La p’tite monnaie ! !

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Et si on payait les chanteurs quand ils chantent…

Chers amis,

Quel plaisir de commencer une semaine en découvrant un article dans le quotidien Métro, consacré au travail de Renaud Hantson et Laurent Karila, autour du concept-album « AddictionS », disque intégralement consacré aux risques et dangers liés à la prise de produits stupéfiants, d’une part et d’autre part un excellent Live report du Satan’s Fest III, toujours organisé par le fondateur de Satan Jokers.

Je souhaite à chacun de mes lecteurs, de connaitre un jour, le plaisir de participer à une aventure aussi enrichissante humainement que professionnellement. Je suis certain que nous ne faisons que commencer un long chemin qui nous mènera vers des réussites significatives.

Course à la visibilité

A la relecture de deux articles consacrés aux ventes d’albums physiques, sur les six derniers mois de l’année 2011, m’est venue une réflexion, quant à l’importance de la visibilité médiatique.

Depuis de nombreuses années, et cela s’est accéléré avec le temps, une fois qu’un artiste avait un nouveau disque, tout beau tout chaud, sorti des presses, il fallait se précipiter, se battre, se déchirer, pour passer dans une des grandes émissions de télé, afin d’être certain d’en écouler un bon gros paquet de 10 000, dès l’ouverture du Monop’, le lendemain matin.

Il fut même un temps où les chanteurs touchaient un cachet, pour chanter sur les plateaux des buttes Chaumont, dans les studios antiques et disparus de la légendaires S.F.P. A cette époque, la télé n’avait que trois chaines publiques. On y entendait les dernières niaiseries des hit-parades, mais pas seulement. Des artistes installés depuis bien longtemps dans le paysage, venaient interpréter un titre et s’en allait, empochant au passage une enveloppe aussi épaisse que leur renommée.

Télé "commerciale"

Puis est arrivée la télé commerciale, celle qui doit conserver des « temps de cerveau disponible, pour vendre du coca cola ». A partir de ce moment, les médias ont cessé de payer au motif que chaque passage à l’antenne étant promotionnel, le producteur allait s’y retrouver à l’arrivée. Cela a été vrai jusqu’à il n’y a pas longtemps. Effectivement, quand on sait ce que coûte un spot de publicité sur une chaine importante, on se dit qu’un plateau gratuit à 20 h 50 et 6 millions de spectateurs qui regardent c’est toujours bon à prendre.

Ce fut vrai pour presque tous. Cela ne l’est plus que pour quelques-uns. Je ne prendrai qu’un seul exemple. Quand on regarde à nouveau le matraquage médiatique qu’il y a eu l’an passé, pour la sortie de « Bichon », l’album de Julien Doré et que l’on s’intéresse aux chiffres de vente, on est en droit de se poser plusieurs questions.

Tout d’abord, l’album méritait-il cette présence aussi accrue sur les antennes ? Je n’en suis pas persuadé, mais le plus important est ailleurs. Julien Doré est un « bon client » pour les médias. Il a une bonne petite gueule ; il n’est pas aussi idiot que certains le disent ; il plaît aux jeunes filles. C’est donc le bon produit à faire de l’audience. Un booster d’audimat.

Et c’est quoi l’audimat, si ce n’est de l’argent qui rentre dans les caisses de la chaine qui diffuse ? L’artiste lui, aujourd’hui passe à la télé, mais ne vend plus rien. Comme dans une équation, on devrait faire une proposition inverse : Comme ce n’est plus la télé qui fait gagner de l’argent aux artistes, mais le contraire, il serait donc logique que les chanteurs qui se produisent devant les caméras touchent de nouveau un cachet, pour chacune de leur prestation !

Il est temps de changer l'ordre des choses.

Dans un pays limitrophe et francophone, de notre hexagone, il existe une émission de variétés, à l’ancienne, qui paie les artistes. Je fus d’ailleurs très surpris lorsqu’on me demanda quel serait le montant du cachet, pour que telle chanteuse aille sur leur plateau ?

On ne pourra plus faire croire encore longtemps aux créateurs, que le simple fait de passer sur la une ou la douze, permet de se faire une réputation et d’engranger ensuite des tonnes d’euros. Ce temps touche à sa fin.

Rêvons un peu. Et si, chaque fois qu’un média contactait un agent, celui-ci répondait : « D’accord pour venir dans votre programme, c’est 5000 ! » et que l’autre accepte, alors le monde aurait changé. Mais, tant que le show business attirera à lui des papillons éphémères, prêts à tout, y compris à payer, pour s’exhiber face aux caméras, alors il ne sert à rien de se battre. Les mass-média ont gagné. Tant pis pour les artistes.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier