Communication breakdown ! !
ou
Un attaché de presse n’est rien, sans un bon artiste.
Chers amis,
Voilà, nous entrons dans la période de grand calme pour les affaires. En juillet et en août le show business tourne au ralenti. Dans le plus grand secret des alcôves méditerranéennes, on prépare la rentrée. La capitale, quant à elle, ressemble au désert des tartares. On y attend quelque chose qui n’arrive pas.
Tous les pontes travaillent tellement dur de septembre à juin, que deux mois de pause s’imposent…
Pour ce premiier billet de la saison estivale, je vais revenir sur un sujet déjà traité par le passé, mais qu’il me semble bon de reprendre : « De l’importance de l’attaché de presse ».
Attaché de presse par hasard
J’ai débuté ma carrière de communicant, un peu par hasard. En effet, alors que j’étais en charge de la mise en place de la page Myspace de Gérard Blanc, celui-ci me demanda si je ne voulais pas m’occuper également de sa promotion auprès des radios de province. Etant donné qu’il y avait déjà quelqu’un pour Paris et les « gros » médias, ne lui manquait qu’une petite main pour nos beaux réseaux régionaux.
Je n’ai pas réfléchi longtemps et ai accepté cette offre avec le plus grand des plaisirs. Tout en étant heureux, je ne savais pas comment j’allais être reçu, car personne n’avait entendu parler de moi. J’avais en tête, l’image de l’attaché de presse qui connaît la terre entière, tutoie l’ensemble des patrons de presse et qui d’un simple coup de fil décroche toutes les Unes des journaux télévisés, de la PQR, magazines et radios.
Premiers succès
Quelle ne fut pas ma surprise, alors que je passais mes premiers appels. La plupart de mes correspondants ne cherchaient absolument pas à savoir qui j’étais - cela viendra ensuite -, mais voulaient connaitre l‘actualité de Gérard, s’inquiétaient du contenu de l’album qui allait sortir, de l’Olympia qui arriverait quelques mois plus tard et des concerts qu’il allait donner au cours des prochains mois.
Inutile de dire que les propositions d’interviews étaient validées dans les minutes qui suivaient et en l’espace de quelques semaines le planning du chanteur ressemblait vraiment à quelque chose.
J’aurais pu en tirer une gloire toute personnelle, mais force était de constater que seul le nom de l’artiste me permettait d’ouvrir certaines portes et d’obtenir des résultats.
Un bon carnet d'adresses
Aujourd’hui encore, il me faut expliquer que ce n’est pas parce que je possède quelques bons numéros de téléphone, que je vais pouvoir faire passer n’importe quel artiste dans n’importe quelle émission !
La personne décisionnaire, de la programmation, choisira en fonction de plusieurs critères : L’artiste que l’on me propose de recevoir est-il assez connu pour générer de l’audience ? Ses propos sont-ils percutants ? Est-il susceptible de créer un buzz, parce qu’il est provocateur, parce qu’il est intarissable ? L’album qu’il sort est-il si intéressant que cela vaille la peine d’en parler ? Le chanteur a-t-il une actualité autre qu’un single qui sort en radio ? Est-il « couleur d’antenne» ?
Une fois que vous avez répondu à ces questions favorablement, vous pouvez presque être assuré que vous aurez une place autour de la table et que l’on vous tendra le micro.
Ne pas rêver inutilement
Bien entendu, il ne faut pas non plus faire miroiter la lune aux aveugles, car plus on se rapproche des sommets médiatiques, plus il y a de monde à vouloir être sur la photo et donc plus les places sont chères. Là, vous pouvez être le plus influent des attachés de presse, jamais vous ne ferez passer un illustre inconnu au Journal de 20 h, à moins d’être de connivence avec le rédacteur en chef et de d’avoir fait un pari (ce qui risque de vous retomber sur le coin du nez).
Ne vous imaginez pas que sous prétexte d’avoir payé plus que de raison une sommité de la communication, vous serez demain la nouvelle idole des jeunes. Je suis persuadé, encore plus aujourd’hui qu’hier qu’un attaché de presse (contrairement à ce que beaucoup pensent) ne fait pas la carrière d’un artiste. C’est le seul talent du chanteur, l’envie du groupe ou la détermination de la chanteuse qui feront que les médias s’y intéresseront.
L’attaché de presse n’est qu’un passe plat. Plus le met présenté est délicat et appétissant, plus il a de chance d’être apprécié. Dans le cas contraire, le produit restera dans les arrières cuisines et personne n’en entendra jamais parler.
Bonne semaine.
Olivier
