What's in a bird ?

Ou

Comment limiter la création à cause des quotas

Chers amis,

Comme je le préssentais en début de semaine dernière, les jours qui viennent de s'écouler m'ont offert beaucoup de plaisir et de bonheur à travailler pour le monde du spectacle. J'ai eu la chance de valider des dates de concert, d'assister à de très beaux spectacles et de rencontrer des passionnés de chanson et de musique, j'ai voyégé en bonne compagnie et ai préparé le calendrier pour les mois prochains.

Vous le savez sans doute, var j'ai déjà au l'occasion d'en parler dans certains billets, j'interviens de manière ponctuelle et toutefois très agréable, sur Radio Néo. En général, j'aime être sur cette antenne le mardi soir.

La semaine dernière, il y avait sur les ondes un débat fort intéressant qui avait pour thème l'utilisation de la langue anglaise pour écrire des chansons. Doit-on, en tant que français, utiliser une autre langue que la sienne pour s'exprimer ? Toujours en pareille circonstance, les échanges sont extrêmes et parfois vindicatifs. D'un côté il y avait un auditeur d'origine hongroise qui soutenait que si on ne maîtrise pas les subtilités de la langue, il vaut mieux s'exprimer dans celle qui vous a vu naître et de l'autre il y avait Aubel qui ne chante qu'en anglais et qui défendait le fait de trouver des mots et des sonorités dans cette autre langue, qu'elle ne parvenait pas à faire naître en français.

Je pense que nous aurions pû les laisser toute la soirée en ligne, qu'ils n'auraient pas trouvé un terrain d'entente pour admettre que chacun finalement à raison.

Le principe même de la création est justement la liberté et la non-entrave à l'expression. Qu'importe que la langue soit celle de votre naissance ou de vos ancêtres ou du pays voisin. L'important est ce que vous souhaitez dire. S'il vous est plus facile d'écrire et de faire passer votre message en allemand ou en espagnol, alors allez-y. Personne n'y trouvera à redire.

La plupart des auteurs français qui écrivent en anglais se veulent plus proche d'artistes rock, que de song writter. Ils utilisent les mots, les sonorités, les consonnaces comme si ceux-ci étaient des instruments de musique en soi. L'anglais est sans doute la langue qui colle le mieux au rock. Je ne vous invite pas, d'ailleurs à traduire les textes de vos chansons favorites, car vous pourriez avoir de grosses surprises quant à la profondeur de cette littérature. Si ça sonne dans l'oreille et résonne dans le coeur, alors la partie est gagnée.

L'étape suivante est la diffusion de ces oeuvres. Il y a quelques années en arrière, les titres anglosaxons abreuvaient les playlist des radios FM. A tel point qu'une loi de 1996, a fini par être votée afin que les diffuseurs entre un certain quota de chansons en langue française, dans leurs rotations. 40 % de français, dont 20 % de nouveaux talents. Ces chiffres sont-ils bien respectés ? J'invite les plus curieux d'entre vous à consulter le site du ministère de la culture et de lire les articles de loi.

Aujourd'hui les groupes qui ne s'expriment pas dans leur langue peuvent rencontrer des difficultés de diffusion car elles n'entrent pas dans les quotas. Les programmateurs d'ailleurs ne s'en cachent pas. Pourquoi choisiraient-ils de passer des titres chantés en anglais par des français, alors qu'ils en ont une quantité impressionnante livrée tous les jours par d'authentiques britaniques ?

A l'inverse, j'ai eu la chance de pouvoir faire entrer des chansons sur certaines antennes, car à cette période, la production en langue française était faible et les créneaux accessibles.

On objectera toujours que quel que soit le titre, s'il est bon il sera diffusé, que Phoenix est l'exemple même du groupe français qui chante en anglais et qui cartonne sur les ondes et à l'étranger. C'est vrai, mais je me place toujours dans la perspective de jeunes groupes qui emmergent et à qui certains médias pourraient éviter les diffusions sous prétexte que leur quota est déjà atteint.

Pour l'anecdote il est bon de rappeler qu'il y a quelques années en arrière, Métallica, célèbre groupe de heavy métal, employait quelques mots en langue française dans une de leur chanson. Cette utilisation aussi minime suffit à les faire passer dans le pourcentage d'oeuvres en langue française. Autant dire que les 40 % par heure était explosés, car le titre faisait au bas mot 6 minutes. Tant pis pour nos petits français...

So long !