Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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lundi 13 septembre 2010

Un coup pour rien ! !

Un coup pour rien ! !

Ou

Comment dépenser son argent à bon escient

Chers amis,

 La semaine qui vient de s’écouler a été comme prévue, bien chargée et personne ne s’en plaindra. Parmi les nouveautés évoquées sur mon blog fin août, mais non encore révélées, je peux à présent vous donner un indice : Les articles que vous lisez régulièrement, vous pourrez bientôt les écouter ! Je finalise ce projet et vous en reparle très vite.

L’article de cette semaine m’a été inspiré à la suite d’une discussion avec un ami, producteur d’un jeune talent.

Juin 2010, le téléphone sonne. Je décroche. La voix de Samuel, reconnaissable entre mille grâce à son accent nimois, se fait entendre. Après avoir fait un rapide tour d’horizon de nos activités respectives, il me dit : « Ho, tu ne sais pas l’opportunité que j’ai ? Un de mes copains, responsable du marketing chez NRJ, me propose de diffuser un spot promo pour l’album de Fred'Angelo, tout le mois d’août, sur la région PACA. Qu’en penses-tu ? » « Que bien ! », lui répondis-je.

Il est vrai que la cote d’Azur en cette période de l’année est plutôt bien fréquentée. On peut légitimement espérer qu’il y aura de bons retours. Toutefois, comme à mon habitude, je lui dis quel était mon point de vue dans pareille situation. Soit le producteur de l’artiste a de l’argent et cette dépense publicitaire ne représente pas grand-chose en cas de perte dans son budget. Que représente 1000 ou 2000 euros pour quelqu’un qui est blindé ? Dans ce cas là, il ne faut pas hésiter. Faut y aller. On verra bien ce que cela donnera.

Soit, il n’y a pas ou peu de sous dans la cagnotte, ce qui est le cas pour la plupart des auto-productions, et alors là, il faut être très prudent quant aux dépenses à engager. Mieux vaut peut-être garder un petit peu de réserve financière pour se payer un musicien supplémentaire lors d’un concert important ou faire presser quelques CD de plus, que l’on vendra à la fin des spectacles et sur lesquels on est à peu près certain de se rembourser. Pour ce qui est de Samuel, aucun souci, il pourra payer rubis sur l’ongle les quatre semaines de publicité. Je l’invite donc à ne pas tergiverser plus longtemps et à foncer.

Fin août 2010, j’appelle mon ami. « Alors, la campagne promo pour Fred, sur NRJ, ça a donné quoi ? » Je m’attendais à une réponse positive. « Mon pauvre, ça n’a rien donné… ». Lorsqu’il me dit rien, c’est rien. Pas un clic de plus sur le site internet de l’artiste, pas un CD vendu, pas un retour d’auditeur, pas de critique, ni positive, ni négative. Rien… Les chagrins étant moins lourds à porter avec l’accent du sud et la misère étant moins pénible au soleil, il me fallut croire que cet échec n’avait eu aucun effet sur le moral du producteur. Nous parlâmes donc d’autre chose.

L’exemple de ce jour m’amène à plusieurs réflexions. La première est que tout réseau médiatique, aussi important soit-il, ne fait jamais découvrir un artiste par l’intermédiaire de la publicité. Pour que le spot diffusé ait un impact, il faut que les auditeurs sachent de qui il parle. Si demain vous entendez parler de la sortie du premier album de Fred’Angelo, puisqu’on en parle justement, vous n’irez pas prendre de renseignements sur ce chanteur sorti dont ne sait où. Maintenant, si ce garçon commence à être diffusé sur des radios, des grosses, à passer en télé, des très grosses, à avoir son nom dans quelques magazines bien ciblés, alors là oui, l’impact publicitaire peut avoir un effet positif et démultiplier la notoriété de l’artiste. L’inverse nous prouve que non.

La seconde réflexion porte sur la capacité à investir régulièrement dans des espaces publicitaires. Je me souviens de l’époque de la sortie du premier album de Balablan : « Messieurs les musiciens », il y a un an et demi. Nous avions décidé de placer des encarts publicitaire dans des supports comme Francofans. Une fois, deux fois, trois fois et puis à un moment la réserve financière étant épuisée, plus de pub… Alors que je feuilletais ce journal samedi dernier, je découvris qu’il y avait certains groupes qui, déjà présents début 2009, étaient toujours dans les pages du magazine 18 mois plus tard ! A force de voir leur nom apparaître, sur la longueur, on finit par l’intégrer. Le jour ou tel groupe est en première page, cela n’étonne plus personne.

En publicité, le « One shot », ne sert à rien. N’espérez pas être découvert ou passer dans la cours des grands sur une seule diffusion d’un spot radio ou d’un passage télé. Bien entendu, comme je le répète régulièrement aux artistes qui me consultent : « Il vaut mieux que se soit toi plutôt qu’un autre qui passe sur les ondes, même s’il n’y a que trois auditeurs. Au moins ceux-là ne pourront pas dire qu’ils ne t’ont jamais entendu ! Mais pas à n'importe quel prix.» La notoriété, c’est un clou que l’on enfonce chaque jour, à petits coups de marteau. Si vous tapez mal, votre clou se tord et vous perdez toutes vos chances d’aller au bout de votre entreprise. Tapez bien. Tapez juste !

Bonne semaine

Olivier

 www.oliviervadrot.com

lundi 16 novembre 2009

Le salaire de la peur ! !

Le salaire de la peur ! !

Chers amis,

Il y a des semaines au cours desquelles je reste face à mon bureau et ne vois personne. Je communique avec l’extérieur uniquement par téléphone, mail et SMS, ce qui entre nous est tout à fait extraordinaire. Le sans fil nous simplifie la vie et qui peut savoir que je tape sur mon clavier depuis le bord de la piscine de mon hôtel de Normandie ou depuis mon bureau parisien ?

