Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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lundi 23 mai 2011

Entrer dans la lumière ! !

Entrer dans la lumière ! !

ou

Deux, trois choses à savoir pour réussir son show

Chers amis,

En l’espace de quatre soirées, la semaine passée, j’ai navigué sur 50 ans de chansons françaises. De jeunes artistes tels que Madjo et Ours, à de plus confirmés, et c’est peu dire, comme Isabelle Aubret entendue au palais des sports et le spectacle « Âge tendre », au Zénith d’Orléans, le spectre musical fut largement couvert. Il est bon d’avoir une oreille auprès de ses racines, pour mieux apprécier la nouveauté.

Le fait d’assister à ces représentations m’a permis de relever un point primordial, auquel la jeunesse ne semble pas être bien préparée et sur lequel je vous invite à réfléchir. Il s’agit du comportement en scène.

Tout doit être réglé

Un tour de chant, un concert, un gala, qu’importe le nom que vous donnez à vos prestations, doit toujours être réglé à l’avance. Je ne parle pas de l’aspect musical qui est le point central de votre travail. Non, je pense à tout ce qui entoure votre montée sur scène : Introduction du show, enchaînement des titres, tenue de scène, interaction avec le public, salut, sortie de scène…

Tous ces éléments font partie intégrante du spectacle. Si votre entrée sur le plateau ne donne pas un coup de poing à l’estomac du spectateur, vous mettrez de longues minutes avant de gagner sa confiance et son enthousiasme. Il faut cueillir le public dès les premières secondes, ne pas lui laisser le temps de reprendre son souffle. Si vous parvenez à mettre le spectateur dans cet état de sidération, alors vous aurez gagné une bonne partie du combat qui vous oppose à la salle. Vous pourrez ensuite dérouler votre œuvre plus sereinement.

Construire sa prestation

Attention ! La partie ne sera pas terminée. Le spectateur n’est pas qu’indulgence. Si vous ne tenez pas votre show jusqu’au bout, il se pourrait bien que celui qui applaudissait des deux mains, dans les premières minutes, ne vous gratifie plus que de quelques claquements de mains polis un peu plus tard.

Il faut régler votre tour comme s’il s’agissait de n’importe quel spectacle. On construit un show. Ce n’est pas simplement un enchaînement de chansons les unes derrière les autres. C’est un rythme qu’il faut trouver, avec des temps forts et des temps faibles. Je sais combien il est difficile d’établir un ordre précis des morceaux. Il n’est pas rare, lorsque l’on suit un chanteur sur toute une tournée, de trouver de nombreuses modifications dans le déroulé des titres. Ceux-ci doivent toujours répondre à une règle simple : Quel est l’impact sur le public ?

Avez-vous remarqué qu’après certaines chansons « puissantes », il est bon de poursuivre dans ce même registre, en ne laissant que quelques secondes de battement, justement pour ne pas faire redescendre la pression que vous venez de monter ? D’ailleurs, il n’est rien de plus frustrant lorsque l’on est dans la salle que d’attendre quelque chose qui ne vient pas, ou trop tard… Il faut que de la scène l’artiste sente le public.

A ce sujet, il me semble qu’au moment où les spectateurs frappent dans leurs mains, le chanteur reçoit un retour proportionnel de ce qu’il a donné. J’ai été étonné de voir qu’aujourd’hui nombreux sont ceux qui ne prennent pas leurs applaudissements. Au contraire, j’ai même eu l’impression qu’ils utilisaient ce temps mort pour boire un coup, régler des effets ou accorder leur instrument.

Cette attitude est en totale contradiction avec ce pourquoi s’est déplacé le public ! Celui qui paie sa place n’est pas là pour quinze fois trois minutes de musique, mais pour une heure trente de partage. Ces quelques secondes entre chaque chanson doivent être des instants d’échange de regards, de sourire, de complicité, pas un temps de pause réglementaire !

Prenez exemple sur vos pairs

Il n’est rien de plus rageant que d’assister à un concert et de constater ces carences. Elles sont pourtant gérables facilement. J’écris régulièrement que j’ai lu des livres concernant les carrières d’artistes célèbres et que bien souvent des lignes de convergences apparaissent. Je ne peux que vous inciter à aller dans les salles de concerts ou regarder des DVD ou acheter des spectacles en VOD et analyser ce qui fonctionne chez les plus grands.

