Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - Gérard Blanc

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lundi 4 juillet 2011

Communication breakdown ! !

Communication breakdown ! !

ou

Un attaché de presse n’est rien, sans un bon artiste.

Chers amis,

Voilà, nous entrons dans la période de grand calme pour les affaires. En juillet et en août le show business tourne au ralenti. Dans le plus grand secret des alcôves méditerranéennes, on prépare la rentrée. La capitale, quant à elle, ressemble au désert des tartares. On y attend quelque chose qui n’arrive pas.

Tous les pontes travaillent tellement dur de septembre à juin, que deux mois de pause s’imposent…

Pour ce premiier billet de la saison estivale, je vais revenir sur un sujet déjà traité par le passé, mais qu’il me semble bon de reprendre : « De l’importance de l’attaché de presse ».

Attaché de presse par hasard

J’ai débuté ma carrière de communicant, un peu par hasard. En effet, alors que j’étais en charge de la mise en place de la page Myspace de Gérard Blanc, celui-ci me demanda si je ne voulais pas m’occuper également de sa promotion auprès des radios de province. Etant donné qu’il y avait déjà quelqu’un pour Paris et les « gros » médias, ne lui manquait qu’une petite main pour nos beaux réseaux régionaux.

Je n’ai pas réfléchi longtemps et ai accepté cette offre avec le plus grand des plaisirs. Tout en étant heureux, je ne savais pas comment j’allais être reçu, car personne n’avait entendu parler de moi. J’avais en tête, l’image de l’attaché de presse qui connaît la terre entière, tutoie l’ensemble des patrons de presse et qui d’un simple coup de fil décroche toutes les Unes des journaux télévisés, de la PQR, magazines et radios.

Premiers succès

Quelle ne fut pas ma surprise, alors que je passais mes premiers appels. La plupart de mes correspondants ne cherchaient absolument pas à savoir qui j’étais - cela viendra ensuite -, mais voulaient connaitre l‘actualité de Gérard, s’inquiétaient du contenu de l’album qui allait sortir, de l’Olympia qui arriverait quelques mois plus tard et des concerts qu’il allait donner au cours des prochains mois.

Inutile de dire que les propositions d’interviews étaient validées dans les minutes qui suivaient et en l’espace de quelques semaines le planning du chanteur ressemblait vraiment à quelque chose.

J’aurais pu en tirer une gloire toute personnelle, mais force était de constater que seul le nom de l’artiste me permettait d’ouvrir certaines portes et d’obtenir des résultats.

Un bon carnet d'adresses

Aujourd’hui encore, il me faut expliquer que ce n’est pas parce que je possède quelques bons numéros de téléphone, que je vais pouvoir faire passer n’importe quel artiste dans n’importe quelle émission !

La personne décisionnaire, de la programmation, choisira en fonction de plusieurs critères : L’artiste que l’on me propose de recevoir est-il assez connu pour générer de l’audience ? Ses propos sont-ils percutants ? Est-il susceptible de créer un buzz, parce qu’il est provocateur, parce qu’il est intarissable ? L’album qu’il sort est-il si intéressant que cela vaille la peine d’en parler ? Le chanteur a-t-il une actualité autre qu’un single qui sort en radio ? Est-il « couleur d’antenne» ?

Une fois que vous avez répondu à ces questions favorablement, vous pouvez presque être assuré que vous aurez une place autour de la table et que l’on vous tendra le micro.

Ne pas rêver inutilement

Bien entendu, il ne faut pas non plus faire miroiter la lune aux aveugles, car plus on se rapproche des sommets médiatiques, plus il y a de monde à vouloir être sur la photo et donc plus les places sont chères. Là, vous pouvez être le plus influent des attachés de presse, jamais vous ne ferez passer un illustre inconnu au Journal de 20 h, à moins d’être de connivence avec le rédacteur en chef et de d’avoir fait un pari (ce qui risque de vous retomber sur le coin du nez).

Ne vous imaginez pas que sous prétexte d’avoir payé plus que de raison une sommité de la communication, vous serez demain la nouvelle idole des jeunes. Je suis persuadé, encore plus aujourd’hui qu’hier qu’un attaché de presse (contrairement à ce que beaucoup pensent) ne fait pas la carrière d’un artiste. C’est le seul talent du chanteur, l’envie du groupe ou la détermination de la chanteuse qui feront que les médias s’y intéresseront.

L’attaché de presse n’est qu’un passe plat. Plus le met présenté est délicat et appétissant, plus il a de chance d’être apprécié. Dans le cas contraire, le produit restera dans les arrières cuisines et personne n’en entendra jamais parler.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 24 janvier 2011

Une autre histoire ! !

Une autre histoire ! !

Ou

Hommage à Gérard Blanc ?

Chers amis,

Croyez-vous aux signes du destin ? Êtes-vous portés sur la chose paranormale et donnez-vous un sens à chaque événement, propos ou situation de votre vie ? Je ne suis pas de ceux-là. Il est toujours aisé d’analyser et d’interpréter après coup ce que l’on a vécu. « J’aurais dû comprendre », « Cela me saute aux yeux, aujourd’hui »... Combien de fois a-t-on entendu ces phrases ? Des milliers, sans doute.

Il doit être tout autant terrifiant de vivre dans la recherche du mot qui n’aurait pas dû être dit, du geste qui n’aurait pas dû être fait. Vouloir tout expliquer relève des sciences occultes et me fait très peur. Dans la vie, il y a des hasards et des coïncidences. Heureuses parfois. Malheureuses de temps en temps. C’est tout.

Pourquoi ce préambule ? En voici l’explication. Il y a deux ans, je perdais un ami et la chanson populaire, au sens noble du terme, un de ses plus beaux représentants. Gérard Blanc fermait les yeux une dernière fois.

Début 2008, nous travaillons à la promotion d’une compilation, sortie chez Sony, au titre définitif : « Les plus grands succès de Gérard Blanc et Martin circus ». Une chanson est choisie pour figurer dans les playlist des radios. Il est décidé que « Je déménage » représentera l’album. Ce titre original est quasiment inédit.

Le clip est tourné dans le XVIIIème, dans ce quartier que Gérard aime tant. A la fin, on découvre le chanteur, brassant « un autre ciel, d’autres nuages » sur fond d’images prises d’avion, ciel bleu et cumulus en décor naturel… Il est encore troublant pour moi de l’entendre dire : « je fais le vide, je m’offre un voyage… »

Puis, en mars de la même année, il y eut une soirée exceptionnelle à l’Olympia. Ensuite, Gérard voulut sortir un live : « Made in Paris ». A la question, pourquoi un live après une compilation ? La réponse ne se faisait pas attendre : « Pour clore un chapitre. On a fait les titres en studio, on les donne en concert, puis on tourne la page et on écrit une nouvelle histoire, sur une page blanche. »

Il regardera une dernière fois le DVD, qui sortira en même temps que le CD et s’endormira, fier et heureux de ses presque 40 ans de carrière retracée dans ce film. Malheureusement, il n’y eut pas de nouvelles aventures.

Une autre anecdote me revient. Au cours de l’été 2008, Brigitte, femme et manager de l’artiste m’appelle. A cette époque, je gère le Myspace du chanteur. Elle me demande d’ajouter des dates de concerts, car une petite tournée vient d’être signée. En quelques minutes le calendrier est mis à jour.

A l’automne Gérard tombe malade. Brigitte m’annonce qu’elle a annulé tous les concerts pour les six prochains mois, ne sachant comment l’état de santé de son mari allait évoluer. Dans le bénéfice du doute, je ne touche pas au planning. On verra dans quelques jours, quelques semaines…

Plus attentif au compte rendu de l’hôpital qu’aux visites sur le site web, j’oublie de modifier les dates. Après le décès de Gérard, je fais « le ménage » dans les pages web et lorsque j’ouvre le calendrier, je m’aperçois avec émotion, qu’au mois de septembre précédent, j’avais noté que le dernier concert aurait lieu le samedi 24 janvier 2009. Gérard est mort au cours de la nuit du 24 au 25 janvier. Comme si l’artiste avait attendu que le dernier contrat soit assuré pour tirer sa révérence.

Je sais que ces faits peuvent être troublants pour celui qui croit aux forces de l’invisible. Hasard de calendrier, signe du destin ? Comment savoir. Je laisse à chacun la liberté de dire sa vérité.

Je me devais, en ce jour anniversaire, de rendre hommage à celui qui m’a ouvert grand sa porte, grand son coeur.

Lors de notre dernière rencontre, il y avait autour de Gérard, Brigitte, son ange gardien, ses musiciens, son monteur et son réalisateur vidéo. Il regarda tous ces gens et me dit : « Voilà, on a recréé une famille. » J’étais fier de faire partie de celle-ci. Aujourd’hui, je peux dire que la famille est triste.

Bonne semaine.

Olivier