Mais ces jours derniers j’ai beaucoup rencontré, déjeuné, discuté de vive voix et le bilan est que de nouveaux projets de collaboration sont à l’étude et disons le simplement, de l’argent rentrera.

J’ai demandé des rendez-vous à des gens avec qui je suis en relation depuis longtemps et vers qui je n’ai aucune difficulté à me tourner. Un appel direct sur un numéro personnel, un agenda en mains et hop une date est arrêtée.

Vous allez me dire, mais pourquoi nous raconte-t-il ses histoires de restaurants ?

Voici l’explication. Ma vie n’est pas extraordinaire. Ce que j’applique à mon domaine d’activité, vous devez aussi pouvoir l’appliquer au vôtre. Si je parviens à des résultats, c’est simplement en utilisant une recette basique du commerce : Pérenniser dans le temps la relation que j’ai avec mes clients.

Cela se traduit par : Le casino du Luxembourg avec lequel j’ai déjà monté plusieurs opérations (Francis Lalanne, Murray Head, Nicolas Peyrac…) est content de notre relation professionnelle, je me dois donc de lui apporter d’autres affaires aussi intéressantes que les précédentes. Si j’y parviens, je suis certain que tout se déroulera bien et que la confiance entre nous sera toujours aussi forte. De plus, c’est sans compter sur les commissions que je touche à chaque concert et qui font que j’ai tout intérêt à y retourner le plus souvent possible.

Un client est potentiellement une valeur à exploiter sur le long terme.

Je vous parle d’un casino qui organise des concerts avec des artistes de renom. Mais il en est de même pour des petits établissements de province. Et c’est là que je veux attirer votre attention.

Vous rêvez, et c’est légitime, de grandes scènes, de Zénith, de palais des sports ou de Stade de France ! Avant d’y arriver, il y a tout un long chemin à parcourir. Commencez par jouer dans le café-concert de votre village. Si vous y cartonnez, il n’y a aucune raison que la personne qui s’occupe de la programmation, ne vous fasse pas repasser par son plateau une autre fois.

J’ai fait cette expérience avec Balablan, au cours de la saison passée. Nous sommes partis de rien, en terme de concert. Comme je ne suis pas spécialisé dans le booking, il m’a fallu passer de nombreux coups de téléphone et envoyer un certain nombre de CD, avant qu’un lieu ne m’appelle et me propose de le recevoir. Ho ! joie !

Il se trouve que la première prestation a été au-delà des espérances des patrons de la salle. Face à la qualité du show, c’est le calendrier à la main que nous nous sommes quittés avec une seconde date de programmée. Nous y sommes retournés 4 fois jusqu’à l’été dernier et avions 2 dates cet automne ! Multipliez le cachet X par 6 concerts et ajoutez-y les recettes des autres lieux dans lesquels le résultat fut le même. Au bout de quelques mois, vous pouvez être fier de votre parcours et commencez à ressentir ce que vivre de la musique veut dire. J’émets tout de suite les réserves de circonstance et vous accorde que ces cachets ne sont pas (toujours) déclarés et que cela ne fait pas de vraies carrières. Soit, mais il faut bien commencer.

Croire que l’on va venir vous chercher et vous offrir des budgets de plusieurs centaines d’euros alors que vous ne les valez pas, c’est rêver gentiment.

Combien de groupes m’ont dit avoir pu s’offrir de beaux cadeaux, de la Stratocaster originale à la voiture neuve (hé oui !), uniquement en thésaurisant les cachets du week-end ? Beaucoup.

Pour parvenir à cela, il ne faut pas avoir un ego surdimensionné et accepter des conditions, parfois un peu précaire. Il ne s’agit pas de tout prendre, mais d’en prendre un maximum. Parfois un plan scabreux peut déboucher sur quelque chose de beaucoup plus grand.

En voici encore un exemple. Je reçois un appel au printemps dernier, de l’ organisateur d’une fête à Clamecy. Connaissant Balablan, il me demande s’il ne peut venir donner une heure de concert, à un tarif défiant toute concurrence. Nous en discutons et contre le remboursement des frais kilométriques et un petit billet, Balablan accepte. Le concert fut si remarquable que je me permis quelques semaines plus tard de rappeler l’organisateur en lui proposant de prendre Balablan en première partie des Forbans, contre cette fois un cachet à la hauteur du talent de l’artiste et de l’événement. Le deal fut réalisé en quelques minutes, à des conditions très avantageuses pour tout le monde. Il n’est pas impensable de retrouver Balablan en concert dans cette région cette saison, tant son tour de chant est apprécié de ceux qui le reçoivent.

Avant de vouloir conquérir des dizaines de lieux (ce que je vous souhaite bien sûr), commencez par fidéliser des salles autour de votre projet. Allez-y, retournez-y, prenez résidence, installez-vous et engrangez les succès et la monnaie au passage, cela ne pourra pas vous faire de mal. Et puis, n’oubliez pas que malgré tout votre art est un travail et que celui-ci mérite un salaire !

Musicalement

Olivier

lundi 9 novembre 2009

Le premier pas ! !

Le salaire de la peur ! !

Chers amis,

Dimanche dernier j’ai assisté à l’Alhambra de Paris, à un très beau concert de Steve et Heather. La country est vraiment un univers musical riche et beaucoup plus varié que l’on ne croit et sans le savoir, ou sans se l’avouer, nous avons tous un coté country ! Il n’est pas rare d’entendre, dans les émissions spécialisées, des titres de Bruce Springsteen ou de Shaina Twain diffusés entre Johnny Cash et Hank Williams.

Cette semaine, je voudrais attirer votre attention sur l’idée qu’un jeune artiste peut se faire de son premier pas dans le métier. Au cours d’un dîner, jeudi soir dans un cabaret parisien, nous avons abordé le sujet.

Je fus très surpris d’entendre un prétendant dire : « Pour débuter dans ce milieu, il faut faire une reprise ». Jean-Pierre Pasqualini, patron de « Platine Magazine » et moi-même, étions du même avis : Ce propos est une ineptie !

Comme je n’ai de cesse de le rappeler à tous ceux qui me demandent conseil : commencez par avoir une réflexion de bon sens ! Prenez l’histoire de la chanson française, celle que vous avez à portée d’oreille et que vous connaissez malgré tout sans doute le mieux. Jetez un rapide coup d’œil sur les titres qui se sont bien placés dans les charts divers. Faites le calcul du nombre de reprises arrivées en tête des Tops et déduisez-en si en enregistrer une est une bonne idée.

Bien sûr, on objectera que Lâam a vendu près d’un million de singles du titre : « Chanter pour ceux… » de Michel Berger. Et après ? Combien sont-ils à avoir réalisé cet exploit ? Peu, très peu. Dans un premier temps cela pouvait s’apparenter à « un coup », mais l’album qui est sorti ensuite était de très bonne qualité et contenait d’excellentes chansons. Il ne restait plus ensuite qu’à dérouler une carrière, mais les choses étant parfois beaucoup plus compliquées qu’on ne le pense, Lâam a connu des hauts et des bas.

Si je tente d’expliquer que reprendre des titres déjà connus et implantés dans l’inconscient collectif est une pauvre idée pour se lancer, elle peut en revanche apporter une image fédératrice, pour un public qui découvre « en live » un artiste et permet d’identifier l’univers du chanteur. Lorsque Balablan reprend en concert du Gainsbourg et du Salvador, nous voyons de quelle école de la chanson il est issu. Les reprises servent à cristalliser une identité, pas à la fabriquer.

Mais que demande-t-on aux artistes ?

Un chanteur se présente face au public pour y présenter son monde, avec ses mots et ses musiques. L’intérêt de ce métier est que chacun peut évoquer le même sujet en utilisant des mots et des mélodies différentes. Ces chansons forment votre personnalité artistique.

Même si vous n’êtes qu’interprète, avec des auteurs autour de vous, vous allez sans cesse chercher à mettre sur vos cordes vocales les mots que d’autres sauront mieux exprimer, mais que vous revendiquerez. N’hésitez pas d’ailleurs à renvoyer vos faiseurs de chansons à leurs tables de travail, parfois malheureusement un mot, un vers ou une expression peuvent faire chavirer le texte entier dans la catégorie des rebus.

On se nourrit de ce qui a déjà été fait, c’est certain, mais ce n’est pas une raison suffisante pour ne vouloir s’adonner qu’à cet exercice de reprise. Dans les années 60, la jeunesse prenait énormément de plaisir à chanter les succès d’Elvis Presley, Buddy holly, Carl Perkins et tant d’autres, allant jusqu’à imiter les postures, les coiffures, les costumes… Ils devenaient des clones. Combien de temps a-t-il fallu pour que les Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Dick Rivers, pour ne parler que d’eux, trouvent et assument leur identité ? Des années ! Quant aux autres ? Disparus…

Aujourd’hui, ceci n’est plus envisageable. On ne peut plus se permettre d’enregistrer des covers à longueur d’année, pour enfin un jour se dire « Et si je faisais mon œuvre ! Celle que j’ai vraiment envie de chanter ! ». tout va trop vite et le temps est compté. Si vous voulez monter sur scène pour défendre ce que vous avez vraiment dans le ventre, alors il vous faudra creuser, gratter, chercher au plus profond de vous ce qu’il y a de meilleur à produire sous forme de chanson.

Si votre seul désir, et celui-ci est blâmable, est de monter sur une scène pour vous aveugler une fois dans votre vie de lumière, vous étourdir de son et vous bercer d’applaudissements, hé bien vous faites fausse route. Ce sera mettre beaucoup d’efforts pour un bonheur furtif qui vous laissera avec le temps plus d’amertume que de joie.

Le show bizness est un fantasme. Et comme tel, une fois vécu il est décevant.

Chanteur en revanche est un vrai métier, qui demande beaucoup de travail pour parvenir à l’obtention d’un résultat.

Je finirai par une comparaison. Les élèves des Beaux-arts copient, recopient les tableaux des maîtres qui les ont précédés, mais une fois franchie et maîtrisée cette étape, ils se retrouvent face à la toile blanche et sont amenés à y projeter leur propre monde. On ne découvre pas un peintre qui présente « trait pour trait » une reproduction de la Joconde ! On l’ignore.

Soyez les peintres de votre vie et imaginez votre monde tel que vous le voulez et non comme il a déjà été dépeint !

lundi 2 novembre 2009

Hygiaphone ! !

Hygiaphone ! !

Chers amis,

Je rentre d’un week-end de travail, en Bretagne. J’accompagnais Georgette Lemaire, pour deux concerts donnés au Trousse chemise, petite salle de Langan, située à quelques kilomètres de Rennes. Outre la qualité des représentations, ce qui m’a le plus marqué est l’accueil que nous avons reçus.

En province les gens vous reçoivent les bras ouverts et avec chaleur. Toujours à disposition et prêts à dégainer toute une gamme de solutions au moindre problème.

