse de quelques points des immatriculations, une petite prime est inventée et le soutien au secteur se fait sentir. Dans la musique ? ? ?

Pascal Nègre faisait remarquer que sa société était comparable à un hyper marché, en recette annuelle. Je veux bien croire que le ministère de la culture, tout comme celui de l’économie ne s’intéresse guère à la fermeture d’un Auchan ou d’un Carrefour, à l’autre bout de la France. Evidemment, EMI n’est pas Renault…

Alors aujourd’hui, je pense à cet employé de Sony que j’ai rencontré il y a plusieurs jours et qui ne se faisait pas d’illusion sur son avenir. Une nouvelle charrette serait prévue emportant avec elle 200 postes et lui avec. Il coûte trop cher, paraît-il !

Vouloir réformer Hadopi, voire l’abolir pourquoi pas, mais l’industrie musical et le discours politique ne doivent pas uniquement se résumer à cette institution. Il y a des centaines d’emplois menacés dans ce secteur frappé de plein fouet par la multiplication des moyens d’échanges numériques et semble-t-il personne au sommet de l’Etat ne semble s’en émouvoir.

Si vous avez entendu parler de Culture et de musique dans les discours des deux finalistes à l’élection présidentielle, faites-moi signe ou alors faites-en une chanson !

Bonne semaine.

Olivier

lundi 2 janvier 2012

Dans ma boule de cristal ! !

Dans ma boule de cristal ! !

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Ce que je vois pour 2012

Chers amis,

La dernière page de 2011 est refermée depuis peu. Ce fut pour moi presque un plaisir. Alors que je m’apprêtais, en cette fin de journée du 31 décembre, à réaliser un dernier achat, afin de festoyer dans la joie et la bonne humeur, j’entrai chez un marchand de journaux. J’eus un joli pincement au cœur en découvrant une bonne chronique de l’album « AddictionS », de Satan Jokers, écrit et composé par Renaud Hantson et Laurent Karila, dans le nouveau numéro de bassiste magazine. Grâce à ce papier, la dernière soirée de l’année eut la saveur d’une gorgée de Champagne.

Mais voilà que 2012 démarre en trombe.

Avant d’évoquer concrètement ce qui m’occupera au cours des 366 prochains jours, j’aimerais jouer à un petit jeu. Quoi de plus amusant que de débuter une nouvelle année légèrement, avec un brin d’insouciance, de futilité, voire même d’innocence.

Nous avons tous été assommés, ces dernières semaines par tout un tas de rétrospectives, nous ressassant les succès des uns et surtout les déboires des autres. Et si, on s’amusait à faire un peu d’anticipation pour 2012 ? Que pourrait-il bien se passer dans les mois à venir ? Je vais en bon devin, vous livrer ma vision des grands évènements qui marqueront cette année.

Suite au rachat d’EMI par Universal, de nombreux artistes se retrouveront sans contrat ! En effet, il n’est pas logique pour une entreprise de conserver des produits identiques. On peut travailler dans l’artistique, mais tout de même avoir une belle vision capitaliste du rendement d’un chanteur ! Si tu doublonnes avec une autre référence de notre catalogue et que tu rapportes moins, on t’invitera à aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte et les contrats plus juteux.

Si la HADOPI ne décède pas prématurément, en passant l’arme à gauche, soyons certain qu’elle enverra ses premiers hommes, chercher manu militari, les terribles resquilleurs du net qui auront eu l’outrecuidance de télécharger le dernier album de Patrick Bruel, parce que ceux qui pillent Lady Gaga ou les Strokes, savent comment faire pour se dissimuler derrière des adresses IP n’appartenant à personne ou renvoyant sur des serveurs fantômes. Des drames familiaux vont se jouer dans les cuisines de pavillons de banlieue, lorsque des parents découvriront deux gendarmes embarquer des enfants, pourtant si sages habituellement et l’ordinateur criminel, chargé à bloc de toute la discographie des 2 be 3. Espérons que la maréchaussée n’aura pas à écouter tous les titres conservés sur disque dur, car des dépressions nerveuses pourraient se déclarer.

