And the winner is ! !
Par Olivier Vadrot le lundi 8 mars 2010, 10:42 - Les articles du lundi - Lien permanent
Ou
Si vous voulez un trophée, signez dans une major
Chers amis,
Je viens de vivre une semaine extraordinaire. Je ne sais si cela vous est déjà arrivé, mais lorsque votre rêve devient réalité, vous ressentez un sentiment extrêmement fort de plaisir et de joie. Depuis mon plus jeune âge, je souhaitais travailler aux cotés d’artistes, de chanteurs, être dans les coulisses, sur des plateaux de télé, dans des studios de radio… Voilà donc ce qui a été mon quotidien ces derniers jours.
Quel que soit le but que vous souhaitiez atteindre, je ne peux que vous encourager à le poursuivre. A force d’acharnement et de volonté, parfois avec un peu de chance (mais ça, je n’y crois pas trop, car il me semble que celle-ci nous la créons nous-même. J’y reviendrai un autre jour), on finit par arriver là où l’on veut aller.
Je vous engage à ne pas attendre d’être parvenu au sommet pour fêter vos réussites. C’est en célébrant chaque étape franchie, que l’on crée l’énergie qui propulse sur le palier suivant. Tout comme l’écrivait Molière pour Dom Juan « Y voir chaque jour les petits progrès que l’on fait ».
Il se trouve donc que cette semaine, je suis parti sur la nouvelle tournée du spectacle « Âge tendre ». Je vous entends d’ici rire de ce rire narquois et moqueur. Je vous arrête de suite. Le show qui est donné est d’une très grande qualité et ne souffre d’aucune critique. Pour être tout à fait honnête (et il faut l’être), je ne cautionne pas tous les chanteurs de ce plateau, ayant des préférences artistiques, mais cela ne regarde que mon goût personnel et je ne me permettrai pas d’émettre quelques remarques en place publique, à travers cet article.
Une polémique est née il y a quelques jours, car comme le savez et l’avez certainement suivi, le programme des Victoires de la musique diffusé samedi dernier, n’a pas laissé de place à certaines catégories. Michel Algay, le producteur « d’Âge tendre », ne veut pas à tout prix recevoir un trophée. Deux millions de spectateurs en 4 ans de tournée, c’est plutôt une belle récompense et cela lui suffit d’obtenir les suffrages du public.
Le problème qui est soulevé, c’est l’impartialité des décideurs et la probité avec laquelle sont décernées ces sculptures.
Il faut pour bien comprendre avoir quelques éléments qui peuvent échapper au public. Le comité des « Victoires de la musique » est une association qui vit principalement de l’argent qui est versé par les majors. De ces dons, des gens tirent des salaires. Tout travail mérite salaire, d’accord, mais certaines rentes me semblent douteuses.
En termes claires, si je suis payé par Sony et Universal, puis-je décemment donner une récompense à un album produit par un label indépendant et uniquement distribué par internet ?
De plus le producteur de l’émission télévisée est Nagui. Vous aurez remarqué que tous les extraits de présentation des chanteurs nominnés sont issus de Taratata… Il faut savoir parfois se faire de la publicité à peu de frais.
Les Victoires de la musique, ne sont vraiment que celles d’une certaine musique, plutôt bien appréciée dans le milieu très parisianiste de soirées branchouilles et Bo-bo, tendance France Inter et Télérama. Je dis cela en connaissance de cause, j’écoute France Inter. Ce qui est le plus gênant, ce n’est pas que Biolay ou Ruiz soient récompensés, au contraire, leur travail mérite d’être reconnu, quant à l’album d’Izia, celui-ci est tout simplement excellent, non ce qui me dérange c’est la permanente opposition qu’il faudrait faire entre la chanson « Intello » et la chanson « populo ». Pourquoi vouloir sans cesse diviser plutôt que rassembler ?
Il me semble que le coeur même de l’art (même s’il est mineur) c’est la création d’émotion. Si une chanson, d’oû qu’elle vienne, quels qu’en soient les auteurs et compositeurs, vous donnent le frisson, alors c’est une bonne chanson. Je peux vous assurer que lorsque j’entends certains titres de Damien Saez, Alain Bashung ou Jacques Higelin, je suis ému de la même manière que lorsque je vois sur scène Charles Dumont ou Isabelle Aubret. C’est juste une question d’alchimie musicale. Une belle mélodie, un beau texte et la magie opère.
Pour résumer, si vous rêvez de remporter un jour une récompense, prévoyez d’intégrer d’abord une major, d’avoir un plan promo avec beaucoup de zéro et de passer dans les meilleurs programmes musicaux. A ce moment-là vous aurez des chances. Sinon, continuez d’écrire, de composer et de chanter face à votre public, lorsque vous recevrez leurs applaudissements et leurs bravos, ce sera alors votre plus belle victoire.
Bonne semaine.

Commentaires
Bonjour Olivier,
Je tombe complètement par hasard sur ce vieux message et il me fait réagir sur un point au moins. Je partage globalement l'analyse que vous faites sur la chanson, le métier, les connivences, etc.
Ce qui me fait réagir est la phrase suivante : "Le show qui est donné est d’une très grande qualité et ne souffre d’aucune critique". Comment ça? S'exposer artistiquement sur une scène devant un public demande un énorme courage, car c'est potentiellement très violent (même si plein d'amour). Donc avoir un strict respect pour celui qui le fait en direct, sans artefacts inavouables! Votre spectacle existe et a rencontré son public, ce qui est l'idéal. Dire que c'est "parfait" et que "ça ne souffre d’aucune critique", c'est vous qui le dites...
S’exposer, c'est déjà accepter une critique. Et on est en droit d'en faire pour ce spectacle. Il est certain que depuis 2006, il y a eu des artistes qui tiennent le coup et de vraies découvertes ou redécouvertes pour certains. Car la voix, la tenue sur scène restent grandes ou au moins acceptables. J'ai aussi de piteux souvenirs de prestations, certainement très sincères dans leur démarche (je l'espère au moins), mais qui n'ont plus leur place sur scène car "ça fait juste mal à entendre".
On est donc dans un patchwork, il y a de belles pièces et des éléments qui - rien que sur le plan technique - jurent. Je ne dis pas que c'est la seule raison de l'écart de cette production de "retombées victorieuses"; je partage 80% de votre analyse. Mais ces quelques éléments qui jurent peuvent "foutre en l'air" la perception et la cohérence du spectacle. Je peux donc comprendre que certains décideurs "rigolent" comme vous le dites. Ou que l'assemblage produit est par trop hétérogène. Je n'en rigole pas, mais la dernière vision est mon ressenti (avec le fait qu'à trop surfer sur la nostalgie ...). Certains "rigolards" sont les mêmes que ceux qui n'ont même pas ouvert les démos, en 1999-2000, de "Chambre avec vue", courage ...
Dans un second temps la couverture médiatique. Ces mêmes "gloires passées", "idoles" (et bien présentes par ce spectacle ou autrement) ont indirectement écarté des artistes des émissions majeures à leur « grande époque ». Certains ont eu des "matraquages en règle" par un tandem bien huilé producteur de disque/producteur TV ou radio.
D'autres talentueux (Fanon, Debronckart, Leprest, Vasca, Bertin, etc) pouvaient aller "se brosser" rien que pour songer y passer. Je ne parle pas d'artistes élitistes, des gens qui écrivent avec des mots simples sur une mélodie mémorisable.
Ce sont juste les noms qui ont changé, la variété a presque toujours été dans un système de copinage. Il est devenu favorable à certains comme il l'a été jadis pour beaucoup de ceux que vous "tournez". Et néfaste aujourd'hui comme hier à d'autres ...
Votre équipe (M. Alguay et d'autres) avez la chance et le talent d'avoir la plus belle reconnaissance : celle du public. Laissez les victoires et autres colifichets pour ce qu'ils sont: Des hochets !
Cher Lenkinap,
Vous avez raison, à me relire, je ne dirai plus aujourd'hui qu'un spectacle, aussi bon soit-il, ne souffre aucune critique. Tout est perfectible, toujours.
Merci pour votre commentaire.