Il y a une dizaine de jours nous étions avec Balablan dans une salle parisienne. A l’arrivée du groupe en fin d’après-midi, c’est l’équipe des musiciens de la seconde partie qui l’a reçu. Distribution de deux tickets chacun pour une consommation au bar et à la fin du show, une poignée de main molle, qui laissa entendre qu’il n’y aurait aucun partage des recettes, le bistrotier n’ayant pas fait son minimum de chiffre d’affaire (un peu trop élevé à mon goût). Voilà pourquoi, une nouvelle fois, je me dis que sont bienheureux ceux qui peuvent vivre de leur art, loin des grandes agglomérations mangeuses de talents.

Je reviendrai je pense à cet aspect des choses dans un autre article. Aujourd’hui, il me semble important d’attirer l’attention des jeunes artistes sur le potentiel d’aides qu’ils peuvent trouver tout autour d’eux et auxquelles ils ne pensent pas forcément.

Au printemps dernier, je suis allé voir une jeune demoiselle appelée Lune. Elle donnait un concert sur une péniche, au pied de la grande bibliothèque. A la fin du show nous avons un peu discutés. Je l’ai retrouvée participant au concours Zicmeup, en mai dernier. Cette fois-ci nous avons pris un peu plus de temps et elle m’a raconté comment elle était parvenue à décrocher une série de dates dans de belles salles de la capitale (Le Zèbre, La bellevilloise...).

Il lui a suffit de remplir de nombreux dossiers de demandes de subventions auprès de différents organismes, pour récolter quelques centaines d’Euro par-ci, quelques milliers d’autres par là.

Bien que vivant dans un pays dit capitaliste, je peux vous assurer que l’Etat, ainsi que de nombreuses structures, aident les jeunes créateurs. Je vous entends déjà me dire : « Oui, il y a des aides, mais ce sont toujours les mêmes qui les ont !». A ceci je répondrai une chose : Oui, ceux qui obtiennent des aides les ont demandées…

Le ïatus est que l’on demande aux artistes d’effectuer un travail de secrétariat, tout en étant créatifs. C’est mission impossible et voilà pourquoi tant d’eux ne trouvent pas la force de remplir les petites cases de tous les documents récupérés. Mais, avec un peu de volonté et peut-être en étant entouré d’une équipe cohérente, ce travail peut-il devenir fructueux.

Je vous invite à vous rendre sur tous les sites web des diverses structures : SACEM, ADAMI, FCM, SCPP… cherchez les rubriques de propositions de subventions, ouvrez, lisez, trouvez le numéro de téléphone de l’antenne la plus proche de chez vous, prenez rendez-vous avec une personne et non avec un serveur vocal, présentez votre projet et vous verrez il y a de grandes chances pour que vous obteniez de l’aide.

Attention toutefois à ne pas croire qu’après avoir lu mon article, tous les artistes bénéficieront de l’argent public ! Il faut bien entendu que votre projet soit cohérent, qu’il ait un aspect professionnel. Il vous faudra sans doute justifier d’une structure, au minimum une association, au mieux un label, mais également de facture de studio, de pressage, de location de salle pour un show case, de fiches de paie pour les musiciens…

Les aides existent. Elles sont données à ceux qui possèdent un cadre structuré. Là, peut-être commence pour vous la galère. Très souvent également, l’argent que vous pouvez recevoir, n’est versé qu’en contre-partie de la présentation d’une facture ou d’un contrat. C’est-à-dire que vous devez avancer les frais et vous faire rembourser à une certaine hauteur ensuite. Vous devez donc avoir des petits reins solides dès le départ pour pouvoir assumer les engagements en cas de non versement des sommes demandées.

J’ai connu par le passé des compagnies de théâtre qui ne fonctionnaient que comme cela. Elles présentaient des projets à toutes les commissions et attendaient le verdict. Si aucune aide ne venait, elles abandonnaient les projets, fussent-ils magnifiques.

Dans la musique, on ne peut travailler ainsi. La chanson est un art vivant, de l’instant. Il est impensable de demander à un auteur-compositeur d’écrire des chansons et lui dire : « Si l’argent ne vient pas tu laisses ton œuvre dans un tiroir. »

Le plus difficile c’est de faire le premier pas. Une fois que vous êtes en marche, rien ne peut plus vous arrêter, à part vous, bien sûr.

Musicalement

Olivier

lundi 26 octobre 2009

Sur la scène ! !

Sur la scène ! !

Chers amis,

Il paraît, dit-on dans les milieux autorisés, que depuis que la crise du disque existe, celle de la scène a disparue et que les artistes vivent mieux de leurs concerts que de leurs droits sur la vente des albums.

Samedi soir, dans l’émission « Le pont des artistes », sur France Inter, JP Nataf, ex chanteur du groupe « Les innocents » a précisé que : « seuls une trentaine de groupes arrivent à vivre de leurs concerts. Pour tous les autres c’est très difficile. Plus encore qu’à l’époque où nous avons commencés. » Petit rappel, leur plus gros succès date du début des années 90, il y a presque 20 ans !

Sachant que les ventes de CD s’écroulent de jours en jours, l’ensemble de la profession se replie sur la scène. L’économie de la musique ne dérogeant pas aux règles économiques en général, plus l’offre est grande, moins les prix sont élevés et plus la qualité se dilue dans le néant.

Plus on met de produits sur le marché, moins on a de chance de les vendre. C’est le paradoxe du commerce. Le seul gagnant est celui qui est au bout de la chaîne et qui tient les rênes du marché. Que ce soit un tourneur, un distributeur ou un producteur, leur but aujourd’hui est d’avoir le plus d’offre à proposer aux consommateurs. Si j’ai dans mon catalogue 50 artistes et que je les vends chacun une seule fois, je gagne 50 fois. En revanche, l’artiste lui ne gagne qu’une seul fois.

Le monde de la musique est une vaste partie de poker où en permanence il faut faire des paris sur l’avenir. A l’opposé d’une science exacte, l’artistique est fondé sur quelques règles élémentaires : avoir une mélodie et une voix à peu près juste. Je dis cela en pensant de suite à Bobby Lapointe ou Renaud qui sont loin d’être des exemples à suivre en termes de qualité de chant… Le reste est uniquement basé sur de l’aléatoire.

Je suis assez bien placé, malheureusement, pour savoir que ce ne sont pas toujours les meilleurs produits que l’on retrouve dans les charts. Le discours est pourtant toujours le même : « Tu vas voir, c’est trop bon, ça va casser la baraque ! » et puis, rien…

Pour en revenir à la scène, je dirais que cette semaine j’ai assisté dépité à un concert à l’OPA Bastille. Balablan jouait ce soir-là sur le même plateau que Altam, un groupe stéphanois. Ni eux, ni nous n’avions ménagé notre peine pour faire de la publicité sur cet événement. Tous les sites webs et boites mails de nos amis et fans avaient été abreuvés de messages, des affiches avaient été collées et des flyers distribués. Nous étions en tout et pour tout une dizaine dans la salle…

Beaucoup d’énergie et surtout d’espoir mis en vain dans ce concert. La prestation quant à elle fut bonne pour les deux groupes. A cela je dois rendre hommage, car quelle que soit la jauge, la plupart des artistes donnent des concerts de grande qualité. C’est tout à leur honneur.

Il y a sur Paris des centaines de spectacles tous les soirs, des plus grandes salles de concert aux plus petites caves sordides. Comment parvenir à faire son trou dans cet univers ? En fuyant très certainement la capitale et les grandes villes.

Ensuite se pose le problème de la motivation des troupes. Êtes-vous prêts à faire des kilomètres, pour donner un concert et recevoir en échange quelques euros ? Tout compte fait, à l’arrivée, il ne reste pas souvent grand chose à se mettre dans la poche. Une fois, deux fois… Si les choses ne bougent pas vite (et c’est souvent le cas) l’envie vous quitte peu à peu et vous finissez par lâcher l’affaire. C’est triste pour vous, mais ne vous en faites pas, la nature ayant horreur du vide, un autre groupe viendra prendre votre place.

Vous devez en permanence savoir avec qui vous travaillez dans votre équipe, quel est le degré de motivation de vos comparses, quel est le moteur de votre volonté. Bien souvent les jeunes artistes pensent qu’une carrière se fait en un jour et qu’il suffit de quelques concerts en MJC pour devenir des vedettes. Si cela a pu arriver à quelques-uns (les noms ne me viennent pas d’ailleurs), ce n’est pas le cas pour l’ensemble de ceux qui ont réussi. Jouer devant des salles vides, vous devez savoir que cela va vous arriver. C’est à l’aune de ces épreuves que vous pourrez mesurer votre capacité à avancer.

Bien entendu, c’est démotivant de ne pas faire le plein lors de chaque représentation. Tout le monde souhaite, et moi le premier lorsque je trouve des dates à mes artistes, que le public se déplace en nombre. Mais faut-il pour autant baisser les bras et ne pas poursuivre le combat si l’adversaire vous semble plus fort ? Je ne le crois pas. Il faut se remettre en cause et se poser les bonnes questions. Il est évident que se prendre le mur à chaque concert finit par laisser des traces sur la peau de n’importe quel rockeur, même portant un perfecto bien épais.

Puisque nous sommes loin de la science, il faut avoir foi en vous, mais sans aveuglement. Croire de manière lucide et objective en votre étoile, nous en avons tous une qui brille quelque part. Appliquer des règles simples et travailler toujours avec persévérance, en vous disant que le but que vous souhaitez atteindre n’est pas si éloigné que cela de votre réalité.

Allez, en scène ! !

lundi 21 septembre 2009

Révolution.com ! !

Malheur à celui qui dit la vérité ! !

Chers amis,

La semaine qui vient de s'écouler a encore été riche en événements. Il y a eu tout d'abord deux belles interviews de Georgette Lemaire dans Platine Magazine et France dimanche; un déjeuner bien agréable avec Balablan, ainsi que Jean Davoust l'éditeur et Gilbert Castro le distributeur du label Balablan Music; Une rencontre avec Gilbert Jouin, auteur de textes pour de nombreux chanteurs; trois demandes de collaboration avec de jeunes artistes, dont un possible gros contrat avec l'Indonésie ; Une offre de participation à une série de conférences en novembre prochain…

Mais revenons à ce déjeuner de mercredi dernier. Au cours de celui-ci nous avons évoqué bien entendu le retour de la loi Hadopi à l’assemblée nationale et son adoption quasi certaine. Les arguments pour ou contre se valent et il est bien difficile d’avoir une opinion tranchée. D’ailleurs, les artistes eux-mêmes ne sont pas tous d’accord et s’opposent frontalement sur le sujet. Il y a ceux qui sont contre. Francis Lalanne considère que « La musique appartient à tout le monde et qu’il vaut mieux être écouté « téléchargé illégalement » que de voir ses disques ne pas se vendre ». Quant à Cali, lui dit : « Il faut faire le ménage chez nous…Le prix du disque est trop élevé…Les producteurs se font des marges énormes ». Et il y a ceux qui sont pour : Étienne Daho, Christophe Maé, Kery James, Sinik, Francis Cabrel, Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Jenifer, Stanislas, Raphaël, M Pokora, Keren Ann, Thomas Dutronc… : « « aujourd'hui, de bonnes âmes essaient de faire croire que la liberté de tout faire, donc de faire tout et n'importe quoi sur Internet est un droit de l'homme que rien ne saurait contrarier sauf à tomber dans une forme de dictature préhistorique. Eh bien non ! » extrait de l’appel lancé dans le JDD par 52 chanteurs.

