Music Bizness, le Blog d'Olivier Vadrot

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lundi 30 août 2010

We are the champions ! !

We are the champions

Ou

« Pour réussir, il faut savoir s’entourer »

Chers amis,

C’est avec un immense plaisir que je vous retrouve, en cette fin août. Deux mois se sont écoulés depuis mon dernier article. 60 jours de repos, mais aussi et surtout de réflexion sur le monde merveilleux du show business et de travail à l’élaboration de cette nouvelle saison. Quelques nouveautés viendront compléter l’offre actuelle. Je vous en dirai plus au cours du mois de septembre.

Juillet et août ont été deux mois pleins d’actualité et d’événements sportifs. Celui qui voulait passer au travers des annonces de médailles et podiums a dû bien faire des efforts, tant chaque jour un flot de bonnes nouvelles tombait dans nos oreilles attentives et heureuses enfin de voir la France briller dans les stades. Il est vrai que la saison avait bien mal démarrée avec le ballon rond, mais athlètes et nageurs ont brillamment relevé le niveau.

Au-delà des performances pures, je dois bien confesser que je n’ai vu aucune course de natation, ce qui a attiré mon attention furent les discours tenus par l’ensemble des vainqueurs. Toutes leurs interventions étaient ponctuées des mêmes termes, des mêmes mots : Travail, Positif, Plaisir, Esprit d’équipe. Voici des expressions enregistrées aux abonnés absents en Afrique du sud…

Pourquoi pensez-vous que je n’ai pas encore parlé de musique ? Antonin Arthaud disait que les comédiens sont des sportifs de l’affectif. Qu’en est-il des musiciens ? En vérité, ceux-ci sont à rapprocher des acteurs. Ils sont des vecteurs d’émotion. Vecteurs placés dans un milieu et ce milieu placé dans un monde.

Vous savez, si vous lisez régulièrement mes contributions, que je place le travail avant toute autre chose dans le processus de réussite. Celui-ci ne peut se développer et s’épanouir que dans un esprit positif. Je ne parle pas ici de la création de chansons ou de composition musicale. Les affres et les tourments des auteurs font partie entière de la voie créatrice. L’absinthe de Verlaine et les Gitanes de Gainsbourg en sont le parfait reflet.

Je souhaite attirer votre attention sur l’étape qui suit la naissance d’une œuvre. Pour cela vous devrez vous entourer de musiciens pour monter sur scène, de techniciens pour enregistrer, mixer, masteriser, presser votre CD, d’un régisseur pour vos spectacles, d’un manageur pour gérer l’ensemble de ce qui n’est pas à proprement parler artistique, d’un webmaster pour vos différents sites sur le net, d’un éditeur pour faire vivre vos chansons, d’un tourneur, d’un attaché de presse…

Choisissez bien les personnes avec lesquelles vous allez collaborer. Une carrière ne se fait pas en quelques semaines. Vous serez donc amenés à côtoyer tous les membres de votre équipe sur le long terme. Si vos choix ne sont faits que par pure amitié, sans le professionnalisme qui sied à certaine fonction, vous irez dans le mur. Ne faites pas plaisir à votre cousin qui sous prétexte d’avoir un gros autoradio, se prend pour un véritable ingénieur du son. Il risque de ruiner votre concert et votre réputation par la même occasion.

A l’inverse, si vous ne vous entourez que de pointures qui vous proposent un travail de qualité, mais avec lesquelles la communication est difficile, vous obtiendrez sans aucun doute de bons résultats, mais à la longue des tensions naîtront.

Trouver le bon équilibre entre plaisir et travail est une chose bien compliquée. J’ai connu des groupes tellement rigides à l’ouverture à autrui qu’ils ont fini par disparaître. Tu penses, on ne change pas une équipe qui perd !