Johnny Hallyday chantera bien en juin au stade de France. A moins que, à moins que…

Nous verrons fondre, comme neige au soleil, les rayons disques, dans certains magasins dits spécialisés. Il se pourrait bien que ceux-ci disparaissent totalement, tels que nous les connaissons, à l’horizon 2013. On ne sait pas encore ce qui les remplacera…Il paraît que l’avenir se trouve dans la création de jeux vidéo, que ce secteur aura de plus en plus besoin de compositeurs. Bientôt pour découvrir le dernier Metallica, il faudra chausser des lunettes 3D et piloter, sans se prendre un mur, une grosse cylindrée.

Carla Bruni enregistrera un nouvel album, si l’activité de son mari le lui permet…

De nouvelles règles seront imposées aux diffuseurs de musique, afin de mettre davantage en avant les créations françaises. Peut-être même que l’on interdira de playlister plus de 8 fois par jour un même titre ! Alors là, ce serait pour le coup une vraie révolution ! !

Le carton de l’année 2012 sera un album de reprises ! ! On ne sait pas encore lequel, mais lorsque l’on voit le palmarès de 2011, on se dit qu’après Nolwenn Leroy et Les prêtres, tout est envisageable. Ils ne sont pas nés les artistes qui réaliseront des scores de ventes aussi importants avec des titres originaux. D’ailleurs y en aura-t-il encore ?

Christophe Hondelatte n’enregistrera pas un second album.

Je vous donne, d’ores et déjà, rendez-vous début 2013, afin de voir si je suis plus fort qu’Elisabeth Tessier, au jeu des prévisions sans intérêt.

Je vous souhaite, plus sérieusement, plein de succès pour cette nouvelle année.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 19 décembre 2011

Petit Papa Noël ! !

Petit papa Noël ! !

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Des disques pour cadeaux, quelle idée !

Chers amis,

Nous voici arrivés dans la dernière ligne droite de cette année 2011. La semaine prochaine, pour moi, sera off. Dernier billet, dernière chronique, avant d’attaquer les 366 prochains jours, plein de bonnes résolutions. Si j’en crois les projets qui sont posés sur le coin de mon bureau, 2012 sera résolument musicale ! On s’en reparle très vite.

Noël ne connaît pas la crise

S’il y a bien une période qui ne connaît pas la crise, c’est celle de Noël. En effet, année après année, les chiffres liés à l’industrie de la musique sont toujours de plus en plus mauvais. Les ventes de disques ont chuté de manière vertigineuse, ça nous le savons tous. En revanche, la lecture détaillée des statistiques démontre que sur le mois de décembre, le CD reste un produit phare ! Les années passent, mais les résultats liés aux fêtes de Noël sont à peu de chose près constants.

Les consommateurs continuent d’offrir de la musique ! Je veux dire, des disques. Vous conviendrez qu’il est plus agréable de remettre entre les mains de ceux qu’on aime, un coffret comprenant les symphonies de Beethoven ou l’intégrale des Beatles. Je ne me vois pas glisser dans une santiag, au pied du sapin, une carte prépayée qui ne ressemble à rien et qui surtout, ne permet pas de symboliser la marque du cadeau.

Même si nous évoluons de plus en plus dans un univers dématérialisé, le besoin de se raccrocher au réel reste fort. Nous ne pouvons mettre toutes nos émotions, nos envies, nos rêves, dans du numérique. Voilà pourquoi, une fois par an, faire sauter le joli bolduc rouge et éclater le papier coloré qui emballe le paquet est rassurant et nous comble de bonheur.

Et le vinyle ?

Je vais même aller plus loin. Alors que je déambulais dans les rayons de la FNAC, la semaine dernière, j’ai eu plaisir à passer en revue tout le linéaire (pas très important certes) de disques vinyles. Je trouve que l’idée de rééditer des albums de U 2 ou d’AC/DC est judicieuse. Ne serait-il pas subversif de ne sortir que des nouveautés sous cette forme ?

Une grande partie du marché se fait dans les caves de l’internet, en douce. Même si Hadopi court après les resquilleurs, elle n’en attrape qu’une infime partie. Le reste s’échange des fichiers sur des sites que tout le monde connaît mais fait comme si ils n’existaient pas… Alors que risquerait-on à sortir le dernier Moby ou le prochain Biolay sur une belle galette noire de 30 cm ? Pas grand-chose. Cela aurait de la gueule, non ?

