Le mal aimé ! !

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Il n’y a plus de « stars » de la chanson, en France

Chers amis,

Le dimanche 11 mars 2012, le monde entier se souvenait avec émotion de la catastrophe survenue au Japon, l'an passé, avec l'explosion de la centrale nucléaire de Fukushima, suite au séisme, puis au tsunami qui dévastèrent la côte nippone.

Ce triste jour de fin d'hiver marque également, depuis 34 ans, la disparition de Claude François. Tous les 365 jours, nous reprenons notre dose de « Magnolia for ever » et de «Lundi au soleil ». Cette année, l'ordonnance est agrémentée de « Cloclo », un long métrage de cinéma, dans lequel le comédien Jérémie Rénier serait, aux dires de ceux qui ont déjà vu le film, im-pressionnant de ressemblance et de réalisme.

Souvenons-nous qu'avant ce film, d'autres acteurs sont entrés dans la peau de chanteurs avec brio. La môme Cotillard, obtint un Oscar, pour son interprétation de Piaf, Eric Elmosnino reçut quant à lui, le César du meilleur acteur pour son interprétation de Gainsbourg. Johnny Hallyday, ne se dinstigua dans aucun festival, pour son propre rôle dans « Jean-Philippe ». Ha ! Oui, c'est vrai il n'est pas acteur...

Mais ce qui me frappe aujourd'hui, c'est toujours cette impression de vide. Il n'y a plus en France de vedettes ! Certes, il y a des gros vendeurs occasionnels ; des tournées qui fonctionnent pas trop mal ; de belles chansons qui sortent, mais le phénomène de vedettariat a disparu.

La dernière vague de « folie » autour d’un chanteur doit dater d’il y a une vingtaine d’années avec ce que l’on a appelé la « Bruelmania ». Des filles hystériques lors des concerts, des fanatiques qui dormaient devant les hôtels, qui s’introduisaient dans les coulisses, qui hurlaient jusqu’à l’évanouissement et j’en passe.

Si demain, on apprenait la disparition tragique, de l'un ou l'autre des artistes qui font la une des divers classements, je ne suis pas certain que cela créerait un émoi national, comme nous l'avons connu en 1978. Même si, la belle et talentueuse, Nolwenn Leroy se tranchait les veines maladroitement, en ouvrant des huîtres de Bretagne, cela ne ferait la une des journaux que les jours suivants et puis on passerait allègrement à d’autres infos…

Qui peut me citer deux ou trois noms de chanteurs leaders, en France, de nos jours ? Lorsque je dis « leader », j'entends : Connu de tous ; Ayant une dé-marche avant-gardiste ; Présent sur tous les fronts médiatiques. J'en vois bien peu qui réunissent au moins ces trois points là.

Lorsque je regarde à nouveau le palmarès des Victoires de la musique, je constate que l’arrière garde est plus présente que jamais : Jean-Louis Aubert, Hubert-Félix Thiéfaine, Catherine Ringer, Laurent Voulzy…

La faute ne leur incombe pas, bien sûr. Les artistes sont des victimes collatérales de l’évolution des technologies. L'arrivée d'internet, la multiplication des chaînes de télé et de radios ont contribué à la dilution de la diffusion. Les vannes ont été tellement ouvertes qu'elles ont fini par noyer le terrain qu'elles étaient sensées irriguer. Chaque chanteur, chaque groupe s’adresse directement à sa propre chapelle. Point de Rock, sur Nostalgie, ni de R’n’ B sur T.S.F. Ceux-là même qui souvent dénoncent notre société de castes, se trouvent eux aussi enfermés dans le schéma de morcellisation de leur univers.

Si je reviens quelques instants encore sur Claude François, c’est aussi pour constater que s’il était parmi nous, il est fort à parier qu’il serait comme les autres de sa génération et que la plupart des gamins ne le connaitrait pas ou si peu.

Quand je pense que nous avons célébré le dixième anniversaire de la mort de Gilbert Bécaud, il y a quelques semaines, dans une légère indifférence générale, alors qu’il était une immense vedette de son vivant, en particuliers au cours des années 60 et 70, je me dis que si vous connaissez, jeunes amis chanteurs, futurs stars, un jour la gloire, il pourrait être bon pour votre postérité de mourir lorsque vous vous trouverez en haut de l’affiche. Une fois que celle-ci sera décollée, il se pourrait bien que l’on finisse par vous oublier.

Je vous souhaite, avant tout, plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier