Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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lundi 23 janvier 2012

Nouvelle ère ! !

Nouvelle ère ! !

ou

Les géants du net seront les maisons de disques de demain

Chers amis,

Comme vous le savez, si vous me lisez régulièrement, j’ai pour habitude de commencer mon article par un petit retour en arrière, sur les sept derniers jours. Aujourd’hui, je vous dirai bien que c’est l’avenir qui m’intéresse.

MIDEM.NET

En effet, s’ouvrira dans quelques jours, à Cannes, le MIDEM. Alors que les années précédentes, on faisait figurer le web, en parallèle du grand raout musical, cette fois-ci, le tout numérique sera totalement intégré à la fête. Oui, en général, on parle de la « grand-messe » ou « fête » du monde de la musique, quand on évoque le rassemblement de ce que la terre entière ou presque compte d’éditeurs en recherche de producteurs et de valorisation d’un catalogue quelconque.

Dans un peu plus d’une semaine, on saura ou du moins on espère connaitre la vision, si ce n’est à long terme, mais au moins pour les prochaines années, de tout ce beau monde.

Je n’y suis allé qu’une seule fois, il y a cinq ans. Déjà à cette époque, j’entendais les anglo-saxons dirent que le bateau avait fait naufrage et que nous, européens, étions accrochés à une planche de salut qui ne tarderait pas à couler elle aussi, si nous ne prenions pas rapidement les bonnes décisions. En clair, cela voulait dire, ne tournez plus autour du pot, modifiez vos modes de pensées et de travail, avant de toucher le sol et de vous écraser.

Bon, il a fallu ce quinquennat pour que le marché prenne la décision de faire figurer le net en bonne place. On va y arriver !

Diffuseurs = producteurs

Puisque je vous parle du net, j’aimerais revenir sur une notion qui semble échapper à beaucoup d’entre nous. Je dois bien avouer que je faisais également partie des béotiens, il y a peu encore, sur ce sujet.

Aujourd‘hui, nous savons qu’Internet a le pouvoir. Demain, il supplantera tous les autres modes de diffusion d’informations visuelles, musicales, sonores… Plus de postes de télé ou de radio, il n’y aura plus qu’un appareil connecté au web et qui permettra de passer d’un média à un autre.

Historiquement, la production musicale a toujours été, en grande partie, tenue par des grosses sociétés qui possédaient les moyens de la diffuser. C’est parce que Warner avait des réseaux de télévision ou que Philips fabriquait des électrophones qu’ils ont pris en main, ce segment de leur propre marché. Le discours était simple et efficace : « Nous possédons les tuyaux, créons donc ce qui passera dedans ».

Nouveaux acteurs "virtuels"

Aujourd’hui, la donne a changé. Ce ne sont plus les fabricants de matériel qui ont le pouvoir. Alors, qui possède ces fameux canaux et génère beaucoup d’argent ? Internet, bien sûr. Les fournisseurs d’accès, les moteurs de recherches, les plates-formes de diffusion de vidéos…

Il ne serait donc pas étonnant que d’ici peu, nous ayons des divisions de production de contenus musicaux au sein de Google, Apple ou Youtube.

Vous verrez, les magnats du web feront bientôt la danse du ventre pour signer le prochain album de U2 ou de Placébo. Fini les logos Umusic sur les livrets des CD (il n’y en aura plus de toute façon, alors…), on ara le droit au joli calicot à la pomme déjà croquée !

On entendra des discours comme « T’as signé avec Youtube, toi ? C’est bien ? Ils t’ont donné une grosse avance sur les futures lectures de ton clip ! Génial ! Moi, j’aimerais bien signer avec Orange, mais ils ne sont encore au top. Non, ils veulent juste me donner un pourcentage sur le nombre de pages-vues de publicité. Remarque depuis qu’il n’y a plus qu’eux qui diffusent des vidéos musicales, c’est sans doute un bon plan, non ? »

La musique sera désacralisée et deviendra un simple produit d’appel pour lessiviers assoiffés de reconnaissance. C’est toujours bon d’avoir un artiste dans son entourage, ça permet de rêver, de faire rêver et d’engranger…

C’est sans doute ce à quoi il faut s’attendre dans les années qui viennent. Voir, l’apparition de « web labels », tenus dans l’ombre de montages administratifs fumeux, par les grands tireurs de ficelles de l’internet. A vrai dire cela ne sera pas choquant. Cela s’appelle l’évolution. En revanche, ce qui risque de l’être est la répartition des droits. Là, il y aura sans doute encore un gros chantier à organiser, mais cela fera l’objet d’un débat, j’en suis certain, au cours du MIDEM 2017 !

Je vous souhaite plein de web succès !

Bonne semaine.

Olivier

lundi 16 janvier 2012

La p'tite monnaie ! !

La p’tite monnaie ! !

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Et si on payait les chanteurs quand ils chantent…

Chers amis,

Quel plaisir de commencer une semaine en découvrant un article dans le quotidien Métro, consacré au travail de Renaud Hantson et Laurent Karila, autour du concept-album « AddictionS », disque intégralement consacré aux risques et dangers liés à la prise de produits stupéfiants, d’une part et d’autre part un excellent Live report du Satan’s Fest III, toujours organisé par le fondateur de Satan Jokers.

Je souhaite à chacun de mes lecteurs, de connaitre un jour, le plaisir de participer à une aventure aussi enrichissante humainement que professionnellement. Je suis certain que nous ne faisons que commencer un long chemin qui nous mènera vers des réussites significatives.

Course à la visibilité

A la relecture de deux articles consacrés aux ventes d’albums physiques, sur les six derniers mois de l’année 2011, m’est venue une réflexion, quant à l’importance de la visibilité médiatique.

Depuis de nombreuses années, et cela s’est accéléré avec le temps, une fois qu’un artiste avait un nouveau disque, tout beau tout chaud, sorti des presses, il fallait se précipiter, se battre, se déchirer, pour passer dans une des grandes émissions de télé, afin d’être certain d’en écouler un bon gros paquet de 10 000, dès l’ouverture du Monop’, le lendemain matin.

Il fut même un temps où les chanteurs touchaient un cachet, pour chanter sur les plateaux des buttes Chaumont, dans les studios antiques et disparus de la légendaires S.F.P. A cette époque, la télé n’avait que trois chaines publiques. On y entendait les dernières niaiseries des hit-parades, mais pas seulement. Des artistes installés depuis bien longtemps dans le paysage, venaient interpréter un titre et s’en allait, empochant au passage une enveloppe aussi épaisse que leur renommée.

Télé "commerciale"

Puis est arrivée la télé commerciale, celle qui doit conserver des « temps de cerveau disponible, pour vendre du coca cola ». A partir de ce moment, les médias ont cessé de payer au motif que chaque passage à l’antenne étant promotionnel, le producteur allait s’y retrouver à l’arrivée. Cela a été vrai jusqu’à il n’y a pas longtemps. Effectivement, quand on sait ce que coûte un spot de publicité sur une chaine importante, on se dit qu’un plateau gratuit à 20 h 50 et 6 millions de spectateurs qui regardent c’est toujours bon à prendre.

Ce fut vrai pour presque tous. Cela ne l’est plus que pour quelques-uns. Je ne prendrai qu’un seul exemple. Quand on regarde à nouveau le matraquage médiatique qu’il y a eu l’an passé, pour la sortie de « Bichon », l’album de Julien Doré et que l’on s’intéresse aux chiffres de vente, on est en droit de se poser plusieurs questions.

Tout d’abord, l’album méritait-il cette présence aussi accrue sur les antennes ? Je n’en suis pas persuadé, mais le plus important est ailleurs. Julien Doré est un « bon client » pour les médias. Il a une bonne petite gueule ; il n’est pas aussi idiot que certains le disent ; il plaît aux jeunes filles. C’est donc le bon produit à faire de l’audience. Un booster d’audimat.

