A petits pas ! !

ou

La vraie fausse révolution du monde la musique.

Chers amis,

J’ai de nouveau eu la chance de rencontrer, ces jours derniers, des gens extraordinaires. Des êtres passionnés et motivés par leur activité. Gageons que le futur sera plein de projets communs et de belles réussites artistiques. Je vous en dirai plus le moment venu.

La Révolution est en marche ! !

Cela fait un peu moins de dix ans que l’industrie musicale vacille sur son socle. Tous les jours, elle penche un peu plus vers une fin inéluctable. Personne ne sait comment endiguer cette catastrophe technologique. Tout comme Danton s’écriait « De l’audace ! Toujours de l’audace ! Encore de l’audace ! », nous, nous ne voyons le démon que dans le web et crions à qui veut l’entendre : « Internet ! Internet ! Internet ! ».

Le web, c’est l’arroseur arrosé ! tout y est à portée de main et pourtant il est interdit de servir ! Bref, il n’est pas encore venu le temps où des géniaux ingénieurs auront trouvé le moyen de mettre à disposition de tous des œuvres, en assurant aux créateurs un revenu suffisant pour pouvoir continuer à travailler, sans avoir à se soucier de comment régler les factures !

Il faut donc faire avec. Internet a révolutionné les schémas de promotion artistiques. A tel point que je ne comprends encore pas pourquoi, la plupart des médias, qui sont informés de cette profonde mutation, continue de jouer la carte conservatrice du « ça sort quand ? », « On n’est plus raccord avec l’actu, si l’album est déjà dans les bacs ! », « il est distribué par qui ? »…

L'ancien et le nouveau monde

J’ai l’impression parfois de faire se chevaucher deux mondes, l’ancien et le nouveau, lorsque je suis en contact avec certains journalistes.

Tout d’abord, le format des produits finis. Soit, vous sortez un single, soit vous sortez un album ! Le CD 2 titres est moribond. Le EP, 5 ou 6 titres ou comme l’a fait Zazie, le grand format : 7 albums X 7 chansons ou encore comme Michel Fugain qui avec ses quatre saisons, n’ont pas vraiment révolutionné le style. Ce procédé ne semble pas prendre chez nous. Un disque, c’est 12 chansons, tout comme un film c’est minimum 90 minutes ! En dessous, le client se sent volé et la presse peu encline à s’y intéresser !

Ce qui est très étonnant également, c’est l’importance encore donnée à la distribution physique. J’ai eu au téléphone, il n’y a pas si longtemps que cela, un spécialiste du secteur qui m’a dit « Si l’artiste, dont tu me parles, ne bénéficie pas d’une mise en place énorme, il n’en vendra pas ! » Ha bon ! Mais je croyais, à lecture des chiffres, que même avec une belle présence en magasin, les disques ne se vendaient plus. Alors ? ?

Le discours est le même dans certains médias. S’il n’y a pas au dos de la jaquette, une estampille attestant de l’intérêt d’un distributeur pour votre disque, alors vous aurez du mal à faire croire que tout le monde adore votre travail. Ceci est d’autant plus troublant que votre distributeur cherchera et obtiendra aisément une présence sur tous les sites de téléchargements officiels. Ce qui revient à dire que votre bébé ne sera pas encore en rayon à la FNAC que tous les amateurs de votre musique, l’auront entendue et pillée sur le net.

Solution radicale : plus de disques !

Ne pourrait-on pas imaginer, tout comme pour le cinéma, un délai entre la mise sur le marché d’un nouveau produit physique et sa présence en ligne ? Si un disque sortait et qu’il ne soit possible de le télécharger légalement que quelques semaines plus tard, est-ce que cela n’encouragerait pas les acheteurs à retourner dans les magasins spécialisés ?

Il ne faut pas se voiler la face, ni se cacher derrière son petit doigt. Au moment où la Hadopi rendait son premier rapport d’étape, en annonçant le nombre d’emails envoyés aux fraudeurs débusqués, les chiffres de connexions au site megaupload étaient en forte augmentation ! !

Une solution radicale s’impose. Il faut ne plus sortir de CD ! Pas de déception à ne pas trouver le bon distributeur. Pas de problème de règlement des « retours », pour les invendus. Une seule présence sur Internet suffit.

Avant d’en arriver là, il faudra solder les vieilles générations, dont je fais partie, qui ne se retrouvent pas dans l’immatérialité d’un fichier et préfèrent de loin les digipacks et autres boitiers cristal, mais là c’est un autre débat.

La révolution est en marche, je vous le dis, mais à petits pas…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier