Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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lundi 12 décembre 2011

Tu parles trop ! !

Tu parles trop ! !

ou

Les chanteurs ne chantent plus, ils parlent…

Chers amis,

J’ai lu hier une interview de Pascal Nègre. A ma grande surprise, le puissant patron d’Universal se dit heureux. En effet, selon lui la révolution numérique est une réussite et le marché de la musique est reparti. Il est vrai que lorsque l’on est presque mort, il est bien légitime, au moindre signe positif, de se croire Lazare ressuscité. Que les dieux de la musique, d’Hadopi et de la carte prépayée t’entendent, Pascal !

Les Bénéfices du doute

Mais ce n’est pas de cela que je veux parler en ce lundi. Je crois effectivement que le verbe « parler » n’aura jamais aussi bien collé à la réalité de ce qu’est la chanson actuellement. Non pas que les artistes parlent plus qu’ils ne chantent, mais se font entendre plus par leur discours que par leurs œuvres.

Il n’aura échappé à personne qui s’intéresse un tant soit peu à l’actualité des sorties d’albums, que nous avons eu la dernière livraison de Bénabar. Un album de variété intitulé : « Les bénéfices du doute ».

A l’occasion de la promotion de cet opus, le chanteur a fait la tournée des médias. Jusqu’ici tout semble normal. Là où ça se gâte, à mon sens, c’est qu’en zappant ces dernières soirées, j’ai retrouvé Bénabar dans plusieurs émissions invité, non pas à chanter, mais à s’expliquer sur les polémiques de son disque précédent, sur les paroles de ces chansons que certains parfois trouvent un peu légères, sur ses nouveaux textes tellement engagés dans le politiquement correct, sur les musiques, les arrangements, la photo de la pochette…

Faire du buzz

Aujourd’hui, les médias semblent préférer davantage le bla bla à la chanson ! Bien entendu un échange verbal peut déraper, peut entrainer un clash, peut amener l’artiste là où il ne souhaitait pas aller et en fin de compte créer un buzz qui sera bien plus bénéfique au programme concerné et peu au chanteur. Une chanson dure trois petites minutes, au cours desquelles il ne se passe rien qui puisse être repris dans le zapping le lendemain et faire s’esclaffer les fans du Grand journal.

Voilà pourquoi, on préfèrera de plus en plus bavarder tranquillement, deviser gaiement, batifoler autour d’une grande table aux côtés de chroniqueurs qui n’auront de cesse de dire « allez, on regarde un extrait du dernier clip », puis enchaîneront sur des questions aussi fondamentales que « êtes-vous plutôt fromage ou dessert ? » ou tout aussi sympathique « les critiques, ça fait mal, non ? ». Ce à quoi le chanteur tentera de répondre avec le plus de gentillesse possible, parce que son attaché de presse lui a fait comprendre que c’est super important de passer pour un garçon sensible et émouvant.

Allez, je vais jouer une nouvelle fois à l’ancien combattant, mais il fut un temps où les émissions musicales existaient et permettaient aux chanteurs de chanter ! !

Ping pong verbal

Je ne peux que conseiller aux jeunes prétendants de faire du media training. Conservez vos forces et votre voix pour les scènes et plateaux, autres que ceux de la télé ou de la radio. Préparez-vous à avoir à répondre à tout un tas de questions aussi idiotes qu’insensées. Si vous ne possédez pas le minimum de répartie nécessaire, alors vous pourriez vivre des moments douloureux. Si, en revanche, vous êtes à la hauteur du ping pong que l’on vous fera jouer, alors vous aurez une chance de sortir la tête haute de ce face à face.

Nous vivons tout de même une époque très paradoxale. Plus on multiplie les canaux de diffusion : Radios, télés, sites web, plus laisse d’espace pour la chanson, moins on en entend ! ! Comment comprendre cette situation ? Malheureusement, je n’en ai pas la moindre idée…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 5 décembre 2011

Imitation ! !

Imitation ! !

ou

Imiter le passé, pour mieux envisager l’avenir

Chers amis,

Jeudi et vendredi de la semaine dernière, j’étais sur la route, avec Renaud Hantson. Tout d’abord, un très beau moment vécu lors du concert donné au casino 2000, de Mondorf les bains, au Luxembourg. Le public, à la fois fidèle et conquis par la prestation tellement humaine du chanteur, restera jusque tard dans la nuit aux cotés de l’artiste. Qu’il est bon et réconfortant de sentir autant d’amour autour de celui que l’on doit accompagner, pour son retour dans la lumière. Ce n’est jamais gagné d’avance, mais je me dis que la voie(x) est libre !

Génération Stars

Puis, vendredi soir, nous étions à Vesoul, pour la finale de « Générations Stars ». Ce concours récompense celui ou celle qui demain prendra la place de Yannick Noah ou Nolwenn Leroy.

Chacun des candidats devaient présenter deux titres. A priori, il n’y avait pas de contrainte de forme. Reprises ou compositions, tout était permis. A mon sens, cela biaise quelque peu le jeu, car celui qui prend un vrai risque en se présentant avec une chanson originale aura finalement plus de chance de l’emporter, car les professionnels apprécient beaucoup ceux qui se mettent en danger.

Bien chanter un titre de Goldman ou un extrait de Starmania, peut donner l’impression parfois d’assister à un Karaoké géant. Dans ce cas, les comparaisons fusent et les claques peuvent tomber plus rapidement qu’on ne le pense. Il est finalement bien plus casse gueule de croire au bénéfice du déjà existant au détriment de l’originalité.

Mais, n’étant pas membre de l’organisation de cette épreuve, je me garderai bien de donner des conseils à l’équipe qui gère cette compétition depuis sept ans déjà. Si cela dure c’est que l’ensemble des participants s’y retrouvent.

L'imitation est-elle limitation ?

Je voudrais simplement revenir sur un aspect, que nous avons été plusieurs à noter. A différents moments, au cours des prestations, nous avons entendu, dans la salle des : « Ho ! t’as vu, on dirait untel ! » et « Il essaie trop de ressembler à… ». On m’a posé la question au cours de l’entracte : « ne trouves-tu pas qu’il y a parfois trop d’imitation dans les interprétations ? »

A ce moment-là m’est revenu en mémoire un article paru dans un magazine d’arts martiaux. Celui-ci était intitulé « L’imitation est-elle limitation ? », car bon nombre de pratiquants ont tendance à chercher les postures et attitudes de leurs ainés pour progresser.

Que répondait le maître à cette interrogation ? Hé bien, qu’il est tout à fait naturel qu’un jeune qui débute et qui cherche sa voie soit guidé par les pas de ceux qui le précèdent. Attention, il est primordial d’avoir à ses côtés, si l’on veut avancer, un guide, un coach, un professeur, qui aide à apprendre les bonnes postures, à corriger les mauvaises habitudes et qui montre le chemin. C’est ainsi qu’en partant d’un statut d’imitateur, on se libère d’un carquant et que l’on devient soi-même.

Dans la chanson, il en est de même. Que l’on admire Michael Jackson ou Mylène Farmer, au point de travailler leurs chansons, face à sa télé, avec un DVD de Karaoké, pourquoi pas, mais à ce moment-là, il est préférable de n’avoir aucune velléité artistique. Vous finirez par obtenir, le ton juste, la gestuelle parfaite de vos idoles, mais après ? Vous ne serez qu’un clone à travers lequel on retrouvera une part de l’original, mais sans l’être ! Quand vous serez entrés dans la peau de celui que vous admirez, vous ne vous en sortirez qu’avec beaucoup de mal. Si vous pouvez, d’ailleurs…

Le travail pour aller de l'avant

Ce travail sur le passé est nécessaire. On a tous gratouillé et massacré, sur des guitares désaccordées, les succès de Brassens ou Leforestier. Il faut à un moment s’affranchir des anciens et partir sur sa propre route. Le drame est que bien souvent les jeunes artistes sont peu ou pas du tout entourés, ce qui ne leur permet pas de se trouver. Ils végèteront, prendront de mauvaises directions et finiront par se perdre dans le dédale du petit monde du show business.

J’ai déjà écrit, peut-être une centaine de fois, que devenir chanteur c’est avant tout beaucoup de travail et ce travail ne peut se réaliser seul, dans sa chambre ou sa cave. Il faut avoir face à soi un miroir qui renvoie non pas ce que l’artiste veut voir, mais ce qu’il faut savoir. C’est le rôle du maître dans un dojo d’arts martiaux, corriger, afin de permettre à l’élève d’aller de l’avant, de se découvrir, pour connaitre ensuite l'harmonie.

J’espère que vous aurez tous à cœur de trouver celui ou celle qui vous aidera à prendre les bonnes décisions et vous permettra de faire naitre véritablement l’artiste qui est en vous, sans limites !

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 28 novembre 2011

La ! La ! La !

La ! La ! La !

ou

Le théorème de la réussite par Archimède

Chers amis,

Vous avez sans doute eu, comme moi, votre période « croyance irrationnelle ». Je veux parler de ces années au cours desquelles tout événement particulier prend une dimension inénarrable et est ponctué d’un « Waow ! Quand j’te disais que j’y pensais. Tu vois c’est arrivé ! ».

Hé ! bien, je dois avouer que je suis retombé en adolescence, vendredi dernier. Si vous avez lu mon article intitulé « Que reste-t-il de nos amours ? », vous aurez constaté que je me lamentais sur la jeune génération pop-rock et ne voyais qu’un seul groupe qui sorte du lot actuellement : Archimède.

Une claque ! !

En milieu de semaine, je retrouve un mail du booker de ce groupe qui gentiment me propose de venir les entendre à la Maroquinerie. Tiens ! J’avais oublié cette invitation. Je m’empresse d’accepter et me rends donc, en ce début de week-end, dans la salle du XXème.

Là, j’ai pris une claque ! ! Ce qui m’a d’emblée étonné, c’est le public. Sitôt joués les accords de la première chanson que 500 personnes se sont mises à chanter couplets et refrains. J’ai pensé que cela devait être le single qui passe en radio et que l’on devait absolument le connaitre pour être dans la salle. Pas du tout. Il en fut ainsi sur l’ensemble du show. Une vingtaine de titres, durant lesquels, 1000 cordes vocales soutinrent énergiquement le chanteur.

Je dois bien l’avouer, lors de ce concert, je me suis surpris à hocher de la tête, à taper des mains et à joindre ma voix à celle des autres. Il ne manque plus qu’un bon coup de pouce des médias « grand public » et la poussée d’Archimède se vérifiera.

Vous allez me demander, pourquoi faire un reporting de concert en ce lundi matin ? Tout simplement pour vous dire que malgré ce que j’ai pu écrire ces derniers temps, concernant la morosité ambiante, il peut m’arriver (et c’est souhaitable le plus souvent possible), d’être emballé par de nouveaux artistes.

Recette de la réussite

Je pense que les ingrédients utilisés par ce groupe sont les bons. Des textes écrits en français, ce qui devient de plus en plus rare, ciselés avec justesse. Des histoires qui touchent ceux qui les écoutent. De nombreuses critiques rapprochent leur univers à celui de Renaud ou de Dutronc. Une voix reconnaissable à la première note émise. Un petit quelque chose de rocailleux, au fond de la gorge. Des mélodies qui se retiennent facilement et qui permettent, grâce à ces fameuses onomatopées La ! La ! La !, déclinées sur tous les tons, de faire participer le spectateur ; si bien que l’on passe parfois de l’ambiance concert à celle, Ô combien agréable, de feu de camp.

J’ai d’ailleurs retrouvé une espèce de ferveur païenne. Celle qui existait à la fin de concert de Mano Solo, avec son hymne « Shalala » ou encore lorsque U2 quittait la scène sur « 40 », laissant des milliers de fans chanter jusqu’au bout de la nuit « How long to sing this song ? »

Je ne peux que vous inciter, vous jeunes auteurs-compositeurs, à ne pas avoir peur de la langue française. D’autres s’y sont attaqués avant vous et avec succès : Noir désir, Saez, Téléphone… Ne sombrez pas dans la pseudo facilité, en croyant que chanter en anglais ça passera mieux. C’est dans l’ensemble assez faux. Si vous avez des choses à dire, dites-le dans votre langue. Ha ! ça oui, pour trouver son style, son écriture, cela demande plus de temps que de rédiger un texte comprenant trois prétérit et une forme passive.

Il ne faut pas craindre de composer de « vraies » mélodies et non des balbutiements sur quelques notes. Aujourd’hui, les professionnels craignent « les voix », celles qui s’envolent et traversent plusieurs octaves. On préfère le minimalisme, reflet sans doute de l’époque, ne pas faire de vagues… Souhaitons que cela change et que les chanteurs retrouvent rapidement le droit de citer. Que l’on reconnaisse le talent d’un interprète également à sa capacité de pousser l’aiguille du compte-tours au maximum.

2012 ? ?

Et si 2012 marquait un retournement de situation ? Pourquoi ne pas imaginer qu’entrainées par une force surnaturelle, d’un seul coup, les majors décideraient de redonner une vraie place aux chanteurs qui ont des choses à dire et qui ont les moyens de l’exprimer ?

En attendant cette heure, je conclurai cet article par quelques mots, d’Archimède : « Le bonheur est à la portée de tous » et ça, e n’est pas une croyance d’adolescent.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 21 novembre 2011

Que reste-t-il de nos amours ? ?

Que reste-t-il de nos amours ? ?

ou

Il serait temps que les artistes retrouvent « l’envie »

Chers amis,

Lundi de la semaine dernière, j’ai assisté à la remise des « Grands prix de la SACEM ». Comme d’habitude, les soirées d’autocongratulation sont assez ennuyeuses dès les discours commencent. Une fois que les artistes passent devant le micro cela va un peu mieux.

Avoir envie !

J’ai toutefois été très surpris du manque d’envie de la part des impétrants. Je dois préciser que le palmarès est connu longtemps à l’avance et qu’il n’y a donc aucun suspens, aucune surprise. Les artistes montent sur le plateau, s’embrouillent dans des remerciements convenus et sans intérêt, reçoivent une médaille, dont ils ne savent que faire pendant qu’ils interprètent un titre, font un peu de musique et puis s’en vont. On les retrouvera en fin de soirée au bar VIP.

Sur une dizaine de récompensés, un seul m’a fait un véritable effet. Baptiste Trotignon, pianiste de jazz. Lorsqu’il prend place au clavier, son corps se transforme, c’est imperceptible mais visible, il « entre en musique ». Durant les quelques minutes, au cours desquelles il jouera un de ses titres, on le sent pénétré par quelque chose de supérieur. Il est comme touché par la grâce divine. On voit qu’il est dedans et non au-dessus de son piano.

La salle ne s’y est pas trompé et une fois la dernière note jouée, perdue dans le silence de l’écoute quasi religieuse, une vague d’applaudissements a envahi le casino de Paris. L’émotion était palpable. A ce moment-là, il s’est vraiment passé quelque chose. C’est cet instant si infime et si léger que l’on recherche lorsque l’on se rend dans une salle de spectacle. Ces brèves secondes qui nous font aimer la musique, qui nous poussent à revenir sans cesse dans ces lieux obscures, qui nous font battre le cœur un peu plus vite et rêver à des vies plus belles et qui, au fond, donne raison à Nietzsche « Sans musique, la vie serait une erreur ».

Et la jeune génération ?

Mais voilà, il y a un mais ! Cette fougue, ce plaisir de jouer, cette irradiation qui doit émaner du chanteur, je ne la retrouve quasiment plus sur nos scènes ! Qui, de nos jours, enflamme le public ? Quel artiste français monte sur scène et déchaîne les passions ? C’est terrible, mais je pense qu’un des derniers à avoir encore cette capacité à électriser les foules, c’est Johnny Hallyday ! !

Et la jeune génération, alors ? Elle peine ! Quand je repense aux années 60, je me souviens qu’il y avait régulièrement des joutes, montées de toute pièce par des magazines, qui opposaient les Chats sauvages aux Chaussettes noires, dans les 70’s il y avait Ange, Magma, Martin Circus et plus tard on aura Trust, Téléphone, Starshooter, Taxi girl, pour finir en apothéose avec La Mano Négra et Noir désir. Depuis ? ? Archimède aujourd’hui, s’en sort plutôt bien. Sinon ?

A avoir voulu tant démocratiser l’accès à la musique, il me semble que l’on a fini par affadir la filière. Je lis actuellement l’autobiographie de Steven Tyler, le leader charismatique du célèbre groupe « Aérosmith ». J’aime lorsque je tombe sur un passage, au cours duquel, il dit qu’à l’adolescence, il ne laissait rien passer de la mode, de la façon dont ses idoles de l’époque s’habillaient, se coiffaient, se chaussaient, se comportaient. Il jouait à la rock star, pour finir par en devenir une !

Il n'y a plus de star !__

Actuellement, lorsque j’ouvre n’importe quel magazine, je ne tombe quasiment plus que sur de jeunes anglo-saxons, qui me sont totalement inconnus et qui ne véhiculent à mon sens rien d’extraordinaire. A force d’avoir voulu faire descendre les chanteurs dans la rue, on a fini par se priver de la saveur que l’on recherchait auparavant. Les vedettes sont des gens comme vous, comme moi. Ils ne font presque plus rêver et de ce fait, eux-mêmes ne se sentent pas en position de force avec la capacité d’assommer le public en quelques minutes. Ils viennent, chantent, juste ce qu’il faut et puis s’en vont.

Qui parle d’émeute ? De groupies en furie qui attendent désespérément au bas de l’hôtel que leur idole montre son nez ? De filles raides dingues du petit chanteur ? De voiture bousculée par des fans chauds bouillants ? De fausses sirènes d’ambulance pour éloigner la star des mains poisseuses d’hystériques prêtes à tout, pour toucher ce corps, comme on effleurerait une relique ?

Personnellement, je ne vois rien. Si, peut-être sur le net. D’ailleurs, on ne dit plus adoration, on dit buzz. On ne parle plus de spectateur, mais de pages vues. On n’est plus fan, on est ami…

Au casino de Paris, j’ai tout de même vu Jean-Louis Aubert et HF Thiéfaine. C’était bien. Oui, mais eux c’est le passé…

Bonne semaine.

Olivier

lundi 7 novembre 2011

La désabusion ! !

La désabusion ! !

ou

L’actualité musicale à l’image du monde, pas très motivante…

Chers amis,

Depuis quelques jours, je reçois des mails, des appels téléphoniques, des sms, de la part de certains de mes lecteurs assidus, inquiets de ne pas avoir vu mis en ligne de nouveaux articles depuis trois semaines.

Je ne sus tout d’abord pas trop comment répondre à ceux-là. J’aurais pu prétexter la période de vacances scolaires et un éloignement volontaire de la trépidante vie parisienne. Il faut savoir souffler et prendre du recul. J’aurais également pu faire croire à un agenda surchargé, me laissant peu de temps pour l’écriture.

Il n’en est rien. Aussi étrange que cela puisse paraitre, j’ai été frappé par cette étrange maladie, que vous connaissez, amis créateurs, mieux que moi, l’absence d’inspiration !

Cela n’a rien à voir avec la peur de la page blanche, qui tétanise celui qui livre son âme sur le papier. N’ayant pas la prétention d’apporter une pierre fondamentale et supplémentaire à l’édifice fragile du monde du business de la musique, je ne crains donc pas de rencontrer la virginité de la feuille.

L’histoire, en fait, est bien plus simple. Cela fait deux ans et demi que j’écris toutes les semaines ou presque, un article. Les sujets me sont inspirés par l’actualité, celle que je vis, les rencontres, les projets, les aventures et mésaventures, mais aussi par celle que je lis, que je déniche ici ou là sur tous les supports existants.

Force est de constater que le paysage musical actuel est atone ! Pardon de le dire, mais lorsque l’on regarde le top 3, des meilleures ventes d’albums, que découvre-t-on ? Les premières places sont trustées par des disques de reprises ! « Les enfoirés », « Nolwenn Leroy » et « Les prêtres ». Il n’est bien entendu pas question de remettre en question la qualité de ces productions, mais elles nous renseignent assez bien sur ce qu’est le marché aujourd’hui.

Je suis abonné aux tweets des plus gros labels de notre pays. A de très rares exceptions je me sens concernés par leurs annonces. La plupart du temps, ils nous expliquent que tels artistes américains va sortir son nouveau clip, que tel groupe anglais sera de passage en France ou encore que les australiens de … seront dans l’émission de … A croire que la création française, tous styles confondus, est si pauvre qu’elle ne parvient pas à surnager dans cette jungle.

On peine à vendre des disques (j’essaie de rester positif). On transpire à grosses gouttes pour remplir les salles de spectacles. On annule, aux prétextes bidons qui ne trompent personne ou presque, des dates de concerts, voire des tournées entières. On ressert les playlist des radios, afin de n’avoir plus que Lady Gaga et Black eyed peas huit fois par jour. On rassure la ménagère de plus de 35 ans, avec Julien Clerc et Gérard Lenorman. On a fait disparaitre la jeune variété française des programmes télés. On n’a pas donné davantage de place au rock, au rap, au jazz… On a tellement multiplié les canaux de diffusion : chaînes de télé et radios spécialisées, plus web radios encore plus segmentées, que l’on finit par ne plus savoir ce qui se joue chez le voisin. On a créé des journaux qui ne parlent d’artistes que si ceux-ci ont acheté des placards publicitaires. Pas d’argent ! Pas de visibilité ! Pas de notoriété ! On a fabriqué tellement de sites web que l’on ne sait plus où donner de la tête, des oreilles et des yeux. On a fait croire à des inconnus, ayant un peu de voix, qu’ils pourraient devenir de vraies stars !

Je pense que si je me donnais encore deux semaines de recul et de réflexion, j’allongerai cette liste jusqu’à l’écœurement. Mais je ne veux pas rajouter à la morosité ambiante une couche supplémentaire. Celle-ci est déjà bien épaisse.

Alors face cette montagne de sommes négatives, les bras m’en sont un instant tombés et l’inspiration a fui ma plume. Que dire ? Quoi écrire en direction des jeunes artistes en quête d’informations positives ? Comment faire croire que tout va bien, alors que c’est faux ?

J’aurais pu vous faire des articles de « remplissage », noircir des lignes, afin de donner l’impression que je suis toujours sur le coup. J’en étais incapable. Je n’ai pas voulu tricher. Parfois, il faut savoir se taire et rendre copie blanche.

Je voudrais tout de même finir sur un point encourageant. J’ai retrouvé le moral en regardant un épisode d’Hannah Montana, sur Disney Channel ! (je faisais plaisir à ma fille, que voulez-vous !). Alors que l’action au premier plan n’avait aucun intérêt, mon attention fut attirée par un écriteau, à l’arrière-plan. Sur celui-ci était écrit : « The art of music : Practice ! Practice ! Practice ! ».

Je vous souhaite tout de même plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 17 octobre 2011

A petits pas ! !

A petits pas ! !

ou

La vraie fausse révolution du monde la musique.

Chers amis,

J’ai de nouveau eu la chance de rencontrer, ces jours derniers, des gens extraordinaires. Des êtres passionnés et motivés par leur activité. Gageons que le futur sera plein de projets communs et de belles réussites artistiques. Je vous en dirai plus le moment venu.

La Révolution est en marche ! !

Cela fait un peu moins de dix ans que l’industrie musicale vacille sur son socle. Tous les jours, elle penche un peu plus vers une fin inéluctable. Personne ne sait comment endiguer cette catastrophe technologique. Tout comme Danton s’écriait « De l’audace ! Toujours de l’audace ! Encore de l’audace ! », nous, nous ne voyons le démon que dans le web et crions à qui veut l’entendre : « Internet ! Internet ! Internet ! ».

Le web, c’est l’arroseur arrosé ! tout y est à portée de main et pourtant il est interdit de servir ! Bref, il n’est pas encore venu le temps où des géniaux ingénieurs auront trouvé le moyen de mettre à disposition de tous des œuvres, en assurant aux créateurs un revenu suffisant pour pouvoir continuer à travailler, sans avoir à se soucier de comment régler les factures !

Il faut donc faire avec. Internet a révolutionné les schémas de promotion artistiques. A tel point que je ne comprends encore pas pourquoi, la plupart des médias, qui sont informés de cette profonde mutation, continue de jouer la carte conservatrice du « ça sort quand ? », « On n’est plus raccord avec l’actu, si l’album est déjà dans les bacs ! », « il est distribué par qui ? »…

L'ancien et le nouveau monde

J’ai l’impression parfois de faire se chevaucher deux mondes, l’ancien et le nouveau, lorsque je suis en contact avec certains journalistes.

Tout d’abord, le format des produits finis. Soit, vous sortez un single, soit vous sortez un album ! Le CD 2 titres est moribond. Le EP, 5 ou 6 titres ou comme l’a fait Zazie, le grand format : 7 albums X 7 chansons ou encore comme Michel Fugain qui avec ses quatre saisons, n’ont pas vraiment révolutionné le style. Ce procédé ne semble pas prendre chez nous. Un disque, c’est 12 chansons, tout comme un film c’est minimum 90 minutes ! En dessous, le client se sent volé et la presse peu encline à s’y intéresser !

Ce qui est très étonnant également, c’est l’importance encore donnée à la distribution physique. J’ai eu au téléphone, il n’y a pas si longtemps que cela, un spécialiste du secteur qui m’a dit « Si l’artiste, dont tu me parles, ne bénéficie pas d’une mise en place énorme, il n’en vendra pas ! » Ha bon ! Mais je croyais, à lecture des chiffres, que même avec une belle présence en magasin, les disques ne se vendaient plus. Alors ? ?

Le discours est le même dans certains médias. S’il n’y a pas au dos de la jaquette, une estampille attestant de l’intérêt d’un distributeur pour votre disque, alors vous aurez du mal à faire croire que tout le monde adore votre travail. Ceci est d’autant plus troublant que votre distributeur cherchera et obtiendra aisément une présence sur tous les sites de téléchargements officiels. Ce qui revient à dire que votre bébé ne sera pas encore en rayon à la FNAC que tous les amateurs de votre musique, l’auront entendue et pillée sur le net.

Solution radicale : plus de disques !

Ne pourrait-on pas imaginer, tout comme pour le cinéma, un délai entre la mise sur le marché d’un nouveau produit physique et sa présence en ligne ? Si un disque sortait et qu’il ne soit possible de le télécharger légalement que quelques semaines plus tard, est-ce que cela n’encouragerait pas les acheteurs à retourner dans les magasins spécialisés ?

Il ne faut pas se voiler la face, ni se cacher derrière son petit doigt. Au moment où la Hadopi rendait son premier rapport d’étape, en annonçant le nombre d’emails envoyés aux fraudeurs débusqués, les chiffres de connexions au site megaupload étaient en forte augmentation ! !

Une solution radicale s’impose. Il faut ne plus sortir de CD ! Pas de déception à ne pas trouver le bon distributeur. Pas de problème de règlement des « retours », pour les invendus. Une seule présence sur Internet suffit.

Avant d’en arriver là, il faudra solder les vieilles générations, dont je fais partie, qui ne se retrouvent pas dans l’immatérialité d’un fichier et préfèrent de loin les digipacks et autres boitiers cristal, mais là c’est un autre débat.

La révolution est en marche, je vous le dis, mais à petits pas…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 10 octobre 2011

Le chanteur malheureux ! !

Le chanteur malheureux ! !

ou

Faire l’artiste ne s’improvise pas

Chers amis,

Un des privilèges que nous avons, dans ce monde merveilleux du spectacle, est d’être souvent invité à assister à des représentations en tous genres. Cela va du concert d’un ami, que l’on n’a pas vu depuis longtemps, dans une grande salle, à un jeune débutant, qui voulant nous démontrer qu’il a du talent, nous envoie un carton, nous incitant à descendre dans une cave voûtée, mal équipée et peu accueillante.

spectacles de débutants donnés sur de grandes scènes !

Tout d’abord, je tiens à préciser qu’il ne sert à rien de donner des noms d’artistes. Voilà pourquoi, je ne citerai personne. Chacun mènera son enquête et reconnaitra qui il aura envie de reconnaitre…

Mercredi dernier, je me rends à deux pas de la place de la République. Un talent émergeant, la cinquantaine fougueuse, se commet en public. Une heure trente de marmonage, de crachotage et même de torpillage de succès des autres. En un mot, un calvaire pour le simple spectateur que j’étais. Heureusement que les musiciens qui entouraient la vedette étaient très bons. Toujours ça de pris ! Pas moyen de s’échapper. Une invitation s’honore jusqu’au bout, surtout lorsque vous êtes assis à côté de celui qui vous a gentiment obtenu votre billet…

Deux jours plus tard, même lieu, même heure. Entrée sur le plateau d’une dame qui sillonne les scènes et les routes depuis quelques années déjà. Là, le spectacle prend vraiment son sens. Si d’un point de vue technique tout était en place, ce qui est la moindre des choses, l’artiste, quant à elle, était « Là ». Elle incarnait vraiment son rôle. Les 90 minutes de spectacle passèrent comme si le public était confortablement installé sur une étole de soie naturelle. La chanteuse naviguait dans son répertoire comme un poisson tropical dans un océan de bonheur.

Se préparer techniquement

L’enseignement principal que je tire de cette comparaison est qu’on ne peut pas décemment se présenter sur une scène, face au public, sans avoir un minimum de base et de travail derrière soi.

Il est inadmissible qu’un chanteur entre dans la lumière, sans savoir placer sa voix, sans savoir comment bouger, sans avoir le sens du spectacle, quand il prétend en faire ! On objectera à mon propos (et je l’ai déjà entendu) qu’il a eu le courage de le faire, que monter sur scène c’est déjà un beau pari, que tout le monde n’a pas la capacité de réaliser un tel exploit…

Ces arguments en fait n’en sont pas. Cela revient à justifier n’importe quel acte par l’inconscience ! Est-ce que demain je peux, sous prétexte de posséder un permis de conduire, piloter une formule 1 ou parce que je sais faire une omelette, prendre les rênes du Grand Véfour ? Vous me prendriez pour un fou et vous auriez raison !

La chanson est un Art et comme tous les Arts, elle se travaille. Il serait bon qu’une fois pour toute, ceux qui veulent en faire profession comprennent bien qu’il y a une nette différence entre chanter dans sa salle de bain ou pour ses amis (ce qui est très sympathique) et se produire face à des gens. La différence tient à la capacité qu’a l’artiste à écouter les conseils et à progresser dans son domaine.

On ne participe pas à une finale des jeux olympiques, uniquement parce qu’on l’a décidé ! On se prépare, on s’entraine, on transpire, on se remet en question, on participe à des compétitions de qualification et parfois même on finit au pied du podium, alors on attend la prochaine olympiade et on retourne à l’entrainement.

Avoir conscience de ses limites

Si, le chanteur dont je parle, avait eu un peu de recul par rapport à son travail et était entouré de gens influents et capables de lui dire « Non, tu ne peux pas faire ça maintenant, attend encore un peu. On verra plus tard. Faisons plutôt quelques dates dans de petits endroits, pour bien nous rôder. On reviendra plus forts dans quelques temps » et qu’il ait été en mesure d’écouter ces conseils, alors nous n’aurions pas assisté au désastre de cette triste soirée.

Les excès sont néfastes, y compris d’avoir trop confiance en soi. Aveuglement et arrogance ne font pas bon ménage, surtout quand techniquement cela ne suit pas. Gageons que le temps fera son affaire et que des corrections seront apportés ou pas…

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 3 octobre 2011

Scène de ménage ! !

Scène de ménage ! !

ou

Y a-t-il de la place pour tous sur scène ?

Chers amis,

Une sensation étrange m’a envahi dimanche après-midi, alors que je me rendais à la cigale, afin d’assister à un concert des légendes du rock’n roll. Dans les couloirs du métro, partout, je voyais des affiches annonçant des spectacles, des concerts, des représentations, des réductions, pour une place achetée, une place offerte, jusqu’au 25 de ce mois, c’est 50 % de réduction… __ Beaucoup trop d'offres__

Un trop plein ! Voilà ce que j’ai pensé en arpentant les quais de la RATP. Je me suis mis à la place des spectateurs et me suis demandé ce que j’irais bien voir, si j’en avais le temps et les moyens ? La réponse est simple et triste à la fois : pas grand-chose.

Non pas que la qualité ne serait pas au rendez-vous, loin de là, mais profusion nuit, j’en suis certain.

Notre société est celle du divertissement, mais aussi une société de non courage. J’entends par là, tout nous arrive déjà mâché dans notre ordinateur. Pourquoi faire un effort pour aller entendre un jeune artiste que peu de gens connaissent, dans des conditions précaires ? Qu’est-ce qui pourrait bien nous pousser hors de chez nous, afin d’assister à des représentations moyennes ? La curiosité ? Par le passée, sans doute, mais aujourd’hui…

Il y a des salles qui, tout de même, s’affranchissent du taux de remplissage, parce que subventionnées. Je pense aux Trois Baudets, par exemple. Il n’est pas rare de voir des artistes à l’affiche, avec un taux d’occupation des sièges payants, flirtant à peine avec les deux chiffres. Heureusement qu’il y a des cartons d’invitation… __ Quel avenir pour les jeunes talents ? __ Un gentil père de famille, de province, voulant produire une date pour son fils, m’a contacté la semaine passée, en me demandant si 500 € de location de salles sur Paris était un tarif « honnête » ? Que lui répondre ? Bien sûr que c’est cher, surtout lorsque personne ne vous connaît. Si vous possédez un petit public qui vous suit, c’est jouable, encore que… Faites le calcul : 50 personnes à 10 € et tout le reste à payer : musiciens, transports, hébergement, c’est juste, non ?

Etant donné que beaucoup d’artistes pensent qu’ils émergeront, quelles que soient les conditions de représentations et que des loueurs de lieux jouent sur cette crédulité, le commerce a de beaux jours devant lui et les chanteurs feront face à des salles désespérément vides…

Paradoxe

Nous vivons un grand paradoxe. L’internet a ouvert des possibilités ignorées il y a peu, laissant croire que tout le monde aurait sa place. La crise du disque a accentué la sensation que les revenus proviendraient davantage de la scène. C’est la ruée sur les planches. En même temps, c’est la place des chanteurs, non ?

Etait-il plus facile de se faire entendre par le passé ? Je ne sais pas. Il y avait moins d’artistes, mais aussi moins de moyens de diffusion. Donc rien n’a changé ! Pourtant nous avons l’impression que tout est possible. Sans doute n’est-ce qu’une impression. Le virtuel est parmi nous.

Encore plus aujourd’hui qu’hier il me semble difficile de se faire une place au soleil, dans Paris. Ailleurs…

Pourtant, je ne cesserai jamais de dire aux jeunes artistes qu’il faut y croire, se battre en permanence et ne jamais baisser les bras, que ce métier est formidable, y compris dans les moments difficiles. Il y a toujours une rencontre, une parole, une idée qui vous redonnera une folle envie de monter sur scène et de continuer votre chemin.

Je vous souhaite plein de succès pour cette nouvelle saison.

Bonne semaine.

Olivier

mardi 27 septembre 2011

L'été indien ! !

L’été indien ! !

ou

La durée de vie d’une chanson en radio est très courte…

Chers amis,

C’est l’été indien ! Magnifique. Une saison qui s’étire sur plus de trois mois, c’est tellement agréable. J’espère que vous en profitez tous et que vous vous sentez aussi fort et détendu qu’en plein mois de juillet, au bord de la mer, les pieds dans le sable.

Ha ! L’été indien, c’est malheureusement ce que ne connaissent jamais la plupart des titres qui entrent en radio… En effet, une étude à constater que la majorité des singles, qui passent sur nos ondes, ont une durée de vie moyenne de 3 mois et puis s’en vont.

Le temps d’une petite saison et puis c’est la disparition…

Voilà pourquoi le temps que dure un contrat de promotion n’est pas tellement plus long que ça. Pourquoi passer plus de temps sur un titre qui à peine entré est déjà ressorti ?

Deux solutions : Soit votre single est assez fort et peut espérer une petite prolongation de durée de vie. Je vous le souhaite, car dans ce cas de figure, vous pouvez commencer à penser que vous tenez peut-être une bombe. Soit vous ne faites pas vraiment de vagues et dans ce cas, il vous faudra très vite envisager un changement de fusil d’épaule.

On me dira que les temps ont changé, que la mode est au « toujours plus vite », que les artistes n’ont pas le temps de prendre leurs marques, qu’on ne donne plus leur chance aux chansons et bla bla bla !

Hit parade

En reprenant les classements des « hit parades » des années 70, on s’aperçoit que bon nombre de chansons vont et viennent et que très vite elles sont remplacées par d’autres. A cette époque, les 45 tours fleurissaient comme des pissenlits en plein champ.

Rien qu’au cours de l’année 1978, Boney M a classé 3 titres, de même pour les Bee Gees et Claude François. On pourrait multiplier les exemples sur toute une page. Mais la démonstration est faite. Aujourd’hui, on ne laisse vivre ni plus, ni moins longtemps une chanson qu’auparavant. C’est une question de perception.

Je comprends la déception d’un jeune artiste qui se trouve propulsé sur les ondes avec « sa première » chanson et qui au bout de 90 jours s’évanouit dans la nature.

Vive le web

Par chance aujourd’hui, il existe le NET ! Hé oui ! Vos titres continuent d’exister bien au-delà du simple format radio. Il est vrai que ce média est encore prescripteur, peut-être plus pour longtemps et dans une moindre mesure, mais tout de même, il est encore là !

La magie de l’internet est que vous ne mourrez jamais. Il reste toujours une trace de votre « œuvre » quelque part. N’oubliez surtout pas, en laissant vos chansons, de renseigner si cela est possible, les tags, avec votre nom, c’est évident, mais aussi, le titre, l’auteur, le compositeur, l’éditeur, enfin tout ce qui peut permettre à un moteur de recherches de mettre la main sur vous, même bien longtemps après que vous serez passé à autre chose.

Ne vous focalisez pas sur cette bande FM. Elle n’est pas tout ! Et puis trois mois, c’est quoi ? Rien ou si peu, au regard du temps que vous aurez passé à façonner votre art, à ourler les vers, à agencer vos accords, à fignoler la mélodie. Autant d’énergie mise au service d’une chanson, pour disparaitre aussi qu’elle serait apparue !

Les bonnes chansons traversent le temps. D’ailleurs, nous fredonnons toujours des mélodies très anciennes. Des airs qui n’ont nullement eu besoin d’une radio, d’une télé ou d’un site web pour venir jusqu’à nous.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 19 septembre 2011

Simple constat ! !

Simple constat ! !

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Les chiffres du spectacle vivant en 2010 donnent à réfléchir

Chers amis,

Alors que se déroule, en ce moment même, la grande réunion annuelle du PRODISS, les producteurs et diffuseurs de spectacles vivants, l’analyse des chiffres de la saison passée, laisse perplexe.

Plus de spectacles en 2010

En effet, le CNV (Centre National de la chanson et la Variété) a publié les résultats de l’ensemble de l’année 2010. Si la progression du nombre de shows proposés est de 7 %, l’augmentation de la fréquentation quant à elle, n’est que de 2 %.

Les grosses productions, ayant générées plus de 5 millions d’Euro de recettes, ne sont qu’au nombre de 15, alors que l’an passé, il y en avait 17. Ce petit écart entraine tout de même un manque à gagner de 80 millions d’Euro de billetterie !

On nous explique depuis cinq ou six ans que, suite à la brutale chute des ventes d’albums physiques, le Live allait prendre la relève et devenir la vraie source de revenus pour les artistes. Comme par le passé, entendait-on. A l’époque sans doute où il n’y avait que ménestrels et trouvères sur les routes et chemins de nos régions !

Plus de concerts compensent les pertes des ventes de CD

L’idée géniale du microcosme était que les pertes seraient compensées par un plus grand nombre de concerts. Nous avons donc assisté à une explosion du nombre de concerts ces dernières années. Oui, mais voilà, le porte-monnaie des spectateurs n’est pas sans fond et à un moment il faut choisir. De plus, et dans le même temps, le prix des places de concerts a très nettement augmenté. Alors, que faire ? Se rendre à un spectacle dont on est à peu près sûr de ne pas sortir déçu, en y mettant le prix ou plusieurs petites salles, dans des conditions techniques pas forcément exceptionnelles ?

A ces questions, le public a répondu. Il privilégie les grosses machines ! D’ailleurs, en école de commerce, je crois que l‘on enseigne qu’il vaut mieux investir beaucoup, en une seule fois, afin de récupérer assez facilement au minimum sa mise, au mieux un maximum de bénéfices, plutôt que de s’éparpiller sur des petites affaires et au final risquer de ne rien gagner du tout !

Vous aurez remarqué, que les temps de crise économique, ne renforce pas vraiment les secteurs du divertissement. Quand il faut choisir dans les dépenses, il y a des priorités, que l’on comprend tous.

Heureusement que dans notre beau pays, il y a quantité de salles subventionnées qui accueillent des artistes en ne se souciant guère du taux de remplissage. Celles-ci sont enviées, à tel point qu’il est très difficile de s’y faire programmer.

J’aimerais tellement vous tenir un discours inverse et vous dire que tout est beau et que chacun à sa place sur la plus haute marche. Mais la réalité n’est pas celle-là. Les temps sont très durs.

Tournée annulée !

Regardez par exemple la tournée de Sinclair qui a été annulée. On prétextera ce que l’on voudra, mais c’est sans aucun doute que les taux de remplissage, à quelques semaines du coup d’envoi, n’étaient sans doute pas à la hauteur des espérances des investisseurs. Il vaut mieux, parfois, faire profil bas et prendre des décisions qui ne mettront pas en péril l’économie d’une société de production.

L’internet fait croire, encore aujourd’hui, à de nombreux jeunes, qu’il y a de la place pour tout le monde. Ce n’est pas vrai. Trop d’offre tue l’offre ! Je ne crois pas que le marché se purgera de lui-même. C’est à présent impossible. Il y a trop d’espace à occuper (ce qui est très bien pour la liberté, justement). Chacun veut sa petite part du gâteau. Mais à force de grignoter, on finit par piquer les miettes de son voisin et créer de la tension, ce qui entre nous est complètement l’inverse de ce que l’on souhaite, lorsque l’on fait du spectacle ou alors on crève. C’est malheureusement ce qui arrive de plus en plus souvent.

Face à ce constat bien sombre, il faut garder l’espoir. Ne pas baisser les bras. Continuer à se battre au quotidien, poursuivre un chemin fait de travail, de réflexion, de remise en cause. La musique en sortira toujours vainqueur. Les efforts finissent toujours par payer.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 12 septembre 2011

Mobilis in mobile ! !

Mobilis in mobile ! !

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De l’importance de se créer un maximum de contacts

Chers amis,

Comme je suis toujours heureux à la lecture de vos commentaires ! A chaque fois c’est un réel plaisir de savoir que certains ont pris un peu de temps, pour m’envoyer un petit mot, disant combien ils sont soit contents, soit en désaccord avec mon propos. Même si parfois la critique est difficile à encaisser, elle fait partie du jeu. Continuez d’être actifs sur ce blog, cela ne pourra que nous faire avancer mutuellement.

L'énergie du mouvement

Une nouvelle fois, une évidence m’est de nouveau apparue au cours de la semaine qui vient de s‘écouler. Plus vous êtes en mouvement, plus on vous voit, plus vous générez d’énergie et attirez à vous les autres. Je m’explique.

Comme vous le savez sans doute, car je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises ici, je travaille actuellement avec Renaud Hantson. Depuis de longues années, ce chanteur extrêmement doué et brillant est « sorti » du circuit médiatique. Il y a à cela plusieurs raisons, qu’il expliquera lui-même dans un livre à paraitre, en 2012.

Aujourd’hui, pour les besoins de la sortie de son nouvel album « Opéra rock », nous faisons un retour auprès des médias. Il n’est pas encore dans des émissions de Prime time, mais tout de même, il suscite parfois de la curiosité, mais surtout de l’intérêt.

En l’espace de quelques jours, depuis fin août, il a donné plusieurs interviews, pour la presse papier, ainsi que diverses radios. A chaque fois, le scénario se répète. Rencontre avec un journaliste, diffusion de l’info sur un média et dans la foulée, je reçois un appel ou un mail, me demandant la présence du chanteur sur tel évènement, me proposant sa participation à un plateau d’artistes ou m’offrant la possibilité de le faire apparaitre dans tel programme !

Ne pas rester à l'écart

Comment un chanteur que beaucoup apprécient, peut-il passer aussi longtemps inaperçu ? Tout simplement en restant à l’écart de l’agitation médiatique. Je ne rentrerai pas dans le jeu de la critique, de ses productions précédentes, qui pour certains, pourrait expliquer cela. D’ailleurs, cela ne semble pas être un point crucial, car lorsque l’on voit le nombre de flops, en termes de ventes, on est forcé de se rendre à l’évidence que le succès n’a rien à avoir avec la notoriété. Passons.

Le vrai point positif est que plus vous vous montrez, plus on veut vous voir ! Quelle évidence, me direz-vous ! Parfois, il est bon de rappeler ces quelques principes, qui permettent, avec le temps, de rester connecter au monde dans lequel vous souhaitez évoluer.

Il est vrai que je m’adresse plus volontiers aux jeunes artistes, à ceux qui voudraient bien pénétrer ce monde merveilleux, plutôt qu’aux chanteurs aguerris et baroudeurs du métier depuis longtemps. Ceux-là savent bien de quoi je parle.

Réseautage obligatoire !

Quant aux autres, je me permets de rappeler qu’une petite partie de leur succès grandissant se fera par le réseautage. Cette vérité, si souvent mise en avant et enseignée dans les grandes écoles, vaut également pour le show business !

Sortez, serrez des mains, échangez vos cartes de visite, passez des coups de fil, pour vous rappeler aux bons souvenirs de tel décideur, laissez des démos, communiquez sur vos différents sites web, en un mot soyez proactifs ! !

La réussite ne vient jamais à vous sans rien demander ! On pourra toujours me dire que grâce à l’internet, on ne risque plus de passer à côté d’un Mozart ou d’un Van Gogh. Je n’y crois pas. Un artiste qui resterait chez lui, enfermé dans son studio et qui attendrait que son téléphone sonne, n’aurait pas plus de chance de devenir célèbre aujourd’hui qu’il y a trois cents ans !

Il faut qu’il y ait une volonté de réussir à la base de la démarche. Ensuite, il faut avoir le courage, parfois c’est bien de cela qu’il s’agît, de sortir de sa tanière et d’aller à la rencontre des autres.

Plus vous multiplierez les contacts, plus vous aurez de chances de trouver l’ouverture. Celle qui vous permettra d’aller plus loin. Attention, rien n’est jamais acquis dans ce métier. Ce que tu as aujourd’hui, tu peux le perdre demain. C’est pour cela qu’il faut en permanence être « sur le coup », ne rien lâcher et être toujours en recherche.

Ce sport demande une discipline et un esprit de fer ! Si vous ne l’avez pas encore, il faut vous armer rapidement.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 5 septembre 2011

Ma chanson leur a pas plu ! !

Ma chanson leur a pas plu ! !

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Comment placer des titres auprès d’interprètes

Chers amis,

Aujourd’hui, c’est la rentrée des classes. Ce jour sonne définitivement la fin de la période estivale et nous pousse doucement vers l’automne, avec son cortège de jours sombres et tristes. Réjouissons-nous tout de même, car c’est aussi le moment de l’année qui nous permet d’envisager les futures prestations artistiques que nous aurons gérer au printemps prochain ! Le monde merveilleux du spectacle ne s’arrête jamais. Il nous empêche ainsi, d’être empêtrés dans un quotidien sans perspective d’avenir.

Je suis particulièrement heureux de savoir qu’avec Renaud Hantson, avec qui je travaille depuis quelques semaines, nous avons déjà des dates de concert arrêtées sur nos tablettes, en décembre prochain, mais aussi des options pour juin et juillet 2012 !

Placer des titres

Cette semaine, ce n’est pas d’avenir que je souhaite vous parler. Il se trouve qu’au cours de l’été, j’ai reçu plusieurs mails, d’artistes qui me suivent sur ce blog et qui m’ont fait à chaque fois la même demande : « Je suis auteur-compositeur et j’aimerais placer des titres auprès de chanteurs renommés. Pouvez-vous m’aider ? »

Je vais me permettre aujourd’hui d’expliquer comment le placement de titres fonctionne.

Il y a en fait deux solutions. Tout d’abord, vous connaissez personnellement un chanteur, un membre de son entourage ou vous avez tout simplement trouvé un contact direct et avec du culot, vous osez vous lancer. Vous faites passer un texte ou un MP 3. L’artiste vous dira ce qu’il pense de votre travail, s’il est intéressé ou non, si son Directeur artistique a également flashé sur ce que vous proposez ou pas, si leur priorité est à la recherche de nouveaux auteurs... Peut-être parviendrez-vous à nouer un contact fructueux et ainsi une nouvelle collaboration verra le jour.

Contacter les éditeurs

L’autre solution, à la fois plus « anonyme », mais aussi plus vaste, consiste à contacter directement les maisons d’édition musicale. En effet, le placement de chansons, auprès d’interprètes, fait partie de leur travail. Pour cela, elles doivent avoir en permanence des textes à proposer, soit au chanteur, soit à un compositeur, soit encore à un producteur. C’est pour cela, qu’il ne faut pas craindre, comme un romancier envoie son manuscrit à toutes les maisons de Saint-Germain des prés, poster vos œuvres en direction des sociétés de publishing qui existent. Tout d’abord, on prend contact par téléphone, on obtient le nom d’une personne qui donnera de son temps en lisant vos travaux et on met au courrier.

Le point positif de cette démarche est que si vous entrez dans une écurie d’auteurs, cela vous permettra de toucher plus d’artistes que si vous n’en aviez démarché qu’un seul. Souvent un auteur veut travailler pour tel chanteur. Le rôle de l’éditeur est de faire circuler les œuvres qu’il détient et de les proposer aux interprètes les plus à même de se les approprier. Le point négatif est que vous pouvez être perdu au milieu d’une ribambelle d’autres auteurs et passer totalement inaperçu.

Les places sont chères

L’ambition de vouloir offrir des textes aux derniers gros « vendeurs » est grande et généreuse. Bien entendu, on me demande plutôt de contacter Florent Pagny ou Yannick Noha, que d’illustres inconnus. Comme vous pouvez l’imaginer, ceux qui détiennent les places de fournisseurs de rimes y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. En France, les droits d’auteur sont particulièrement intéressants et convoités. Si vous avez la chance d’être présent sur un opus, sorti par celles et ceux qui n’écrivent pas leurs propres textes, et d’arriver en tête des ventes, alors le chèque que vous toucherez pourra être conséquent. Voilà pourquoi certaines places relèvent du « domaine réservé » et qu’il est très compliqué de s’y installer.

Un dernier petit conseil, qui à mon avis vous évitera de vous retrouver trop rapidement dans la corbeille de votre lecteur, c’est d’appuyer vos démarches avec des argumentaires pompeux vous concernant. J’ai reçu des mails comportant des phrases telles que : « Je pense être un des meilleurs auteurs actuellement sur le marché », cependant personne ne le connaît, mais passons ou « Mon écriture correspond tout à fait à l’univers d’untel » et j’en oublie. Laissez à l’éditeur et à son chanteur le soin de savoir si celui-ci a envie de défendre ce que vous lui proposez. Il ne faut pas perdre de vue que l’artiste devra entrer dans vos mots, dans votre univers pour en faire le sien. L’exercice est périlleux, mais passionnant. Si cela marche, alors vous n’êtes pas à l’abri d’une bonne surprise.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 29 août 2011

Alchimie ! !

Alchimie ! !

ou

Les trois clés du succès

Chers amis,

Bien que le mois d’août ne soit pas tout à fait fini, c’est déjà la rentrée pour beaucoup d’entre vous. Qu’ils semblent loin la plage de sable fin et l’horizon avec le soleil couchant qui embrasait le ciel chaque soir. Ce scénario était réservé aux plus chanceux, car combien de concerts annulés pour cause d’intempéries ?

Succès

Je vous espère donc tous en pleine forme et bardés de courage, force et volonté pour affronter cette nouvelle saison. Comme d’habitude, je publierai tous les lundis, un article consacré au Music business, qui je le souhaite, vous aidera à mieux cerner cet univers impitoyable !

Le succès !

Cette semaine, rentrons directement dans le vif du sujet. Qu’est-ce que le succès ? Cette question m’a été posée par une jeune journaliste, qui bien failli me fiche en l’air une partie de mon premier week-end du mois de juillet ! En effet, le succès c’est quoi ? Cette interrogation journalistique faisait suite à un constat d’échec de plusieurs albums sortis par des gens portant un nom déjà installé dans le monde du show biz, mais n’ayant pas connu la gloire tant attendue. La demoiselle faisait référence entre autre à Mélanie Laurent et au flop de son premier disque.

La question n’était pas si dénuée de tout sens. En effet, sur quels éléments se fonde le succès ? J’ai noté trois points essentiels à la réussite d’un projet, autrement appelé succès.

Le produit

Le premier élément est « le produit ». Il va de soi que lorsque l’on se lance dans l’aventure musicale, l’opus qui sera livré au public devra être une somme d’autant de réussites qu’il y a de pistes à écouter. Ne parier que sur une chanson ou deux, pour vendre plusieurs milliers d’albums est une erreur. Chaque titre doit être un single en puissance. Chaque chanson doit être travaillée comme si elle était la seule à exister. Il faut que l’on se dise à l’écoute du disque « Je ne sais laquelle choisir pour les médias. Elles sont toutes excellentes ! »

Le public

Le second élément et non le moindre est « le public ». Je devrais dire plutôt « son public ». Je rencontre énormément de jeunes artistes qui veulent, avant toute chose, être dans les journaux, sur les radios, qu’on parle d’eux dans le poste ! Quand je demande où ils en sont dans leur parcours, bien souvent la réponse sonne creux et mis à part une prestation sur le parvis du bureau de poste de leur commune, le jour de la fête de la musique, il n’y a pas grand-chose. Soit vous avez acquis un public et des fans avec les années et quand votre produit sortira vos acheteurs seront déjà là, à attendre impatiemment la galette toute chaude, soit vous bénéficiez d’un service promo, lié à une major, qui bombardera un titre sur les ondes et avec un peu de chance, fera grossir votre communauté de fans de manière exponentielle.