Et c’est quoi l’audimat, si ce n’est de l’argent qui rentre dans les caisses de la chaine qui diffuse ? L’artiste lui, aujourd’hui passe à la télé, mais ne vend plus rien. Comme dans une équation, on devrait faire une proposition inverse : Comme ce n’est plus la télé qui fait gagner de l’argent aux artistes, mais le contraire, il serait donc logique que les chanteurs qui se produisent devant les caméras touchent de nouveau un cachet, pour chacune de leur prestation !

Il est temps de changer l'ordre des choses.

Dans un pays limitrophe et francophone, de notre hexagone, il existe une émission de variétés, à l’ancienne, qui paie les artistes. Je fus d’ailleurs très surpris lorsqu’on me demanda quel serait le montant du cachet, pour que telle chanteuse aille sur leur plateau ?

On ne pourra plus faire croire encore longtemps aux créateurs, que le simple fait de passer sur la une ou la douze, permet de se faire une réputation et d’engranger ensuite des tonnes d’euros. Ce temps touche à sa fin.

Rêvons un peu. Et si, chaque fois qu’un média contactait un agent, celui-ci répondait : « D’accord pour venir dans votre programme, c’est 5000 ! » et que l’autre accepte, alors le monde aurait changé. Mais, tant que le show business attirera à lui des papillons éphémères, prêts à tout, y compris à payer, pour s’exhiber face aux caméras, alors il ne sert à rien de se battre. Les mass-média ont gagné. Tant pis pour les artistes.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

samedi 14 janvier 2012

Michel Jonasz au Casino de Paris

J'inaugure avec ce premier Live report, de Michel Jonasz au Casino de Paris, une collaboration avec "Hors scène", le nouveau site d'information musicale, autrement. http://www.horscene.com

MICHEL JONASZ

Casino de Paris

12 janvier 2012

Libre et bleu !

Cela faisait une vingtaine d’années que je n’avais plus revu Michel Jonasz sur une scène parisienne. A l’époque, fin 80 début 90, le chanteur raflait les prix et écrasait les charts avec « La boite de jazz » et « La fabuleuse histoire de Mister swing ». Présent dans le paysage musical depuis presque vingt ans, il connaissait enfin une consécration largement méritée et parachevait son œuvre avec un spectacle, aussi beau qu’émouvant sur la scène du Zénith de Paris, dont un double CD sera tiré.

Et puis, comme le soleil disparaît après une belle journée d’été, Michel Jonasz s’est fait plus discret, nous laissant dans la douce obscurité de la nuit. Une présence en retrait du jeu médiatique. Pourtant, il a toujours été sur les routes, avec un spectacle consacré à la musique tzigane ou une pièce de théâtre écrite en hommage à son grand-père et puis quelques disques originaux « Pôle ouest », « Où vont les rêves », des reprises « Chanson française », un « best of ».

Michel Jonasz

En 2011 sort « Les hommes sont toujours des enfants », un album de 12 titres, sans, a priori, de « tubes » à l’intérieur. Qu’importe. Même sans renfort de grande promotion télévisuelle ou de support radiophonique, Michel Jonasz s’offre en ce mois de janvier, quatre soirs de suite, le Casino de Paris.

C’est avec une formation musicale réduite : claviers, guitare, percussions et deux choristes, qu’il entre en scène. La première chanson, est dit-on « sacrifiée », sur l’autel de l’entrée en matière et des retardataires qui cherchent à rejoindre le fauteuil du milieu du rang en dérangeant tout le monde. « J’suis dans l’coton, j’suis dans l’bleu », miaule Jonasz d’emblée.

Des tempos très souvent lents et des mélodies enrobées dans une espèce de guimauve, ô combien reconnaissable, dans sa bouche, mais malheureusement pas toujours accessible quand on ne connait pas les paroles. Le blues domine, sur la scène de la rue de Clichy. Mais pas le blues américain, non, le blues de Jonasz. Le seul auteur compositeur à savoir marier les influences de ses jeunes années avec ses racines d’Europe centrale. Nostalgie, temps qui passe, mort, souvenirs d’enfance, des thèmes qui lui sont chers depuis ses débuts.

Sans craindre déstabiliser le public, venu en nombre écouter ses standards, il chante la moitié de son dernier disque ! Il faut reconnaitre que celui-ci contient quelques perles comme « Avant », « Les bougies de secours » et le bouleversant « Est-ce que je retrouverai ma douce ». Il met en avant des extraits de « pôle ouest » et des titres dont les noms m’échappent totalement, sortis apparemment de fonds d’albums anciens. Le show est ponctué ça et là d’incontournables « Les fourmis rouges », « Super nana », bien sûr, « Du blues, du blues » et un super vitaminé « Joueur de blues », pour clore un spectacle de deux heures.

La salle réclame « Lucille » et « La boite de jazz », mais sitôt sorti de scène, les lumières du Casino de Paris se rallument, nous invitant à quitter prestement les lieux. Un fois sur le trottoir, on se repasse le show, on regrette qu’il n’y ait pas eu de bassiste derrière le chanteur, cela aurait permis d’avoir le groove qui manquait cruellement sur certains morceaux, on aurait aimé entendre « Gigi », « Les fils électriques » et bien d’autres, on se demande pourquoi Jonasz veut ressembler à ce point à Chédid avec cette moustache, on se dit finalement que ce chanteur a bien raison de creuser son sillon, dans le vinyle noir de la liberté et de l’indépendance.

Olivier Vadrot www.oliviervadrot.com

lundi 9 janvier 2012

Il n'y a plus rien ! !

Il n’y a plus rien ! !

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Trop de reprises tue la création

Chers amis,

J’ai eu à rencontrer un peu avant Noël, une équipe de production audiovisuelle. Alors que nous parlions d’un projet bien précis, j’ai demandé quelles étaient les émissions qu’ils avaient déjà produites. La jeune femme, face à moi, me fit une liste aussi longue qu’un ticket de supermarché, au début du mois quand le compte en banque est approvisionné. Je ne retins qu’un seul programme. Bien entendu, celui-ci était musical et s’appelait « Star Sur Seine »

L’idée était bonne et me plaisait bien. Je la manque le jour de diffusion, mais la retrouve en replay. J’en regarde quelques minutes et au-delà de l’aspect « Déjà vu », oui parce que ce concept n’est pas nouveau, ce qui m’a une nouvelle fois marqué et interrogé, c’est la prestation de Shym. De son superbe sourire, elle nous a présenté son nouveau single « En apesanteur », reprise de Calogero.

Que de reprises ! !

Je venais d’évoquer dans un autre article, les résultats des meilleures ventes pour l’année 2011. Force était de constater que les prêtres et Nolwenn Leroy caracolaient en tête, avec des albums composés uniquement de reprises !

Je me suis alors souvenu, d’un propos de Charles Aznavour qui n’hésitait pas à défendre ce type d'enregistrement, dans un de ses livres, mettant en avant le fait que le patrimoine devait vivre et qu’il était bon que des chanteurs, en mal de bonnes chansons, s’attaquent à un répertoire pioché dans le passé.

Si cela pouvait se justifier à une époque où les auteurs n’étaient pas si nombreux, où les compositeurs avaient du mal à faire entendre leurs musiques, aujourd’hui ce n’est plus pareil. Grâce aux nouveaux moyens de communication, un artiste ne peut plus être isolé et mourir dans l’indifférence générale, pour peu qu’il soit entouré de quelques personnes qui l’aideront à exister sur le web, puisque c’est bien de cela qu’il s’agît.

De moins en moins de créativité

Alors pourquoi depuis plusieurs mois maintenant, il semble qu’il y ait une course à la « reprise » ? Est-ce qu’il y a un bonus offert par le gouvernement ? Chacun y va d’ailleurs, de son soi-disant « petit plus », qui en fait n’apporte pas grand-chose de neuf. Bref, passons…

J’ai l’étrange sensation que plus le temps passe et plus la créativité s’étiole. Qui peut me citer un ou deux grands courants musicaux actuels ? Le rap ne connaît toujours pas l’essor auquel il aspire, depuis bientôt 30 ans. L’electro est représentée par des DJ aux figures emblématiques, mais pas par des œuvres inoubliables. Le rock est le style qui survit le mieux aux années. Et après ?

Un de mes amis, musicien de formation classique, me fit remarquer que dans son domaine de compétence, il n’y avait presque pas de compositeurs, juste beaucoup d’interprètes et qu’il leur était impensable de se mettre à composer durant les périodes de disette de représentation, tant la création était réservée à certains.

Doit-on imaginer le monde de la chanson, de la variété, comme celui du classique ? Avec simplement une quantité incalculable, de plus ou moins bons interprètes et seulement une petite poignée de « vrais » auteurs, compositeurs ? Si tel est le cas, alors sonnera le glas.

Les plus belles pages ont été écrites, semble-t-il. Plus personne ne paraît en mesure de se frotter aux statues de commandeur, qui trône dans les mémoires de chacun d’entre nous. Il semble que nous ne retrouverons pas de sitôt de grandes figures qui nous marqueront pour longtemps et enrichiront le patrimoine.

Quand une société n’est plus capable de se renouveler, c’est qu’elle est au bord de la destruction. Au début, elle s’asphyxie, puis disparaît.

Soyez originaux

Si l’envie vous venait de vouloir faire des reprises, ce qui est naturel lorsque l’on débute une carrière, ne vous contentez surtout pas de faire du copier-coller. Apportez à la chanson ce petit supplément qui vous caractérise. N’hésitez pas à malmener les arrangements, à torturer les harmonies, à ralentir le rythme, à transposer d’un style dans un autre.

Il vous faudra vous amuser avec la matière existante, afin de vous l’approprier à part entière. Sinon, cela ne sera qu’une version en plus, en moins bien, d’un titre que tout le monde connait déjà et préfère l’originale.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 5 janvier 2012

Archimède

Quand on aime, il faut le faire savoir, dit-on ! Je ne me priverai donc pas de dire à quel point j'apprécie Archimède. Non, pas le grec d'il y a 2000 ans, mais le jeune groupe de Pop rock, de chez nous. Il est de plus en plus rare de trouver des chansons avec des vrais bons textes, de vrais mélodies que l'on retient sans peine, voire même qui persiste dans votre mémoire et vous donne la banane toute une journée et surtout un véritable interprète. A n'en pas douter, vous entendrez parler de ces jeunes gens encore longtemps. Un petit extrait de leur théorème du bonheur.

Archimède

lundi 2 janvier 2012

Dans ma boule de cristal ! !

Dans ma boule de cristal ! !

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Ce que je vois pour 2012

Chers amis,

La dernière page de 2011 est refermée depuis peu. Ce fut pour moi presque un plaisir. Alors que je m’apprêtais, en cette fin de journée du 31 décembre, à réaliser un dernier achat, afin de festoyer dans la joie et la bonne humeur, j’entrai chez un marchand de journaux. J’eus un joli pincement au cœur en découvrant une bonne chronique de l’album « AddictionS », de Satan Jokers, écrit et composé par Renaud Hantson et Laurent Karila, dans le nouveau numéro de bassiste magazine. Grâce à ce papier, la dernière soirée de l’année eut la saveur d’une gorgée de Champagne.

Mais voilà que 2012 démarre en trombe.

Avant d’évoquer concrètement ce qui m’occupera au cours des 366 prochains jours, j’aimerais jouer à un petit jeu. Quoi de plus amusant que de débuter une nouvelle année légèrement, avec un brin d’insouciance, de futilité, voire même d’innocence.

Nous avons tous été assommés, ces dernières semaines par tout un tas de rétrospectives, nous ressassant les succès des uns et surtout les déboires des autres. Et si, on s’amusait à faire un peu d’anticipation pour 2012 ? Que pourrait-il bien se passer dans les mois à venir ? Je vais en bon devin, vous livrer ma vision des grands évènements qui marqueront cette année.

Suite au rachat d’EMI par Universal, de nombreux artistes se retrouveront sans contrat ! En effet, il n’est pas logique pour une entreprise de conserver des produits identiques. On peut travailler dans l’artistique, mais tout de même avoir une belle vision capitaliste du rendement d’un chanteur ! Si tu doublonnes avec une autre référence de notre catalogue et que tu rapportes moins, on t’invitera à aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte et les contrats plus juteux.

Si la HADOPI ne décède pas prématurément, en passant l’arme à gauche, soyons certain qu’elle enverra ses premiers hommes, chercher manu militari, les terribles resquilleurs du net qui auront eu l’outrecuidance de télécharger le dernier album de Patrick Bruel, parce que ceux qui pillent Lady Gaga ou les Strokes, savent comment faire pour se dissimuler derrière des adresses IP n’appartenant à personne ou renvoyant sur des serveurs fantômes. Des drames familiaux vont se jouer dans les cuisines de pavillons de banlieue, lorsque des parents découvriront deux gendarmes embarquer des enfants, pourtant si sages habituellement et l’ordinateur criminel, chargé à bloc de toute la discographie des 2 be 3. Espérons que la maréchaussée n’aura pas à écouter tous les titres conservés sur disque dur, car des dépressions nerveuses pourraient se déclarer.

Johnny Hallyday chantera bien en juin au stade de France. A moins que, à moins que…

Nous verrons fondre, comme neige au soleil, les rayons disques, dans certains magasins dits spécialisés. Il se pourrait bien que ceux-ci disparaissent totalement, tels que nous les connaissons, à l’horizon 2013. On ne sait pas encore ce qui les remplacera…Il paraît que l’avenir se trouve dans la création de jeux vidéo, que ce secteur aura de plus en plus besoin de compositeurs. Bientôt pour découvrir le dernier Metallica, il faudra chausser des lunettes 3D et piloter, sans se prendre un mur, une grosse cylindrée.

Carla Bruni enregistrera un nouvel album, si l’activité de son mari le lui permet…

De nouvelles règles seront imposées aux diffuseurs de musique, afin de mettre davantage en avant les créations françaises. Peut-être même que l’on interdira de playlister plus de 8 fois par jour un même titre ! Alors là, ce serait pour le coup une vraie révolution ! !

Le carton de l’année 2012 sera un album de reprises ! ! On ne sait pas encore lequel, mais lorsque l’on voit le palmarès de 2011, on se dit qu’après Nolwenn Leroy et Les prêtres, tout est envisageable. Ils ne sont pas nés les artistes qui réaliseront des scores de ventes aussi importants avec des titres originaux. D’ailleurs y en aura-t-il encore ?

Christophe Hondelatte n’enregistrera pas un second album.

Je vous donne, d’ores et déjà, rendez-vous début 2013, afin de voir si je suis plus fort qu’Elisabeth Tessier, au jeu des prévisions sans intérêt.

Je vous souhaite, plus sérieusement, plein de succès pour cette nouvelle année.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 19 décembre 2011

Petit Papa Noël ! !

Petit papa Noël ! !

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Des disques pour cadeaux, quelle idée !

Chers amis,

Nous voici arrivés dans la dernière ligne droite de cette année 2011. La semaine prochaine, pour moi, sera off. Dernier billet, dernière chronique, avant d’attaquer les 366 prochains jours, plein de bonnes résolutions. Si j’en crois les projets qui sont posés sur le coin de mon bureau, 2012 sera résolument musicale ! On s’en reparle très vite.

Noël ne connaît pas la crise

S’il y a bien une période qui ne connaît pas la crise, c’est celle de Noël. En effet, année après année, les chiffres liés à l’industrie de la musique sont toujours de plus en plus mauvais. Les ventes de disques ont chuté de manière vertigineuse, ça nous le savons tous. En revanche, la lecture détaillée des statistiques démontre que sur le mois de décembre, le CD reste un produit phare ! Les années passent, mais les résultats liés aux fêtes de Noël sont à peu de chose près constants.