Si, par hasard, vous mettez le doigt sur le point faible, sur ce qui vous empêche d’avancer. Il n’est pas utile d’entrer en guerre avec tout votre entourage. Faites part de votre réserve à la personne en question, avec des éléments factuels à l’appui. Il ne s’agît pas de « virer » un membre sans argument. Tentez de trouver des solutions amiables. Peut-être y a-t-il un moyen de résoudre le problème, sans débordement, sans exclusion, en privilégiant l’échange et la discussion. Si toutefois le poids était trop lourd, alors il ne faut pas hésiter à remplacer un membre par un nouveau. Le monde du show business est rempli de gens qui ne veulent que travailler, alors pourquoi s’en priver !

Une fois votre équipe complète, n’hésitez pas à organiser des rencontres, sans instrument, sans console, sans ampli, juste autour d’un verre. Partagez des bons moments, pas forcément artistiques, cela ne pourra que participer à renforcer l’esprit qui vivra au sein de votre groupe. Ainsi, avec un mental positif, vous aborderez les difficultés du métier avec force et détermination. Je suis certain que, dans ces conditions, vous irez plus loin que vous ne l’imaginez.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 28 juin 2010

Voilà l'été ! !

Voilà l’été ! !

Ou

Avant de partir bronzer, faites le bilan de la saison passée

Chers amis,

« Voilà l’été, j’aperçois le soleil… », Vous connaissez tous ces quelques mots tirées de la célèbre chanson des Négresses vertes. Bien entendu, lorsqu’on entrevoit l’astre briller, on se dit de suite : « Voilà les vacances !». Aux abords des premiers jours de juillet, il est normal de se voir non loin d’un rivage, un cocktail Malibu à la main, en short kaki, rêvassant à l’année qui vient de s’écouler et se projetant dans celle qui arrive à grands pas.

Justement, avant de partir vous reposer l’esprit, je vous propose un dernier petit travail. Munissez-vous d’une feuille et d’un stylo. L’exercice ne vous prendra que quelques minutes.

Vous êtes prêts ? Je vous invite alors, à dresser le bilan de votre saison. Ecrivez lisiblement sur le papier, toutes les réalisations auxquelles vous avez participées. Vous allez me demander quel intérêt à cette pratique ? Vous aurez raison. Il se trouve que notre cerveau, et surtout notre subconscient, bien que sachant tout de nous, ont besoin sans cesse qu’on leur rappelle que nous existons, que nous brillons. Plus vous vous le direz et répéterez, plus l’estime de vous-même grandira et vous permettra d’accomplir vos rêves les plus fous.

Il ne faut jamais négliger ou sous-estimer la force du subconscient. Les gens qui se répètent à longueur de journée « Je suis un mauvais », « Personne ne m’aime », « Ce n’est pas pour moi »… finissent par se convaincre de la justesse de leur pensée et n’aboutissent jamais à rien. Si au contraire, vous savez tirer du moindre événement, aussi anodin soit-il, un aspect positif, alors vous grandirez et vous détacherez de ceux qui ne savent que pleurer sur leur sort. Croyez-moi, dans le monde du show business ils sont nombreux.

Alors ? Combien de concerts, de show case, d’interviews, de dédicaces, d’enregistrements cette année ? Comparez vos résultats à ceux de l’an passé. Est-ce mieux ou moins bien ? Si c’est mieux, bravo. N’hésitez pas à bien visualiser vos succès. Ayez toujours à portée de main ou de vue, un de vos CD, un journal dans lequel une interview est sortie, l’affiche d’une de vos prestations… Nourrissez-vous de toutes ces images et prenez conscience de votre potentiel, du chemin parcouru depuis que vous avez décidé de vous lancer. En revanche, si vos résultats sont moins bons, pas de panique. Posez-vous la question : Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Comment faire pour résoudre le problème ? Ne vous laissez pas démonter par un échec. Cela arrive à tous les artistes, y compris les plus grands. Prenez le mal à la racine. N’hésitez pas à changer d’équipe, si celle-ci ne vous permet pas d’avancer comme vous le voudriez. Séparez-vous de vos musiciens, de votre manageur, de votre tourneur… Il faut savoir être radical, faire table rase du passé, pour pouvoir avancer. Je suis certain que dans cet état des lieux, vous trouverez toujours de petites lueurs qui entretiendront votre espoir et vous permettront de continuer de marcher sur la voie du succès.