Regardons les chiffres de ventes de disques, au cours du premier semestre 2009 :

191,5 millions d’Euros de revenus pour le disque physique et 37,7 M pour le numérique. 229,2 M en tout, soit près de 18% de moins qu’il y a un an ! Rappel, en 2004 le marché de la musique représentait presque 415 M d’Euros. (source snep www.disqueenfrance.com)

Le téléchargement légal représente seulement 17 % des ventes. La France est le pays d’Europe dans lequel l’achat de titres en ligne est le moins répandu, alors que dans des pays comme l’Allemagne ou l’Angleterre on obtient des chiffres avoisinant les 40 % de part de marché.

Le piratage informatique des œuvres touche principalement les gros vendeurs. En ce qui concerne les jeunes artistes, je ne suis pas persuadé que dix ans en arrière ils en auraient vendu beaucoup plus qu’aujourd’hui en magasin. Ce qui manque cruellement à notre jeunesse musicale, c’est l’exposition médiatique. Internet n’est pas le média idéale. Même si la musique se trouve sans problème sur de nombreuses plate-forme numériques, encore faut-il savoir qu’elle y est. Seuls les artistes installés et disposant de lourds moyens de communication peuvent le faire savoir.

Aujourd’hui encore les vrais prescripteurs sont les gros réseaux : TF1, NRJ, Skyrock et deux ou trois autres. On n’achète pas de la musique parce qu’on l’a entendue sur le Net. On l’achète parce qu’elle a été diffusée sur M6 !

Il y a en tout cas une chose qui ne se dément pas, le public est toujours attaché au physique. Je veux parler du disque. Un exemple. Balablan effectue des show case dans les magasins Cultura. A chaque fois, le public s’arrête, écoute et achète. Qu’elle ne fut pas ma surprise de savoir que lors d’une de ses représentations, il avait vendu 15 albums dans l’après-midi. Cet aspect positif a donné envie au responsable du magasin de placer l’album en borne d’écoute et par la suite ce sont 15 autres ventes qui ont été réalisées !

Voilà pourquoi Internet ou pas, téléchargement légal ou on, il vous faudra toujours avoir des albums avec vous. Au delà de l’artistique, le disque représente « un objet transitionnel » entre le public et le chanteur. Je connais des clubs aux murs desquels sont accrochées des pochettes de disque. Des vieux vinyles, des 33 et 45 tours, mais également des boîtiers de CD. Pour chacun, le patron du lieu peut raconter l’histoire de l’acquisition de l’objet et même montrer la dédicace qui va avec.

La chanson est un art vivant ! On ne peut la dématérialiser complètement. La sculpture n’est malheureusement pas un art populaire. Dans un musée on n’apprécie qu’à moitié le travail du sculpteur, avec les yeux. Les mains n’ont pas accès à la matière. Il suffirait de laisser le public prendre à bras le corps les statues pour qu’un nouveau rapport existe entre le spectateur et l’artiste. Ha, faire un gros câlin à la Vénus de Milo ! !

Il faut prendre garde à ce que la musique ne devienne pas seulement un art de l’oreille. Les yeux et les mains sont aussi importants pour que vivent les chanteurs.

Après avoir téléchargé le dernier single de Diam’s, je pars, mon portable sous le bras, le faire dédicacer !

Musicalement

lundi 14 septembre 2009

Blues trottoir ! !

Blues trottoir ! !

Chers amis,

J’avais prévu cette semaine de vous parler d’un sujet très pointu et quelque peu ennuyeux, mais face à ce que j’ai vécu hier, j’ai décidé de changer de disque et de retourner mon vieux vinyle sur sa platine. La face B de mon propos de ce jour portera sur la vie du CD !

Un couple d’amis voyant que chez moi les étagères et bibliothèques croulaient sous le poids des livres et des disques, me demandèrent gentiment si je ne voulais pas participer à leur vide-grenier, afin de gonfler le stand qu’ils avaient loué. Vendre ? Pourquoi pas ! Je leur ai donc fourni une valise remplie d’œuvres que je possède en double ou tout simplement que je n’écoute plus.

Hé bien, je peux vous assurer que ma surprise fut grande, lorsqu’en fin de journée je m’aperçus que presque tout mon stock avait disparu ! Je remarquai également que les autres vendeurs alentours avaient eux aussi vidé leurs cartons de toutes ces vieilleries poussiéreuses aux « boîtier cristal » usés par le temps et devenus plus translucides que transparents.

Qu’est-ce qui peut bien pousser un badaud à acheter l’extraordinaire « Mélody Nelson » de Gainsbourg ou « Les 4 saisons » de Vivaldi, sur un trottoir, au cours d’un bel après-midi du mois de septembre ? Le prix tout simplement.

En effet, il me semble encore plus évident aujourd’hui que les tarifs appliqués en magasin sont prohibitifs.

Lorsqu’il s’est agît, au printemps dernier, de mettre en vente le premier album de Balablan « Messieurs les musiciens », nous avons rencontré et trouvé un accord avec « Rue Stendhal », distributeur actuel des derniers disques de Georgette Lemaire, Yves Duteil, Nicolas Peyrac et j’en oublie beaucoup. Notre discours était simple et clair : « Un jeune artiste inconnu du grand public, ne peut être vendu plus de 15 € ».

La semaine dernière, alors que je faisais ma tournée d’inspection dans les rayons des enseignes spécialisées, afin de vérifier que les mises en place des artistes dont je suis en charge, étaient bien faites, j’ai trouvé le CD de Balablan à 18 € !