Les consommateurs continuent d’offrir de la musique ! Je veux dire, des disques. Vous conviendrez qu’il est plus agréable de remettre entre les mains de ceux qu’on aime, un coffret comprenant les symphonies de Beethoven ou l’intégrale des Beatles. Je ne me vois pas glisser dans une santiag, au pied du sapin, une carte prépayée qui ne ressemble à rien et qui surtout, ne permet pas de symboliser la marque du cadeau.

Même si nous évoluons de plus en plus dans un univers dématérialisé, le besoin de se raccrocher au réel reste fort. Nous ne pouvons mettre toutes nos émotions, nos envies, nos rêves, dans du numérique. Voilà pourquoi, une fois par an, faire sauter le joli bolduc rouge et éclater le papier coloré qui emballe le paquet est rassurant et nous comble de bonheur.

Et le vinyle ?

Je vais même aller plus loin. Alors que je déambulais dans les rayons de la FNAC, la semaine dernière, j’ai eu plaisir à passer en revue tout le linéaire (pas très important certes) de disques vinyles. Je trouve que l’idée de rééditer des albums de U 2 ou d’AC/DC est judicieuse. Ne serait-il pas subversif de ne sortir que des nouveautés sous cette forme ?

Une grande partie du marché se fait dans les caves de l’internet, en douce. Même si Hadopi court après les resquilleurs, elle n’en attrape qu’une infime partie. Le reste s’échange des fichiers sur des sites que tout le monde connaît mais fait comme si ils n’existaient pas… Alors que risquerait-on à sortir le dernier Moby ou le prochain Biolay sur une belle galette noire de 30 cm ? Pas grand-chose. Cela aurait de la gueule, non ?

Le disque témoin de notre histoire

Vous devez me trouver passéiste. Pas tant que cela. Je trouve extraordinaire de pouvoir faire tenir dans un petit objet de quelques centimètres carrés, des milliers de chansons ! Je veux juste attirer l’attention sur le fait, qu’à mon sens, il y aura toujours de la musique vendue sous forme physique. Les linéaires disparaitront ou presque, des magasins de janvier à novembre, puis refleuriront pour les fêtes de fin d’année.

De plus, les majors ne sachant plus quoi faire pour enrayer la fuite des capitaux, vers l’économie souterraine, multiplient les offres, comprenant parfois des inédits, des remix, des raretés, bref de bons produits. Alors, pourquoi s’en priver ?

Que l’on se rassure, il y aura toujours de la musique pour Noël. Aujourd’hui, nous offrons les titres qui appartiennent au patrimoine, comme nous mettons les œuvres complètes de Balzac, dans notre bibliothèque. C’est autant un geste d’attachement au passé, qu’un éventuel acte de découverte d’un artiste pour les plus jeunes. L’objet en lui-même possède le pouvoir du témoin que l’on se passe au cours d’un relai. Il est la matérialisation de notre histoire. En sera-t-il de même, demain, avec un simple fichier ? ?

Pas certain que les téléchargements soient en forte croissance ces prochains jours… On en reparlera, chiffres à l’appui, une fois que seront publiées les statistiques du troisième trimestre 2011.

Pour l’heure, je vous souhaite de bien finir cette année, en musique, bien entendu et vous donne rendez-vous en janvier 2012.

Bonnes fêtes.

Olivier

lundi 12 décembre 2011

Tu parles trop ! !

Tu parles trop ! !

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Les chanteurs ne chantent plus, ils parlent…

Chers amis,

J’ai lu hier une interview de Pascal Nègre. A ma grande surprise, le puissant patron d’Universal se dit heureux. En effet, selon lui la révolution numérique est une réussite et le marché de la musique est reparti. Il est vrai que lorsque l’on est presque mort, il est bien légitime, au moindre signe positif, de se croire Lazare ressuscité. Que les dieux de la musique, d’Hadopi et de la carte prépayée t’entendent, Pascal !

Les Bénéfices du doute

Mais ce n’est pas de cela que je veux parler en ce lundi. Je crois effectivement que le verbe « parler » n’aura jamais aussi bien collé à la réalité de ce qu’est la chanson actuellement. Non pas que les artistes parlent plus qu’ils ne chantent, mais se font entendre plus par leur discours que par leurs œuvres.

Il n’aura échappé à personne qui s’intéresse un tant soit peu à l’actualité des sorties d’albums, que nous avons eu la dernière livraison de Bénabar. Un album de variété intitulé : « Les bénéfices du doute ».

A l’occasion de la promotion de cet opus, le chanteur a fait la tournée des médias. Jusqu’ici tout semble normal. Là où ça se gâte, à mon sens, c’est qu’en zappant ces dernières soirées, j’ai retrouvé Bénabar dans plusieurs émissions invité, non pas à chanter, mais à s’expliquer sur les polémiques de son disque précédent, sur les paroles de ces chansons que certains parfois trouvent un peu légères, sur ses nouveaux textes tellement engagés dans le politiquement correct, sur les musiques, les arrangements, la photo de la pochette…

Faire du buzz

Aujourd’hui, les médias semblent préférer davantage le bla bla à la chanson ! Bien entendu un échange verbal peut déraper, peut entrainer un clash, peut amener l’artiste là où il ne souhaitait pas aller et en fin de compte créer un buzz qui sera bien plus bénéfique au programme concerné et peu au chanteur. Une chanson dure trois petites minutes, au cours desquelles il ne se passe rien qui puisse être repris dans le zapping le lendemain et faire s’esclaffer les fans du Grand journal.

Voilà pourquoi, on préfèrera de plus en plus bavarder tranquillement, deviser gaiement, batifoler autour d’une grande table aux côtés de chroniqueurs qui n’auront de cesse de dire « allez, on regarde un extrait du dernier clip », puis enchaîneront sur des questions aussi fondamentales que « êtes-vous plutôt fromage ou dessert ? » ou tout aussi sympathique « les critiques, ça fait mal, non ? ». Ce à quoi le chanteur tentera de répondre avec le plus de gentillesse possible, parce que son attaché de presse lui a fait comprendre que c’est super important de passer pour un garçon sensible et émouvant.

Allez, je vais jouer une nouvelle fois à l’ancien combattant, mais il fut un temps où les émissions musicales existaient et permettaient aux chanteurs de chanter ! !

Ping pong verbal

Je ne peux que conseiller aux jeunes prétendants de faire du media training. Conservez vos forces et votre voix pour les scènes et plateaux, autres que ceux de la télé ou de la radio. Préparez-vous à avoir à répondre à tout un tas de questions aussi idiotes qu’insensées. Si vous ne possédez pas le minimum de répartie nécessaire, alors vous pourriez vivre des moments douloureux. Si, en revanche, vous êtes à la hauteur du ping pong que l’on vous fera jouer, alors vous aurez une chance de sortir la tête haute de ce face à face.

Nous vivons tout de même une époque très paradoxale. Plus on multiplie les canaux de diffusion : Radios, télés, sites web, plus laisse d’espace pour la chanson, moins on en entend ! ! Comment comprendre cette situation ? Malheureusement, je n’en ai pas la moindre idée…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 5 décembre 2011

Imitation ! !

Imitation ! !

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Imiter le passé, pour mieux envisager l’avenir

Chers amis,

Jeudi et vendredi de la semaine dernière, j’étais sur la route, avec Renaud Hantson. Tout d’abord, un très beau moment vécu lors du concert donné au casino 2000, de Mondorf les bains, au Luxembourg. Le public, à la fois fidèle et conquis par la prestation tellement humaine du chanteur, restera jusque tard dans la nuit aux cotés de l’artiste. Qu’il est bon et réconfortant de sentir autant d’amour autour de celui que l’on doit accompagner, pour son retour dans la lumière. Ce n’est jamais gagné d’avance, mais je me dis que la voie(x) est libre !

Génération Stars

Puis, vendredi soir, nous étions à Vesoul, pour la finale de « Générations Stars ». Ce concours récompense celui ou celle qui demain prendra la place de Yannick Noah ou Nolwenn Leroy.

Chacun des candidats devaient présenter deux titres. A priori, il n’y avait pas de contrainte de forme. Reprises ou compositions, tout était permis. A mon sens, cela biaise quelque peu le jeu, car celui qui prend un vrai risque en se présentant avec une chanson originale aura finalement plus de chance de l’emporter, car les professionnels apprécient beaucoup ceux qui se mettent en danger.

Bien chanter un titre de Goldman ou un extrait de Starmania, peut donner l’impression parfois d’assister à un Karaoké géant. Dans ce cas, les comparaisons fusent et les claques peuvent tomber plus rapidement qu’on ne le pense. Il est finalement bien plus casse gueule de croire au bénéfice du déjà existant au détriment de l’originalité.

Mais, n’étant pas membre de l’organisation de cette épreuve, je me garderai bien de donner des conseils à l’équipe qui gère cette compétition depuis sept ans déjà. Si cela dure c’est que l’ensemble des participants s’y retrouvent.

L'imitation est-elle limitation ?

Je voudrais simplement revenir sur un aspect, que nous avons été plusieurs à noter. A différents moments, au cours des prestations, nous avons entendu, dans la salle des : « Ho ! t’as vu, on dirait untel ! » et « Il essaie trop de ressembler à… ». On m’a posé la question au cours de l’entracte : « ne trouves-tu pas qu’il y a parfois trop d’imitation dans les interprétations ? »

A ce moment-là m’est revenu en mémoire un article paru dans un magazine d’arts martiaux. Celui-ci était intitulé « L’imitation est-elle limitation ? », car bon nombre de pratiquants ont tendance à chercher les postures et attitudes de leurs ainés pour progresser.

Que répondait le maître à cette interrogation ? Hé bien, qu’il est tout à fait naturel qu’un jeune qui débute et qui cherche sa voie soit guidé par les pas de ceux qui le précèdent. Attention, il est primordial d’avoir à ses côtés, si l’on veut avancer, un guide, un coach, un professeur, qui aide à apprendre les bonnes postures, à corriger les mauvaises habitudes et qui montre le chemin. C’est ainsi qu’en partant d’un statut d’imitateur, on se libère d’un carquant et que l’on devient soi-même.

Dans la chanson, il en est de même. Que l’on admire Michael Jackson ou Mylène Farmer, au point de travailler leurs chansons, face à sa télé, avec un DVD de Karaoké, pourquoi pas, mais à ce moment-là, il est préférable de n’avoir aucune velléité artistique. Vous finirez par obtenir, le ton juste, la gestuelle parfaite de vos idoles, mais après ? Vous ne serez qu’un clone à travers lequel on retrouvera une part de l’original, mais sans l’être ! Quand vous serez entrés dans la peau de celui que vous admirez, vous ne vous en sortirez qu’avec beaucoup de mal. Si vous pouvez, d’ailleurs…

Le travail pour aller de l'avant

Ce travail sur le passé est nécessaire. On a tous gratouillé et massacré, sur des guitares désaccordées, les succès de Brassens ou Leforestier. Il faut à un moment s’affranchir des anciens et partir sur sa propre route. Le drame est que bien souvent les jeunes artistes sont peu ou pas du tout entourés, ce qui ne leur permet pas de se trouver. Ils végèteront, prendront de mauvaises directions et finiront par se perdre dans le dédale du petit monde du show business.

J’ai déjà écrit, peut-être une centaine de fois, que devenir chanteur c’est avant tout beaucoup de travail et ce travail ne peut se réaliser seul, dans sa chambre ou sa cave. Il faut avoir face à soi un miroir qui renvoie non pas ce que l’artiste veut voir, mais ce qu’il faut savoir. C’est le rôle du maître dans un dojo d’arts martiaux, corriger, afin de permettre à l’élève d’aller de l’avant, de se découvrir, pour connaitre ensuite l'harmonie.

J’espère que vous aurez tous à cœur de trouver celui ou celle qui vous aidera à prendre les bonnes décisions et vous permettra de faire naitre véritablement l’artiste qui est en vous, sans limites !

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 28 novembre 2011

La ! La ! La !

La ! La ! La !

ou

Le théorème de la réussite par Archimède

Chers amis,

Vous avez sans doute eu, comme moi, votre période « croyance irrationnelle ». Je veux parler de ces années au cours desquelles tout événement particulier prend une dimension inénarrable et est ponctué d’un « Waow ! Quand j’te disais que j’y pensais. Tu vois c’est arrivé ! ».

Hé ! bien, je dois avouer que je suis retombé en adolescence, vendredi dernier. Si vous avez lu mon article intitulé « Que reste-t-il de nos amours ? », vous aurez constaté que je me lamentais sur la jeune génération pop-rock et ne voyais qu’un seul groupe qui sorte du lot actuellement : Archimède.

Une claque ! !

En milieu de semaine, je retrouve un mail du booker de ce groupe qui gentiment me propose de venir les entendre à la Maroquinerie. Tiens ! J’avais oublié cette invitation. Je m’empresse d’accepter et me rends donc, en ce début de week-end, dans la salle du XXème.

Là, j’ai pris une claque ! ! Ce qui m’a d’emblée étonné, c’est le public. Sitôt joués les accords de la première chanson que 500 personnes se sont mises à chanter couplets et refrains. J’ai pensé que cela devait être le single qui passe en radio et que l’on devait absolument le connaitre pour être dans la salle. Pas du tout. Il en fut ainsi sur l’ensemble du show. Une vingtaine de titres, durant lesquels, 1000 cordes vocales soutinrent énergiquement le chanteur.

Je dois bien l’avouer, lors de ce concert, je me suis surpris à hocher de la tête, à taper des mains et à joindre ma voix à celle des autres. Il ne manque plus qu’un bon coup de pouce des médias « grand public » et la poussée d’Archimède se vérifiera.

Vous allez me demander, pourquoi faire un reporting de concert en ce lundi matin ? Tout simplement pour vous dire que malgré ce que j’ai pu écrire ces derniers temps, concernant la morosité ambiante, il peut m’arriver (et c’est souhaitable le plus souvent possible), d’être emballé par de nouveaux artistes.

Recette de la réussite

Je pense que les ingrédients utilisés par ce groupe sont les bons. Des textes écrits en français, ce qui devient de plus en plus rare, ciselés avec justesse. Des histoires qui touchent ceux qui les écoutent. De nombreuses critiques rapprochent leur univers à celui de Renaud ou de Dutronc. Une voix reconnaissable à la première note émise. Un petit quelque chose de rocailleux, au fond de la gorge. Des mélodies qui se retiennent facilement et qui permettent, grâce à ces fameuses onomatopées La ! La ! La !, déclinées sur tous les tons, de faire participer le spectateur ; si bien que l’on passe parfois de l’ambiance concert à celle, Ô combien agréable, de feu de camp.

J’ai d’ailleurs retrouvé une espèce de ferveur païenne. Celle qui existait à la fin de concert de Mano Solo, avec son hymne « Shalala » ou encore lorsque U2 quittait la scène sur « 40 », laissant des milliers de fans chanter jusqu’au bout de la nuit « How long to sing this song ? »

Je ne peux que vous inciter, vous jeunes auteurs-compositeurs, à ne pas avoir peur de la langue française. D’autres s’y sont attaqués avant vous et avec succès : Noir désir, Saez, Téléphone… Ne sombrez pas dans la pseudo facilité, en croyant que chanter en anglais ça passera mieux. C’est dans l’ensemble assez faux. Si vous avez des choses à dire, dites-le dans votre langue. Ha ! ça oui, pour trouver son style, son écriture, cela demande plus de temps que de rédiger un texte comprenant trois prétérit et une forme passive.

Il ne faut pas craindre de composer de « vraies » mélodies et non des balbutiements sur quelques notes. Aujourd’hui, les professionnels craignent « les voix », celles qui s’envolent et traversent plusieurs octaves. On préfère le minimalisme, reflet sans doute de l’époque, ne pas faire de vagues… Souhaitons que cela change et que les chanteurs retrouvent rapidement le droit de citer. Que l’on reconnaisse le talent d’un interprète également à sa capacité de pousser l’aiguille du compte-tours au maximum.

2012 ? ?

Et si 2012 marquait un retournement de situation ? Pourquoi ne pas imaginer qu’entrainées par une force surnaturelle, d’un seul coup, les majors décideraient de redonner une vraie place aux chanteurs qui ont des choses à dire et qui ont les moyens de l’exprimer ?

En attendant cette heure, je conclurai cet article par quelques mots, d’Archimède : « Le bonheur est à la portée de tous » et ça, e n’est pas une croyance d’adolescent.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 21 novembre 2011

Que reste-t-il de nos amours ? ?

Que reste-t-il de nos amours ? ?

ou

Il serait temps que les artistes retrouvent « l’envie »

Chers amis,

Lundi de la semaine dernière, j’ai assisté à la remise des « Grands prix de la SACEM ». Comme d’habitude, les soirées d’autocongratulation sont assez ennuyeuses dès les discours commencent. Une fois que les artistes passent devant le micro cela va un peu mieux.

Avoir envie !

J’ai toutefois été très surpris du manque d’envie de la part des impétrants. Je dois préciser que le palmarès est connu longtemps à l’avance et qu’il n’y a donc aucun suspens, aucune surprise. Les artistes montent sur le plateau, s’embrouillent dans des remerciements convenus et sans intérêt, reçoivent une médaille, dont ils ne savent que faire pendant qu’ils interprètent un titre, font un peu de musique et puis s’en vont. On les retrouvera en fin de soirée au bar VIP.

Sur une dizaine de récompensés, un seul m’a fait un véritable effet. Baptiste Trotignon, pianiste de jazz. Lorsqu’il prend place au clavier, son corps se transforme, c’est imperceptible mais visible, il « entre en musique ». Durant les quelques minutes, au cours desquelles il jouera un de ses titres, on le sent pénétré par quelque chose de supérieur. Il est comme touché par la grâce divine. On voit qu’il est dedans et non au-dessus de son piano.

La salle ne s’y est pas trompé et une fois la dernière note jouée, perdue dans le silence de l’écoute quasi religieuse, une vague d’applaudissements a envahi le casino de Paris. L’émotion était palpable. A ce moment-là, il s’est vraiment passé quelque chose. C’est cet instant si infime et si léger que l’on recherche lorsque l’on se rend dans une salle de spectacle. Ces brèves secondes qui nous font aimer la musique, qui nous poussent à revenir sans cesse dans ces lieux obscures, qui nous font battre le cœur un peu plus vite et rêver à des vies plus belles et qui, au fond, donne raison à Nietzsche « Sans musique, la vie serait une erreur ».

Et la jeune génération ?

Mais voilà, il y a un mais ! Cette fougue, ce plaisir de jouer, cette irradiation qui doit émaner du chanteur, je ne la retrouve quasiment plus sur nos scènes ! Qui, de nos jours, enflamme le public ? Quel artiste français monte sur scène et déchaîne les passions ? C’est terrible, mais je pense qu’un des derniers à avoir encore cette capacité à électriser les foules, c’est Johnny Hallyday ! !

Et la jeune génération, alors ? Elle peine ! Quand je repense aux années 60, je me souviens qu’il y avait régulièrement des joutes, montées de toute pièce par des magazines, qui opposaient les Chats sauvages aux Chaussettes noires, dans les 70’s il y avait Ange, Magma, Martin Circus et plus tard on aura Trust, Téléphone, Starshooter, Taxi girl, pour finir en apothéose avec La Mano Négra et Noir désir. Depuis ? ? Archimède aujourd’hui, s’en sort plutôt bien. Sinon ?

A avoir voulu tant démocratiser l’accès à la musique, il me semble que l’on a fini par affadir la filière. Je lis actuellement l’autobiographie de Steven Tyler, le leader charismatique du célèbre groupe « Aérosmith ». J’aime lorsque je tombe sur un passage, au cours duquel, il dit qu’à l’adolescence, il ne laissait rien passer de la mode, de la façon dont ses idoles de l’époque s’habillaient, se coiffaient, se chaussaient, se comportaient. Il jouait à la rock star, pour finir par en devenir une !

Il n'y a plus de star !__

Actuellement, lorsque j’ouvre n’importe quel magazine, je ne tombe quasiment plus que sur de jeunes anglo-saxons, qui me sont totalement inconnus et qui ne véhiculent à mon sens rien d’extraordinaire. A force d’avoir voulu faire descendre les chanteurs dans la rue, on a fini par se priver de la saveur que l’on recherchait auparavant. Les vedettes sont des gens comme vous, comme moi. Ils ne font presque plus rêver et de ce fait, eux-mêmes ne se sentent pas en position de force avec la capacité d’assommer le public en quelques minutes. Ils viennent, chantent, juste ce qu’il faut et puis s’en vont.

Qui parle d’émeute ? De groupies en furie qui attendent désespérément au bas de l’hôtel que leur idole montre son nez ? De filles raides dingues du petit chanteur ? De voiture bousculée par des fans chauds bouillants ? De fausses sirènes d’ambulance pour éloigner la star des mains poisseuses d’hystériques prêtes à tout, pour toucher ce corps, comme on effleurerait une relique ?

Personnellement, je ne vois rien. Si, peut-être sur le net. D’ailleurs, on ne dit plus adoration, on dit buzz. On ne parle plus de spectateur, mais de pages vues. On n’est plus fan, on est ami…

Au casino de Paris, j’ai tout de même vu Jean-Louis Aubert et HF Thiéfaine. C’était bien. Oui, mais eux c’est le passé…

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 10 novembre 2011

Pas très motivante l'actualité musicale...

Petite séance de rattrapage audio, pour ceux qui ont manqué l'article de lundi.

lundi 7 novembre 2011

La désabusion ! !

La désabusion ! !

ou

L’actualité musicale à l’image du monde, pas très motivante…

Chers amis,

Depuis quelques jours, je reçois des mails, des appels téléphoniques, des sms, de la part de certains de mes lecteurs assidus, inquiets de ne pas avoir vu mis en ligne de nouveaux articles depuis trois semaines.

Je ne sus tout d’abord pas trop comment répondre à ceux-là. J’aurais pu prétexter la période de vacances scolaires et un éloignement volontaire de la trépidante vie parisienne. Il faut savoir souffler et prendre du recul. J’aurais également pu faire croire à un agenda surchargé, me laissant peu de temps pour l’écriture.

Il n’en est rien. Aussi étrange que cela puisse paraitre, j’ai été frappé par cette étrange maladie, que vous connaissez, amis créateurs, mieux que moi, l’absence d’inspiration !

Cela n’a rien à voir avec la peur de la page blanche, qui tétanise celui qui livre son âme sur le papier. N’ayant pas la prétention d’apporter une pierre fondamentale et supplémentaire à l’édifice fragile du monde du business de la musique, je ne crains donc pas de rencontrer la virginité de la feuille.

L’histoire, en fait, est bien plus simple. Cela fait deux ans et demi que j’écris toutes les semaines ou presque, un article. Les sujets me sont inspirés par l’actualité, celle que je vis, les rencontres, les projets, les aventures et mésaventures, mais aussi par celle que je lis, que je déniche ici ou là sur tous les supports existants.

Force est de constater que le paysage musical actuel est atone ! Pardon de le dire, mais lorsque l’on regarde le top 3, des meilleures ventes d’albums, que découvre-t-on ? Les premières places sont trustées par des disques de reprises ! « Les enfoirés », « Nolwenn Leroy » et « Les prêtres ». Il n’est bien entendu pas question de remettre en question la qualité de ces productions, mais elles nous renseignent assez bien sur ce qu’est le marché aujourd’hui.

Je suis abonné aux tweets des plus gros labels de notre pays. A de très rares exceptions je me sens concernés par leurs annonces. La plupart du temps, ils nous expliquent que tels artistes américains va sortir son nouveau clip, que tel groupe anglais sera de passage en France ou encore que les australiens de … seront dans l’émission de … A croire que la création française, tous styles confondus, est si pauvre qu’elle ne parvient pas à surnager dans cette jungle.