Les règles les plus simples sont bien souvent celles que l’on a le plus de mal à appliquer à soi-même. Pourtant, plus j’avance dans ce monde du show business, plus je me rends compte que le bon sens parfois suffit. Ce qui fonctionnait chez Prince ou Elton John, il y a vingt ans, marche aujourd’hui chez M ou chez Cali. Prenez la scène, avalez la lumière, donnez tout ce que vous avez au fond de vous-même, ne craignez pas la démesure, vous n’en ferez jamais trop, ouvrez les bras et embrassez le public. Celui-ci au bout du compte vous le rendra. Soyez-en certains.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 22 novembre 2010

Le plaisir de l'effort ! !

Le plaisir de l’effort ! !

Ou

Devenir un show man, ça s’apprend

Chers amis,

Je passe, ces jours-ci, beaucoup de temps sur les routes et fréquente assidûment les salles de spectacles. Quel bonheur ! Ces instants sont fragiles et éphémères, mais apportent tellement de joie et de satisfaction que l’on peut par la suite difficilement s’en passer. Je souhaite vivement à chacun d’entre vous, de vivre de pareils moments.

A force de côtoyer des artistes, débutants ou confirmés, et de les observer au travail, je confirme que ce métier, contrairement à ce que beaucoup de jeunes pensent, s’apprend. On ne devient pas vedette par hasard, ni par le seul fait de posséder une jolie voix et de belles chansons.

Trop souvent, les apprentis chanteurs s’abritent derrière leur art pour ne pas vouloir entendre les conseils de ceux qui sont passés avant eux et connaissent de manière certaine les « trucs » qui marchent.

Hé oui, quitte à désacraliser le monde du show business, celui-ci n’est fait que de tours de passe-passe et de magie.

Faisons abstraction de la qualité des chansons. Je me mêle rarement de cette part artistique. Ce n’est pas mon métier de juger si un titre, un disque ou un spectacle est bon ou non. Je peux le penser, mais ne le dis pas. Je laisse cela à d’autres.

Mon domaine de compétence est la communication. Je peux donc juger si un artiste sur scène ou en dehors de la scène est en contact avec son public ou non.

Il y a quelques temps de cela, j’ai vu sur scène une très jolie jeune fille, dont je tairai le nom, car cela n’a que peu d’importance, à la voix chaude et puissante et aux chansons particulièrement accrocheuses. Une heure et demi de show plus loin, quasiment aucun son, entre les morceaux, n’était sorti de sa bouche en direction des centaines de fans présents dans la salle.

Mis à part un « merci » de temps à autre et un « je suis contente d’être à Paris ce soir », rien n’est venu relier l’artiste à son public. Repliée derrière ses chansons et ses cheveux, elle n’a pas crocheté le public comme elle aurait pu le faire, la salle était pleine à craquer et les spectateurs n’attendaient que ça, se faire prendre dans les filets de la chanteuse.

Que lui a-t-il manqué ce soir-là pour faire un triomphe plutôt qu’un succès ? Sincèrement pas grand-chose. Prenons un exemple. A la fin titre très enlevé, le public explose en applaudissements. Que fait la chanteuse ? Elle s’avance face à la foule ? Porte-t-elle la main sur son cœur en signe de remerciement ? Ecarte-telle les bras pour accueillir ses bravos ? Sourit-elle simplement ? Non, rien de tout cela. Elle détourne son regard de la salle, s’adresse à ses musiciens, boit un coup et laisse mourir la clameur en quelques instants.

Je suis un spectateur lambda et je peux vous assurer qu’à cet instant précis j’ai connu une grande frustration. J’aurais tellement aimé que ces applaudissements durent et que la salle entière en soit retournée.

Lorsque j’allais écouter Léo Ferré, je ne m’attendais pas à un show. Je voyais un homme au charisme extraordinaire, qui avec le temps avait su mettre en place des stratégies simples pour happer le public : un coup d’œil, un signe de la main, un baiser envoyer du bout des doigts, des mots murmurés. Pas besoin de plus. En revanche, quand je me rendais à l’Olympia entendre Gilbert Bécaud, nous ne pouvions échapper au grand numéro de cabotinage dont le toulonnais était capable et nous étions là aussi pour ça !

Aujourd’hui, j’aime quand Cali se jette dans le public, quand Didier Wampas se fait porter en triomphe tel un monarque de pacotille, quand Higelin part dans des improvisations sans fin, quand Jean-Louis Aubert, sorti de scène parvient encore à faire chanter le public, quand Stéphane Eicher fait monter sur scène un spectateur et lui colle une guitare dans les mains sans savoir si celui-ci sait en jouer.

Je pourrais multiplier les exemples à l’infini. Il n’empêche que tous ces instants magiques ne sont pas nés d’un simple hasard, ni sur un coup de tête d’un artiste. Non, tous ces moments sont le fruit d’un travail acharné, à savoir ce qui marche ou pas sur le public.

Je terminerai par une anecdote théâtrale. Raimu confiait à Jouvet qu’il avait du mal à jouer une scène difficile. Après avoir longtemps tergiversé, Jules dit : « Je vais la jouer avec mes trippes », ce à quoi Louis répondit « Les trippes avant de les manger, il faut les préparer ». Tout était dit.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 23 novembre 2009

Dancing with myself ! !

Dancing with myself ! !

Chers amis,

Je viens de lire un article très intéressant dans « Le parisien ». Celui-ci fait état des dernières sorties d’albums et, constat bien triste, la longue liste des CD uniquement faits de reprises effraie celui qui se bat pour l’emmergence de nouveaux talents. De Eddy Mitchell, qui revisite les « chansons du cinéma américain » en passant par Maurane et son « Nougaro », les linéaires des magasins ne laisseront une nouvelle fois que peu de place à de véritables découvertes…

Cette semaine, mon sujet sera axé sur l’aide que pourrait vous apporter la collaboration d’un nom connu à votre projet. Au passage, je remercie Vincent de m’avoir posé cette question. J’ai déjà eu l’occasion d’avoir quelques réflexions sur ce sujet par le passé. Je partage aujourd’hui avec vous mon point de vue.

Lors de mes débuts dans le monde de la communication artistique, un de mes contacts m’appelle et me fait l’article concernant Fabien Mettay, un de ses poulains. Ce jeune garçon, originaire de la région de Perpignan est, d’après la revue de presse que je reçois, une vedette locale. Il court de concert en concert et s’est forgé une réputation de bête de scène. Il enregistre, au studio Polygone de Toulouse, un premier album, de très bonne qualité. Sur celui-ci apparaît un duo avec Cali. Ce titre est placé loin dans la tracklist, donc j’en déduis que cette chanson n’est pas considérée comme le moteur de ce disque et que l’apport du nom célèbre accolé à l’inconnu, finalement, ne sert pas à grand chose.

J’ai décliné la proposition de travailler sur ce produit, pour des raisons d’un autre ordre qu’artistique.

La réflexion apportée par cette situation est la suivante. Un chanteur doit grandir seul. Se faire un nom. Créer sa propre image. Vouloir grandir dans l’ombre d’une star est illusoire. Il est nécessaire d’avoir des points de repère, des balises. Retourner de temps en temps aux sources, bien entendu. Il faut avoir en permanence en tête que les artistes installés, ne le sont jamais durablement, ils ont donc toujours à l’esprit de faire tout ce qu’il faut pour poursuivre leur carrière, pour rester dans la lumière et avoir les faveurs d’abord de leur maison de disque, puis du public et enfin des média.

Pourquoi un chanteur connu pousserait un inconnu à prendre sa place ? Car la question est là. Aider un confrère qui travaille exactement sur le même créneau musical, c’est éventuellement scier la branche sur laquelle on a mis du temps à s’asseoir. Malheureusement, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, dans le show business, il n’y a pas de place pour tout le monde. En disant cela, je ne veux absolument pas nier l’estime, le respect, voire peut-être même l’admiration, que peut avoir Cali pour Fabien Mettay. Nous le savons généreux et très souvent prêt à partager son micro avec autrui. Il faut voir au-delà de l’acte simple d’enregistrer une chanson. Est-ce que cela a aidé ce jeune artiste à devenir plus connu qu’avant ? Est-ce que cela lui a ouvert les portes de la renommée ? J’espère que Fabien vivra longtemps de sa musique, car elle n’est pas dénuée d’intérêt. Mais il y arrivera par son seul talent au travail.

Il ne faut pas croire que parce que tel artiste a un nom écrit en rouge sur le fronton des plus grandes salles, qu’il pourra, d’un simple claquement de doigts faire de vous une vedette. Si c’était le cas, les hit parades, seraient remplis de chansons enregistrées par le copain, du copain qui est numéro un.

Les décisions ne se prennent pas dans les studios d’enregistrement. Cet autre exemple vous en donnera la preuve.

Alors que je rentrai en voiture, d’un concert donné au Luxembourg, avec Fabrice Gratien, pianiste et réalisateur de Nicolas Peyrac, mais aussi de Mano Solo, il mit dans le lecteur CD un petit bijou de chanson française. J’ai malheureusement oublié le nom de l’artiste, qui d’ailleurs se moquait un peu de faire carrière dans la chanson. Fabrice m’avoua qu’ayant la possibilité d’avoir accès à tous les patrons de labels nichés dans les majors, il distribua joyeusement ce disque, certain que la qualité des textes, des musiques et de la réalisation feraient tilt dans l’oreille des décideurs. Il y eut quelques écoutes polies. A chaque fois la même réponse, vous savez, celle qui énerve ceux qui savent ce que cela sous entend : « Ouais, c’est bien réalisé… ». Et rien de plus. Cela voulait dire clairement : On ne mettra pas une bille sur cet artiste !

On ne peut communiquer, mettre en avant le nom d’un autre pour devenir soi-même une vedette ! Soit vous parlez de vous, soit vous n’existez pas ! Votre public vous attend, vous et pas un autre. Et si d’un seul coup votre béquille prenait le pas sur votre démarche ?

Il y a des disciplines qui nécessitent « la recommandation ». En entreprise la cooptation s’avère parfois un sport. Se choisir un mentor peut faciliter les choses. En matière artistique, il ne faut pas chercher la lumière des autres, pour essayer de se glisser dedans. Être au contact de ses condisciples est source de motivation. Aller voir ses pairs sur scène, écouter, décortiquer, tenter de comprendre pourquoi ce que vous voyez et entendez fonctionne, oui, mille fois oui. Mais vouloir prendre la roue de celui qui roule devant en espérant qu’il vous laissera passer, c’est nourrir un doux rêve qui n’a que très peu de chance d’arriver.

Soyez vous même !

lundi 21 septembre 2009

Révolution.com ! !

Malheur à celui qui dit la vérité ! !

Chers amis,

La semaine qui vient de s'écouler a encore été riche en événements. Il y a eu tout d'abord deux belles interviews de Georgette Lemaire dans Platine Magazine et France dimanche; un déjeuner bien agréable avec Balablan, ainsi que Jean Davoust l'éditeur et Gilbert Castro le distributeur du label Balablan Music; Une rencontre avec Gilbert Jouin, auteur de textes pour de nombreux chanteurs; trois demandes de collaboration avec de jeunes artistes, dont un possible gros contrat avec l'Indonésie ; Une offre de participation à une série de conférences en novembre prochain…

Mais revenons à ce déjeuner de mercredi dernier. Au cours de celui-ci nous avons évoqué bien entendu le retour de la loi Hadopi à l’assemblée nationale et son adoption quasi certaine. Les arguments pour ou contre se valent et il est bien difficile d’avoir une opinion tranchée. D’ailleurs, les artistes eux-mêmes ne sont pas tous d’accord et s’opposent frontalement sur le sujet. Il y a ceux qui sont contre. Francis Lalanne considère que « La musique appartient à tout le monde et qu’il vaut mieux être écouté « téléchargé illégalement » que de voir ses disques ne pas se vendre ». Quant à Cali, lui dit : « Il faut faire le ménage chez nous…Le prix du disque est trop élevé…Les producteurs se font des marges énormes ». Et il y a ceux qui sont pour : Étienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc… : « « aujourd'hui, de bonnes âmes essaient de faire croire que la liberté de tout faire, donc de faire tout et n'importe quoi sur Internet est un droit de l'homme que rien ne saurait contrarier sauf à tomber dans une forme de dictature préhistorique. Eh bien non ! » extrait de l’appel lancé dans le JDD par 52 chanteurs.

