Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - Ferré

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mercredi 10 avril 2013

O'djila en concert

J'ai le grand plaisir de vous annoncer que O'djila sera en concert les 28 et 29 juin 2013, à La Java.

A l'occasion de leur passage par Paris, le groupe de musique tzigane des Balkans proposera son nouveau spectacle "Les fils de...".

Parce que les membres de o'djila ont grandi avec à la fois la variété française et les chants traditionnels d'Europe centrale, ils ont eu envie de mixer ces deux cultures et offrir une relecture dynamique et joyeuse du répertoire.

C'est parce qu'ils ont aimé Ferré, Gainsbourg, Vartan ou Bashung que aujourd'hui, ils peuvent se dire "Les fils de...".

O'djila en concert

lundi 22 novembre 2010

Le plaisir de l'effort ! !

Le plaisir de l’effort ! !

Ou

Devenir un show man, ça s’apprend

Chers amis,

Je passe, ces jours-ci, beaucoup de temps sur les routes et fréquente assidûment les salles de spectacles. Quel bonheur ! Ces instants sont fragiles et éphémères, mais apportent tellement de joie et de satisfaction que l’on peut par la suite difficilement s’en passer. Je souhaite vivement à chacun d’entre vous, de vivre de pareils moments.

A force de côtoyer des artistes, débutants ou confirmés, et de les observer au travail, je confirme que ce métier, contrairement à ce que beaucoup de jeunes pensent, s’apprend. On ne devient pas vedette par hasard, ni par le seul fait de posséder une jolie voix et de belles chansons.

Trop souvent, les apprentis chanteurs s’abritent derrière leur art pour ne pas vouloir entendre les conseils de ceux qui sont passés avant eux et connaissent de manière certaine les « trucs » qui marchent.

Hé oui, quitte à désacraliser le monde du show business, celui-ci n’est fait que de tours de passe-passe et de magie.

Faisons abstraction de la qualité des chansons. Je me mêle rarement de cette part artistique. Ce n’est pas mon métier de juger si un titre, un disque ou un spectacle est bon ou non. Je peux le penser, mais ne le dis pas. Je laisse cela à d’autres.

Mon domaine de compétence est la communication. Je peux donc juger si un artiste sur scène ou en dehors de la scène est en contact avec son public ou non.

Il y a quelques temps de cela, j’ai vu sur scène une très jolie jeune fille, dont je tairai le nom, car cela n’a que peu d’importance, à la voix chaude et puissante et aux chansons particulièrement accrocheuses. Une heure et demi de show plus loin, quasiment aucun son, entre les morceaux, n’était sorti de sa bouche en direction des centaines de fans présents dans la salle.

Mis à part un « merci » de temps à autre et un « je suis contente d’être à Paris ce soir », rien n’est venu relier l’artiste à son public. Repliée derrière ses chansons et ses cheveux, elle n’a pas crocheté le public comme elle aurait pu le faire, la salle était pleine à craquer et les spectateurs n’attendaient que ça, se faire prendre dans les filets de la chanteuse.

Que lui a-t-il manqué ce soir-là pour faire un triomphe plutôt qu’un succès ? Sincèrement pas grand-chose. Prenons un exemple. A la fin titre très enlevé, le public explose en applaudissements. Que fait la chanteuse ? Elle s’avance face à la foule ? Porte-t-elle la main sur son cœur en signe de remerciement ? Ecarte-telle les bras pour accueillir ses bravos ? Sourit-elle simplement ? Non, rien de tout cela. Elle détourne son regard de la salle, s’adresse à ses musiciens, boit un coup et laisse mourir la clameur en quelques instants.

Je suis un spectateur lambda et je peux vous assurer qu’à cet instant précis j’ai connu une grande frustration. J’aurais tellement aimé que ces applaudissements durent et que la salle entière en soit retournée.

Lorsque j’allais écouter Léo Ferré, je ne m’attendais pas à un show. Je voyais un homme au charisme extraordinaire, qui avec le temps avait su mettre en place des stratégies simples pour happer le public : un coup d’œil, un signe de la main, un baiser envoyer du bout des doigts, des mots murmurés. Pas besoin de plus. En revanche, quand je me rendais à l’Olympia entendre Gilbert Bécaud, nous ne pouvions échapper au grand numéro de cabotinage dont le toulonnais était capable et nous étions là aussi pour ça !

Aujourd’hui, j’aime quand Cali se jette dans le public, quand Didier Wampas se fait porter en triomphe tel un monarque de pacotille, quand Higelin part dans des improvisations sans fin, quand Jean-Louis Aubert, sorti de scène parvient encore à faire chanter le public, quand Stéphane Eicher fait monter sur scène un spectateur et lui colle une guitare dans les mains sans savoir si celui-ci sait en jouer.

Je pourrais multiplier les exemples à l’infini. Il n’empêche que tous ces instants magiques ne sont pas nés d’un simple hasard, ni sur un coup de tête d’un artiste. Non, tous ces moments sont le fruit d’un travail acharné, à savoir ce qui marche ou pas sur le public.

Je terminerai par une anecdote théâtrale. Raimu confiait à Jouvet qu’il avait du mal à jouer une scène difficile. Après avoir longtemps tergiversé, Jules dit : « Je vais la jouer avec mes trippes », ce à quoi Louis répondit « Les trippes avant de les manger, il faut les préparer ». Tout était dit.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 21 juin 2010

Dis-moi que tu m'aimes ! !

Dis-moi que tu m’aimes ! !

Ou

Toute critique est-elle bonne à dire

Chers amis,

21 juin fête de la musique ! J’apprends avec plaisir que de nombreuses communes de l‘ouest de la France souhaitent laisser la place à de vrais amateurs et non à de pseudo professionnels, sous payés, voire non payés. Pas de programmation. On vient, on se branche, on joue et on passe le relais aux copains. C’est très bien. Ce moment de la vie culturelle de notre pays doit être en priorité consacré à ceux qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer en public tout le reste de l’année. Pour les autres, il y a 364 jours, au cours desquels il est possible de donner de vrais concerts.

Le sujet de cette semaine, consacré à la critique, m’a été involontairement soufflé par un de mes lecteurs. Il m’excusera par avance de ne pas citer son nom, car ses propos serviront à alimenter une chronique et non une polémique.

Vous êtes de plus en plus nombreux à m’envoyer de petits messages, dans lesquels vous me demandez de bien vouloir me rendre sur votre page web, afin d’écouter votre travail et de donner mon avis sur celui-ci. Je suis toujours très touché de voir à quel point vous me faites confiance.

J’essaie, dans la mesure du possible, d’honorer ces requêtes. Dès que j’ai du temps et l’esprit disposé à « écouter », je clique sur des liens. Je dois bien l’avouer, parfois mes oreilles ont bien du mal à aller jusqu’au bout du premier morceau placé dans le player, tant le travail présenté n’est pas de bonne qualité. Que faire dans pareil cas ? Est-il vraiment nécessaire de se fendre d’une réponse qui sera désobligeante ? Je ne le pense pas. Il est parfois des situations qui méritent plutôt le silence.

Un garçon m’a sollicité à plusieurs reprises. J’ai écouté et lui ai écrit ce que ses chansons m’inspiraient. Inutile d’entrer dans les détails.

Je reçus quelques temps plus tard une réponse cinglante. Il estimait que je n’avais pas le droit de donner l’avis que j’avais défendu sur son travail, que je me trompais et que mes critiques l’avaient choqué !

Je comprends que l’on puisse être déstabilisé, décontenancé, par un texte qui ne va pas dans le sens dans lequel vous pensiez que tous iraient. Mais de grâce, lorsque l’on se prête au jeu de la critique, il faut l’accepter dans son ensemble. Ne pas séparer bons et mauvais commentaires. Bonnes et mauvaises appréciations. En gros, il aurait fallu que j’apprécie, au plus au point, les chansons de ce monsieur, avec tous les défauts qu’elles portent, n’en rien dire, surtout pour ne pas froisser l’ego du créateur et le laisser poursuivre sa route avec dans sa poche un gentil papier disant qu’il était un grand poète, à deux pas des Brassens, Brel et Ferré…

Cette conception du polissage de poils d’artistes n’a pas cours chez moi. Je l’ai dit, écrit et répété, déjà des dizaines de fois, je ne possède pas la vérité, ni la science infuse de ce métier magique. Mon point de vue ne veut pas être le reflet du show business tout entier. Il n’engage que moi. Si on me demande mon avis, je le donne. On a le droit de ne pas être d’accord avec ce que je dis, mais on n’a pas le droit de me reprocher de l’avoir dit. Peut-être que je me trompe dans mon jugement. Seul l’avenir nous le dira.

Une chose est sûre, avec le temps et l’expérience, je fais tout de même un peu la différence entre un chanteur qui a la voix placée et un qui se cherche, un guitariste qui joue sans hésitation et un autre qui gratouille, un texte bien écrit et une suite de rimes pauvres, un artiste qui à la gniak et celui qui joue à l’avoir. Je précise de suite, ce n’est pas parce que vous semblez posséder toutes les qualités premières citées, que vous êtes assurés de parvenir en haut de l’affiche. Donnez une belle main d’atouts à quelqu’un qui ne sait pas jouer aux cartes et il perdra la partie à coups sûrs.

S’exposer à la critique c’est se mettre en danger, il est vrai. Il y a deux aspects à cet exercice. Le premier, celui que je défends, est le coté pragmatique : cette chanson est-elle bien écrite, bien composée, bien chantée, me touche-t-elle ? Voilà les questions essentielles auxquelles je tente de répondre. Bien entendu cette analyse est déconnectée de ce que je peux penser de l’artiste, en tant que personne qui chante. En d’autres termes, et c’est la seconde face de la critique, je ne mets pas d’affectif dans mon propos. L’affectif tend à brouiller les pistes et à déformer la vision objective que l’on peut avoir d’un sujet.

Il serait bon que ceux qui attendent des retours sur leur travail sachent faire la part des choses, Ô je sais que c’est très difficile comme exercice. Heureusement il y a parfois des auteurs, des compositeurs, des chanteurs qui prennent ce que vous leur donnez, même si cela leur fait mal à l’orgueil et savent utiliser la critique comme moteur. Ils n’appliquent pas forcément ce que vous leur avez dit, qu’importe, mais ils réfléchissent, tentent de faire mieux, en un mot avancent. Jamais ils ne s’abritent derrière un « Quand je joue cette chanson devant mes copains, elle passe vachement bien ! » Ce type de phrase marque la limite entre les professionnels et les amateurs. Allez, c’est votre jour. A vous de jouer !

Bonne semaine.

Olivier

www.oliviervadrot.com