On peine à vendre des disques (j’essaie de rester positif). On transpire à grosses gouttes pour remplir les salles de spectacles. On annule, aux prétextes bidons qui ne trompent personne ou presque, des dates de concerts, voire des tournées entières. On ressert les playlist des radios, afin de n’avoir plus que Lady Gaga et Black eyed peas huit fois par jour. On rassure la ménagère de plus de 35 ans, avec Julien Clerc et Gérard Lenorman. On a fait disparaitre la jeune variété française des programmes télés. On n’a pas donné davantage de place au rock, au rap, au jazz… On a tellement multiplié les canaux de diffusion : chaînes de télé et radios spécialisées, plus web radios encore plus segmentées, que l’on finit par ne plus savoir ce qui se joue chez le voisin. On a créé des journaux qui ne parlent d’artistes que si ceux-ci ont acheté des placards publicitaires. Pas d’argent ! Pas de visibilité ! Pas de notoriété ! On a fabriqué tellement de sites web que l’on ne sait plus où donner de la tête, des oreilles et des yeux. On a fait croire à des inconnus, ayant un peu de voix, qu’ils pourraient devenir de vraies stars !

Je pense que si je me donnais encore deux semaines de recul et de réflexion, j’allongerai cette liste jusqu’à l’écœurement. Mais je ne veux pas rajouter à la morosité ambiante une couche supplémentaire. Celle-ci est déjà bien épaisse.

Alors face cette montagne de sommes négatives, les bras m’en sont un instant tombés et l’inspiration a fui ma plume. Que dire ? Quoi écrire en direction des jeunes artistes en quête d’informations positives ? Comment faire croire que tout va bien, alors que c’est faux ?

J’aurais pu vous faire des articles de « remplissage », noircir des lignes, afin de donner l’impression que je suis toujours sur le coup. J’en étais incapable. Je n’ai pas voulu tricher. Parfois, il faut savoir se taire et rendre copie blanche.

Je voudrais tout de même finir sur un point encourageant. J’ai retrouvé le moral en regardant un épisode d’Hannah Montana, sur Disney Channel ! (je faisais plaisir à ma fille, que voulez-vous !). Alors que l’action au premier plan n’avait aucun intérêt, mon attention fut attirée par un écriteau, à l’arrière-plan. Sur celui-ci était écrit : « The art of music : Practice ! Practice ! Practice ! ».

Je vous souhaite tout de même plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 20 octobre 2011

La révolution est en marche ! !

Elle n'est pas encore au bout du chemin, la révolution qui rendra les artistes enfin heureux ! ! Le secteur est toujours entre à cheval entre deux mondes. Pour combien de temps ?

lundi 17 octobre 2011

A petits pas ! !

A petits pas ! !

ou

La vraie fausse révolution du monde la musique.

Chers amis,

J’ai de nouveau eu la chance de rencontrer, ces jours derniers, des gens extraordinaires. Des êtres passionnés et motivés par leur activité. Gageons que le futur sera plein de projets communs et de belles réussites artistiques. Je vous en dirai plus le moment venu.

La Révolution est en marche ! !

Cela fait un peu moins de dix ans que l’industrie musicale vacille sur son socle. Tous les jours, elle penche un peu plus vers une fin inéluctable. Personne ne sait comment endiguer cette catastrophe technologique. Tout comme Danton s’écriait « De l’audace ! Toujours de l’audace ! Encore de l’audace ! », nous, nous ne voyons le démon que dans le web et crions à qui veut l’entendre : « Internet ! Internet ! Internet ! ».

Le web, c’est l’arroseur arrosé ! tout y est à portée de main et pourtant il est interdit de servir ! Bref, il n’est pas encore venu le temps où des géniaux ingénieurs auront trouvé le moyen de mettre à disposition de tous des œuvres, en assurant aux créateurs un revenu suffisant pour pouvoir continuer à travailler, sans avoir à se soucier de comment régler les factures !

Il faut donc faire avec. Internet a révolutionné les schémas de promotion artistiques. A tel point que je ne comprends encore pas pourquoi, la plupart des médias, qui sont informés de cette profonde mutation, continue de jouer la carte conservatrice du « ça sort quand ? », « On n’est plus raccord avec l’actu, si l’album est déjà dans les bacs ! », « il est distribué par qui ? »…

L'ancien et le nouveau monde

J’ai l’impression parfois de faire se chevaucher deux mondes, l’ancien et le nouveau, lorsque je suis en contact avec certains journalistes.

Tout d’abord, le format des produits finis. Soit, vous sortez un single, soit vous sortez un album ! Le CD 2 titres est moribond. Le EP, 5 ou 6 titres ou comme l’a fait Zazie, le grand format : 7 albums X 7 chansons ou encore comme Michel Fugain qui avec ses quatre saisons, n’ont pas vraiment révolutionné le style. Ce procédé ne semble pas prendre chez nous. Un disque, c’est 12 chansons, tout comme un film c’est minimum 90 minutes ! En dessous, le client se sent volé et la presse peu encline à s’y intéresser !

Ce qui est très étonnant également, c’est l’importance encore donnée à la distribution physique. J’ai eu au téléphone, il n’y a pas si longtemps que cela, un spécialiste du secteur qui m’a dit « Si l’artiste, dont tu me parles, ne bénéficie pas d’une mise en place énorme, il n’en vendra pas ! » Ha bon ! Mais je croyais, à lecture des chiffres, que même avec une belle présence en magasin, les disques ne se vendaient plus. Alors ? ?

Le discours est le même dans certains médias. S’il n’y a pas au dos de la jaquette, une estampille attestant de l’intérêt d’un distributeur pour votre disque, alors vous aurez du mal à faire croire que tout le monde adore votre travail. Ceci est d’autant plus troublant que votre distributeur cherchera et obtiendra aisément une présence sur tous les sites de téléchargements officiels. Ce qui revient à dire que votre bébé ne sera pas encore en rayon à la FNAC que tous les amateurs de votre musique, l’auront entendue et pillée sur le net.

Solution radicale : plus de disques !

Ne pourrait-on pas imaginer, tout comme pour le cinéma, un délai entre la mise sur le marché d’un nouveau produit physique et sa présence en ligne ? Si un disque sortait et qu’il ne soit possible de le télécharger légalement que quelques semaines plus tard, est-ce que cela n’encouragerait pas les acheteurs à retourner dans les magasins spécialisés ?

Il ne faut pas se voiler la face, ni se cacher derrière son petit doigt. Au moment où la Hadopi rendait son premier rapport d’étape, en annonçant le nombre d’emails envoyés aux fraudeurs débusqués, les chiffres de connexions au site megaupload étaient en forte augmentation ! !

Une solution radicale s’impose. Il faut ne plus sortir de CD ! Pas de déception à ne pas trouver le bon distributeur. Pas de problème de règlement des « retours », pour les invendus. Une seule présence sur Internet suffit.

Avant d’en arriver là, il faudra solder les vieilles générations, dont je fais partie, qui ne se retrouvent pas dans l’immatérialité d’un fichier et préfèrent de loin les digipacks et autres boitiers cristal, mais là c’est un autre débat.

La révolution est en marche, je vous le dis, mais à petits pas…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

vendredi 14 octobre 2011

Apprendre à faire l'artiste ! !

On n'est pas artiste naturellement, on le devient ! Je reviens sur l'idée que l'on pourrait monter sur scène, uniquement parce qu'on en a envie, mais sans le talent qui va avec.

lundi 10 octobre 2011

Le chanteur malheureux ! !

Le chanteur malheureux ! !

ou

Faire l’artiste ne s’improvise pas

Chers amis,

Un des privilèges que nous avons, dans ce monde merveilleux du spectacle, est d’être souvent invité à assister à des représentations en tous genres. Cela va du concert d’un ami, que l’on n’a pas vu depuis longtemps, dans une grande salle, à un jeune débutant, qui voulant nous démontrer qu’il a du talent, nous envoie un carton, nous incitant à descendre dans une cave voûtée, mal équipée et peu accueillante.

spectacles de débutants donnés sur de grandes scènes !