Je pose une question : « Qui est prêt à dépenser cette somme pour un artiste sans grande notoriété ? ». Réponse : Personne.

Voilà le grand problème auquel nous sommes confrontés. Pourquoi les prix sont-ils si hauts ? Je peux vous assurer que le label Balablan Music n’a pas été gourmand. Il faut savoir que vous devrez partager en trois parts le prix de vente de votre CD. 1 : le label ; 2 : le distributeur ; 3 : le vendeur. Chacun voulant se rémunérer à sa juste valeur, les prix flambent et les disques ne se vendent pas.

Prenons un exemple chiffré. Pour produire votre album (parce que vous êtes en autoprod. Vous êtes donc artiste et label à la fois), vous avez investi 5000 €. Vous demandez à votre distributeur de vous reverser 5 € par CD vendu. Il vous faudra donc en écouler 1000 pour rembourser uniquement votre investissement et 1000 encore pour gagner un peu d’argent. J’exclus de la dépenser de production la SDRM, car vous trouverez sans doute un éditeur qui acceptera de vous aider en avançant la somme due.

Si votre produit n’est pas attractif en rayon, je veux dire à un prix qui donne envie de l’acheter, croyez-vous que vous en vendrez beaucoup ? Non. Tant que l’album de Balablan bénéficiait de la remise traditionnelle « prix vert », de la FNAC, les ventes n’étaient pas mauvaises. Depuis qu’il est passé à 18 €, les ventes s’essoufflent.

« On ne gagne plus d’argent en faisant des disques », disent tous les professionnels. Il est vrai que c’est de plus en plus difficile. Il est question depuis longtemps maintenant de faire baisser le prix du disque (Ha ! si la TVA n’était pas si élevée ! ! !). En moyenne il baisse, mais la moyenne ne reflète malheureusement pas la réalité. Encore un petit calcul (ça fait beaucoup pour un lundi, non ?) Mon Balablan à 18 € et un ancien Cali à 7 €. Cela nous fait effectivement un prix moyen de 12,5 €. Pas cher le CD en France !

Attention tout de même, le circuit traditionnel de diffusion de la musique est difficilement contournable, Quoi qu’on en dise. Pas de label, pas de distributeur, pas ou peu de diffusion radio…

Pour garder le sourire en ce début de semaine, je vous dis simplement que la vente de disques en concert est encore ce qui fonctionne le mieux. Si vous donnez une belle prestation, le public sous le coup de l’émotion, n’hésitera pas à ouvrir son porte-monnaie et à acheter votre CD. Votre marge bénéficiaire n’en sera que plus grande. C’est la meilleure affaire que vous puissiez faire !

Je retourne à la cave, voir s’il ne me reste pas quelques CD à vendre la semaine prochaine.

Musicalement.

Olivier

lundi 29 juin 2009

C'est la fête, la fête ! !

C'est la fête, la fête ! !

Chers amis,

A l’instar de tous les médias, je passe dès ce jour en mode « programme d’été » et vous livre donc mon dernier article avant congés. Bien qu’étant relié en quasi permanence au monde, grâce à l’internet, je pense que vous ferez comme moi et prendrez tout de même des vacances, bien méritées. Celles-ci vous permettront de recharger vos batteries, pour revenir à la rentrée, d’une part en pleine forme et d’autre part le cœur et l’esprit remplis de beaux projets artistiques.

Comme évoqué la semaine passée, je vais vous conter deux expériences vécues le jour de la fête de la musique en 2008 et 2009.

Le 21 juin de l’an passé, j’étais sur la place Saint Nicolas à Bastia. Jessie Karel, Chanteuse originaire des Alpes, dont j’assurais la promotion à cette époque, avait été choisie pour clore le plateau organisé par NRJ Corse. Avant son passage un petit groupe local de collégiens joua quelques reprises Pop-rock. Il y avait du cœur et beaucoup de fausses notes et de break joués à contre-temps. Peu importe, la place était noire de monde et les applaudissements nourris. L’ambiance était idéale. Jessie monta sur scène. Après trois chansons, le public s’en était allé et l’audience avait fondu comme neige au soleil.

Je vous prie de croire que le talent de la chanteuse n’était pas en cause, car quelques mois avant ce voyage, je l’avais vue sur scène, dans sa région, au Grand Bornant, chanter face à un public de plusieurs centaines de personnes et n’en perdre aucune en cours de représentation.

Je mis ce demi-échec sur le compte de la faute à « pas de chance » et sur un match de football qui à-priori intéressait énormément le peuple de l’île de beauté…

Cette année au début du printemps, je reçus une belle proposition pour Balablan cette fois. Un plateau organisé par R.J.R, une radio de Reims, sur la place de l’hôtel de ville. Même scénario que l’an passé. Groupe local qui marche bien en première partie, puis une fois Balablan sur scène, les rangs se désertent. Ceux qui ont déjà vu cet artiste sur scène ne me démentiront pas, lorsqu’il prend le micro, il ne laisse personne indifférent, normalement…

Je peux vous assurer que ces deux dernières « fête de la musique » m’ont laissé un goût amer.

Alors ? Quelle leçon peut-on tirer de ces expériences ?

Je pense qu’une nouvelle fois, la carte « vedette locale » a joué à plein. En effet, sinon comment expliquer que de jeunes gens, sans grands talents, puissent fédérer autour d’eux une foule immense ?

Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, et l’écris à nouveau aujourd’hui, devenez une star chez vous, dans votre ville, dans votre région. C’est le meilleur moyen que vous ayez pour obtenir une belle visibilité. Les médias locaux sont toujours plus attirés vers les artistes du crû, que vers les parisiens en Bretagne ou les alsaciens au Pays basque !