Le disque témoin de notre histoire

Vous devez me trouver passéiste. Pas tant que cela. Je trouve extraordinaire de pouvoir faire tenir dans un petit objet de quelques centimètres carrés, des milliers de chansons ! Je veux juste attirer l’attention sur le fait, qu’à mon sens, il y aura toujours de la musique vendue sous forme physique. Les linéaires disparaitront ou presque, des magasins de janvier à novembre, puis refleuriront pour les fêtes de fin d’année.

De plus, les majors ne sachant plus quoi faire pour enrayer la fuite des capitaux, vers l’économie souterraine, multiplient les offres, comprenant parfois des inédits, des remix, des raretés, bref de bons produits. Alors, pourquoi s’en priver ?

Que l’on se rassure, il y aura toujours de la musique pour Noël. Aujourd’hui, nous offrons les titres qui appartiennent au patrimoine, comme nous mettons les œuvres complètes de Balzac, dans notre bibliothèque. C’est autant un geste d’attachement au passé, qu’un éventuel acte de découverte d’un artiste pour les plus jeunes. L’objet en lui-même possède le pouvoir du témoin que l’on se passe au cours d’un relai. Il est la matérialisation de notre histoire. En sera-t-il de même, demain, avec un simple fichier ? ?

Pas certain que les téléchargements soient en forte croissance ces prochains jours… On en reparlera, chiffres à l’appui, une fois que seront publiées les statistiques du troisième trimestre 2011.

Pour l’heure, je vous souhaite de bien finir cette année, en musique, bien entendu et vous donne rendez-vous en janvier 2012.

Bonnes fêtes.

Olivier

lundi 17 octobre 2011

A petits pas ! !

A petits pas ! !

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La vraie fausse révolution du monde la musique.

Chers amis,

J’ai de nouveau eu la chance de rencontrer, ces jours derniers, des gens extraordinaires. Des êtres passionnés et motivés par leur activité. Gageons que le futur sera plein de projets communs et de belles réussites artistiques. Je vous en dirai plus le moment venu.

La Révolution est en marche ! !

Cela fait un peu moins de dix ans que l’industrie musicale vacille sur son socle. Tous les jours, elle penche un peu plus vers une fin inéluctable. Personne ne sait comment endiguer cette catastrophe technologique. Tout comme Danton s’écriait « De l’audace ! Toujours de l’audace ! Encore de l’audace ! », nous, nous ne voyons le démon que dans le web et crions à qui veut l’entendre : « Internet ! Internet ! Internet ! ».

Le web, c’est l’arroseur arrosé ! tout y est à portée de main et pourtant il est interdit de servir ! Bref, il n’est pas encore venu le temps où des géniaux ingénieurs auront trouvé le moyen de mettre à disposition de tous des œuvres, en assurant aux créateurs un revenu suffisant pour pouvoir continuer à travailler, sans avoir à se soucier de comment régler les factures !

Il faut donc faire avec. Internet a révolutionné les schémas de promotion artistiques. A tel point que je ne comprends encore pas pourquoi, la plupart des médias, qui sont informés de cette profonde mutation, continue de jouer la carte conservatrice du « ça sort quand ? », « On n’est plus raccord avec l’actu, si l’album est déjà dans les bacs ! », « il est distribué par qui ? »…

L'ancien et le nouveau monde

J’ai l’impression parfois de faire se chevaucher deux mondes, l’ancien et le nouveau, lorsque je suis en contact avec certains journalistes.

Tout d’abord, le format des produits finis. Soit, vous sortez un single, soit vous sortez un album ! Le CD 2 titres est moribond. Le EP, 5 ou 6 titres ou comme l’a fait Zazie, le grand format : 7 albums X 7 chansons ou encore comme Michel Fugain qui avec ses quatre saisons, n’ont pas vraiment révolutionné le style. Ce procédé ne semble pas prendre chez nous. Un disque, c’est 12 chansons, tout comme un film c’est minimum 90 minutes ! En dessous, le client se sent volé et la presse peu encline à s’y intéresser !

Ce qui est très étonnant également, c’est l’importance encore donnée à la distribution physique. J’ai eu au téléphone, il n’y a pas si longtemps que cela, un spécialiste du secteur qui m’a dit « Si l’artiste, dont tu me parles, ne bénéficie pas d’une mise en place énorme, il n’en vendra pas ! » Ha bon ! Mais je croyais, à lecture des chiffres, que même avec une belle présence en magasin, les disques ne se vendaient plus. Alors ? ?

Le discours est le même dans certains médias. S’il n’y a pas au dos de la jaquette, une estampille attestant de l’intérêt d’un distributeur pour votre disque, alors vous aurez du mal à faire croire que tout le monde adore votre travail. Ceci est d’autant plus troublant que votre distributeur cherchera et obtiendra aisément une présence sur tous les sites de téléchargements officiels. Ce qui revient à dire que votre bébé ne sera pas encore en rayon à la FNAC que tous les amateurs de votre musique, l’auront entendue et pillée sur le net.

Solution radicale : plus de disques !

Ne pourrait-on pas imaginer, tout comme pour le cinéma, un délai entre la mise sur le marché d’un nouveau produit physique et sa présence en ligne ? Si un disque sortait et qu’il ne soit possible de le télécharger légalement que quelques semaines plus tard, est-ce que cela n’encouragerait pas les acheteurs à retourner dans les magasins spécialisés ?

Il ne faut pas se voiler la face, ni se cacher derrière son petit doigt. Au moment où la Hadopi rendait son premier rapport d’étape, en annonçant le nombre d’emails envoyés aux fraudeurs débusqués, les chiffres de connexions au site megaupload étaient en forte augmentation ! !

Une solution radicale s’impose. Il faut ne plus sortir de CD ! Pas de déception à ne pas trouver le bon distributeur. Pas de problème de règlement des « retours », pour les invendus. Une seule présence sur Internet suffit.

Avant d’en arriver là, il faudra solder les vieilles générations, dont je fais partie, qui ne se retrouvent pas dans l’immatérialité d’un fichier et préfèrent de loin les digipacks et autres boitiers cristal, mais là c’est un autre débat.

La révolution est en marche, je vous le dis, mais à petits pas…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 23 juin 2011

Hadopi, si l'ONU si met...

Un rapport de l'ONU, datant du début du mois de juin, pointe du doigt notre chère HADOPI.

Que dit ce document ?

Tout simplement, les diplomates se prononcent contre toute forme de surveillance et d'intrusion dans la sphère privée. Ils s'appuient sur l'article 19 du pacte international relatif aux droits civiques et politiques : "Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix ».

Avec ce type de prose on finit par tout autoriser et tout accepter, même de voir ses ressources culturelles pillées et les revenus liés aux oeuvres éparpillés dans la nature.

Nos chers artistes ne sont pas non plus soutenu par le discours de Franck La Rue, rapporteur spécial des Nations Unies :

« la liberté d'expression est plus importante que le droit d'auteur et qu'elle doit être protégée à tout prix, dans les régimes autoritaires comme dans les démocraties. Les citoyens de par le monde doivent s'inspirer de ce rapport et tenir leurs gouvernements pour responsables des politiques qui portent atteinte à Internet et nos libertés ».

Non seulement l'ONU semble dire, comme le ferait une vieille dame pointant son index vers le ciel, tout en menaçant ses arrières-petits enfants, que l'HADOPI ce n'est pas bien et en plus elle incite à reconnaître les gouvernements comme étant d'affreux dictateurs qui empêchent leurs citoyens d'échanger comme ils le veulent le travail des auteurs.

Cette institution a été crée pour pacifier la planète et intervenir dans les conflits. Là, apparemment, si on lit bien, elle demande d'aller au combat. C'est à n'y rien comprendre.

Comme vous pouvez le constater, la bataille du droit n'est pas terminée. Un jour peut-être, lorsqu'un solution sera trouvée, sera-t-elle portées aux nues !

http://www.chartsinfrance.net/actualite/news-74285.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter&utm_campaign=rsstotwitter

lundi 21 septembre 2009

Révolution.com ! !

Malheur à celui qui dit la vérité ! !

Chers amis,

La semaine qui vient de s'écouler a encore été riche en événements. Il y a eu tout d'abord deux belles interviews de Georgette Lemaire dans Platine Magazine et France dimanche; un déjeuner bien agréable avec Balablan, ainsi que Jean Davoust l'éditeur et Gilbert Castro le distributeur du label Balablan Music; Une rencontre avec Gilbert Jouin, auteur de textes pour de nombreux chanteurs; trois demandes de collaboration avec de jeunes artistes, dont un possible gros contrat avec l'Indonésie ; Une offre de participation à une série de conférences en novembre prochain…