Regardons les chiffres de ventes de disques, au cours du premier semestre 2009 :

191,5 millions d’Euros de revenus pour le disque physique et 37,7 M pour le numérique. 229,2 M en tout, soit près de 18% de moins qu’il y a un an ! Rappel, en 2004 le marché de la musique représentait presque 415 M d’Euros. (source snep www.disqueenfrance.com)

Le téléchargement légal représente seulement 17 % des ventes. La France est le pays d’Europe dans lequel l’achat de titres en ligne est le moins répandu, alors que dans des pays comme l’Allemagne ou l’Angleterre on obtient des chiffres avoisinant les 40 % de part de marché.

Le piratage informatique des œuvres touche principalement les gros vendeurs. En ce qui concerne les jeunes artistes, je ne suis pas persuadé que dix ans en arrière ils en auraient vendu beaucoup plus qu’aujourd’hui en magasin. Ce qui manque cruellement à notre jeunesse musicale, c’est l’exposition médiatique. Internet n’est pas le média idéale. Même si la musique se trouve sans problème sur de nombreuses plate-forme numériques, encore faut-il savoir qu’elle y est. Seuls les artistes installés et disposant de lourds moyens de communication peuvent le faire savoir.

Aujourd’hui encore les vrais prescripteurs sont les gros réseaux : TF1, NRJ, Skyrock et deux ou trois autres. On n’achète pas de la musique parce qu’on l’a entendue sur le Net. On l’achète parce qu’elle a été diffusée sur M6 !

Il y a en tout cas une chose qui ne se dément pas, le public est toujours attaché au physique. Je veux parler du disque. Un exemple. Balablan effectue des show case dans les magasins Cultura. A chaque fois, le public s’arrête, écoute et achète. Qu’elle ne fut pas ma surprise de savoir que lors d’une de ses représentations, il avait vendu 15 albums dans l’après-midi. Cet aspect positif a donné envie au responsable du magasin de placer l’album en borne d’écoute et par la suite ce sont 15 autres ventes qui ont été réalisées !

Voilà pourquoi Internet ou pas, téléchargement légal ou on, il vous faudra toujours avoir des albums avec vous. Au delà de l’artistique, le disque représente « un objet transitionnel » entre le public et le chanteur. Je connais des clubs aux murs desquels sont accrochées des pochettes de disque. Des vieux vinyles, des 33 et 45 tours, mais également des boîtiers de CD. Pour chacun, le patron du lieu peut raconter l’histoire de l’acquisition de l’objet et même montrer la dédicace qui va avec.

La chanson est un art vivant ! On ne peut la dématérialiser complètement. La sculpture n’est malheureusement pas un art populaire. Dans un musée on n’apprécie qu’à moitié le travail du sculpteur, avec les yeux. Les mains n’ont pas accès à la matière. Il suffirait de laisser le public prendre à bras le corps les statues pour qu’un nouveau rapport existe entre le spectateur et l’artiste. Ha, faire un gros câlin à la Vénus de Milo ! !

Il faut prendre garde à ce que la musique ne devienne pas seulement un art de l’oreille. Les yeux et les mains sont aussi importants pour que vivent les chanteurs.

Après avoir téléchargé le dernier single de Diam’s, je pars, mon portable sous le bras, le faire dédicacer !

Musicalement

dimanche 5 avril 2009

So far away ! !

So far away ! !

Chers amis,

Je ne sais si c’est la présence du soleil, accompagné d’un ciel bleu éclatant qui y sont pour quelque chose, mais la semaine qui vient de s’écouler a été tout simplement très belle. Je m’en vais vous expliquer pourquoi.

Tout d’abord j’ai eu d’excellents retours de nos amis luxembourgeois, qui recevaient Murray Head le week-end dernier. Leur enthousiasme et le plaisir du public étaient entiers. Ceci m’a permis de rebondir, comme dit le proverbe : « Il faut battre le fer quand il est chaud ». Le lundi suivant, je me suis empressé de leur faire de nouvelles propositions artistiques. Et devinez quoi ? J’ai conclu un nouveau contrat. Ainsi, je partirai le 25 septembre prochain avec Nicolas Peyrac, pour un spectacle qui sera, comme toujours, donné au Purple Lounge du Casino 2000, de Mondorf-les-bains.