Imposer un chanteur n’est pas chose aisée. Il ne faut pas croire que le public avale tout ce qu’on lui donne. Il faut savoir le lui présenter. En fait, si vous n’avez pas de gros passages en radio ou en télé, de belles chroniques dans la presse papier ou un gros buzz sur le net, il sera quasi impossible de faire de vous une star dans une région qui ne vous connaît pas. Combien de fois ai-je entendu : « Mais, sa chanson elle passe sur quelle radio ? »

A croire que le fait d’être estampillé Virgin radio, RTL2 ou Le Mouv’ donnait forcément une valeur ajoutée à votre talent !

On peut rager contre cet état de fait, mais comment s’y opposer ? Il ne faut pas justement aller au combat frontalement, il faut s’adapter à la situation. Ne cherchez pas à monter à tout prix à Paris, cela ne sert pas à grand chose. Creusez votre trou et rayonnez depuis là où vous vous trouvez. Petit à petit, vous grignoterez des kilomètres et augmenterez votre rayon d’action.

Un jour viendra, vous pourrez vous flatter d’avoir cartonné à 500 kilomètres de chez vous. A ce moment-là, le vrai succès et la reconnaissance du public ne seront plus très loin.

Sur ces mots, je vous souhaite de passer un bel été et vous invite à me retrouver début septembre.

Musicalement.

Olivier

lundi 15 juin 2009

Avec ou sans toi...

Avec ou sans toi...

Chers amis,

J'ai encore pris quelque liberté avec mon calendrier et n'ai pas publié d'article la semaine passée. Je tiens à vous présenter mes sincères excuses et à rassurer celles et ceux qui m'ont écrits, inquiêts : non, je ne compte pas abandonner mon blog en si bon chemin ! Je reçois de plus en plus de messages de soutien, des demandes de rendez-vous et des propositions de collaboration. Donc vous pouvez compter sur moi !

L'article de cette semaine porte sur le "pouvoir" que nous autres : Attachés de presse, chargés de communication, expert en relations publiques... sommes sensés avoir.

A la fin du mois de mai, j'avais rendez-vous avec fabien Lecoeuvre, afin de parler d'un projet que nous avons en commun autour d'une chanteuse dont je suis en charge de la communication. Après avoir évoqué notre affaire, alors que nous étions en train de boire quelques gouttes de Champagne, notre hôte nous présenta les derniers produits qu'il avait à défendre. Parmi ceux-ci, il y avait le nouveau DVD consacré à Elie Kakou.

De retour chez moi, je m'empressai de glisser le disque dans le lecteur et de choisir le sketch de "L'attaché de presse". Vous vous souvenez sans doute du personnage, manteau léopard et chevelure rousse abondante, et qui n'a de cesse de répéter que c'est elle "qui lance les artistes !". Elle a tout de même la lucidité de reconnaitre que, bien qu'ayant envoyé des centaines d'invitations, il n'y a dans la salle que "Paris Boum boum qui est venu".

Inutile de vous dire à quel point j'apprécie ce sketch, à travers lequel je reconnais bon nombre de mes confrères. Je vous en donne deux exemples.

Un de mes clients, pensant avoir plus de poids sur les médias, a jugé bon de travailler avec moi et une autre personne. Après plusieurs semaines de travail, aucun résultat à l'horizon, sur le secteur dont cette autre communicante était en charge. Ils se séparent donc en très mauvais terme. Le jour du clash, elle m'appelle en me disant qu'un média voulait une interview, mais que étant donné la situation, elle allait tout annuler et que la carrière de l'artiste était finie avant même de commencer ! Que voulez-vous que je réponde à cela ? Ma situation est délicate, donc je ne prends partie pour aucun des deux.

Une heure plus tard le téléphone sonne. Un journaliste de France Bleu me demande s'il est possible de réaliser une interview avec l'artiste en question ! ! Etonné, je lui demande si ma consoeur n'avait pas annulé ce rendez-vous ? Dans un soupire il me lâche : "Ho ! vous savez les attaché de presse, si on les écoutait... Moi, je veux une interview de ce chanteur, c'est tout !" On cala un jour et une heure sur le planning et l'entretien eut lieu.

Je connus le même problème sur une émission de télé, avec Georgette Lemaire. Tout était arrêté, les convocations envoyées. L'attachée de presse en charge de l'organisation de cette promotion, envoya tout valser à la dernière minute. On était à deux doigts de la catastrophe, car aujourd'hui faire une émission sur une chaîne nationale est précieux dans le cadre de la mise en avant d'un artiste et par conséquent ne pas la faire peut avoir des répercussions importantes. Qu'a cela ne tienne, je trouve le numéro de téléphone du réalisateur, je l'appelle et lui présente la situation. "Bien entendu que je maintiens le rendez-vous. Moi, les attachés de presse..." L'enregistrement s'est bien déroulé et l'émission sera diffusée au cours de l'été.

Ces deux anecdotes, doivent vous permettre de prendre conscience que tout comme une hirondelle ne fait pas le Printemps, le communicant ne fera jamais de vous une vedette. Bien entendu, nous avons un rôle charnière entre vous et les médias. Nous sommes chargés de présenter et de défendre votre travail, mais au final c'est toujours le journaliste ou le programmateur qui choisit. L'attaché de presse n'est pas un rédacteur en chef et ne peut pas imposer ses choix. Je ne connais aucun spécialiste en communication qui soit encore parvenu à placer sur le JT de 20 h de TF1, le frère de la soeur d'une copine de ma voisine qui chante super trop bien ! ! En revanche si votre produit a tapé dans l'oreille d'un média, alors là, tout est permis, avec ou sans attaché de presse d'ailleurs.

Musicalement