Mais revenons à ce déjeuner de mercredi dernier. Au cours de celui-ci nous avons évoqué bien entendu le retour de la loi Hadopi à l’assemblée nationale et son adoption quasi certaine. Les arguments pour ou contre se valent et il est bien difficile d’avoir une opinion tranchée. D’ailleurs, les artistes eux-mêmes ne sont pas tous d’accord et s’opposent frontalement sur le sujet. Il y a ceux qui sont contre. Francis Lalanne considère que « La musique appartient à tout le monde et qu’il vaut mieux être écouté « téléchargé illégalement » que de voir ses disques ne pas se vendre ». Quant à Cali, lui dit : « Il faut faire le ménage chez nous…Le prix du disque est trop élevé…Les producteurs se font des marges énormes ». Et il y a ceux qui sont pour : Étienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc… : « « aujourd'hui, de bonnes âmes essaient de faire croire que la liberté de tout faire, donc de faire tout et n'importe quoi sur Internet est un droit de l'homme que rien ne saurait contrarier sauf à tomber dans une forme de dictature préhistorique. Eh bien non ! » extrait de l’appel lancé dans le JDD par 52 chanteurs.

Regardons les chiffres de ventes de disques, au cours du premier semestre 2009 :

191,5 millions d’Euros de revenus pour le disque physique et 37,7 M pour le numérique. 229,2 M en tout, soit près de 18% de moins qu’il y a un an ! Rappel, en 2004 le marché de la musique représentait presque 415 M d’Euros. (source snep www.disqueenfrance.com)

Le téléchargement légal représente seulement 17 % des ventes. La France est le pays d’Europe dans lequel l’achat de titres en ligne est le moins répandu, alors que dans des pays comme l’Allemagne ou l’Angleterre on obtient des chiffres avoisinant les 40 % de part de marché.

Le piratage informatique des œuvres touche principalement les gros vendeurs. En ce qui concerne les jeunes artistes, je ne suis pas persuadé que dix ans en arrière ils en auraient vendu beaucoup plus qu’aujourd’hui en magasin. Ce qui manque cruellement à notre jeunesse musicale, c’est l’exposition médiatique. Internet n’est pas le média idéale. Même si la musique se trouve sans problème sur de nombreuses plate-forme numériques, encore faut-il savoir qu’elle y est. Seuls les artistes installés et disposant de lourds moyens de communication peuvent le faire savoir.

Aujourd’hui encore les vrais prescripteurs sont les gros réseaux : TF1, NRJ, Skyrock et deux ou trois autres. On n’achète pas de la musique parce qu’on l’a entendue sur le Net. On l’achète parce qu’elle a été diffusée sur M6 !

Il y a en tout cas une chose qui ne se dément pas, le public est toujours attaché au physique. Je veux parler du disque. Un exemple. Balablan effectue des show case dans les magasins Cultura. A chaque fois, le public s’arrête, écoute et achète. Qu’elle ne fut pas ma surprise de savoir que lors d’une de ses représentations, il avait vendu 15 albums dans l’après-midi. Cet aspect positif a donné envie au responsable du magasin de placer l’album en borne d’écoute et par la suite ce sont 15 autres ventes qui ont été réalisées !

Voilà pourquoi Internet ou pas, téléchargement légal ou on, il vous faudra toujours avoir des albums avec vous. Au delà de l’artistique, le disque représente « un objet transitionnel » entre le public et le chanteur. Je connais des clubs aux murs desquels sont accrochées des pochettes de disque. Des vieux vinyles, des 33 et 45 tours, mais également des boîtiers de CD. Pour chacun, le patron du lieu peut raconter l’histoire de l’acquisition de l’objet et même montrer la dédicace qui va avec.

La chanson est un art vivant ! On ne peut la dématérialiser complètement. La sculpture n’est malheureusement pas un art populaire. Dans un musée on n’apprécie qu’à moitié le travail du sculpteur, avec les yeux. Les mains n’ont pas accès à la matière. Il suffirait de laisser le public prendre à bras le corps les statues pour qu’un nouveau rapport existe entre le spectateur et l’artiste. Ha, faire un gros câlin à la Vénus de Milo ! !

Il faut prendre garde à ce que la musique ne devienne pas seulement un art de l’oreille. Les yeux et les mains sont aussi importants pour que vivent les chanteurs.

Après avoir téléchargé le dernier single de Diam’s, je pars, mon portable sous le bras, le faire dédicacer !

Musicalement