Music Business - Réflexions et conseils - Olivier Vadrot

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jeudi 17 mars 2016

Baisse des quotas ! !

Chers amis,

Dans une discrétion assez assourdissante, les députés ont voté un abaissement du quota de diffusion de chansons francophones, sur les radios. Celles-ci pourront désormais, passer 65 % de titres chantés dans une langue étrangère, contre 60 %, précédemment.

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Certains pourront penser que perdre 5 points, sur une journée, n’est pas si catastrophique que ça. Il est vrai que le grignotage est toujours plus indolore sur le court terme. Mais, on peut également se demander jusqu’où cela ira ? Pourquoi ne pas perdre encore quelques petits points, dans un an ou deux et ainsi de suite, pour finir par n’avoir plus qu’une portion congrue de chansons francophones sur nos radios !

Les radios commerciales voulaient ce changement. Elles l’ont obtenu. Apparemment, à l’assemblée nationale, on ne s’est pas trop écharpé sur le sujet. Dès que l’on parle de « commerce » aujourd’hui, on a gain de cause…

Ce que je crains, n’est pas tant d’entendre un titre de Rihana ou une chanson de Justin Bieber de plus, mais cet abaissement ouvre davantage la porte aux maisons de disques françaises qui veulent faire chanter leurs poulains, dans la langue de Shakespeare. Marina Kay et Christine and the queens ont beaux jours devant elles.

Malheureusement, ce sont encore les jeunes artistes, qui n’ont pas la chance d’être signés en major, qui vont en faire les frais ! Ils n’avaient déjà que peu d’espace pour faire découvrir leur travail, ils en auront encore moins.

On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu…

Olivier

lundi 16 novembre 2015

Resquiescat In Pace ! !

Requiescat In Pace ! !

Vendredi 13 novembre, au matin, alors que je rangeais des CD qui trainaient dans mon bureau, j’ai remis la main, sur un disque promo, que l’on m’avait remis, lors d’un concert privé, en 2007. « Higelin en plein Bataclan ». L’album a tourné tout au long des treize pistes.

Je redécouvrais avec un certain plaisir des chansons que j’aimais depuis longtemps et d’autres qui ne m’avaient jusqu’alors pas laissé de souvenir impérissable. Mais, une chose retint principalement mon attention : La pochette.

En effet, sur celle-ci, on découvre un Higelin affalé sur le clavier de son piano, comme mort, foudroyé en plein show. Pour ceux qui connaissent la force dramatique que le chanteur sait déployer lorsqu’il est en scène, cette théâtralisation ne choque pas et fait partie du spectacle.

Higelin en plein Bataclan

Dans une salle de concert, il n’y a que les artistes qui se trouvent sur le plateau qui ont le droit de mourir, de cette mort fictive, celle qui fascine le public. Celle qui ressemble, à la mort des enfants dans les cours de récréation, quand ils disent, « allez à trois tu te relèves ! » et repartent vers d’autres aventures le visage inondé de bonheur.

Dans un théâtre, seule cette fausse mort est tolérée, pas la vraie ! !

La religion, étymologiquement signifie « ce qui relie ». Alors, oui, la musique peut être assimilée à une religion. Quoi de plus beau et émouvant que de voir une assemblée, qui au-delà de la pensée de chacun, se réunit et chante en chœur, les mêmes mélodies ? Fait abstraction de ses différences, de sa couleur de peau, de ses croyances et qui en l’espace d’une soirée laisse place au simple plaisir ?

A l’instar d’une église, d’une synagogue, d’un temple ou d’une mosquée, une salle de spectacle est un lieu dans lequel il y a des prières, païennes certes, de la ferveur, de l’amour et du bonheur. Un théâtre relève du sacré, parfois du divin, de la grâce et surtout doit rester un lieu de paix.

Il y a plus de soixante-dix ans, la division Das Reich, commettait un crime contre l’humanité en exterminant presque toute la population, du petit village d’Oradour-sur-Glane. Les hommes furent enfermés et mitraillés dans des granges, dans des remises et les femmes et les enfants, furent brulés dans l’église. Ce à quoi nous avons assisté, avec effroi, ce vendredi 13 novembre 2015, au Bataclan et alentours, m’amène à cette comparaison historique. Qui pensait en entrant dans la salle de concert qu’il allait y perdre la vie ? Personne, bien sûr. Qui y songera, à présent ? Tout le monde…

Je pense à ceux qui ont été pétrifiés face aux détonations et dont le corps s’est figé sur le parquet, dans les escaliers, au balcon, saisis par la mort, en plein concert. Je pense à Guillaume, dont la jolie plume dont il se servait pour écrire dans les Inrocks, s’est envolée, je pense à l’équipe de Mercury, je pense à l’ingé son du groupe qui jouait ce soir-là, ainsi qu’au responsable du merchandising, je pense à toutes celles et tous ceux qui, anonymes, ont perdu la vie.

Je regarde encore une fois le visuel du disque d’Higelin et je me dis qu’à la fin de la chanson, le chanteur s’est relevé et qu’il a salué le public.

Olivier

vendredi 25 septembre 2015

Quota or not quota ? ?

Quota or not not quota ? ?

That is the chanson ! !

Depuis deux jours, je vois passer et repasser, sur le net, des informations concernant un amendement, voté par une quarantaine de députés, qui voudrait réguler la diffusion de titres francophones, sur les ondes. Il me semble à priori, que c’est une bonne chose.

Il y a quelques années en arrière, j’étais en contact avec de nombreuses radios, de la bande FM, essayant de placer des nouveautés auprès des programmateurs. Las, le combat était quasiment perdu d’avance, car leurs playlist étaient confectionnées autour d’une poignée de titres français, produits par une des quatre majors de l’époque et diffusés pour certains six à huit fois par jour ! ! Vous aurez bien compris qu’il était difficile, voire impossible, de se faire une petite place dans ce combat de géants.

Dominique A show case FNAC Ternes 03.06

N’oublions pas que les radios sont dites « commerciales ». Ce qui les intéresse avant tout, c’est de vendre de l’espace aux annonceurs. Comment convaincre un client de faire un gros chèque à la régie publicitaire ? Il faut l’assurer que la station a un audimat au Top et pour obtenir ce résultat, il faut diffuser ce qui se vend le mieux, sinon l’auditeur va écouter ailleurs Louane ou Kenji…

J’en entends certains pousser de grands cris et nous dire que ce n’est pas à la loi de nous imposer ce que l’on doit écouter ou pas. Ce sont, sans doute, les mêmes qui se réjouissaient, au siècle dernier, de l’imposition de quotas de chansons francophones sur les ondes, afin de sauvegarder cette exception culturelle que le monde entier nous envie. C’est à n’y rien comprendre…

Les grands groupes de médias se plaignent quant eux de la piètre qualité de la production française. Si j’osais, j’utiliserais l’expression « les oreilles m’en tombent ». Ce qu’il faudrait dire, c’est que la « chanson populaire » a été abandonnée au profit de la « nouvelle chanson française », plus racée, plus intello, peut-être et donc bien moins « playlistable », pour vendre du temps de cerveau disponible.

Je discutais, il y a peu, avec un chanteur bien installé dans le paysage musical. Il souhaite enregistrer un nouvel album, mais en même temps, il me dit « A quoi ça va servir, il n’y a personne qui diffuse nos nouveautés ». Alors effectivement, si toute la chaîne de production pense comme cela, pourquoi mettre des moyens colossaux sur un disque ? Ceci explique peut-être cela.

Les mêmes diffuseurs voudraient laisser entendre que les majors ont fait pression sur les politiques, afin de « détourner les auditeurs des radios et de les diriger vers le streaming ». On n’a pas eu besoin d’eux pour aller voir si chez Deezer ou Spotify l’herbe était plus verte. L’indigence des playlist des médias traditionnels, nous y a poussés.

Il faudrait aussi rappeler que les diffusions sur la bande FM rapportent beaucoup d’argent en droits. Il n’est pas rare, alors que c’est interdit par la loi, que les radios détiennent des parts d’édition sur les titres les plus joués et par là même touchent de l’argent sur les chansons qu’elles diffusent.

Aujourd’hui, toutes les stations sont présentes sur le net et proposent aux auditeurs des dizaines de webradios, toutes plus spécialisées les unes que les autres. Dans quelques années, la FM disparaitra et nous écouterons tous la radio sur nos téléphones. Chacun écoutera « sa radio ».

Pour conclure, je dirais que la limitation de diffusion de certaines chansons est une bonne chose, si le temps d’antenne dégagé est mis à disposition de la création et de la nouveauté. Il y a bien un subterfuge, pour échapper à cette loi. Nous savons bien que rien ne vaut un bon titre « gold », pour satisfaire l’ensemble des auditeurs. Les programmateurs alors, ressortiront des placards un bon vieux Florent Pagny ou un Gainsbourg parfumé à l’anis et le tour sera joué. La jeune génération mourra donc, sans jamais avoir connu l’extase d’une diffusion en modulation de fréquence.

Olivier

vendredi 11 septembre 2015

Live report ! !

LIVE REPORT ! !

Ou

Téléphone, l’art de l’éphémère

Cela faisait trente ans qu’on attendait. On a failli vieillir. Mais voilà, la bonne nouvelle est tombée, il y a quelques jours et nous a emplis d’une joie incommensurable. Téléphone, le groupe de rock mythique des années 80, se reformera pour un concert unique à Paris, au Point Ephémère. Je me précipitai, alors, pour obtenir un ticket d’entrée, car je voulais en être. Si à quarante-cinq ans, t’as pas vu Téléphone sur scène, t’as raté ta vie. Grâce à mon entregent, il ne m’a pas fallu plus de deux coups de fil, pour obtenir satisfaction. C’est donc avec un immense plaisir, qu’en ce jour, je vous livre le compte-rendu de ce concert exceptionnel.

Sur le quai du canal Saint-Martin, l’ambiance est humide et chaude, en ce 11 septembre 2015. En effet, il est plus de 21 heures et la température vient de monter d’un cran. Ils sont là, devant un public bouillonnant et impatient. Téléphone vient d’entrer en scène sous une ovation royale, celle qui mêle à la fois l’admiration et le profond respect, car oui, nous avons tous du respect pour cette bande de copains qui fait du rock depuis…

Jean-Louis Aubert, bien qu’arborant une crinière d’un gris métal, majestueux, a conservé son sourire juvénile, celui qui faisait craquer toutes nos copines, dès qu’il apparaissait sur un poster de « Best ». Il est heureux d’être là, c’est certain, ça se voit. Louis Bertignac quant à lui, ne va plus chez Dessange, pour se faire faire des mises en plis ridicules, tout autant que ses teintures, depuis qu’il est redevenu guitariste et non plus coach vocal pour TF1 et je dois dire que le gris lui va vraiment mieux. Quant à Richard Kolinka, toujours aussi discret qu’il y a quarante ans, on ne sait qu’il est là uniquement parce qu’on entend de la batterie, sinon…

Bref, vous l’aurez compris, ils sont venus, ils sont tous là. Bien sûr, Corine ne s’est pas joint au groupe et ça manque cruellement, parce que Corine, c’est Corine. De toute façon, les histoires d‘amour finissent mal ! !

Tel

Dans la petite salle s’entassent quelques centaines de fans, parmi ceux-ci, il y a bien entendu de nombreux people, gens de presse et des medias, des politiques et pas mal d’artistes venus voir leur copains « enfin réunis » ! ! Carla Bruni est arrivée en catimini, en limousine noire, escortée de quatre gardes du corps. On a failli ne pas la reconnaitre derrière ses lunettes foncées et le tas de muscles qui l’entourait. Michel Houellebecq n’a tenu que trois titres et a dû sortir pour griller des cigarettes. Aux pauvres hères qui n’obtinrent pas de sésames, mais qui faisaient le pied de grue devant la salle de concerts, l’écrivain leur dit dans un soupir « En fait, heu, je ne sais pas bien ce que je fais ici ! ». « Je pensais qu’on allait boire du bon vin, mais il n’y a que de la bière ! ». Il failli d’ailleurs se prendre une canette de 1664, sur le front. Patrick, admirateur de la première heure du band, ne put retenir son geste et cette phrase laconique, qui en disait long sur les rapports sociaux actuels dans notre pays « salaud de privilégié ! Bobo de merde ! ». Heureusement Nicolas sarkozy, arrivé en retard, pour cause d’entretien au palais de justice, apaisa la situation d’un « Pôv’ con ! », puis d’un « Viens Michel, il doit bien y avoir une bouteille de Beaujolais, dans leur bar ». Ils disparurent, laissant Patrick à sa misère émotionnelle et sa rancœur sociétale.

Le show dura plus deux heures. Bien entendu tout fut joué, de « la bombe humaine », à « Cendrillon », en passant par « Argent trop cher » et « Hygiaphone ». Une reprise des Stones, avec un solo de guitare endiablé, une photo de famille, pour alimenter la page facebook et à dans trente ans ! ! Un joli show, sans surprise. Décevant.

Aubert et Kolinka ne se sont jamais quittés et reprennent régulièrement des titres du groupe ; Bertignac joue tout seul, mais n’oublie pas de s’interpréter ; Quant aux radios, elles diffusent assez régulièrement tous leurs tubes. Les télés les reçoivent toujours avec beaucoup d’affection. On ne peut donc pas dire que nous sommes en manque de Téléphone.

Alors, pourquoi ce concert ? Pour rien.

Olivier

lundi 29 juin 2015

Douce violence ! !

Douce violence ! !

ou

Le rapport annuel du SNEP est implacable

Chers amis,

Comme chaque année, le SNEP (syndicat national des éditeurs phonographiques) publie son rapport, concernant l’économie de la production musicale française. Une série de chiffres, de tableaux et de courbes en tout genre, nous éclaire et surtout nous permet d’avoir une vision assez précise de la tendance future de ce bon vieux marché de la musique.

SNEP

Le chanteur français vend encore des disques

D’une manière assez étrange, on découvre que les ventes physiques, bien qu’étant en éternelle perte de vitesse (-11,5 % en 2014), depuis dix ans, restent encore largement majoritaires, face au numérique, qui pourtant gagne de plus en plus de part de marché (+ 6 %). Ce n’est pas le petit revival qui existe autour du disque vinyle qui permettra d’inverser de nouveau les courbes, même si certains en rêve toujours. Non, toutes les maisons ne s’équiperont pas d’une platine, afin de réécouter, en 30 cm, les Doors ou AC/DC, voire le dernier album de Johnny Hallyday. Cela n’est qu’un gadget pour les nostalgiques du « quand ça craquait, c’est bien mieux ! ».

Si le volume des ventes physiques est encore élevé, c’est que la variété française y est pour quelque chose. En effet, nos artistes vendent plus de CD que les chanteurs internationaux (74 % contre 26 %). Sans doute est-ce le fait que nous n’avons pas converti toutes les générations au numérique et que nos ainés préfèrent encore acheter un disque, plutôt que de le télécharger !

Le streaming sort grand vainqueur

Le second enseignement est la percée du streaming. Il y a encore peu, on ne donnait pas cher de la peau de ce système, qui consiste à écouter la musique que l’on aime, sans la posséder. Tous pariaient sur le téléchargement, via iTunes, entre autre. Aujourd’hui, force est de constater que nous privilégions l’écoute aléatoire sur diverses plateformes, soit gratuitement, soit par abonnement, plutôt que de dépenser des €uros, dans l’achat de fichiers dématérialisés que finalement, nous ne possédons pas (là, il y a un vrai non-sens économique).

Le point positif du streaming est l’accès à des catalogues, qui réunis forment une espèce de puit sans fond, donnant le vertige quant au nombre incalculable de morceaux auquel l’auditeur à droit. Il est vrai que je n’aurais jamais vraiment pu avoir accès à l’ensemble de l’œuvre de Bruce Springsteen, aussi rapidement et à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, si je n’avais pas une application qui me le permette.

Le point négatif du streaming, qui mangera tout d’ici à quelques courtes années, c’est la place laissée aux jeunes talents sur ces services. C’est-à-dire peu ou pas (contrairement à ce qu’on veut bien nous faire croire). Il y a un mot qui revient en permanence dans le discours des développeurs informatiques, c’est « algorithme ». Ce simple vocable, découverte fantastique des informaticiens, annihile la spontanéité. Lorsque vous avez fait une ou deux recherches spécifiques sur le net, votre fournisseur de musique ne vous propose plus que des artistes dans la même veine. Fini le temps de la découverte !

Vous avez, tout comme moi, passé beaucoup de temps dans les rayonnages de la FNAC ou chez Virgin, à regarder les pochettes d’albums, à prendre un casque et à écouter, au hasard, une nouveauté rap ou country et pourquoi pas, êtes partis avec le disque en poche. Nous étions alors devant un large choix et seul notre libre arbitre nous guidait. Aujourd’hui, c’est « l’algorithme » qui nous aide, qui nous guide, qui nous façonne… Comment de jeunes chanteurs pourront faire leur trou, parmi ces millions de fichiers ? Sincèrement, je n’en ai pas la moindre idée.

Modèle économique contestable

Un autre écueil apparait dans l’utilisation du streaming. Je veux parler de la rémunération des titres écoutés. Nous apprenions, au printemps dernier, que Portishead, groupe de renommée mondiale, n’avait touché que 2300 €, pour 34 millions de titres écoutés. Imaginez un peu les revenus générés par de artistes en développement !

Au prix auquel est payée la musique, sur le net, il faut environ 50 000 000 d’écoutes, pour qu’un groupe qui sort son premier album puisse rentabiliser son investissement. Autant dire, impensable et impossible. C’est pourtant le modèle qui sera la référence définitive dans quelques petites années…Il est fort à parier, que dans ce même temps, Deezer, Youtube ou Apple deviendront les nouveaux producteurs de musiques. On en reparlera bientôt.

Olivier

mercredi 4 mars 2015

Pas cette chanson ! !

Pas cette chanson ! !

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Les meilleurs ont le droit à l’erreur

Chers amis,

Depuis quelques jours je sens, comme vous sans doute, la colère monter, le peuple gronder et quand le peuple gronde, les puissants peuvent craindre pour leur tête, les médias s’agiter et les penseurs ne plus penser. Ce n’est ni le chômage, ni les délocalisations, ni même la montée du Front national qui engendre le trouble, mais une chanson ! !

Cela fait une vingtaine d’années que « Les restos du cœur » font l’unanimité ou presque, en distribuant de la bonne humeur, en poussant des mélodies, en vendant des CD et des DVD et au final, en reversant des sous, à l’association créée par Coluche.

Restos du coeur

Cette année, Jean-Jacques Goldman a écrit et composé une nouvelle chanson, intitulée « Toute la vie ». C’est ce nouveau single qui semble poser problème à beaucoup de monde, à tel point que son auteur est obligé d’aller s’expliquer sur le plateau du « Grand journal », de Canal plus, à l’instar d’un ministre pressé de s’expliquer sur une réforme que personne ne comprend. C’est dire le pouvoir que l’on attribue aux artistes ! !

J’ai écouté attentivement le nouvel hymne « des restos ». Avec tout le respect que j’ai pour le créateur de ce titre, je pense qu’au-delà de sa magnifique carrière et de toutes ces belles et bonnes chansons qu’il a offertes au patrimoine, sa petite dernière est tout simplement ratée ! !

Tout d’abord, il y a cette opposition entre deux groupes qui se répondent, les jeunes et les moins jeunes, ceux qui ont réussi et ceux qui ne réussiront jamais, ceux qui ont des moyens et ceux qui n’en ont pas. Il n’est jamais bon d’opposer les forces, il vaut mieux les additionner.

Surtout, il y a un texte d’une pauvreté indigente. En premier lieu, j’en ai lu quelques lignes dans un journal. Je me suis demandé ce que c’était. J’ai vraiment eu du mal à comprendre que ces vers étaient tirés d’une chanson. Puis je l’ai écoutée. Mis à part le refrain qui est efficace, la mélodie des couplets ne reste pas dans l’oreille. Les rimes sont pauvres. Les mots utilisés ne sonnent pas toujours juste, à l’intérieur de chaque vers. « Vous aviez tout : paix, liberté, plein emploi. Nous c'est chômage, violence et SIDA » ou « Vous avez raté, dépensé, pollué Je rêve ou tu es en train de fumer ? » Chacun jugera la petite leçon de morale de cette fin de phrase. Tout le monde sait bien que jamais les artistes n’ont fumé… Passons

Même s’il ne s’est jamais revendiqué poète, Goldman a su par le passé, écrire de beaux textes, avec du fond et de la forme. On se souvient de « Comme toi », « Né en 17 » ou « Je te donne ». C’était même son but, lorsqu’il était tout jeune chanteur, impressionné par les compositions que Léo ferré proposait en compagnie de Zoo, groupe de rock progressif, donner du sens à des mots simples.

Le seul argument de la défense, usé jusqu’à la corde, est de mettre en avant tout ce que le chanteur a fait pour l’institution caritative, depuis de nombreuses années. Très bien. On aimerait effectivement qu’il y en ait plus comme lui. Est-ce que cela l’exonère pour autant de toute faute ? Est-ce qu’au prétexte d’avoir fait le bien un jour, on doit tout pardonner toujours ? Je ne le pense pas.

Nous avons tous le droit d’avoir un regard objectif sur le travail proposé par un artiste. Il serait malhonnête, sous quelque prétexte que ce soit, d’avoir une admiration béate face à une œuvre, fut-elle composée pour la bonne cause. Du manque de recul et de distanciation nait la distorsion. Lorsque l’esprit n’est pas clair et que les jugements se font sur des a priori, la confusion règne et le mal l’emporte.

« Toute la vie » n’est pas une bonne chanson, voilà tout. Et après ? Rien. On le lui dit et on passe à autre chose.

Jean-Jacques Goldman s’en remettra, n’en doutons pas. Il poursuivra son travail d’homme de l’ombre au sein « des Restos », avec la simplicité et l’humilité qui le caractérisent. Peut-être est-ce cela le sens de « Toute SA vie ».

Olivier

jeudi 20 juin 2013

Quelques mots d'amour ! !

Quelques mots d’amour

Ou

Jenifer VS France Gall, match nul

La polémique qui oppose actuellement France Gall à Jenifer, concernant son album de reprises, a quelque chose de puéril et d’incompréhensible à double titre.

Dans un premier temps, je ne comprends toujours pas pourquoi la veuve de Michel Berger se dresse en quasi permanence, comme la gardienne du temple. Une gardienne qui sort les griffes sitôt que le moindre artiste souhaite s’attaquer à l’œuvre de son Pygmalion. Ils sont très peu, ceux qui reçoivent l’adoubement et peuvent enregistrer ou interpréter une chanson du maitre.

Cette attitude est dommageable, car l’œuvre de Berger ne vit que sous un globe, qui doucement prend la poussière du temps. Avant la sortie de l’album de tous les outrages, les jeunes générations ne savaient pas qui était Michel Berger… Disparu il y a 20 ans. C’était au siècle dernier ! !

La réalité est là. Une pièce de théâtre qui reste dans un tiroir ne sert à rien, tout comme un tableau que l’on enferme dans un coffre-fort. Sur la peinture on peut spéculer. Allez faire monter la cote d’une pauvre chanson, aussi belle soit-elle. Celle-ci n’a aucune valeur si elle n’est pas interprétée.

Le travail des ayants-droits est justement de poursuivre l’exploitation d’un catalogue, afin de le faire vivre, pour que celui-ci ne passe pas dans les oubliettes. Depuis les décès de Gainsbourg, Brassens, Brel, Vian ou Bashung, les albums de reprises ont fleuri, avec plus ou moins de succès, sans jamais porter atteinte à l’image des auteurs, compositeurs ou interprètes qu’étaient ceux-là et surtout pour le plus grand bonheur du public.

La règle, en matière de reprise est assez simple et souffre peu de contestation. Si vous ne changez ni le texte, ni la mélodie originale, alors tout est permis. Sommes-nous, dans le cas qui nous occupe, en présence d’une offense à la mémoire de Berger ? Franchement, je ne le crois pas et même, je suis persuadé qu’il aurait apprécié la voix de la jeune chanteuse.

France et Jenifer

Ceci m’amène au second point que je souhaitais développer ici. J’ai entendu, lors d’un reportage, un journaliste souligner le fait que « la reprise de Jenifer est si proche de l’originale de France Gall qu’on ne comprend pas pourquoi il y a tout ce bruit autour de cette sortie ».

Il est vrai que lorsque j’entends les reprises, je me demande à quoi cela peut-il bien servir que de refaire ce qui a déjà été fait ? Dans le même ton, avec les mêmes arrangements ou presque, dans le même tempo. Effectivement autant écouter les enregistrements originaux ! !

Ce travail n’a absolument aucun intérêt artistique. Pardon de revenir au théâtre, mais imaginez une pièce qui serait sempiternellement montée et jouée de la même façon. Celle-ci lasserait sans aucun doute le public. Par chance il y a eu Peter Brook, Patrice Chéreau ou Daniel Mesguich pour donner chacun à leur manière une lecture différente d’Hamlet.

En musique, il en est de même. Si l’interprète n’apporte rien de nouveau, alors cela ne sert à rien. Quelle tristesse que de savoir que « Génération Goldman » vend des centaines de milliers d’albums, alors que leurs reprises sont sans caractère, sans goût ! !

Ne plaçons pas la variété au rang de la musique classique, ne la considérons pas comme un art majeur et suprême, dont il ne faudrait sous aucun prétexte changer la moindre note d’un arrangement original, au seul prétexte que cela pourrait décevoir les auditeurs.

La chanson est faite pour être triturée, torturée, tordue en tous sens. Je vous invite à réécouter la sublime reprise que fait Johnny Cash de « Personal Jesus », de Depeche mode ou bien sûr le non moins célèbre « My way », par les Sex Pistols.

Je suis pour ma part très heureux d’avoir travaillé avec Renaud Hantson, à la sortie de son album « Opéra rock », sur lequel il dépoussiérait une vingtaine de chansons des meilleures comédies musicales francophones et internationales, dont plusieurs titres étaient d’ailleurs des compositions de Michel Berger. Aujourd’hui, c’est avec O’djila, groupe qui joue principalement de la musique traditionnelle des Balkans, que je m’engage sur la voie de la reprise. Je leur ai demandé de s’approprier des chansons du répertoire français et le résultat est exceptionnel.

Quoi qu’il en soit, cette querelle ouvre largement les écrans de Tv et fait noircir du papier. C’est donc un bon coup de pub pour le disque de Jenifer qui vient de sortir. Sans vouloir tomber dans la vulgarité, je suis certain que ni l’une, ni l’autre ne seront mécontente des chiffres qu’elles verront apparaitre dans quelques mois, sur leur compte en banque respectif. Les morts ça sert aussi à faire de l’argent !

Allez, les filles, faites la paix et dites-vous, comme l’aurait aimé Michel, « Quelques mots d’amour ».

mercredi 10 avril 2013

O'djila en concert

J'ai le grand plaisir de vous annoncer que O'djila sera en concert les 28 et 29 juin 2013, à La Java.

A l'occasion de leur passage par Paris, le groupe de musique tzigane des Balkans proposera son nouveau spectacle "Les fils de...".

Parce que les membres de o'djila ont grandi avec à la fois la variété française et les chants traditionnels d'Europe centrale, ils ont eu envie de mixer ces deux cultures et offrir une relecture dynamique et joyeuse du répertoire.

C'est parce qu'ils ont aimé Ferré, Gainsbourg, Vartan ou Bashung que aujourd'hui, ils peuvent se dire "Les fils de...".

O'djila en concert

vendredi 12 octobre 2012

Faut rigoler ! !

Faut rigoler ! !

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L’amateurisme des certains « professionnels » parfois fait peur

Chers amis,

Mais quelle rigolade ! ! Non, franchement, je n’avais pas ri autant depuis, depuis… Laissez-moi vous raconter, l’anecdote qui m’a mis en joie. Il y a une dizaine de jours, je reçoisde la part d’un illustre inconnu, un mail assez flatteur à mon endroit et relativement directif, quant à l’écoute d’un titre, d’une chanteuse sortant de nulle part. Je pris donc trois minutes et écoutai l’œuvre.

Jusqu’ici, rien que de bien normal et finalement d’assez habituel. Je reçois très fréquemment des MP3. Je renvoie donc un message au « manager-producteur » de la future vedette, en lui demandant de préciser ce qu’il attend de moi. Son premier message ne formulait pas clairement une demande en particulier.

C'est une blague ?

C’est en lisant son second mail que les bras m’en sont tombés, dans un premier temps, puis dans un second, je me suis dit que cela devait être une blague. Depuis, je ris à chaque fois que je jette un œil dessus.

Pour résumer son propos, je dirais qu’il voulait tout simplement, que j’aille faire le tour des majors avec sa maquette sous le bras, que forcément c’était un tube, donc je n’aurais aucun mal à trouver un label. Puis, il fallait que je fasse connaitre l’artiste à tous les médias de la place de Paris, avec de préférence des articles élogieux dans les journaux les plus lus et branchés de notre pays. Ensuite, je n’aurai aucun mal à trouver un tourneur et faire faire à la star une quarantaine de dates à travers le pays…

J’arrête là, la longue liste de lieux communs que l’importun m’infligeait. J’avais en fait, l‘impression de lire un résumé des 10 étapes à suivre pour réussir dans le show business.

Les "pseudo-professionnels"

Ce qui m’a vraiment amusé dans ses propos, n’est pas tant les points sur lesquels il insistait et était certain d’obtenir des résultats sans trop d’efforts, que l’aplomb dont il faisait preuve en me débitant sa tirade, convaincu qu’il était de détenir « LE » vrai bon produit. Autant vous dire, de suite, que la chanson est plus que quelconque et que ladite chanteuse n’a rien d’extraordinaire dans la voix qui pourrait laisser penser qu’une star naîtra dans les jours qui viennent.

Bien entendu, ce monsieur a raison, il faut passer par toutes ces étapes-là : maquette, label, distributeur, tourneur, presse, TUBE ! ! ! ! Mais de grâce, arrêtez de penser qu’il suffit de claquer des doigts pour faire tomber un disque d’OR ! ! Cessez de croire à la réalisation de vos rêves, uniquement parce que vous y pensez très fort ! !

Je suis toujours stupéfait par ces pseudo-professionnels qui semblent vouloir attaquer la falaise, car s’en est bien une, sans aucune préparation, ni aucune connaissance technique. Ceux-là se ramassent bien souvent après avoir gravi seulement une poignée de centimètres. Ils ne tombent pas de haut, mais peuvent se faire mal. Ce qui est grave, c’est que ces inconscients-là emportent dans leurs rêves (leurs chutes aussi) une jeunesse qui ne demande qu’à y croire et qui s’accroche à des paroles sans fondements.

Cette jeune chanteuse, sait-elle au moins comment fonctionne ce petit monde ? A-t-elle conscience du travail à fournir pour parvenir à mettre un pied sur une scène ? Comprend-elle comment se fait une playlist dans n’importe quelle radio et que les priorités qui sont données par les programmateurs répondent le plus souvent à des impératifs économiques, plus qu’à des considérations artistiques ? Je ne le crois pas ou alors, elle est aveuglée par le discours caricatural de son gourou de producteur.

Charlatanisme et escroquerie

Cette façon de procéder est très proche de celle qu’utilisent les attachés de presse, les plus fourbes et cupides, lorsqu’ils annoncent à un artiste qu’en les prenant sous contrat, ils sont certains d’entrer en rotation sur les plus grosses FM et d’obtenir toutes les télés de France, ainsi que la presse à grand tirage. Tous ces discours relèvent du charlatanisme et de l’escroquerie.

Soit on fait partie du monde de la musique et on sait comment celui-ci fonctionne, donc on ne tient pas ce type de discours, à tort et à travers, soit on vient d’une autre planète et là, permettez-moi de dire combien la naïveté du propos me fait rire. Mais, si vous combinez naïveté et microcosme, alors cela donne cette potion magique qui m’a fit rire, mais rire…

Bonne semaine.

Olivier

mercredi 3 octobre 2012

Qu'est-ce que sera demain ! !

Qu’est-ce que sera demain ! !

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L’industrie musicale = Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !

Chers amis,

Début octobre. L’automne revient. Cette fois, c’est sûr, la saison d’été est terminée. On ne parle plus des festivals, tournées des plages, plateaux gratuits sur les places des villages, comités des fêtes pas toujours très « pro », mais toujours accueillants, 14 juillet, 15 août et fêtes des vendanges. L’été est passé et il nous faut déjà penser au prochain ! !

Pas grand chose à l'horizon

Oui, mais voilà, de quoi sera-t-il fait ? ? Septembre s’est écoulé à une vitesse vertigineuse, sans nous offrir les surprises musicales « attendues » et de quoi envisager, avec une certaine facilité, la programmation de belles affiches pour 2013. Oui, dans la série de disques mis sur le marché, il y a bien sûr l’album de Lou Doillon qui sort un peu du lot. Une série de titres très « lounge » et bien enveloppés, dont le tout-Paris parle avec délice, mais cela suffira-t-il à remplir les salles, lors d’une tournée ?

En France, nous connaissons une sorte de quadrature du cercle. Nos artistes sont appréciés des médias, mais ils ne remplissent pas les salles. Je ne m’étendrai pas sur la longue liste des concerts et tournées annulés, des salles remplies artificiellement d’invités ou de zéniths dont il faut tirer les rideaux du fond, afin de réduire l’espace, pour donner l’impression au public qu’il y avait tout de même beaucoup de monde.

Je veux bien croire aux effets de la crise et aux bourses qui se délient difficilement dès qu’il faut sortir 75 € ou plus, pour assister au concert de son artiste préféré, mais il n’y a pas que cela quand même ! Où est-il passé l’engouement du public pour les artistes ? Où sont sont-elles passées nos vedettes de la chanson ? Qui, aujourd’hui, donne envie à la jeunesse de lever le poing ou de crier à s’en évanouir ? En France, à l’horizon, je ne vois rien venir… Je crains que nous soyons condamnés à voir nos chanteurs français, sur les affiches des festivals de 2013, à la traîne des locomotives américaines et anglo-saxonnes. On aura Tryo, bien sûr, qui tirera honorablement son épingle du jeu, mais en dehors de cela ?

Le niveau n'y est pas

Il y a quelques semaines de cela, je discutais avec un des programmateurs, d’un gros festival de chansons francophones à l’étranger, et je m’étonnais de voir sur son affiche, de plus en plus de groupes chantant en anglais ! ! Un peu gêné, il me répondit qu’il avait de plus en plus de difficultés à trouver des artistes capables d’attirer plus de 3000 personnes payantes, alors que de nombreux groupes britanniques font vendre le double de places ! !

Est-ce le niveau de qualité qui baisse ? Je ne le crois pas. On n’a jamais autant produit de musique qu’en ce moment, donc forcément, il y a dans toute cette matière, quelques pépites. Les exigences du public sont-elles de plus en plus élevées ? Je ne le pense pas, car quand la musique est bonne… Est-ce que les maisons de disques font encore leur travail en aidant véritablement les jeunes dans un développement à long terme ? On en doute.

Bref, nos amis programmateurs sont en train de s’arracher les cheveux, l’été 2013 c’est demain, nos copains tourneurs espèrent avoir dans leur roster le bon cheval, qui leur permettra de rentrer 40 dates entre mai et septembre, mais n’en sont pas certain, nos potes des majors allument des cierges et prient de ne pas se faire virer avant la fin de l’année et enfin le public se désespère de n’avoir rien de transcendant à se mettre dans les oreilles.

Le 21.12.2012 serait, d’après un antique calendrier, la date de la fin du monde. J’ai bien l’impression que, dans l’industrie musicale, quelques-uns ont déjà décidé de baisser le rideau.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 3 septembre 2012

Chanter tue ! !

Chanter tue ! !

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Dans la musique on ne fait pas de vieux os

Chers amis,

Le week-end dernier, eut lieu une réception d’un genre tout à fait particulier en la mairie de Barbizon. En effet, le maire de la commune du bout de la Seine-et-Marne, à deux pas de Fontainebleau, recevait en ses murs une concitoyenne peu ordinaire. La baronne de la Doucette fêtait ses 100 ans (en réalité le 26 août) !

Vous me demanderez : Mais qui est cette aristocrate qui porte un si joli nom ? Ce n’est autre que la doyenne des chanteurs français ! Plus connue sous son nom de scène Léo Marjane, a soufflé toutes ses bougies, entourée du petit monde la chanson. Georges Chelon, Pascal Danel, Herbert Léonard et même Louis Bertignac étaient présents.

Léo Marjane

La première centenaire

Au-delà du simple fait de se réjouir de voir cette dame âgée, mais toujours en pleine forme, relatée ses années d’occupation, lorsqu’elle chantait dans un club de la rue Joubert, pour un public pas uniquement composé de parisiens, puis son séjour aux Etats-Unis où elle fut une véritable vedette, connaissant ses premières « standing ovation », jusqu’à la découverte, avant les autres, d’artistes de talent tels que Bécaud ou Ferré, ce qui interpelle, c’est qu’elle est la première chanteuse à franchir le cap du centenaire ! Depuis que la musique se traite industriellement, jamais aucun interprète n’a passé cette barre symbolique. Rares sont ceux qui s’en sont approchés.

Alors qu’il y a peu de temps encore, nous avions la larme à l’œil en voyant nos vieux poilus de la première guerre mondiale, cent ans passés, serrer mollement la main du Président de la République, on se disait que si ces hommes ont eu la force de traverser les années, après avoir connu les atrocités des bombardements, des tranchés, des hivers rigoureux et des rats courants sur les cadavres des copains tombés la poitrine éventrée, alors comment se fait-il que nos chanteurs ne soient pas si résistants qu’eux ?

Il est tout de même inquiétant de noter que l’espérance de vie chez les chanteurs est finalement assez courte et sans aucun doute inférieure à la moyenne générale de la population. Il y a tout de même ce seuil fatidique des 27 ans qu’il faut franchir, si on ne veut pas allonger la liste tristement célèbre des : Jim Morrison, Janis Joplin ou Amy Winehouse… Une fois les 28 bougies éteintes on peut espérer compter quelques années supplémentaires sur le calendrier.

Comment expliquer ce fait ? On ne peut tout de même pas mettre en avant le manque de soin, la fermeture des hôpitaux en rase campagne, le trou de la sécurité sociale ou le déficit de recherche scientifique. Non, bien sûr.

Gare aux excès

Les artistes, les musiciens, les chanteurs vivent des vies hors-norme. Ils sont sans cesse appelés à se dépasser, à faire de la route, à voir leur horloge tourner à l’envers, à synchroniser une lune sur un soleil, à connaitre les montagnes russes des sentiments, up and down en permanence ou presque, sans cesse sollicités. Alors un jour, ils glissent, dérapent, font fausse route et se livrent aux substances illicites, à l’alcool, aux médicaments. Ils ne finissent pas tous comme Elvis Presley ou Michael Jackson, mais ces périodes d’instabilité et d’excès laissent des traces et sans doute affaiblissent l’organisme. Un jour ou l’autre on finit par payer ses dettes !

Après avoir établi ce constat tristement effrayant, que faut-il faire ? Certainement pas dissuader les jeunes prétendants de monter sur scène, mais les mettre en garde. S’il est urgent d’arrêter de fumer, car c’est bien connu : « fumer tue », il est tout aussi urgent de continuer de chanter, car malgré tout la musique a des effets bénéfiques sur le corps humain. Et, si la jeunesse pense qu’un artiste est plus prolixe en consommant des produits, elle se trompe. Dites-vous que ceux que vous avez aimés shootés, vous les auriez adorés s’ils avaient été clean !

Dans son très bon livre « Une histoire de poudre », le psychiatre addictologue Laurent karila dresse une liste assez impressionnante et pourtant non exhaustive des noms de chanteurs qui sont passés de l’autre côté du miroir, pour avoir un peu trop fréquenté l’illégal. Renaud Hantson, dans son autobiographie « Poudre aux yeux » le reconnaît ouvertement : « J’ai perdu des neurones dans la bataille ». Espérons que ces petites connexions cérébrales manquantes, ne l’empêcheront pas de connaitre encore au moins 50 ans de carrière, afin que l’on puisse dire qu’il a rejoint Léo Marjane au palmarès des centenaires.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 30 avril 2012

Elise et moi ! !

Elise et moi ! !

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Point de musique dans la campagne électorale présidentielle

Chers amis,

Il n’aura échappé à personne, sans doute, que la France entre dans la dernière ligne droite d’une campagne électorale présidentielle. Dans sept jours, au soir du 6 mai, nous découvrirons qui aura le soin de tenir les rênes de notre pays et de prendre des engagements pour notre avenir.

Pour l’heure et depuis que les concurrents se sont retrouvés sur la ligne de départ, j’ai entendu parler de quelques sujets médiatiquement porteurs, mais sans que cela ne fasse frémir chez moi le moindre organe. Un mot a été tordu en tous sens, à la manière d’un exercice de style à la Queneau c’est « industrie » et trempé dans toutes les sauces du libéralisme et du protectionnisme.

Industrie musicale

Il se trouve que chez nous aussi, on utilise ce vocable. Vous savez lorsque l’on parle de ces gens qui produisent et ensuite vendent (ou essaient de vendre) des CD dans les magasins prévus à cet effet, on dit « l’industrie du disque ». Bien entendu, le petit label qui presse 500 exemplaires du dernier opus d’un groupe local, lui n’est pas comptabilisé parmi les « artisans du disque », car cela n’existe pas…

Les trois sociétés qui forment ce conglomérat : Universal, Sony et Warner, connaissent depuis une dizaine d’années de graves difficultés (et le terme est faible). J’ai bien plus souvent entendu parler de plans sociaux que de projets d’avenir ou de sorties massives de nouveaux artistes sur le marché. On commence par ratiboiser les invisibles, les assistants, les secrétaires, on fait quelques économies sur la masse salariale, si ça ne suffit pas on passe le Kärcher sur le service promo, on dit qu’on externalise, ça fait plus propre, et on finit le ménage par un coup de chiffon chez les D.A. Après cela, on s’étonne que les majors soient moins performantes aujourd’hui qu’hier…

Artistes mis à la porte

Quand ce grand nettoyage a été fait, on n’hésite pas non plus à rendre des contrats à des chanteurs qui coûtent très chers à ces sociétés en perte de vitesse économique. Pour l’instant on n’en parle pas trop, mais le rachat d’EMI par Universal pourrait bien entrainer la mise à la porte de certains artistes.

Que se passera-t-il lorsque Françoise Hardy ou Alain Souchon se retrouveront dans le bureau de Pascal Nègre et que celui-ci leur demandera de signer, éventuellement, un nouveau contrat d’artiste, avec de nouvelles conditions, beaucoup plus restrictives que par le passé ? Soit ils acceptent et ne toucheront plus qu’une misère, soit ils refusent et se retrouveront à la rue.

Verra-t-on un jour une manifestation de chanteurs ? Un grand défilé avec en tête Jean-Louis Aubert et Julien Clerc, hurlant contre le grand capital qui met ses employés dehors ! Inimaginable et pourtant cela aurait de la gueule, non ?

EMI n'est pas Renault

Souvent, je me dis que si l’industrie automobile avait connu, comme le disque, une chute de 60 % de son chiffre d’affaires, en moins de 10 ans, l’Etat aurait déjà mis en place des aides pour encourager la vente et le maintien de milliers d’emplois. Dès que l’on flirte avec une baisse de quelques points des immatriculations, une petite prime est inventée et le soutien au secteur se fait sentir. Dans la musique ? ? ?

Pascal Nègre faisait remarquer que sa société était comparable à un hyper marché, en recette annuelle. Je veux bien croire que le ministère de la culture, tout comme celui de l’économie ne s’intéresse guère à la fermeture d’un Auchan ou d’un Carrefour, à l’autre bout de la France. Evidemment, EMI n’est pas Renault…

Alors aujourd’hui, je pense à cet employé de Sony que j’ai rencontré il y a plusieurs jours et qui ne se faisait pas d’illusion sur son avenir. Une nouvelle charrette serait prévue emportant avec elle 200 postes et lui avec. Il coûte trop cher, paraît-il !

Vouloir réformer Hadopi, voire l’abolir pourquoi pas, mais l’industrie musical et le discours politique ne doivent pas uniquement se résumer à cette institution. Il y a des centaines d’emplois menacés dans ce secteur frappé de plein fouet par la multiplication des moyens d’échanges numériques et semble-t-il personne au sommet de l’Etat ne semble s’en émouvoir.

Si vous avez entendu parler de Culture et de musique dans les discours des deux finalistes à l’élection présidentielle, faites-moi signe ou alors faites-en une chanson !

Bonne semaine.

Olivier

jeudi 29 mars 2012

Poudre aux yeux ! !

Poudre aux yeux ! !

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Confessions d’un enfant du rail

Chers amis,

Ce 29 mars marque l’anniversaire de Renaud Hantson. Hasard du calendrier, hier est sortie en librairie son autobiographie « Poudre aux yeux – Sexe, drogues et show business », aux éditions Pygmalion.

Poudre aux yeux

Le récit de sa vie, Renaud l’a découpé en autant de chapitres que d’années passées dans les affres de la dépendance à la cocaïne. 17 ans en enfer, 17 morceaux d’un puzzle qui, lorsqu’il finit par être reconstitué, laisse le lecteur le souffle coupé.

Le parcours artistique de Renaud Hantson est à l’image du titre d’un de ses albums : « Des plaies et des bosses ». Des marques sur le corps et dans son âme, l’artiste en est bardé. Son véritable regret est « de ne pas avoir livré bataille » au cours de toutes ces années et pour cause. Lorsqu’il avait les armes en mains et la volonté farouche d’en découdre, on lui a retiré ses munitions et laissé au bord chemin.

Ha ! Le magnifique visionnaire qu’était son D.A de l’époque. « On fait un break d’un an et tu reviendras plus fort ! », lui avait-il dit et Renaud le croyant à attendu, attendu et le retour n’est finalement pas venu comme il l’espérait. C’est pendant cette longue période de désœuvrement que la cocaïne a fait son entrée dans sa vie.

Tout au long des trente années passées dans le show business, il a eu des hauts et de bas, parfois en résille, parfois en gouffres profonds dont on se demande comment il en est sorti. S’il est toujours sur pieds, il n’est pas indemne. Tel un boxeur titubant sous les coups, Renaud n’abdique jamais et repart à l’assaut, sans cesse. Jusqu’à présent, il a gagné tous ses combats.

Le succès bien sûr est largement présent dans cet ouvrage, car n’oublions pas que sa carrière est ponctuée par les réussites de « Starmania » et « La légende de Jimmy », de Berger et Plamandon et de la formidable tournée au début des années 2000, de « Notre-Dame de Paris » ; qu’en solo, il a sorti à ce jour, une dizaine d’albums, que ses projets parallèles Satan Jokers et Furious Zoo sont plus que jamais d’actualité.

Dans cette autobiographie, nous croisons les routes de nombreux musiciens : Glenn Hugues, Angus Young, Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, William Sheller… Grâce à ces rencontres, nous comprenons mieux pourquoi Renaud réussit ce grand écart permanent entre Hard rock et variété pop.

« Poudre aux yeux » est le point final d’une dérive qui l’a entrainé très loin. Ce livre aurait pu s’intituler « Rédemption », tant Renaud s’ouvre avec honnêteté. Aucun des sujets n’est épargné, son père absent, ses conquêtes féminines, ses délires paranoïaques, ses doutes, ses envies, ses bonheurs. Tout y est décortiqué avec sincérité, ce qui rend le récit encore plus émouvant.

Au-delà du simple fait de vouloir laisser une trace écrite, le souhait le plus profond du chanteur est de savoir que son travail peut aider, voire éviter à des jeunes de tomber dans les diverses drogues et substances qui rendent dépendant et qui au bout du compte vous pourrissent la vie. « Poudre aux yeux » est le complément nécessaire à l’album « AddictionS », sorti à l’automne dernier.

Cette autobiographie à cœur ouvert n’aurait pu voir le jour sans la rencontre magique avec le psychiatre Laurent Karila. Celui-ci a rédigé pour son ami, une très belle préface.

« Poudre aux yeux » est un livre rock n’ roll, écrit sur le cuir le plus dur, d’une peau tannée par les douleurs. Inutile de porter un perfecto pour se le procurer. Il suffit d’avoir envie d’aller à la rencontre de Renaud Hantson.

Olivier

mercredi 21 mars 2012

Marché noir ! !

Marché noir ! !

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Qui décide vraiment de ce que l’on écoute sur nos ondes ?

Chers amis,

Depuis quelques jours, je goûte à nouveau au plaisir de me glisser dans les Zéniths de France. L’obscurité du back stage est pour moi d’une douceur inversement proportionnelle à l’éclatante lumière tant appréciée des artistes. La vie en coulisses, dans l’arrière-boutique, est pleine de rencontres, d’échanges et d’amitié. Que du bonheur ! !

Il y a un peu plus deux semaines, je reçois un appel. Au bout du fil, un de mes premiers contacts professionnels. Il s’appelle Krishna, est américain, écrit et compose une musique rock, très mainstream. Dans son pays natal, il est musicalement associé à Bruce Springsteen, Willy Deville ou Brian Adams. Autant dire des chanteurs qui envoient !

Alors que je lui faisais part de mes nouveaux contacts, il me vint une idée. Faire écouter son dernier album à un tourneur, comme ça, juste pour avoir le point de vue d’un spécialiste de la vente de concerts en France.

Aussitôt dit, aussitôt fait. J’envoie un lien et un mot d’explication à mon ami. A ma grande surprise, sa réponse ne se fit pas attendre longtemps. Au-delà des points positifs qu’il releva, ce qui retint surtout mon attention, dans son court message fut la phrase : « Potentiel limité en France ».

Je suis tout à fait d’accord avec son analyse, car nous savons depuis de nombreuses années que malheureusement la France n’est pas un pays très rock n’ roll, du moins médiatiquement et que le « marché » est trusté par tout un tas de musiques qui n’ont rien à voir avec les riffs puissants de Guns N’ roses, le lyrisme éruptif d’Aérosmith ou l’énergie de My chemical romance.

Mais qui fait le « marché » ? Toutes les explications sont données et à mon sens aucune ne tient la route. Car si nous ne savons pas très bien produire ce type de musique, le public lui est bien toujours au rendez-vous. Il me semble bien que lorsque Green day, AC/DC ou U2 viennent en France, ils remplissent tous assez facilement les plus grands stades du pays.

Cette histoire de « marché » n’est-ce pas un petit doigt qui tenterait de cacher une inculture crasse et protéger des intérêts de maisons de disques sournoises ? Je me souviens que dans les années 80, un groupe de jeunes garçons est apparu avec une musique datée des années 60. Ils s’appelaient « Les forbans ». Personne ne croyait vraiment en eux et pourtant à l’heure de la new wave triomphante, ils se sont imposés à la tête de tous les classements. Je pense que déjà, avant leur explosion, d’obscures Pythies avaient sans doute décrété que le « marché » n’était pas favorable à ce type de produit.

Des exemples qui démontrent que la fameuse loi du « marché » a été, par le passé, mise à mal de nombreuses fois sont légions.

Mais, d’ailleurs, qui fait le « marché » ? Le public ! Les majors ! Un peu les deux… Les maisons de disques nous disent sans cesse qu’elles produisent ce que les gens veulent entendre, ce qui est bon et surtout ce qui rapporte. Sitôt qu’un produit fonctionne, les dirigeants clament haut et fort : « Vous voyez, les gens adorent ! », en ayant pris le plus grand soin de matraquer sur les ondes prescriptrices des plus gros médias le hit savamment produit.

Elles oublient souvent de nous dire qu’elles se sont également quelquefois bien plantées sur d’autres artistes. Mais là, c’est toujours de la faute du public. Ha ! Satané peuple qui ne veut pas marcher dans les clous qu’on lui fixe ! ! !

Imaginons que demain un producteur ait le courage, oui, je crois que nous pouvons employer ce mot, de sortir le dernier single de Van Halen, pas tout à fait en accord avec le paysage musical ambiant, n’est-ce pas et qu’il passe des accords, enfin achète des espaces publicitaires et abandonne des parts sur l’édition, par exemple, avec TF1 et NRJ, je suis certain qu’après quelques semaines tous les mômes sensibles au solos du guitariste américain, se précipiteront sur leur iPad et téléchargeront le titre. D’un seul coup le « marché » aura changé de tendance…

Tout cela me laisse perplexe et dubitatif. Je crains que nos amis rockers aient tout de même du souci à se faire, car je ne vois pas poindre à l’horizon une fenêtre de large diffusion de cette musique. Quel dommage…

Quant à la mauvaise foi des décideurs de l’industrie musicale et des faiseurs de « marché », elle est incommensurable.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 12 mars 2012

La mal aimé ! !

Le mal aimé ! !

ou

Il n’y a plus de « stars » de la chanson, en France

Chers amis,

Le dimanche 11 mars 2012, le monde entier se souvenait avec émotion de la catastrophe survenue au Japon, l'an passé, avec l'explosion de la centrale nucléaire de Fukushima, suite au séisme, puis au tsunami qui dévastèrent la côte nippone.

Ce triste jour de fin d'hiver marque également, depuis 34 ans, la disparition de Claude François. Tous les 365 jours, nous reprenons notre dose de « Magnolia for ever » et de «Lundi au soleil ». Cette année, l'ordonnance est agrémentée de « Cloclo », un long métrage de cinéma, dans lequel le comédien Jérémie Rénier serait, aux dires de ceux qui ont déjà vu le film, im-pressionnant de ressemblance et de réalisme.

Souvenons-nous qu'avant ce film, d'autres acteurs sont entrés dans la peau de chanteurs avec brio. La môme Cotillard, obtint un Oscar, pour son interprétation de Piaf, Eric Elmosnino reçut quant à lui, le César du meilleur acteur pour son interprétation de Gainsbourg. Johnny Hallyday, ne se dinstigua dans aucun festival, pour son propre rôle dans « Jean-Philippe ». Ha ! Oui, c'est vrai il n'est pas acteur...

Mais ce qui me frappe aujourd'hui, c'est toujours cette impression de vide. Il n'y a plus en France de vedettes ! Certes, il y a des gros vendeurs occasionnels ; des tournées qui fonctionnent pas trop mal ; de belles chansons qui sortent, mais le phénomène de vedettariat a disparu.

La dernière vague de « folie » autour d’un chanteur doit dater d’il y a une vingtaine d’années avec ce que l’on a appelé la « Bruelmania ». Des filles hystériques lors des concerts, des fanatiques qui dormaient devant les hôtels, qui s’introduisaient dans les coulisses, qui hurlaient jusqu’à l’évanouissement et j’en passe.

Si demain, on apprenait la disparition tragique, de l'un ou l'autre des artistes qui font la une des divers classements, je ne suis pas certain que cela créerait un émoi national, comme nous l'avons connu en 1978. Même si, la belle et talentueuse, Nolwenn Leroy se tranchait les veines maladroitement, en ouvrant des huîtres de Bretagne, cela ne ferait la une des journaux que les jours suivants et puis on passerait allègrement à d’autres infos…

Qui peut me citer deux ou trois noms de chanteurs leaders, en France, de nos jours ? Lorsque je dis « leader », j'entends : Connu de tous ; Ayant une dé-marche avant-gardiste ; Présent sur tous les fronts médiatiques. J'en vois bien peu qui réunissent au moins ces trois points là.

Lorsque je regarde à nouveau le palmarès des Victoires de la musique, je constate que l’arrière garde est plus présente que jamais : Jean-Louis Aubert, Hubert-Félix Thiéfaine, Catherine Ringer, Laurent Voulzy…

La faute ne leur incombe pas, bien sûr. Les artistes sont des victimes collatérales de l’évolution des technologies. L'arrivée d'internet, la multiplication des chaînes de télé et de radios ont contribué à la dilution de la diffusion. Les vannes ont été tellement ouvertes qu'elles ont fini par noyer le terrain qu'elles étaient sensées irriguer. Chaque chanteur, chaque groupe s’adresse directement à sa propre chapelle. Point de Rock, sur Nostalgie, ni de R’n’ B sur T.S.F. Ceux-là même qui souvent dénoncent notre société de castes, se trouvent eux aussi enfermés dans le schéma de morcellisation de leur univers.

Si je reviens quelques instants encore sur Claude François, c’est aussi pour constater que s’il était parmi nous, il est fort à parier qu’il serait comme les autres de sa génération et que la plupart des gamins ne le connaitrait pas ou si peu.

Quand je pense que nous avons célébré le dixième anniversaire de la mort de Gilbert Bécaud, il y a quelques semaines, dans une légère indifférence générale, alors qu’il était une immense vedette de son vivant, en particuliers au cours des années 60 et 70, je me dis que si vous connaissez, jeunes amis chanteurs, futurs stars, un jour la gloire, il pourrait être bon pour votre postérité de mourir lorsque vous vous trouverez en haut de l’affiche. Une fois que celle-ci sera décollée, il se pourrait bien que l’on finisse par vous oublier.

Je vous souhaite, avant tout, plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 5 mars 2012

J'avais deux amis ! !

J’avais deux amis ! !

ou

Deux grands chanteurs disparaissent

Chers amis,

Il y a des semaines quelconques. Celles qui passent inaperçues. Celles dont on se dit « tiens, déjà dimanche, j’ai rien vu venir ». Et puis il y a celles qui marquent, qui vous donnent comme un coup de poing dans la gueule. Qui vous laissent groggy.

En deux jours nous avons perdu deux chanteurs. Tout d'abord Lucio Dalla, grand auteur, compositeur et interprète italien. Trois jours avant sa disparition et deux semaines avant sa prestation prévue à Paris, il travaillait encore à Milan, sur des projets d’avenir. Et puis subitement, le cœur s’arrête, fatigué sans doute de trop de route, de concerts, de vie bien remplie.

Nous n’aurons malheureusement pas le plaisir d’aller l’entendre une nouvelle fois, en ce mois de mars, interpréter son célèbre « Caruso », immortalisé par son ami Pavarotti, boulevard des capucines, à l’Olympia.

Et puis comme si le sort s’acharnait, le lendemain du décès de Lucio, un autre artiste au nom italien s’en allait vers d’autres cieux. Gérard Rinaldi, fondateur des « Problèmes », groupe qui accompagna Antoine à ses débuts, puis ensuite leader des « Charlots ».

J’ai eu la chance, car s’en était une, de côtoyer Gérard pendant quelques mois l’an passé. Cet homme était d’une gentillesse, d’une discrétion et surtout d’une simplicité incroyable. Toujours le sourire, toujours un mot gentil à tout le monde et surtout souvent une bonne histoire graveleuse à vous glisser dans le creux de l’oreille, qui immanquablement vous faisait éclater de rire. C’était ce contraste que nous aimions tous chez lui.

Gérard avait la position de leader chez les « Charlots ». Autant ses camarades passaient pour de gentils imbéciles heureux, autant Rinaldi était toujours le séducteur de la bande, le premier de cordée, celui qui menait la troupe, d’où cet aimable surnom de « mère supérieure », donné par ses camarades.

Sa carrière fut exemplaire. On peut ne pas aimer « Paulette, la reine des paupiettes » ou « L’apérobic », mais les choix musicaux qu’il a faits, il les a toujours assumés. D’ailleurs, suite à ces fantasques parodies et autres galéjades, il a su véritablement bien rebondir, en poursuivant une carrière d’acteur autant au théâtre qu’à la télévision, sans oublier que sa belle voix grave a été utilisée à de très nombreuses reprises pour doubler Dustin Hoffman, Tommy Lee Jones ou John Malkovitch.

La dernière fois que j’ai vu Gérard, c’était à Roanne, début février 2011. Nous étions à la même table de restaurant. Au cours de ce repas, j’ai découvert une nouvelle facette de sa personnalité. En tant qu’épicurien, il avait une grande connaissance du vin et savait reconnaitre certains crûs. Il nous a véritablement épatés en citant précisément les noms de quelques producteurs des Côtes du Rhône et nous invitant à nous renseigner sur tel viticulteur.

Et puis, l’heure du train est arrivée. Nous nous sommes levés et nous sommes embrassés. Comme trop souvent dans ce beau monde du show business, nous nous sommes dits heureux d’avoir fait un bout de route ensemble et puis surtout « On s’appelle !». Cette magnifique phrase lancée gratuitement, avec un fond de sincérité tout de même. Gérard devait jouer au théâtre quelques mois plus tard, alors l’occasion était trouvée. On allait se revoir, c’était certain. Je te donne mon numéro, tu prends le mien.

Le temps a passé et bien entendu, on ne s’est jamais rappelé. Aujourd’hui, je le regrette sincèrement.

Gérard, j’ai toujours ton 06 avec moi. Je crains fort que tu ne me répondes pas là où tu es. On ne sait jamais, si mon numéro s’affiche et que tu as deux minutes, n’hésite pas, rappelle-moi. Je serai heureux d’entendre ta voix.

Olivier

lundi 6 février 2012

Chanter ! !

Chanter ! !

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Le Zicmeup Tour 2012 est lancé

Chers amis,

« T’as regardé ? » Non, je n’ai pas allumé la télé pour regarder la mi-temps du super bowl. Il y avait pourtant Madonna qui y faisait son grand retour. C’est dans un mini show pharaonique, d’un petit quart d’heure, que la chanteuse a présenté d’anciens titres ainsi que son nouveau single.

Je me suis tout de même fendu du visionnage de la vidéo sur le net, afin de pouvoir critiquer en toute connaissance de cause. Rien de neuf sous le soleil. Elle chante très bien en playback (d’autres avant elle ont également usé de cet artifice) et bouge son corps, toujours aussi bien.

Ceci étant dit, Je n’ai à aucun moment été bouleversé, ni même ému, par sa prestation. C’était taillé à la mesure de l’évènement. Grand, démesuré, parfait pour attirer les annonceurs et se faire un max de beurre sur le dos des téléspectateurs. La grande lessiveuse capitaliste, quoi !

Zicmeup tour 2012

Mais, là n’est pas mon propos. Je viens de voir passer sur ma page facebook, l’annonce du lancement du « Zicmeup-tour 2012 ». Je profite donc de cette information pour vous parler aujourd’hui des concours. Cette question, de la participation ou non à de telles épreuves, est récurrente dans les messages que je reçois.

J’ai pour habitude de dire aux jeunes artistes qu’il ne faut rien négliger en termes de visibilité. Partout où vous pourrez vous montrer et surtout vous faire entendre, il faudra y être. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises scènes, de bons ou de mauvais jurés. Il y a des lieux et des structures qui accueillent de jeunes auteurs compositeurs, interprètes, des groupes, des collectifs, des qui rêvent de monter sur la plus haute marche et d’autres qui se contenteraient bien d’un strapontin, pour peu que celui-ci soit un minimum rémunérateur de leur art.

L'artiste doit se dépasser

Bien entendu, chaque candidat à la médaille met tous ses espoirs dans ces trois minutes sur scène et aspire à une reconnaissance quasi immédiate. Contrairement à ce qu’ils laissent tous entendre, s’ils viennent c’est avec le souhait de repartir avec le numéro de téléphone de la personne qu’ils croiront providentielle et qui leur ouvrira les portes du succès.

« T’as qu’à croire ! », répétait sans cesse un de mes copains de jeunesse, faisant comprendre à celui qui se trouvait face à lui qu’il rêvait tout debout. Un concours aussi beau soit-il, aussi prestigieux et bien doté soit-il, avec le plus beau des jurys, n’en reste pas moins qu’un concours. J’entends par là que ce n’est pas l’épreuve qui fait l’artiste. C’est l’artiste qui se fait remarquer, y compris s’il finit dans les profondeurs du classement.

Une belle découverte

En ce qui concerne le Zicmeup-tour, j’ai au moins un exemple à citer. Lors de la première édition est arrivée en finale, au Show case, une grande jeune femme, originaire des Comores et ancien mannequin aux USA. Elle débutait dans la chanson et avait passé les étapes de sélection avec une détermination dans la voix et une nonchalance dans la tenue en scène qui en surprirent plus d’un. On se regardait du coin de l’œil, pressentant qu’il allait se passer quelque chose. On notait tous généreusement et sincèrement sa prestation. Malheureusement pour elle, en mêlant nos notes à celles du public, elle ne termina que 5ème du classement général.

Je fus très heureux d’apprendre, en passant devant une affiche dans les couloirs du métro parisien, il y a quelques semaines de cela, que cette chanteuse répondant au joli prénom d’Imany, serait à l’Olympia, rien que ça, au printemps prochain. Comme bien souvent, j’ai beaucoup de mal aujourd’hui, à me souvenir des noms des quatre artistes qui l’ont précédée.

J’aime également à rappeler que lors d’un de ses premiers « radio-crochet », c’est le nom que l’on donnait au milieu du siècle dernier aux concours de chant, Jacques Brel finit bon dernier !

Un tremplin n’est pas la rampe d’accès au succès. C’est un caillou de plus que vous mettrez sur le bord de votre chemin. Grâce à celui-ci vous pourrez baliser votre route et aurez une juste vision du chemin que vous avez déjà parcouru. Celui qui reste à faire encore hélas, nous ne le savons pas.

Mis à part quelques chanceux qui auront su tirer leur épingle du jeu des émissions télé, la réussite ne se trouve pas dans un trophée. Pourtant, allez-y ! Inscrivez-vous, partout et chantez. Chantez ! !

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 30 janvier 2012

Aidez-moi ! !

Aidez-moi ! !

ou

Ne négligez aucune des aides qui existent

Chers amis,

Comme vous le savez sans doute, si vous me suivez depuis plusieurs mois, outre ce blog, j’écris également pour d’autres supports sur le net. Je collabore, depuis le début de cette année, avec Horscène, qui traite de l’information musicale autrement, mais également avec un site qui, lors de son lancement a fait grand bruit, je veux parler du Huffington Post.

De nombreux professionnels et anonymes reprochent à cette société de faire travailler gratuitement des rédacteurs. A ceux-là je répondrais simplement, que si mes lignes se trouvent publiées, c’est que je le veux bien et ai conscience de mon apport à leur commerce. Je suis libre d’interrompre à tout moment cette collaboration. Par ailleurs, il me semble que les sites participatifs existent depuis bien longtemps et n’ont jamais créé de polémique lors de leur mise en ligne…

Je note qu’en l’espace d’un mois, j’ai vu le nombre de connexions à mon blog et les demandes de conseils augmenter de façon significative. Ce qui m’amène à penser que le grand philosophe de la chanson Enrico Macias a bien raison de dire : « Donner, donner, do do donner, Dieu vous le rendra ». Il faut parfois savoir être désintéressé et ne pas manquer de dire « Que puis-je faire pour t’aider ? » A longue cela finit par payer.

SPPF ou SCPP ?

Mais ce n’est pas de cela que je souhaite vous parler cette semaine. Non, il y a bien plus sérieux comme sujet. En effet, j’ai été contacté, à la fin de l’an dernier, pour faire diffuser le clip d’un de mes artistes, sur une chaîne du câble. La condition était qu’il fallait que le producteur du vidéogramme soit affilié à une société civile de perception de droits.

Je passe quelques coups de téléphone, je me renseigne. Personne ne sait. Même le patron du petit label m’avoue ne pas avoir entrepris les démarches pour affilier sa structure de productions à ces petites mains qui vont récupérer des petits sous, là où vous n’imaginez pas qu’il puisse y en avoir.

N’étant répertorié nulle part, finalement le clip sera tout de même diffusé, mais le producteur ne pourra toucher le moindre centime, sans avoir préalablement effectué les démarches administratives, en remplissant les divers feuillets de tout un tas d’informations légales et rébarbatives à la fois. Que voulez-vous, c’est justement le prix à payer pour voir revenir dans la poche de celui qui a payé, le fruit de son travail.

Des aides à la création et au développement

Nos jeunes amis qui se lancent dans le métier, la plupart du temps pensent gagner de l’argent avec les concerts, en premier lieu, puis avec la vente de musique, qu’elle soit physique ou numérique. De ces deux activités découlent des droits d’auteur, qu’ils toucheront s’ils envoient bien leur déclaration à la SACEM, en espérant qu’ils soient inscrits auprès de la vénérable vieille dame. Tout ceci est très bien et déjà vu.

Il y a cependant une seconde catégorie de droits, un peu trop oubliés par les novices. Ce sont les droits voisins. Ceux-ci ont pris vie, il y a une trentaine d’années, sous l’impulsion de Jack Lang, alors Ministre de la Culture. Ils permettent entre autre, aux producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes (dénomination officielle), de toucher un pourcentage sur l’exploitation des œuvres pour lesquelles ils ont investi de l’argent. Ce n’est plus seulement la rémunération au support vendu mais à l’utilisation qui en est faite.

Voilà pourquoi, j’incite vivement toutes celles et ceux qui possèdent une structure de production, y compris associative, à entamer les démarches nécessaires à leur régularisation, auprès de la SPPF, par exemple. Outre le fait de pouvoir compter sur des droits, les producteurs pourront également bénéficier de nombreuses aides, environ une dizaine. Cela va de la production musicale au montage d’un show case, au support de tournée.

Le temps c'est de l'argent

Je sais que cela demande du temps, que de se consacrer au remplissage de dossiers, mais quand vous obtenez une subvention ou lorsque vous recevez un relevé de droits et que ô miracle, la société de collecte vous verse quelques dizaines, voire centaines d’euros, je vous assure que cela fait du bien.

Parfois, des âmes tristes, me rétorquent que c’est bien de la transpiration pour pas grand-chose. Ce à quoi je réponds, qu’il ne faut jamais rien négliger. Il est indécent de se plaindre de ne plus vendre comme avant, de voir ses revenus fondre comme neige au soleil et en même temps, ne pas profiter du système qui existe et qui tout de même permet de mettre un peu d’argent dans la tirelire.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 23 janvier 2012

Nouvelle ère ! !

Nouvelle ère ! !

ou

Les géants du net seront les maisons de disques de demain

Chers amis,

Comme vous le savez, si vous me lisez régulièrement, j’ai pour habitude de commencer mon article par un petit retour en arrière, sur les sept derniers jours. Aujourd’hui, je vous dirai bien que c’est l’avenir qui m’intéresse.

MIDEM.NET

En effet, s’ouvrira dans quelques jours, à Cannes, le MIDEM. Alors que les années précédentes, on faisait figurer le web, en parallèle du grand raout musical, cette fois-ci, le tout numérique sera totalement intégré à la fête. Oui, en général, on parle de la « grand-messe » ou « fête » du monde de la musique, quand on évoque le rassemblement de ce que la terre entière ou presque compte d’éditeurs en recherche de producteurs et de valorisation d’un catalogue quelconque.

Dans un peu plus d’une semaine, on saura ou du moins on espère connaitre la vision, si ce n’est à long terme, mais au moins pour les prochaines années, de tout ce beau monde.

Je n’y suis allé qu’une seule fois, il y a cinq ans. Déjà à cette époque, j’entendais les anglo-saxons dirent que le bateau avait fait naufrage et que nous, européens, étions accrochés à une planche de salut qui ne tarderait pas à couler elle aussi, si nous ne prenions pas rapidement les bonnes décisions. En clair, cela voulait dire, ne tournez plus autour du pot, modifiez vos modes de pensées et de travail, avant de toucher le sol et de vous écraser.

Bon, il a fallu ce quinquennat pour que le marché prenne la décision de faire figurer le net en bonne place. On va y arriver !

Diffuseurs = producteurs

Puisque je vous parle du net, j’aimerais revenir sur une notion qui semble échapper à beaucoup d’entre nous. Je dois bien avouer que je faisais également partie des béotiens, il y a peu encore, sur ce sujet.

Aujourd‘hui, nous savons qu’Internet a le pouvoir. Demain, il supplantera tous les autres modes de diffusion d’informations visuelles, musicales, sonores… Plus de postes de télé ou de radio, il n’y aura plus qu’un appareil connecté au web et qui permettra de passer d’un média à un autre.

Historiquement, la production musicale a toujours été, en grande partie, tenue par des grosses sociétés qui possédaient les moyens de la diffuser. C’est parce que Warner avait des réseaux de télévision ou que Philips fabriquait des électrophones qu’ils ont pris en main, ce segment de leur propre marché. Le discours était simple et efficace : « Nous possédons les tuyaux, créons donc ce qui passera dedans ».

Nouveaux acteurs "virtuels"

Aujourd’hui, la donne a changé. Ce ne sont plus les fabricants de matériel qui ont le pouvoir. Alors, qui possède ces fameux canaux et génère beaucoup d’argent ? Internet, bien sûr. Les fournisseurs d’accès, les moteurs de recherches, les plates-formes de diffusion de vidéos…

Il ne serait donc pas étonnant que d’ici peu, nous ayons des divisions de production de contenus musicaux au sein de Google, Apple ou Youtube.

Vous verrez, les magnats du web feront bientôt la danse du ventre pour signer le prochain album de U2 ou de Placébo. Fini les logos Umusic sur les livrets des CD (il n’y en aura plus de toute façon, alors…), on ara le droit au joli calicot à la pomme déjà croquée !

On entendra des discours comme « T’as signé avec Youtube, toi ? C’est bien ? Ils t’ont donné une grosse avance sur les futures lectures de ton clip ! Génial ! Moi, j’aimerais bien signer avec Orange, mais ils ne sont encore au top. Non, ils veulent juste me donner un pourcentage sur le nombre de pages-vues de publicité. Remarque depuis qu’il n’y a plus qu’eux qui diffusent des vidéos musicales, c’est sans doute un bon plan, non ? »

La musique sera désacralisée et deviendra un simple produit d’appel pour lessiviers assoiffés de reconnaissance. C’est toujours bon d’avoir un artiste dans son entourage, ça permet de rêver, de faire rêver et d’engranger…

C’est sans doute ce à quoi il faut s’attendre dans les années qui viennent. Voir, l’apparition de « web labels », tenus dans l’ombre de montages administratifs fumeux, par les grands tireurs de ficelles de l’internet. A vrai dire cela ne sera pas choquant. Cela s’appelle l’évolution. En revanche, ce qui risque de l’être est la répartition des droits. Là, il y aura sans doute encore un gros chantier à organiser, mais cela fera l’objet d’un débat, j’en suis certain, au cours du MIDEM 2017 !

Je vous souhaite plein de web succès !

Bonne semaine.

Olivier

lundi 16 janvier 2012

La p'tite monnaie ! !

La p’tite monnaie ! !

ou

Et si on payait les chanteurs quand ils chantent…

Chers amis,

Quel plaisir de commencer une semaine en découvrant un article dans le quotidien Métro, consacré au travail de Renaud Hantson et Laurent Karila, autour du concept-album « AddictionS », disque intégralement consacré aux risques et dangers liés à la prise de produits stupéfiants, d’une part et d’autre part un excellent Live report du Satan’s Fest III, toujours organisé par le fondateur de Satan Jokers.

Je souhaite à chacun de mes lecteurs, de connaitre un jour, le plaisir de participer à une aventure aussi enrichissante humainement que professionnellement. Je suis certain que nous ne faisons que commencer un long chemin qui nous mènera vers des réussites significatives.

Course à la visibilité

A la relecture de deux articles consacrés aux ventes d’albums physiques, sur les six derniers mois de l’année 2011, m’est venue une réflexion, quant à l’importance de la visibilité médiatique.

Depuis de nombreuses années, et cela s’est accéléré avec le temps, une fois qu’un artiste avait un nouveau disque, tout beau tout chaud, sorti des presses, il fallait se précipiter, se battre, se déchirer, pour passer dans une des grandes émissions de télé, afin d’être certain d’en écouler un bon gros paquet de 10 000, dès l’ouverture du Monop’, le lendemain matin.

Il fut même un temps où les chanteurs touchaient un cachet, pour chanter sur les plateaux des buttes Chaumont, dans les studios antiques et disparus de la légendaires S.F.P. A cette époque, la télé n’avait que trois chaines publiques. On y entendait les dernières niaiseries des hit-parades, mais pas seulement. Des artistes installés depuis bien longtemps dans le paysage, venaient interpréter un titre et s’en allait, empochant au passage une enveloppe aussi épaisse que leur renommée.

Télé "commerciale"

Puis est arrivée la télé commerciale, celle qui doit conserver des « temps de cerveau disponible, pour vendre du coca cola ». A partir de ce moment, les médias ont cessé de payer au motif que chaque passage à l’antenne étant promotionnel, le producteur allait s’y retrouver à l’arrivée. Cela a été vrai jusqu’à il n’y a pas longtemps. Effectivement, quand on sait ce que coûte un spot de publicité sur une chaine importante, on se dit qu’un plateau gratuit à 20 h 50 et 6 millions de spectateurs qui regardent c’est toujours bon à prendre.

Ce fut vrai pour presque tous. Cela ne l’est plus que pour quelques-uns. Je ne prendrai qu’un seul exemple. Quand on regarde à nouveau le matraquage médiatique qu’il y a eu l’an passé, pour la sortie de « Bichon », l’album de Julien Doré et que l’on s’intéresse aux chiffres de vente, on est en droit de se poser plusieurs questions.

Tout d’abord, l’album méritait-il cette présence aussi accrue sur les antennes ? Je n’en suis pas persuadé, mais le plus important est ailleurs. Julien Doré est un « bon client » pour les médias. Il a une bonne petite gueule ; il n’est pas aussi idiot que certains le disent ; il plaît aux jeunes filles. C’est donc le bon produit à faire de l’audience. Un booster d’audimat.

Et c’est quoi l’audimat, si ce n’est de l’argent qui rentre dans les caisses de la chaine qui diffuse ? L’artiste lui, aujourd’hui passe à la télé, mais ne vend plus rien. Comme dans une équation, on devrait faire une proposition inverse : Comme ce n’est plus la télé qui fait gagner de l’argent aux artistes, mais le contraire, il serait donc logique que les chanteurs qui se produisent devant les caméras touchent de nouveau un cachet, pour chacune de leur prestation !

Il est temps de changer l'ordre des choses.

Dans un pays limitrophe et francophone, de notre hexagone, il existe une émission de variétés, à l’ancienne, qui paie les artistes. Je fus d’ailleurs très surpris lorsqu’on me demanda quel serait le montant du cachet, pour que telle chanteuse aille sur leur plateau ?

On ne pourra plus faire croire encore longtemps aux créateurs, que le simple fait de passer sur la une ou la douze, permet de se faire une réputation et d’engranger ensuite des tonnes d’euros. Ce temps touche à sa fin.

Rêvons un peu. Et si, chaque fois qu’un média contactait un agent, celui-ci répondait : « D’accord pour venir dans votre programme, c’est 5000 ! » et que l’autre accepte, alors le monde aurait changé. Mais, tant que le show business attirera à lui des papillons éphémères, prêts à tout, y compris à payer, pour s’exhiber face aux caméras, alors il ne sert à rien de se battre. Les mass-média ont gagné. Tant pis pour les artistes.

Je vous souhaite plein de succès.

Bonne semaine.

Olivier

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