Une autre belle aventure cette fois-ci, j’oserai dire à l’autre bout de la chaîne de la notoriété. S’il m’arrive de citer des noms de chanteurs connus, je collabore également avec des artistes en développement. Balablan est un de ceux-là. Fin février, je lui avais trouvé un concert dans une salle de restaurant de l’Yonne. On ne fait pas la fine bouche lorsque l’on débute et on prend ce qu’on nous propose. Il se trouve que cette date était non seulement payée, mais qui plus est, les propriétaires du lieu étaient des gens tout à fait charmants. Ce jour-là, le premier set n’était pas terminé qu’ils me proposaient derechef de reprendre une nouvelle date. On se met donc d’accord sur le 3 avril. Vendredi dernier, Balablan et ses deux musiciens débutent le spectacle aux alentours de 21 heures 30. Au terme de la première partie, une dame vient vers moi et me demande de manière un peu gênée, comment il faudrait faire pour recevoir un tel artiste dans son établissement, tellement elle était sous le charme de ce qu’elle venait de voir et surtout d’entendre. Je lui explique avec grand plaisir les conditions pour que nous venions faire un concert chez elle. Elle repart avec ma carte et toutes les informations dont elle avait besoin pour envisager notre prochaine collaboration. Nous n’avons pas encore signé, mais je suis certain que nous trouverons le moyen de nous entendre.

Mais ce n’est pas tout. Nos hôtes, face au bonheur des nombreux clients présents dans la salle ce vendredi, ne nous ont pas laissés partir sans nous proposer de revenir au mois de juin. Ils envisagent également de prévoir une date au cours de l’automne !

Leur aide nous a également été précieuse pour faire venir le correspondant du journal régional. On espère vivement avoir un article dans le courant de la semaine qui vient. Ces papiers sont précieux, car ils permettent souvent aux programmateurs d’autres salles de faire leur choix. Ils se disent « Tiens, Balablan est passé là et le compte rendu est bon, alors je ne trompe pas si je le programme ».

Ce que je veux démontrer par cet exemple icaunais, c’est que je suis plus que jamais persuadé que « le trou » se creuse depuis l’extérieur de Paris. Peut-être avons-nous trouvé le bon endroit pour démarrer avec Balablan, l’avenir nous le dira. Mais franchement deux concerts rémunérés en l’espace de quelques semaines. Trois promesses pour les mois qui viennent. Des contacts en pagaille. Le patron de la salle veut que l’on se voit pour me présenter à certains de ses collègues qui font venir des chanteurs ou des groupes ! ! !

Oui, l’Yonne ce n’est pas la capitale de la France. Oui, l’Yonne ce n’est pas à coté de Paris. Oui, L’Yonne ne possède pas une réputation de découvreuse de talents. Et alors ? Faut-il pour autant négliger ces petits lieux ? ces petits cafés ? ces restaurants qui sentent la frite ? Ma conviction profonde est que ce sont ces endroits qui font « le public » dont un artiste a besoin. Combien ont-il été vendredi soir, au creux de la nuit, à me dire « Quand est-ce qu’il rejoue ? Faut nous le dire. On reviendra ! » Quel bonheur d’entendre de telles phrases.

Je vous invite à gratter les biographies de chanteurs comme Cali, par exemple. Ce garçon a fait ses classes sur les petites scènes de Perpignan et de toute sa région natale. Bien sûr c’est donner du temps et de la fatigue que d’être sur la route, dans une voiture peu confortable parce que pleine de câbles et d’instruments. C’est le côté le moins reluisant de la vie d’artiste. Courir après le cachet et le public. Mais, je peux vous assurer que lorsque vous vous prenez les applaudissements, les remerciements et les marques de sympathie de plein fouet, c’est sans doute le plus beau des cadeaux qu’un artiste et son entourage puissent recevoir, fut-ce perdus au cœur de l’Yonne.

Cette semaine a été également marquée par la réception de plusieurs demandes de producteurs qui souhaitent que nous fassions un bout de chemin ensemble. Il faut que j’écoute leur CD. Je ne sais sur quoi cela débouchera, mais de manière certaine, un projet bien mené débouche forcément sur un autre projet. Vous pensez que ce milieu est insondable ? Erreur, tout se sait très vite. Travaillez à votre réputation, soignez ce pour quoi vous êtes payés et vous verrez vos efforts récompensés. Il ne peut en être autrement.

Musicalement

Olivier