Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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Tag - Brel

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lundi 6 février 2012

Chanter ! !

Chanter ! !

ou

Le Zicmeup Tour 2012 est lancé

Chers amis,

« T’as regardé ? » Non, je n’ai pas allumé la télé pour regarder la mi-temps du super bowl. Il y avait pourtant Madonna qui y faisait son grand retour. C’est dans un mini show pharaonique, d’un petit quart d’heure, que la chanteuse a présenté d’anciens titres ainsi que son nouveau single.

Je me suis tout de même fendu du visionnage de la vidéo sur le net, afin de pouvoir critiquer en toute connaissance de cause. Rien de neuf sous le soleil. Elle chante très bien en playback (d’autres avant elle ont également usé de cet artifice) et bouge son corps, toujours aussi bien.

Ceci étant dit, Je n’ai à aucun moment été bouleversé, ni même ému, par sa prestation. C’était taillé à la mesure de l’évènement. Grand, démesuré, parfait pour attirer les annonceurs et se faire un max de beurre sur le dos des téléspectateurs. La grande lessiveuse capitaliste, quoi !

Zicmeup tour 2012

Mais, là n’est pas mon propos. Je viens de voir passer sur ma page facebook, l’annonce du lancement du « Zicmeup-tour 2012 ». Je profite donc de cette information pour vous parler aujourd’hui des concours. Cette question, de la participation ou non à de telles épreuves, est récurrente dans les messages que je reçois.

J’ai pour habitude de dire aux jeunes artistes qu’il ne faut rien négliger en termes de visibilité. Partout où vous pourrez vous montrer et surtout vous faire entendre, il faudra y être. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises scènes, de bons ou de mauvais jurés. Il y a des lieux et des structures qui accueillent de jeunes auteurs compositeurs, interprètes, des groupes, des collectifs, des qui rêvent de monter sur la plus haute marche et d’autres qui se contenteraient bien d’un strapontin, pour peu que celui-ci soit un minimum rémunérateur de leur art.

L'artiste doit se dépasser

Bien entendu, chaque candidat à la médaille met tous ses espoirs dans ces trois minutes sur scène et aspire à une reconnaissance quasi immédiate. Contrairement à ce qu’ils laissent tous entendre, s’ils viennent c’est avec le souhait de repartir avec le numéro de téléphone de la personne qu’ils croiront providentielle et qui leur ouvrira les portes du succès.

« T’as qu’à croire ! », répétait sans cesse un de mes copains de jeunesse, faisant comprendre à celui qui se trouvait face à lui qu’il rêvait tout debout. Un concours aussi beau soit-il, aussi prestigieux et bien doté soit-il, avec le plus beau des jurys, n’en reste pas moins qu’un concours. J’entends par là que ce n’est pas l’épreuve qui fait l’artiste. C’est l’artiste qui se fait remarquer, y compris s’il finit dans les profondeurs du classement.

Une belle découverte

En ce qui concerne le Zicmeup-tour, j’ai au moins un exemple à citer. Lors de la première édition est arrivée en finale, au Show case, une grande jeune femme, originaire des Comores et ancien mannequin aux USA. Elle débutait dans la chanson et avait passé les étapes de sélection avec une détermination dans la voix et une nonchalance dans la tenue en scène qui en surprirent plus d’un. On se regardait du coin de l’œil, pressentant qu’il allait se passer quelque chose. On notait tous généreusement et sincèrement sa prestation. Malheureusement pour elle, en mêlant nos notes à celles du public, elle ne termina que 5ème du classement général.

Je fus très heureux d’apprendre, en passant devant une affiche dans les couloirs du métro parisien, il y a quelques semaines de cela, que cette chanteuse répondant au joli prénom d’Imany, serait à l’Olympia, rien que ça, au printemps prochain. Comme bien souvent, j’ai beaucoup de mal aujourd’hui, à me souvenir des noms des quatre artistes qui l’ont précédée.

J’aime également à rappeler que lors d’un de ses premiers « radio-crochet », c’est le nom que l’on donnait au milieu du siècle dernier aux concours de chant, Jacques Brel finit bon dernier !