Le nom de l'artiste

Et enfin le dernier point, pour moi le moins important, c’est « le nom » de l’artiste. Je dis le moins important car l’histoire du disque nous prouve que vous pouvez avoir été en haut de l’affiche pendant de nombreuses années et en être descendu, pour y remonter cela n’est pas chose facile. Cela peut aider, mais ne fera pas tout. Je pense aussi à tous ces « fils de », qui n’ont d’autre carte de visite que celle de leur père ou mère connus de tous, mais qui leur font une ombre terrible. Si Chédid, Dutronc ou Higelin sont arrivés à percer, c’est bien grâce à leur valeur artistique et non par un simple tour de passe-passe familial ou médiatique.

Le succès c’est une alchimie très compliquée. Vous pouvez avoir une œuvre de grande qualité et ne pas trouver votre public. Souvenez-vous des années de galère de Gainsbourg et de ses premiers disques 25 cm qui ne se vendaient qu’à quelques exemplaires. Vous pouvez avoir un nom grand comme la façade de l’Olympia et faire un flop avec un album, voyez les chiffres du dernier Hallyday. A l’inverse vous pouvez connaitre une vraie bonne surprise. Ce fut le cas pour le premier disque de Carla Bruni. Un top model qui se reconverti dans la chanson et puis quoi encore ! Bingo ! Un label qui pensait n’en vendre qu’une grosse poignée se retrouve avec un des plus gros cartons de l’année 2002 !

C'est le public qui choisit !

Aujourd’hui même, le succès de Nolwenn Leroy s’explique par les trois points exposés plus haut. La qualité de production de ses reprises ; Ses fans qui la suivent depuis plusieurs années, plus le grand public qui se retrouve dans des chansons qui font partie de l’histoire de chacun (qui n’a pas chanté la jument de Michao pendant des vacances en Bretagne ?) et enfin l’interprète qui n’est plus à présenter.

Quoi qu’il en soit, au bout du compte c’est le public qui finit par rendre son jugement. Celui-ci n’est jamais définitif, mais il est vrai qu’attendre que la postérité fasse le reste, c’est un peu rageant.

Je vous souhaite plein de succès pour cette nouvelle saison.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 4 juillet 2011

Communication breakdown ! !

Communication breakdown ! !

ou

Un attaché de presse n’est rien, sans un bon artiste.

Chers amis,

Voilà, nous entrons dans la période de grand calme pour les affaires. En juillet et en août le show business tourne au ralenti. Dans le plus grand secret des alcôves méditerranéennes, on prépare la rentrée. La capitale, quant à elle, ressemble au désert des tartares. On y attend quelque chose qui n’arrive pas.

Tous les pontes travaillent tellement dur de septembre à juin, que deux mois de pause s’imposent…

Pour ce premiier billet de la saison estivale, je vais revenir sur un sujet déjà traité par le passé, mais qu’il me semble bon de reprendre : « De l’importance de l’attaché de presse ».

Attaché de presse par hasard

J’ai débuté ma carrière de communicant, un peu par hasard. En effet, alors que j’étais en charge de la mise en place de la page Myspace de Gérard Blanc, celui-ci me demanda si je ne voulais pas m’occuper également de sa promotion auprès des radios de province. Etant donné qu’il y avait déjà quelqu’un pour Paris et les « gros » médias, ne lui manquait qu’une petite main pour nos beaux réseaux régionaux.

Je n’ai pas réfléchi longtemps et ai accepté cette offre avec le plus grand des plaisirs. Tout en étant heureux, je ne savais pas comment j’allais être reçu, car personne n’avait entendu parler de moi. J’avais en tête, l’image de l’attaché de presse qui connaît la terre entière, tutoie l’ensemble des patrons de presse et qui d’un simple coup de fil décroche toutes les Unes des journaux télévisés, de la PQR, magazines et radios.

Premiers succès

Quelle ne fut pas ma surprise, alors que je passais mes premiers appels. La plupart de mes correspondants ne cherchaient absolument pas à savoir qui j’étais - cela viendra ensuite -, mais voulaient connaitre l‘actualité de Gérard, s’inquiétaient du contenu de l’album qui allait sortir, de l’Olympia qui arriverait quelques mois plus tard et des concerts qu’il allait donner au cours des prochains mois.

Inutile de dire que les propositions d’interviews étaient validées dans les minutes qui suivaient et en l’espace de quelques semaines le planning du chanteur ressemblait vraiment à quelque chose.

J’aurais pu en tirer une gloire toute personnelle, mais force était de constater que seul le nom de l’artiste me permettait d’ouvrir certaines portes et d’obtenir des résultats.

Un bon carnet d'adresses

Aujourd’hui encore, il me faut expliquer que ce n’est pas parce que je possède quelques bons numéros de téléphone, que je vais pouvoir faire passer n’importe quel artiste dans n’importe quelle émission !

La personne décisionnaire, de la programmation, choisira en fonction de plusieurs critères : L’artiste que l’on me propose de recevoir est-il assez connu pour générer de l’audience ? Ses propos sont-ils percutants ? Est-il susceptible de créer un buzz, parce qu’il est provocateur, parce qu’il est intarissable ? L’album qu’il sort est-il si intéressant que cela vaille la peine d’en parler ? Le chanteur a-t-il une actualité autre qu’un single qui sort en radio ? Est-il « couleur d’antenne» ?

Une fois que vous avez répondu à ces questions favorablement, vous pouvez presque être assuré que vous aurez une place autour de la table et que l’on vous tendra le micro.

Ne pas rêver inutilement

Bien entendu, il ne faut pas non plus faire miroiter la lune aux aveugles, car plus on se rapproche des sommets médiatiques, plus il y a de monde à vouloir être sur la photo et donc plus les places sont chères. Là, vous pouvez être le plus influent des attachés de presse, jamais vous ne ferez passer un illustre inconnu au Journal de 20 h, à moins d’être de connivence avec le rédacteur en chef et de d’avoir fait un pari (ce qui risque de vous retomber sur le coin du nez).

Ne vous imaginez pas que sous prétexte d’avoir payé plus que de raison une sommité de la communication, vous serez demain la nouvelle idole des jeunes. Je suis persuadé, encore plus aujourd’hui qu’hier qu’un attaché de presse (contrairement à ce que beaucoup pensent) ne fait pas la carrière d’un artiste. C’est le seul talent du chanteur, l’envie du groupe ou la détermination de la chanteuse qui feront que les médias s’y intéresseront.

L’attaché de presse n’est qu’un passe plat. Plus le met présenté est délicat et appétissant, plus il a de chance d’être apprécié. Dans le cas contraire, le produit restera dans les arrières cuisines et personne n’en entendra jamais parler.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 27 juin 2011

Les deux écoles ! !

Les deux écoles ! !

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Si vous voulez travailler en confiance, signez des contrats

Chers amis,

Je rentre d’un week-end chargé en émotions et en musique. J’ai eu le grand plaisir, au cours de ces deux jours, d’avoir deux artistes en scène. Francis Lalanne a chanté samedi soir à Langan, en Bretagne et Murray Head dimanche, sur la très belle scène, en plein air, du parc Rosenberg, à Seclin, dans le Nord.

Avec une nouvelle signature, pour reprendre le management et la promotion du dernier album de Renaud Hantson « Opéra rock », je peux dire que la fin de saison est plutôt agréable.

Signer des contrats ?

Je vais toutefois revenir sur un aspect un peu moins glamour du métier. A plusieurs reprises, on m’a posé la question suivante : « faut-il à chaque à fois signer des contrats ? », sous-entendu : label, éditeur, manageur, attaché de presse…

La réponse est simple et double à la fois.

Il y a encore dans ce métier des gens bien, qui fonctionnent à l’ancienne école. On se dit tout, on se tape dans la main et on s’en tient, quoi qu’il arrive, à ce qu’on s’est fixé. Ils ne sont plus nombreux. J’ai la chance d’en connaitre certains.

Il est toujours plus confortable de travailler en toute confiance, sans avoir à regarder tous les matins les détails d’un contrat qui pourrait cacher on ne sait quel point que l’on n’aurait pas bien lu.

Inutile de dire que je ne vous recommande bien évidemment pas de fonctionner comme cela, dès la première rencontre avec celles et ceux que vous pourrez croiser. Notre monde est plein de filous, pour ne pas utiliser d’autres noms beaucoup moins politiquement corrects.

Un bon exemple

La confiance ne s’installera qu’avec le temps. Une union professionnelle, même sur un temps très court ne doit pas être précipitée. J’ai assisté, un jour, à l’entrée fracassante d’une attachée de presse, dans le bureau d’un producteur. Celle-ci ne jeta qu’un œil à l’album qu’elle aurait à défendre et l’autre à l’artiste qu’elle devrait représenter. L’entretien dura dix minutes chrono en main. En se levant elle annonça : « Il me faut pour commencer, 10 CD et autant de bio. Mon tarif c’est 2000 € par mois ! » et au revoir.

Bien entendu au cours des 600 secondes, elle fit miroiter les Unes des journaux, les 20 Heures des grandes chaînes et j’en passe. Le producteur et l’artiste, sont littéralement tombés sous le charme de cette belle parleuse. Le financier n’a pas hésité et a signé le premier chèque dans la foulée. Autant dire que les résultats ont été très loin de ce qui avait été promis…

La seconde école, moins drôle et plus anglo-saxonne est celle du « tout doit être consigné dans un document de 150 pages, avec des noms, des engagements et surtout des signatures.

Il peut être effrayant de quitter le rêve et les étoiles du show business, pour se concentrer sur des histoires de pourcentages, de royalties, de part d’édition… D’un seul coup on se sent plus proche du monde des affaires que de celui du spectacle. C’est aussi pour cela qu’il faut parfois faire appel à des agents artistiques ou des managers, en qui on peut avoir totalement confiance.

J’ai failli moi-même subir un fort désagrément, en ayant tapé dans la main d’une personne, qui me semblait tout à fait honnête, sans avoir signé quoi que ce soit. Heureusement, des échanges de mails m’ont permis de retracer le suivi des discussions et échanges eus avec la malfaisante et remettre dans l’ordre une situation qui m’échappait. Lorsque l’on met les gens face à leurs mensonges, omissions et contradictions, il est plus aisé de se sortir d’affaires.

__Signature = confiance __ Que répondre à quelqu’un qui vous dirait que vous mettez sa confiance en doute en lui faisant signer des papiers ? Dites au contraire que c’est parce que vous avez foi en lui, que vous voulez définir précisément le cadre des attributions de chacun. Comme cela aucun ne pourra déborder sur le territoire de l’autre. Si jamais le cas se présentait, il serait facile de recadrer chacune des parties.

Paradoxalement, plus on est carré et l’on sait où l’on va, mieux le chemin est balisé et moins on risque la sortie de route.

Avant de signer des autographes, entraînez-vous en signant des documents officiels.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 20 juin 2011

Penser l'impossible ! !

Penser l’impossible ! !

ou

Le diable se cache dans les détails

Chers amis,

Depuis le début du mois de juin, j’ai assisté à de nombreux concerts. D’artistes confirmés aux jeunes, voire très jeunes, débutants, j’ai conforté une certitude : Le répertoire seul ne suffit pas !

En effet, nombreux sont les chanteurs ou groupes qui ne pensent qu’en terme de paroles et musique, ce qui est la moindre des choses, convenons-en. Oui, mais si les mots et les notes ne sont pas « habités », la prestation sera sans saveur.

Ce dimanche avait lieu la finale nationale du concours Zicmeup. 32 compétiteurs, sur la belle scène du théâtre le Trianon à Paris, ont présenté chacun un titre. Cette saison le rock était très présent et les décibels ont envahi l’enceinte plus souvent réservée à la déclamation dramatique.

Un point en particulier à retenu mon attention, ainsi que celle de l’ensemble du jury, c’est ce que j’appelle « l’incarnation ». J’ai vu plusieurs prétendants au titre, se présenter face au jury, sans avoir jamais investi leur corps de chanteur, sans jamais être devenu celui qu’ils auraient dû être à ce moment précis.

Pardon si cette présentation des choses peut sembler un peu ésotérique, mais je suis certain que là se trouve une des clés de la réussite.

J’ai toujours à l’esprit, lors de ce type d’évènement, la phrase prononcée par Juliette Gréco, à l’époque où elle découvrit Jacques Brel sur scène : « A la différence des autres, on voyait chez jacques qu’il y avait quelqu’un dans le pantalon », sous-entendu il était bel et bien présent ici et maintenant.

Il est tout simplement inconcevable de penser vouloir monter sur une scène sans être « habité ». Je mets tout exprès ce mot entre guillemets, car cela à un véritable sens.

Lorsqu’un artiste monte sur scène, il ne peut pas le faire dans n’importe quelle condition. Une entrée sur le plateau cela se prépare, un passage devant un jury ou plus naturellement devant son public cela se travaille. Il ne s’agît pas de régler au millimètre près sa prestation, encore que dans certains cas cela s’avère nécessaire, mais d’avoir le sens du spectacle. J’ai découvert une chanteuse, dont j’ai totalement oublié le nom du groupe dans lequel elle œuvrait, venir sous le feu des projecteurs, vêtue de ses habits quotidiens. Nous nous sommes demandé, avec mes camarades, si elle ne s’était pas joint aux musiciens uniquement pour leur faire plaisir, mais sans réelle conviction.

Autant, je ne supporte pas les jeunes demoiselles qui se décorent comme des sapins de Noël, pensant que cela marquera le public en général et les jurés en particulier, mais de là à délaisser complètement cette partie importante du métier me semble être une erreur fondamentale.

Dites-vous bien qu’avant même d’ouvrir la bouche vous serez jugée sur votre aspect. C’est terrible, mais c’est comme ça. On ne peut malheureusement s’interdire d’avoir un « a-priori ». Par contre, si le passage est de grande qualité tant au niveau vocal, que des paroles et des arrangements, alors les avis pourront s’inverser. Alors pourquoi partir avec un handicap ?

Je suis certain que l’habit fait le chanteur. Votre tenue de scène, aussi simple soit-elle, vous aidera à entrer dans le corps de l’interprète que vous serez. Un chanteur, au même titre qu’un acteur, doit revêtir chaque fois une nouvelle peau.

Ça ne fera pas tout, il est vrai. Le talent ne s’habille pas chez Cardin, mais cela vous aidera à prendre la vraie dimension de qui vous devrez être pour faire passer vos émotions.

Je sais bien que ce type de point est considéré par le plus grand nombre comme un détail, pourtant dans le spectacle comme dans tant d’autres entreprises, c’est dans les détails que le diable se cache, dit-on. Ne négligez rien, y compris ce qui ne vous semble pas important. C’est à cela que l’on fera la différence et que l’on remarquera votre volonté à incarner ce que vous voulez être.

Qu’est-ce d’autre que le charisme, sinon une volonté particulièrement forte d’irradier autour de soi. Il y en a qui ont ce pouvoir naturellement et d’autres qui doivent le travailler. Avec du temps, des efforts et du succès cela finit par venir.

La réussite est une curieuse alchimie, dans laquelle, dites-vous bien, rien ne doit être laissé au hasard.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 13 juin 2011

Promesses ! !

Promesses ! !

ou

Politiques et Droits d’auteur le débat reste ouvert

Chers amis,

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, dit-on. Nous avons eu ces derniers jours deux belles déclarations politiques, concernant les droits d’auteur.

Disparition de la hadopi

D’un côté Eva Joly, nous a promis solennellement qu’elle « abrogerait les lois Hadopi et Lopsi, dès la première semaine de son mandat » et d’autre part François Bayrou qui lui « réfléchit à un projet de licence globale ».

Rappelons tout de même que le Président du Modem était un farouche opposant à cette mise en place défendant becs et ongles la création artistique par le versement des droits d’auteur aux ayants droits.

Nous nous rendons compte que les politiques sont toujours à la traîne par rapport à la réalité. Un mal survient sur le Net et le temps que nos élites réagissent et mettent en place une proposition de solution, le web a déjà muté et est passé à autre chose, laissant le projet politique sur le bord de la poubelle de l’histoire législative.

Il n’empêche, François Bayrou réfléchit. Ne le dérangeons pas.

Pas de solutions proposées

Dans le même ordre d’idée, nous avons donc l’ex juge Eva Joly qui nous promet purement et simplement de faire table rase de ce qui existe déjà. Plus d’Hadopi, plus de riposte graduée, plus d’intrusion chez les FAI, plus de dénonciation, plus de balance.

D’accord, mais quoi pour remplacer la Haute autorité ? Ha, ben là on n’a pas de réponse. Il est vrai que Madame Joly répondait à un tchat et qu’il est difficile de faire des réponses argumentées lors de ces échanges.

Paradoxalement les élites artistiques, de gauche souvent ( !), soutiennent mordicus l’application de la Hadopi. Nous ne connaissons pas à ce jour leur position face aux déclarations des dirigeants politiques. Feront-ils bloc derrière ces candidats qui précipiteront leurs derniers revenus dans les colonnes pertes et profits ou bien feront-ils campagne pour un camp adverse mais qui préservera les acquis ?

Mes chers amis artistes, comme vous pouvez le constater, la guerre des droits est loin d’être résolue, si ce n’est définitivement du moins pour une période assez longue qui vous permettrait de ne pas trop y penser et vous laisserait du temps de cerveau disponible, pour ne vous focaliser que sur votre travail créatif.

Les bons esprits me diront que d’une part la musique et les chansons existaient bien avant Beaumarchais, ce qui est vrai et que d’autre part, il reste toujours le spectacle vivant pour gagner sa vie.

Spectacle vivant et droit d'auteur

A ce sujet, j’aimerais tout de même rappeler quelques chiffres collectés par la SACEM pour l’année 2009. Ils sont sans doute identiques pour l’an passé. 3% des séances de spectacle vivant (5000 dates de tournées organisées par un producteur) représentent 40% des perceptions de droit. Les festivals et évènements associatifs génèrent également 40% de droits, mais pour 100 000 séances ! !

Le nombre de dates laisse rêveur. Mais les retours financiers ne sont pas faramineux. Une fois que vous aurez empoché votre cachet, n’espérez pas trop arrondir vos fins de mois avec la société de collecte.

Il est certain que vous gagnerez mieux votre vie en donnant des concerts plutôt qu’en vendant des disques, mais si le petit garde-fou qui est censé dissuadé le piratage venait à disparaitre, les derniers centimes générés s’évanouiraient dans la nature. Pas pour tout le monde soyez-en sûrs.

De toute façon, il n’y a aucune chance de voir Eva Joly arriver à l’Elysées, en 2012. Alors, elle peut bien tenir des propos démagogiques, cela ne dérange personne. Cela ne fait pas non plus avancer le débat.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 6 juin 2011

Je voudrais être un fleuve ! !

Je voudrais être un fleuve ! !

ou

Remporter un concours requiert des atouts artistiques, mais pas seulement…

Chers amis,

Je rentre de quatre jours passés au Luxembourg, sur le festival « Saveurs culturelles du monde », organisé par le Casino 2000 de Mondorf les bains. Outre les prestations remarquées de Madjo et de Guillaume Grand, un concours était organisé en direction de jeunes talents émergents.

Moziimo chante et gagne

Un jury présidé par Fabienne Thibeault et composé de professionnels du milieu musical, avait à départager une dizaine d’artistes, dont « cascadeur », le chanteur masqué, qui lui bien qu’étant toujours en développement ne joue déjà plus dans la même catégorie.

Nous avons eu le droit à des prestations de grande qualité. Je sais d’ailleurs que les délibérations furent acharnées et que les voix ne se sont pas posées naturellement sur l’un ou l’autre, tant chaque artiste présentait de nombreux atouts. Mais l’esprit de compétition veut qu’un vainqueur soit désigné. C’est donc au finish que « Moziimo », jeune artiste originaire de Corse et soutenue par Les Trois Baudets, reçut le prix du Jury.

Comment juger ?

Ce qui m’a le plus intéressé, au-delà des découvertes musicales, ce sont les commentaires et discussions des jurés. Ces derniers jours, j’ai retrouvé dans leurs propos, une constante inhérente à tous les tremplins et sur laquelle je vous propose de méditer.

Une épreuve comme celle-ci, dite de découverte, doit offrir aux artistes un espace à l’intérieur duquel ils doivent être en position de présenter leur univers, tout en laissant deviner le fort potentiel qui reste à exploiter.

Je m’explique. Nous avons vu monter sur scène des chanteurs qui tout en ayant des compositions sympathiques ne révolutionnaient ni les oreilles, ni l’épiderme des spectateurs. A l’inverse d’autres se présentaient sur le plateau, armés d’arrogance et d’une certaine suffisance, qui a suffi à les mettre quelque peu sur la touche, bien qu’ayant un show parfaitement réglé et très professionnel.

Oui, mais voilà où le bât blesse. Dans un concours, si vous arrivez, pas assez préparé et que vous imaginez que le seul fait d’interpréter vos compositions suffira à faire la différence, vous vous trompez. A l’inverse, si vous avez déjà de nombreuses années d’expérience derrière vous et que vous connaissez les trucs et astuces pour mettre le public dans votre poche, tout en oubliant d’être au service des chansons que vous interprétez, vous vous trompez également.

Beau paradoxe me direz-vous ! Vous auriez raison, car le public lui peut se laisser prendre au bluff de l’artiste et penser qu’il a face à lui le ou la future grande vedette de la chanson !

