Entrer dans la lumière ! !
ou
Deux, trois choses à savoir pour réussir son show
Chers amis,
En l’espace de quatre soirées, la semaine passée, j’ai navigué sur 50 ans de chansons françaises. De jeunes artistes tels que Madjo et Ours, à de plus confirmés, et c’est peu dire, comme Isabelle Aubret entendue au palais des sports et le spectacle « Âge tendre », au Zénith d’Orléans, le spectre musical fut largement couvert. Il est bon d’avoir une oreille auprès de ses racines, pour mieux apprécier la nouveauté.
Le fait d’assister à ces représentations m’a permis de relever un point primordial, auquel la jeunesse ne semble pas être bien préparée et sur lequel je vous invite à réfléchir. Il s’agit du comportement en scène.
Tout doit être réglé
Un tour de chant, un concert, un gala, qu’importe le nom que vous donnez à vos prestations, doit toujours être réglé à l’avance. Je ne parle pas de l’aspect musical qui est le point central de votre travail. Non, je pense à tout ce qui entoure votre montée sur scène : Introduction du show, enchaînement des titres, tenue de scène, interaction avec le public, salut, sortie de scène…
Tous ces éléments font partie intégrante du spectacle. Si votre entrée sur le plateau ne donne pas un coup de poing à l’estomac du spectateur, vous mettrez de longues minutes avant de gagner sa confiance et son enthousiasme. Il faut cueillir le public dès les premières secondes, ne pas lui laisser le temps de reprendre son souffle. Si vous parvenez à mettre le spectateur dans cet état de sidération, alors vous aurez gagné une bonne partie du combat qui vous oppose à la salle. Vous pourrez ensuite dérouler votre œuvre plus sereinement.
Construire sa prestation
Attention ! La partie ne sera pas terminée. Le spectateur n’est pas qu’indulgence. Si vous ne tenez pas votre show jusqu’au bout, il se pourrait bien que celui qui applaudissait des deux mains, dans les premières minutes, ne vous gratifie plus que de quelques claquements de mains polis un peu plus tard.
Il faut régler votre tour comme s’il s’agissait de n’importe quel spectacle. On construit un show. Ce n’est pas simplement un enchaînement de chansons les unes derrière les autres. C’est un rythme qu’il faut trouver, avec des temps forts et des temps faibles. Je sais combien il est difficile d’établir un ordre précis des morceaux. Il n’est pas rare, lorsque l’on suit un chanteur sur toute une tournée, de trouver de nombreuses modifications dans le déroulé des titres. Ceux-ci doivent toujours répondre à une règle simple : Quel est l’impact sur le public ?
Avez-vous remarqué qu’après certaines chansons « puissantes », il est bon de poursuivre dans ce même registre, en ne laissant que quelques secondes de battement, justement pour ne pas faire redescendre la pression que vous venez de monter ? D’ailleurs, il n’est rien de plus frustrant lorsque l’on est dans la salle que d’attendre quelque chose qui ne vient pas, ou trop tard… Il faut que de la scène l’artiste sente le public.
A ce sujet, il me semble qu’au moment où les spectateurs frappent dans leurs mains, le chanteur reçoit un retour proportionnel de ce qu’il a donné. J’ai été étonné de voir qu’aujourd’hui nombreux sont ceux qui ne prennent pas leurs applaudissements. Au contraire, j’ai même eu l’impression qu’ils utilisaient ce temps mort pour boire un coup, régler des effets ou accorder leur instrument.
Cette attitude est en totale contradiction avec ce pourquoi s’est déplacé le public ! Celui qui paie sa place n’est pas là pour quinze fois trois minutes de musique, mais pour une heure trente de partage. Ces quelques secondes entre chaque chanson doivent être des instants d’échange de regards, de sourire, de complicité, pas un temps de pause réglementaire !
Prenez exemple sur vos pairs
Il n’est rien de plus rageant que d’assister à un concert et de constater ces carences. Elles sont pourtant gérables facilement. J’écris régulièrement que j’ai lu des livres concernant les carrières d’artistes célèbres et que bien souvent des lignes de convergences apparaissent. Je ne peux que vous inciter à aller dans les salles de concerts ou regarder des DVD ou acheter des spectacles en VOD et analyser ce qui fonctionne chez les plus grands.
Les règles les plus simples sont bien souvent celles que l’on a le plus de mal à appliquer à soi-même. Pourtant, plus j’avance dans ce monde du show business, plus je me rends compte que le bon sens parfois suffit. Ce qui fonctionnait chez Prince ou Elton John, il y a vingt ans, marche aujourd’hui chez M ou chez Cali. Prenez la scène, avalez la lumière, donnez tout ce que vous avez au fond de vous-même, ne craignez pas la démesure, vous n’en ferez jamais trop, ouvrez les bras et embrassez le public. Celui-ci au bout du compte vous le rendra. Soyez-en certains.
Bonne semaine.
Olivier