Un tremplin n’est pas la rampe d’accès au succès. C’est un caillou de plus que vous mettrez sur le bord de votre chemin. Grâce à celui-ci vous pourrez baliser votre route et aurez une juste vision du chemin que vous avez déjà parcouru. Celui qui reste à faire encore hélas, nous ne le savons pas.

Mis à part quelques chanceux qui auront su tirer leur épingle du jeu des émissions télé, la réussite ne se trouve pas dans un trophée. Pourtant, allez-y ! Inscrivez-vous, partout et chantez. Chantez ! !

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 7 février 2011

L'envie ! !

L’envie ! !

Ou

« Le talent, c’est avoir envie » (Jacques Brel)

Chers amis,

Le week-end dernier, ont eu lieu les deux dernières dates de la tournée sur laquelle j’ai eu le plaisir de travailler. Comme prévu, dimanche en fin d’après-midi les adieux ont été émouvants et teintés d’inquiétude pour certain.

Ce métier est comme le temps, variable. Un jour en haut, dans la lumière, le lendemain, au fond du trou, dans l’ombre. Chacun espérait que l’autre aurait un futur proche remplit de beaux projets, mais tentait aussi de se rassurer sur son propre lendemain.

Ces instants-là sont surtout les bons moments pour s’engager à rappeler très vite toutes celles et ceux avec qui le courant est bien passé. Je ne dirai jamais assez combien le « réseautage » est important dans ce milieu. Sans contact direct, les choses ne sont pas infaisables, mais beaucoup plus compliquées.

Il ne suffit pas de récolter des cartes de visite et des numéros de téléphone à la pelle. Il faut savoir les utiliser à bon escient.

Une chose me semble essentielle à rappeler : Le téléphone ne sonne jamais tout seul. Il faut le faire sonner !

L’expérience de cette tournée, pour moi fut magnifique et m’enseigna au moins une chose simple, que je partage avec plaisir : On devient ce que l’on veut être !

Dans beaucoup de vies de ceux que j’ai côtoyés, « l’envie » est une chose fondamentale. Si vous entrez sur scène en marche arrière, le public le ressent et ne vous rendra que ce que vous lui donnez, une présence et rien de plus.

Il faut savoir « donner » en permanence, pour recevoir au centuple.

Que l’on soit une grande vedette ou un petit débutant, la démarche reste la même.

J’entendais hier une anecdote concernant Céline Dion.

Dans les années 80, la québécoise était en première partie de Patrick Sébastien à l’Olympia. Hé, oui… Inconnue totale, fagotée comme rien, risible aux yeux du public. Elle entre en scène, dans une espèce d’indifférence totale. La salle venue entendre l’imitateur ne prêtait que peu d’attention à la jeune canadienne.

Elle entama son premier titre. Le silence tomba sur la salle de spectacle. En quelques secondes, il n’y avait plus que 2000 visages tournés vers la lumière. Outre ses merveilleuses qualités vocales, Céline Dion faisait aussi passer son irrésistible envie de convaincre les gens. Ceux qui riaient, se sont inclinés et le combat fut gagné.

Quand on sait aujourd’hui comme cette chanteuse travaille pour arriver aux buts qu’elle se fixe, on comprend mieux son succès.

Sans une volonté viscérale de réussite, point de succès !

Il faut toujours croire en son potentiel. Cela finit par payer, un jour ou l’autre.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 10 janvier 2011

Les chanteurs sont mes amis ! !

Les chanteurs sont mes amis ! !

Ou

Ne pas confondre amtiés et relations professionnelles

Chers amis,

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais j’ai la sensation que cette année a déjà débuté il y des mois ! ! L’accélération du temps grâce, d’une part aux nouvelles technologies et d’autre part à un calendrier bien rempli font que les jours passent à une vitesse vertigineuse.

J’ai repris la route cette semaine et retrouvé, avec bonheur, toute une bande de copains artistes. Je dis bien copains et non amis.

Nous savons tous les effusions de grands sentiments qui sont monnaie courante dans le milieu du spectacle. « Je t’aime », « Je t’adore », « T’es géniale », « Allez, on ne se quitte plus, on s’appelle ! ». Et puis, on connaît la suite. Le téléphone reste muet de longs mois et puis au cours d’une soirée peopole, on tombe nez-à-nez avec un « ami » et immanquablement on entend cette phrase « Pourquoi tu ne m’as pas appelé ? », ce à quoi il est aisé de répondre : « Et toi, tu ne l’as pas fait, non plus ? ». On boit un verre, on refait le monde et on se quitte avec de grandes promesses qu’on ne tiendra pas plus que les précédentes.

J’ai connu de belles soirées au bar d’hôtels, à des tables de restaurant, dans le sofa d’appartements chaleureux, dans des trains traversant la France, à vive allure, à parler avec des artistes de leur carrière : Murray Head ne voulant plus jamais interpréter sur scène un de ses fameux tubes, trop éloigné de son véritable univers musical ; De leurs chansons : Charles Dumont qui rencontre une nuit Jacques Brel sur le port de Marseille et sur le coin d’un comptoir de bistrot lugubre, écrivent un titre à quatre mains resté inédit jusqu’à il y a peu. De leurs rencontres : Gérard Blanc qui va chercher Serge Gainsbourg dans un dîner et tombe sur l’auteur des sucettes en compagnie de Roman Polanski et Mick Jagger… Lorsque vous êtes l’oreille et le confident, l’espace d’un instant, votre ego est flatté et c’est bien normal.

A partager de beaux moments de fraternité, oui on peut légitimement penser que la « grande famille » du show business existe.

Toutefois, il faut très vite reprendre contact avec la réalité. Le spectacle est l’art de l’éphémère. Ce qui existe aujourd’hui aura disparu ce soir et renaitra demain.

J’ai vu de jeunes guitaristes partager un verre avec Louis Bertignac, au cours d’une soirée événement. Ils sont repartis avec le sentiment d’avoir un « vrai » nouvel ami.

J’ai moi-même, connu la même sensation, il y a une quinzaine d’années, lors de la présentation à la presse de l’album d’Higelin « Aux héros de la voltige ». Ouvert et disponible le chanteur avait partagé un moment avec moi. Je lui parlai même d’une envie d’adapter son recueil de lettres au théâtre. Il avait semblé très intéressé. J’en fus très heureux. Et puis…

Il faut avoir à l’esprit que chacun de ces moments est précieux. A chaque fois, nous sommes tous d’une sincérité exceptionnelle. Dans ces instants d’abandon personne ne triche. Tout est vrai. Ensuite, la vie de chacun reprend le pas sur les belles promesses. On n’oublie pas. Non, on ne fait pas. Ce qui est pire.

Des gens que je rencontre et à qui je suis amené à expliquer ce que je fais dans ma vie professionnelle, me demandent souvent si c’est la fiesta en permanence à la maison, car avec toutes les vedettes que je côtoie, le piano et la guitare doivent chauffer ! Ce à quoi je réponds, qu’eux-mêmes n’invitent pas tous leurs collègues de travail le week-end, pour faire de grandes parties de pétanque ou de pictionnary.

Nous vivons des heures fantastiques parfois. Sans doute plus prenantes que celles, que la plupart des français peuvent connaître sur leur le lieu de travail, mais cela s’arrête bien souvent à la porte des loges et c’est très bien comme ça.

Il n’en demeure pas moins, qu’au fil du temps de vraies amitiés peuvent naitre et au-delà de l’aspect purement professionnel, des liens sont noués.

Il faut prendre garde à ne pas confondre « réseau » et « relation amicale ». Des contacts dans notre milieu, il faut en avoir et même le plus possible, si l’on veut exister. La plupart de nos succès sont le résultat des connaissances que l’on a.

Quant à nos amis, conservons-les. Ils seront précieux en cas de coups durs ou pour partir en vacances.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 6 décembre 2010

Juste une illusion ! !

Juste une illusion ! !

Ou

Il faut avoir en permanence conscience de la réalité du métier

Chers amis,

Dimanche matin, 5 décembre, à Nantes. Il fait froid et humide. Je traverse la ville, déserte. Je me rends à la gare, direction Paris. Les courants d’air glacé achèvent l’installation de ce que l’on appelle communément un rhum. Le train arrive, je monte les bagages et m’installe confortablement dans mon fauteuil.

A mon côté vient prendre place Hervé Vilard. Je savais que nous prenions le même moyen de transport pour rejoindre la capitale, mais ne savais pas que nous partagerions le même wagon.

