Ou

Comment participer à un concours avec un bon esprit

Chers amis,

L’exercice d’écriture pour blog est une activité qui à la longue s’apparente à de la production journalistique. La vie est cyclique et les événements nous ramènent parfois toujours au même point, au même moment. Tout comme nous avons le droit à nos articles sur les ventres plats et comment bronzer sans soleil avant de partir en vacances, j’ai également quelques marronniers dans mon tiroir. Cette semaine, je ne dérogerai pas à la règle et traiterai d’un sujet déjà essoré à plusieurs reprises, mais qu’importe, il faut frapper de nombreuses fois sur le clou afin qu’il s’enfonce correctement.

La semaine passée, comme tous les ans depuis trois ans, j’ai assisté, en tant que juré, à la sélection pour la finale régionale, du grand concours national, organisé par le site web Zicmeup « accélérateur de talents ».

Au-delà du fait de retrouver des amis que je ne vois que trop rarement, il nous a été donné d’entendre plus d’une soixantaine de jeunes artistes, tous désireux de remporter le titre qui leur ouvrira entre autre, les portes d’un studio professionnel et leur permettra ainsi d’enregistrer quelques titres dans des conditions techniques optimales.

Comme d’habitude dans ce type de concours, le meilleur côtoie le moins bon, mais cela fait partie du jeu… Une nouvelle fois deux points ont attiré mon attention. En premier lieu, je ne parviens toujours pas à m’expliquer le choix de certains concurrents. Lorsque l’on vous donne un espace d’expression il faut l’utiliser au maximum, en étant le plus efficace possible. Ne vous perdez pas en conjectures et en réflexions qui n’apporteront rien à votre prestation. Choisissez le titre le plus percutant de votre répertoire et foncez !

Un titre percutant ne veut pas dire obligatoirement « gros son », « hurlement dans le micro » ou « tenue en scène excentrique ». Non, cela veut dire « Titre interprété avec toute votre énergie, avec vos tripes ». Pour preuve, le premier jour, une jeune chanteuse s’est présentée avec son clavier et un percussionniste. Une bonne partie de la chanson a été chantée « A cappella ». Succès garanti. Elle est sélectionnée pour la finale. Il y avait une telle intensité dans son interprétation que l’ensemble du jury a craqué.

Il faut se préparer pour ces concours comme on se prépare pour n’importe quel concert. Des gens qui savent chanter, il y en a beaucoup. Des artistes qui peuvent être capables de vivre de leur art, il y en a très peu. Si vous voulez faire partie de ce petit cercle, il vous faut travailler. Le jour où vous vous présenterez sur le plateau, vous serez prêts et votre sélection ne souffrira aucune critique.

Le second point, qui m’a particulièrement mis en colère, est la mauvaise foi de quelque candidat, qui se pensant supérieur, mais n’étant pas sélectionné pour la finale a cru bon venir me demander des explications concernant son éviction. De prime abord je trouve cette démarche plutôt intelligente. Pourquoi ai-je échoué ? Cette question nous devrions tous l’avoir à l’esprit lorsque malheureusement nous ne parvenons pas à obtenir ce que nous voulons.

Mais voilà, après quelques minutes de discussion le ton interrogateur devient accusateur. Ce chanteur, vexé de son échec, a déversé son fiel sur le jugement de l’ensemble des membres du jury. Ce jeune homme remettait en cause notre capacité de jugement. « Comment pouvez-vous juger en quatre minutes ? », « Ha, vous avez le temps d’entendre si une chanson est bien écrite ou pas ! », « C’est quoi un critère objectif ? ». Je ne m’étendrai pas sur chaque point soulevé. Bien entendu il y a toujours de la subjectivité dans le jugement. L’art n’est pas de la mathématique. Je peux bien entendu commettre une erreur, mais lorsque les membres d’un même jury notent, sans concertation aucune, à peu de chose près de la même façon un candidat, les doutes quant à la prestation ne sont pas vraiment permis. Alors remettre en cause les votes…

Soyez bons perdants. Un concours ne veut rien dire. C’est un « one shot » qui se termine bien pour quelques-uns, qui se finit moins bien pour d’autres. Encore faudra-t-il que les vainqueurs d’hier aient la capacité à nous faire vibrer lors de la finale. Là, nous verrons ceux qui ont la capacité à devenir de vrais artistes.

Une carrière se construit dans le temps, sur le long, très long terme. Je n’aurai de cesse de rappeler que lorsque Jacques Brel participa à son premier concours de chant à Knokke-le-Zoute, il finit bon dernier.

Bonne semaine.

Olivier