Tout d’abord, je tiens à préciser qu’il ne sert à rien de donner des noms d’artistes. Voilà pourquoi, je ne citerai personne. Chacun mènera son enquête et reconnaitra qui il aura envie de reconnaitre…

Mercredi dernier, je me rends à deux pas de la place de la République. Un talent émergeant, la cinquantaine fougueuse, se commet en public. Une heure trente de marmonage, de crachotage et même de torpillage de succès des autres. En un mot, un calvaire pour le simple spectateur que j’étais. Heureusement que les musiciens qui entouraient la vedette étaient très bons. Toujours ça de pris ! Pas moyen de s’échapper. Une invitation s’honore jusqu’au bout, surtout lorsque vous êtes assis à côté de celui qui vous a gentiment obtenu votre billet…

Deux jours plus tard, même lieu, même heure. Entrée sur le plateau d’une dame qui sillonne les scènes et les routes depuis quelques années déjà. Là, le spectacle prend vraiment son sens. Si d’un point de vue technique tout était en place, ce qui est la moindre des choses, l’artiste, quant à elle, était « Là ». Elle incarnait vraiment son rôle. Les 90 minutes de spectacle passèrent comme si le public était confortablement installé sur une étole de soie naturelle. La chanteuse naviguait dans son répertoire comme un poisson tropical dans un océan de bonheur.

Se préparer techniquement

L’enseignement principal que je tire de cette comparaison est qu’on ne peut pas décemment se présenter sur une scène, face au public, sans avoir un minimum de base et de travail derrière soi.

Il est inadmissible qu’un chanteur entre dans la lumière, sans savoir placer sa voix, sans savoir comment bouger, sans avoir le sens du spectacle, quand il prétend en faire ! On objectera à mon propos (et je l’ai déjà entendu) qu’il a eu le courage de le faire, que monter sur scène c’est déjà un beau pari, que tout le monde n’a pas la capacité de réaliser un tel exploit…

Ces arguments en fait n’en sont pas. Cela revient à justifier n’importe quel acte par l’inconscience ! Est-ce que demain je peux, sous prétexte de posséder un permis de conduire, piloter une formule 1 ou parce que je sais faire une omelette, prendre les rênes du Grand Véfour ? Vous me prendriez pour un fou et vous auriez raison !

La chanson est un Art et comme tous les Arts, elle se travaille. Il serait bon qu’une fois pour toute, ceux qui veulent en faire profession comprennent bien qu’il y a une nette différence entre chanter dans sa salle de bain ou pour ses amis (ce qui est très sympathique) et se produire face à des gens. La différence tient à la capacité qu’a l’artiste à écouter les conseils et à progresser dans son domaine.

On ne participe pas à une finale des jeux olympiques, uniquement parce qu’on l’a décidé ! On se prépare, on s’entraine, on transpire, on se remet en question, on participe à des compétitions de qualification et parfois même on finit au pied du podium, alors on attend la prochaine olympiade et on retourne à l’entrainement.

Avoir conscience de ses limites

Si, le chanteur dont je parle, avait eu un peu de recul par rapport à son travail et était entouré de gens influents et capables de lui dire « Non, tu ne peux pas faire ça maintenant, attend encore un peu. On verra plus tard. Faisons plutôt quelques dates dans de petits endroits, pour bien nous rôder. On reviendra plus forts dans quelques temps » et qu’il ait été en mesure d’écouter ces conseils, alors nous n’aurions pas assisté au désastre de cette triste soirée.

Les excès sont néfastes, y compris d’avoir trop confiance en soi. Aveuglement et arrogance ne font pas bon ménage, surtout quand techniquement cela ne suit pas. Gageons que le temps fera son affaire et que des corrections seront apportés ou pas…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 6 octobre 2011

Une place pour chacun ?

Le podcast de l'article de cette semaine. Réflexion sur le grand nombre de spectacles dans la capitale. Est-ce que cela permet à tous les artistes de pouvoir s'exprimer ?

lundi 3 octobre 2011

Scène de ménage ! !

Scène de ménage ! !

ou

Y a-t-il de la place pour tous sur scène ?

Chers amis,

Une sensation étrange m’a envahi dimanche après-midi, alors que je me rendais à la cigale, afin d’assister à un concert des légendes du rock’n roll. Dans les couloirs du métro, partout, je voyais des affiches annonçant des spectacles, des concerts, des représentations, des réductions, pour une place achetée, une place offerte, jusqu’au 25 de ce mois, c’est 50 % de réduction… __ Beaucoup trop d'offres__

Un trop plein ! Voilà ce que j’ai pensé en arpentant les quais de la RATP. Je me suis mis à la place des spectateurs et me suis demandé ce que j’irais bien voir, si j’en avais le temps et les moyens ? La réponse est simple et triste à la fois : pas grand-chose.

Non pas que la qualité ne serait pas au rendez-vous, loin de là, mais profusion nuit, j’en suis certain.

Notre société est celle du divertissement, mais aussi une société de non courage. J’entends par là, tout nous arrive déjà mâché dans notre ordinateur. Pourquoi faire un effort pour aller entendre un jeune artiste que peu de gens connaissent, dans des conditions précaires ? Qu’est-ce qui pourrait bien nous pousser hors de chez nous, afin d’assister à des représentations moyennes ? La curiosité ? Par le passée, sans doute, mais aujourd’hui…

Il y a des salles qui, tout de même, s’affranchissent du taux de remplissage, parce que subventionnées. Je pense aux Trois Baudets, par exemple. Il n’est pas rare de voir des artistes à l’affiche, avec un taux d’occupation des sièges payants, flirtant à peine avec les deux chiffres. Heureusement qu’il y a des cartons d’invitation… __ Quel avenir pour les jeunes talents ? __ Un gentil père de famille, de province, voulant produire une date pour son fils, m’a contacté la semaine passée, en me demandant si 500 € de location de salles sur Paris était un tarif « honnête » ? Que lui répondre ? Bien sûr que c’est cher, surtout lorsque personne ne vous connaît. Si vous possédez un petit public qui vous suit, c’est jouable, encore que… Faites le calcul : 50 personnes à 10 € et tout le reste à payer : musiciens, transports, hébergement, c’est juste, non ?

Etant donné que beaucoup d’artistes pensent qu’ils émergeront, quelles que soient les conditions de représentations et que des loueurs de lieux jouent sur cette crédulité, le commerce a de beaux jours devant lui et les chanteurs feront face à des salles désespérément vides…

Paradoxe

Nous vivons un grand paradoxe. L’internet a ouvert des possibilités ignorées il y a peu, laissant croire que tout le monde aurait sa place. La crise du disque a accentué la sensation que les revenus proviendraient davantage de la scène. C’est la ruée sur les planches. En même temps, c’est la place des chanteurs, non ?

Etait-il plus facile de se faire entendre par le passé ? Je ne sais pas. Il y avait moins d’artistes, mais aussi moins de moyens de diffusion. Donc rien n’a changé ! Pourtant nous avons l’impression que tout est possible. Sans doute n’est-ce qu’une impression. Le virtuel est parmi nous.

Encore plus aujourd’hui qu’hier il me semble difficile de se faire une place au soleil, dans Paris. Ailleurs…

Pourtant, je ne cesserai jamais de dire aux jeunes artistes qu’il faut y croire, se battre en permanence et ne jamais baisser les bras, que ce métier est formidable, y compris dans les moments difficiles. Il y a toujours une rencontre, une parole, une idée qui vous redonnera une folle envie de monter sur scène et de continuer votre chemin.

Je vous souhaite plein de succès pour cette nouvelle saison.

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 29 septembre 2011

Durée de vie : 90 jours !

Voici le format audio de l'article de cette semaine. 90 jours est la durée de vie moyenne d'une chanson en radio.

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