Nous voilà donc partis à évoquer ce que la chanson française a de plus grands : Piaf, dalida, Damia, Brel, Brassens… Hervé est une véritable encyclopédie de la chanson populaire. Il connaît toutes les dates, les lieux de représentation, les auteurs et compositeurs, les musiciens…

Au détour de la conversation, il lâcha une phrase qui résonne encore dans ma mémoire : « Il faut faire ce métier sans illusion ! ».

On me reproche parfois d’avoir, dans mes chroniques, une vision trop pragmatique du show business, trop terre-à-terre.

Que Hervé Vilard, sans le savoir, vienne cautionner ma démarche me fait bien plaisir. En effet, je souhaite que tous les jeunes futurs chanteurs, ne se fassent pas trop d’illusions sur ce monde, mais au contraire en aient une approche complètement objective. Comment créer cette objectivité ? Tout simplement en disant les choses !

J’utilise souvent la métaphore du Mont-Blanc. Vous aimez la montagne. Le plus haut sommet d’Europe vous fascine. Vous avez vu des images de la cime, tournées en plein été. Ce ciel si bleu et cette neige si blanche vous attirent. Allez, c’est décidé, en août prochain vous partirez à l’assaut des roches et des glaces.

Sérieusement, pensez-vous qu’il vous suffira d’aller chez Décathlon acheter un bonnet et des moufles pour devenir un nouveau Maurice Herzog ? On ne part pas sur un projet tel que celui-ci sans aucune préparation ! Il faut avoir à l’esprit en permanence qu’une telle ascension, peut se révéler très compliquée, voire même impossible, y compris en plein mois de juillet lorsque les températures sont à priori plus élevées et les chutes de neige moins nombreuses.

Parvenir au sommet dans l’univers musical est identique à la montagne. Si vous partez avec uniquement des illusions en poche, il y a de grandes chances pour que vous ne plantiez jamais votre drapeau dans les neiges éternelles.

Connaître son adversaire est la première des leçons à apprendre.

Plus jeune, j’étais fasciné par les solos de guitare de Ritchie Blackmore, membre du célèbre groupe anglais Deep Purple. Il me semblait qu’en achetant une guitare électrique cela ferait l’affaire. Je n’eus pas le temps d’en faire l’acquisition qu’un copain me colla la sienne dans les mains. Je compris rapidement que pour devenir un « guitar héro », l’instrument n’y était pas pour grand-chose…

Si ce métier est magique, pour le public, il n’est construit qu’autour de dures réalités pour les artistes. Il ne suffit pas de croire en sa bonne étoile pour briller au firmament des stars.

Les illusions permettent de tenir le coup, d’avancer lorsque l’on ne sait pas trop où l’on va, mais très vite il faut savoir revenir sur terre et regarder la situation en face. Ceci est le seul moyen de réussir.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 21 juin 2010

Dis-moi que tu m'aimes ! !

Dis-moi que tu m’aimes ! !

Ou

Toute critique est-elle bonne à dire

Chers amis,

21 juin fête de la musique ! J’apprends avec plaisir que de nombreuses communes de l‘ouest de la France souhaitent laisser la place à de vrais amateurs et non à de pseudo professionnels, sous payés, voire non payés. Pas de programmation. On vient, on se branche, on joue et on passe le relais aux copains. C’est très bien. Ce moment de la vie culturelle de notre pays doit être en priorité consacré à ceux qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer en public tout le reste de l’année. Pour les autres, il y a 364 jours, au cours desquels il est possible de donner de vrais concerts.

Le sujet de cette semaine, consacré à la critique, m’a été involontairement soufflé par un de mes lecteurs. Il m’excusera par avance de ne pas citer son nom, car ses propos serviront à alimenter une chronique et non une polémique.

Vous êtes de plus en plus nombreux à m’envoyer de petits messages, dans lesquels vous me demandez de bien vouloir me rendre sur votre page web, afin d’écouter votre travail et de donner mon avis sur celui-ci. Je suis toujours très touché de voir à quel point vous me faites confiance.

J’essaie, dans la mesure du possible, d’honorer ces requêtes. Dès que j’ai du temps et l’esprit disposé à « écouter », je clique sur des liens. Je dois bien l’avouer, parfois mes oreilles ont bien du mal à aller jusqu’au bout du premier morceau placé dans le player, tant le travail présenté n’est pas de bonne qualité. Que faire dans pareil cas ? Est-il vraiment nécessaire de se fendre d’une réponse qui sera désobligeante ? Je ne le pense pas. Il est parfois des situations qui méritent plutôt le silence.

Un garçon m’a sollicité à plusieurs reprises. J’ai écouté et lui ai écrit ce que ses chansons m’inspiraient. Inutile d’entrer dans les détails.

Je reçus quelques temps plus tard une réponse cinglante. Il estimait que je n’avais pas le droit de donner l’avis que j’avais défendu sur son travail, que je me trompais et que mes critiques l’avaient choqué !

Je comprends que l’on puisse être déstabilisé, décontenancé, par un texte qui ne va pas dans le sens dans lequel vous pensiez que tous iraient. Mais de grâce, lorsque l’on se prête au jeu de la critique, il faut l’accepter dans son ensemble. Ne pas séparer bons et mauvais commentaires. Bonnes et mauvaises appréciations. En gros, il aurait fallu que j’apprécie, au plus au point, les chansons de ce monsieur, avec tous les défauts qu’elles portent, n’en rien dire, surtout pour ne pas froisser l’ego du créateur et le laisser poursuivre sa route avec dans sa poche un gentil papier disant qu’il était un grand poète, à deux pas des Brassens, Brel et Ferré…

Cette conception du polissage de poils d’artistes n’a pas cours chez moi. Je l’ai dit, écrit et répété, déjà des dizaines de fois, je ne possède pas la vérité, ni la science infuse de ce métier magique. Mon point de vue ne veut pas être le reflet du show business tout entier. Il n’engage que moi. Si on me demande mon avis, je le donne. On a le droit de ne pas être d’accord avec ce que je dis, mais on n’a pas le droit de me reprocher de l’avoir dit. Peut-être que je me trompe dans mon jugement. Seul l’avenir nous le dira.

Une chose est sûre, avec le temps et l’expérience, je fais tout de même un peu la différence entre un chanteur qui a la voix placée et un qui se cherche, un guitariste qui joue sans hésitation et un autre qui gratouille, un texte bien écrit et une suite de rimes pauvres, un artiste qui à la gniak et celui qui joue à l’avoir. Je précise de suite, ce n’est pas parce que vous semblez posséder toutes les qualités premières citées, que vous êtes assurés de parvenir en haut de l’affiche. Donnez une belle main d’atouts à quelqu’un qui ne sait pas jouer aux cartes et il perdra la partie à coups sûrs.

S’exposer à la critique c’est se mettre en danger, il est vrai. Il y a deux aspects à cet exercice. Le premier, celui que je défends, est le coté pragmatique : cette chanson est-elle bien écrite, bien composée, bien chantée, me touche-t-elle ? Voilà les questions essentielles auxquelles je tente de répondre. Bien entendu cette analyse est déconnectée de ce que je peux penser de l’artiste, en tant que personne qui chante. En d’autres termes, et c’est la seconde face de la critique, je ne mets pas d’affectif dans mon propos. L’affectif tend à brouiller les pistes et à déformer la vision objective que l’on peut avoir d’un sujet.

Il serait bon que ceux qui attendent des retours sur leur travail sachent faire la part des choses, Ô je sais que c’est très difficile comme exercice. Heureusement il y a parfois des auteurs, des compositeurs, des chanteurs qui prennent ce que vous leur donnez, même si cela leur fait mal à l’orgueil et savent utiliser la critique comme moteur. Ils n’appliquent pas forcément ce que vous leur avez dit, qu’importe, mais ils réfléchissent, tentent de faire mieux, en un mot avancent. Jamais ils ne s’abritent derrière un « Quand je joue cette chanson devant mes copains, elle passe vachement bien ! » Ce type de phrase marque la limite entre les professionnels et les amateurs. Allez, c’est votre jour. A vous de jouer !

Bonne semaine.

Olivier

www.oliviervadrot.com

lundi 15 juin 2009

Avec ou sans toi...

Avec ou sans toi...

Chers amis,

J'ai encore pris quelque liberté avec mon calendrier et n'ai pas publié d'article la semaine passée. Je tiens à vous présenter mes sincères excuses et à rassurer celles et ceux qui m'ont écrits, inquiêts : non, je ne compte pas abandonner mon blog en si bon chemin ! Je reçois de plus en plus de messages de soutien, des demandes de rendez-vous et des propositions de collaboration. Donc vous pouvez compter sur moi !

L'article de cette semaine porte sur le "pouvoir" que nous autres : Attachés de presse, chargés de communication, expert en relations publiques... sommes sensés avoir.

A la fin du mois de mai, j'avais rendez-vous avec fabien Lecoeuvre, afin de parler d'un projet que nous avons en commun autour d'une chanteuse dont je suis en charge de la communication. Après avoir évoqué notre affaire, alors que nous étions en train de boire quelques gouttes de Champagne, notre hôte nous présenta les derniers produits qu'il avait à défendre. Parmi ceux-ci, il y avait le nouveau DVD consacré à Elie Kakou.

De retour chez moi, je m'empressai de glisser le disque dans le lecteur et de choisir le sketch de "L'attaché de presse". Vous vous souvenez sans doute du personnage, manteau léopard et chevelure rousse abondante, et qui n'a de cesse de répéter que c'est elle "qui lance les artistes !". Elle a tout de même la lucidité de reconnaitre que, bien qu'ayant envoyé des centaines d'invitations, il n'y a dans la salle que "Paris Boum boum qui est venu".

Inutile de vous dire à quel point j'apprécie ce sketch, à travers lequel je reconnais bon nombre de mes confrères. Je vous en donne deux exemples.

Un de mes clients, pensant avoir plus de poids sur les médias, a jugé bon de travailler avec moi et une autre personne. Après plusieurs semaines de travail, aucun résultat à l'horizon, sur le secteur dont cette autre communicante était en charge. Ils se séparent donc en très mauvais terme. Le jour du clash, elle m'appelle en me disant qu'un média voulait une interview, mais que étant donné la situation, elle allait tout annuler et que la carrière de l'artiste était finie avant même de commencer ! Que voulez-vous que je réponde à cela ? Ma situation est délicate, donc je ne prends partie pour aucun des deux.

Une heure plus tard le téléphone sonne. Un journaliste de France Bleu me demande s'il est possible de réaliser une interview avec l'artiste en question ! ! Etonné, je lui demande si ma consoeur n'avait pas annulé ce rendez-vous ? Dans un soupire il me lâche : "Ho ! vous savez les attaché de presse, si on les écoutait... Moi, je veux une interview de ce chanteur, c'est tout !" On cala un jour et une heure sur le planning et l'entretien eut lieu.

Je connus le même problème sur une émission de télé, avec Georgette Lemaire. Tout était arrêté, les convocations envoyées. L'attachée de presse en charge de l'organisation de cette promotion, envoya tout valser à la dernière minute. On était à deux doigts de la catastrophe, car aujourd'hui faire une émission sur une chaîne nationale est précieux dans le cadre de la mise en avant d'un artiste et par conséquent ne pas la faire peut avoir des répercussions importantes. Qu'a cela ne tienne, je trouve le numéro de téléphone du réalisateur, je l'appelle et lui présente la situation. "Bien entendu que je maintiens le rendez-vous. Moi, les attachés de presse..." L'enregistrement s'est bien déroulé et l'émission sera diffusée au cours de l'été.

Ces deux anecdotes, doivent vous permettre de prendre conscience que tout comme une hirondelle ne fait pas le Printemps, le communicant ne fera jamais de vous une vedette. Bien entendu, nous avons un rôle charnière entre vous et les médias. Nous sommes chargés de présenter et de défendre votre travail, mais au final c'est toujours le journaliste ou le programmateur qui choisit. L'attaché de presse n'est pas un rédacteur en chef et ne peut pas imposer ses choix. Je ne connais aucun spécialiste en communication qui soit encore parvenu à placer sur le JT de 20 h de TF1, le frère de la soeur d'une copine de ma voisine qui chante super trop bien ! ! En revanche si votre produit a tapé dans l'oreille d'un média, alors là, tout est permis, avec ou sans attaché de presse d'ailleurs.

Musicalement