Maîtriser son sujet, oui mais pas trop

Mais en fait, en décortiquant les diverses prestations de quoi s’aperçoit-on ? Qu’une trop grande maîtrise de son sujet (je parle bien dans le cadre d’un concours) n’est pas un point positif ! Il faut pour conquérir le cœur d’un jury, laisser une petite porte ouverte sur sa fragilité et donner la possibilité aux pairs de se dire « Nous pouvons l’aider », « Nous pouvons lui apporter quelque chose ».

Si les juges se trouvent au pied d’un mur infranchissable, ils auront tendance à faire marche arrière et contrairement à ce que le public pourrait croire, ne pas pousser dans le bon sens. Vous aurez peut-être remarqué que dans des émissions comme « Star Académie » ou « La nouvelle star », lorsque l’on demandait aux téléspectateurs de voter, leurs voix n’étaient pas toujours en osmose avec celles du jury.

J’aime à citer ce que mon professeur d’art dramatique disait à chaque rentrée de septembre, voyant les nouveaux aspirants comédiens monter sur scène. Lors du premier passage sur le plateau, nous avions tous un court texte à dire. Immanquablement, il y en avait un ou une qui attirait l’attention des novices. Nous étions tous écrasés par la présence, par le jeu de celui-ci ou celle-là et notre maître d’entamer sa diatribe : « C’est bien. Tu sais apprendre par cœur quatre lignes. Mais ne joue pas à faire l’acteur. S’il te plaît, joue la comédie ! Tu dois être le personnage et non celui qui se prend pour quelqu’un d’autre qui jouerait lui-même la comédie. Il faut que tu incarnes ! »

Lorsque vous montez sur scène, il faut que vous interprétiez vos chansons et non que vous fassiez Le chanteur. Cette petite nuance vous permettra d’avancer, tout en conquérant le cœur de ceux qui vous jugeront. Attention, après le concours, c’est le public qui juge et si celui-ci ne vous suit pas, le rattrapage s’avèrera très compliqué.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 30 mai 2011

Comme un accord ! !

Comme un accord ! !

ou

Sur Internet chacun doit pouvoir s’y retrouver

Chers amis,

Les 24 et 25 mai 2011 s’est tenu à Paris, aux Tuileries, le premier sommet baptisé « e G-8 », consacré au monde de l’internet. Une table ronde avait pour thème la « Propriété intellectuelle », avec comme intervenants entre autre, Pascal Nègre, P-d-G d’Universal France, mais également Frédéric Mitterrand le Ministre de la culture ou Antoine Gallimard, de la maison d’édition du même nom.

e G-8 quel constat ?

Que peut-on retenir, pour ce qui nous concerne, du milieu musical ?

- Contrairement à ce qu’espèrent de vieux esprits retors, on ne reviendra plus jamais à l’ancien monde (les disques d’OR en pagaille, les avances colossales, les dépenses pharaoniques et les profits qui vont avec…)

- On ne sait toujours pas comment endiguer les pertes économiques qui fragilisent une industrie entière (- 50% de chiffre d’affaires en moins de dix ans).

En effet, nous pouvions légitimement penser que la réunion de tous ces décideurs mondiaux, allait servir à quelque chose et permettre à nos artistes d’entrevoir un avenir un peu plus radieux que celui qu’ils connaissent depuis de nombreux mois.

D’un côté, les tenants de la propriété intellectuelle, façon Beaumarchais du XXIème siècle (on ne lâche rien) et de l’autre des fanatiques d’une liberté totale sur le réseau, avec abolition du droit d’auteur.

Entre l’Hadopi qui n’effraie pas (ou plus) grand monde et ceux que l’on appelle encore « les pirates » du Net, il serait temps de trouver le juste milieu et de poser enfin le curseur sur la bonne fréquence.

Mettre les régies publicitaires à contribution

Outre les téléchargements légaux et les « ventes forcées » d’abonnements à des sites officiels, qui permettent de gonfler artificiellement les chiffres, il y a tous ceux qui gagnent de l’argent sur le dos des créateurs et ne reversent jamais un centime !

Ne serait-il pas temps que les fournisseurs d’accès, les moteurs de recherche, les régies publicitaires mettent un peu la main à la poche ?

J’ai plaisir à vous conter cette petite anecdote au sujet d’un site web fermé par décision de justice.

Un amateur de chansons française avait eu l’idée, pas mauvaise au départ, de créer un site sur lequel, on pouvait trouver en quelques clics, toutes les paroles des titres du répertoire francophone. Une base données fut ainsi crée et mise à disposition des internautes. Je rappelle que la diffusion d’une œuvre est toujours soumise à autorisation de l’ayant-droit avec en retour des droits d’auteur. Là, aucune demande n’avait été faite auprès de qui que ce soit.

Puis, face aux nombreuses visites, s’est invitée la publicité. Le propriétaire dudit site empochait les recettes publicitaires, sans en faire part aux sociétés de collectes. Une action en justice fut menée. A la fermeture des pages, le montant des annonces commerciales représentait environ 40 000 € annuel ! Sachant qu’il existe sur la toile des dizaines de sites comparables, vous imaginez les sommes perdues pour ceux qui ont travaillé et qui ne verront jamais le moindre petit sou généré par leur créativité.

Je ne pense pas que ce soit le droit d’auteur qui doive être remis en cause, mais plutôt la répartition des recettes générées par la publicité. J’ai sur mon blog deux bannières de pub. Si vous cliquez dessus et déclenchez un achat, je vais toucher un tout petit pourcentage. Si vous consulter une tablature ou un texte et que vous agissez de même, c’est le propriétaire des pages qui touchera, pas l’auteur de l’œuvre consultée !

Chacun a sa place, mais à quel prix ?

Il ne s’agît ni de verrouiller l’internet, avec des gardes chiourmes à tous les coins d’écran et revenir aux temps anciens, ni d’ouvrir les vannes du contenu à gros bouillon, sans aucune surveillance. Il faut mettre en place une juste régulation qui permette autant aux créateurs du web de vivre, sans pour autant spolier les auteurs de revenus qui se réduisent de jour en jour.

Actuellement chaque acteur tire la couverture à soi et renvoie la balle dans le camp adverse. Entre les deux, il y a des artistes qui aimeraient juste que l’on reconnaisse leur travail à sa juste valeur.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 23 mai 2011

Entrer dans la lumière ! !

Entrer dans la lumière ! !

ou

Deux, trois choses à savoir pour réussir son show

Chers amis,

En l’espace de quatre soirées, la semaine passée, j’ai navigué sur 50 ans de chansons françaises. De jeunes artistes tels que Madjo et Ours, à de plus confirmés, et c’est peu dire, comme Isabelle Aubret entendue au palais des sports et le spectacle « Âge tendre », au Zénith d’Orléans, le spectre musical fut largement couvert. Il est bon d’avoir une oreille auprès de ses racines, pour mieux apprécier la nouveauté.

Le fait d’assister à ces représentations m’a permis de relever un point primordial, auquel la jeunesse ne semble pas être bien préparée et sur lequel je vous invite à réfléchir. Il s’agit du comportement en scène.

Tout doit être réglé

Un tour de chant, un concert, un gala, qu’importe le nom que vous donnez à vos prestations, doit toujours être réglé à l’avance. Je ne parle pas de l’aspect musical qui est le point central de votre travail. Non, je pense à tout ce qui entoure votre montée sur scène : Introduction du show, enchaînement des titres, tenue de scène, interaction avec le public, salut, sortie de scène…

Tous ces éléments font partie intégrante du spectacle. Si votre entrée sur le plateau ne donne pas un coup de poing à l’estomac du spectateur, vous mettrez de longues minutes avant de gagner sa confiance et son enthousiasme. Il faut cueillir le public dès les premières secondes, ne pas lui laisser le temps de reprendre son souffle. Si vous parvenez à mettre le spectateur dans cet état de sidération, alors vous aurez gagné une bonne partie du combat qui vous oppose à la salle. Vous pourrez ensuite dérouler votre œuvre plus sereinement.

Construire sa prestation

Attention ! La partie ne sera pas terminée. Le spectateur n’est pas qu’indulgence. Si vous ne tenez pas votre show jusqu’au bout, il se pourrait bien que celui qui applaudissait des deux mains, dans les premières minutes, ne vous gratifie plus que de quelques claquements de mains polis un peu plus tard.

Il faut régler votre tour comme s’il s’agissait de n’importe quel spectacle. On construit un show. Ce n’est pas simplement un enchaînement de chansons les unes derrière les autres. C’est un rythme qu’il faut trouver, avec des temps forts et des temps faibles. Je sais combien il est difficile d’établir un ordre précis des morceaux. Il n’est pas rare, lorsque l’on suit un chanteur sur toute une tournée, de trouver de nombreuses modifications dans le déroulé des titres. Ceux-ci doivent toujours répondre à une règle simple : Quel est l’impact sur le public ?

Avez-vous remarqué qu’après certaines chansons « puissantes », il est bon de poursuivre dans ce même registre, en ne laissant que quelques secondes de battement, justement pour ne pas faire redescendre la pression que vous venez de monter ? D’ailleurs, il n’est rien de plus frustrant lorsque l’on est dans la salle que d’attendre quelque chose qui ne vient pas, ou trop tard… Il faut que de la scène l’artiste sente le public.

A ce sujet, il me semble qu’au moment où les spectateurs frappent dans leurs mains, le chanteur reçoit un retour proportionnel de ce qu’il a donné. J’ai été étonné de voir qu’aujourd’hui nombreux sont ceux qui ne prennent pas leurs applaudissements. Au contraire, j’ai même eu l’impression qu’ils utilisaient ce temps mort pour boire un coup, régler des effets ou accorder leur instrument.

Cette attitude est en totale contradiction avec ce pourquoi s’est déplacé le public ! Celui qui paie sa place n’est pas là pour quinze fois trois minutes de musique, mais pour une heure trente de partage. Ces quelques secondes entre chaque chanson doivent être des instants d’échange de regards, de sourire, de complicité, pas un temps de pause réglementaire !

Prenez exemple sur vos pairs

Il n’est rien de plus rageant que d’assister à un concert et de constater ces carences. Elles sont pourtant gérables facilement. J’écris régulièrement que j’ai lu des livres concernant les carrières d’artistes célèbres et que bien souvent des lignes de convergences apparaissent. Je ne peux que vous inciter à aller dans les salles de concerts ou regarder des DVD ou acheter des spectacles en VOD et analyser ce qui fonctionne chez les plus grands.

Les règles les plus simples sont bien souvent celles que l’on a le plus de mal à appliquer à soi-même. Pourtant, plus j’avance dans ce monde du show business, plus je me rends compte que le bon sens parfois suffit. Ce qui fonctionnait chez Prince ou Elton John, il y a vingt ans, marche aujourd’hui chez M ou chez Cali. Prenez la scène, avalez la lumière, donnez tout ce que vous avez au fond de vous-même, ne craignez pas la démesure, vous n’en ferez jamais trop, ouvrez les bras et embrassez le public. Celui-ci au bout du compte vous le rendra. Soyez-en certains.

Bonne semaine.

Olivier

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