Pour ma part, et de manière non exhaustive, je peux dire que cette année a encore été riche en « Evénements » : Organisations de plusieurs concerts pour : Nicolas Peyrac, Les Forbans, Georgette Lemaire, Francis Lalanne ou Caroline Loeb, participation à la grande tournée « Âge tendre », « Rencontres » : Steve et Heather, Jean-Jacques Chardeau, « Echanges » : avec, entre autre, Gérard Meys, l’éditeur de Ferrat, Gréco, Gainsbourg et j’en oublie, enfin « Enseignements » : La couverture dans ce milieu est petite et tout le monde voudrait bien être dessous. Ne vous laissez jamais déposséder du petit bout qui vous revient.

Et puis bien sûr, il y a la lecture toutes les semaines, des mails envoyés par les fidèles lecteurs de ce blog. Cela me remplit de joie et m’encourage à poursuivre le travail débuté il y a un an et demi à présent.

Je vous souhaite le meilleur pour ces deux mois d’été. Profitez bien de tous les instants que ce métier vous fera vivre.

Nous nous retrouverons fin août, avec pleins de nouvelles choses à nous raconter.

Bonne semaine.

Olivier

www.oliviervadrot.com

lundi 21 juin 2010

Dis-moi que tu m'aimes ! !

Dis-moi que tu m’aimes ! !

Ou

Toute critique est-elle bonne à dire

Chers amis,

21 juin fête de la musique ! J’apprends avec plaisir que de nombreuses communes de l‘ouest de la France souhaitent laisser la place à de vrais amateurs et non à de pseudo professionnels, sous payés, voire non payés. Pas de programmation. On vient, on se branche, on joue et on passe le relais aux copains. C’est très bien. Ce moment de la vie culturelle de notre pays doit être en priorité consacré à ceux qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer en public tout le reste de l’année. Pour les autres, il y a 364 jours, au cours desquels il est possible de donner de vrais concerts.

Le sujet de cette semaine, consacré à la critique, m’a été involontairement soufflé par un de mes lecteurs. Il m’excusera par avance de ne pas citer son nom, car ses propos serviront à alimenter une chronique et non une polémique.

Vous êtes de plus en plus nombreux à m’envoyer de petits messages, dans lesquels vous me demandez de bien vouloir me rendre sur votre page web, afin d’écouter votre travail et de donner mon avis sur celui-ci. Je suis toujours très touché de voir à quel point vous me faites confiance.

J’essaie, dans la mesure du possible, d’honorer ces requêtes. Dès que j’ai du temps et l’esprit disposé à « écouter », je clique sur des liens. Je dois bien l’avouer, parfois mes oreilles ont bien du mal à aller jusqu’au bout du premier morceau placé dans le player, tant le travail présenté n’est pas de bonne qualité. Que faire dans pareil cas ? Est-il vraiment nécessaire de se fendre d’une réponse qui sera désobligeante ? Je ne le pense pas. Il est parfois des situations qui méritent plutôt le silence.

Un garçon m’a sollicité à plusieurs reprises. J’ai écouté et lui ai écrit ce que ses chansons m’inspiraient. Inutile d’entrer dans les détails.

Je reçus quelques temps plus tard une réponse cinglante. Il estimait que je n’avais pas le droit de donner l’avis que j’avais défendu sur son travail, que je me trompais et que mes critiques l’avaient choqué !

Je comprends que l’on puisse être déstabilisé, décontenancé, par un texte qui ne va pas dans le sens dans lequel vous pensiez que tous iraient. Mais de grâce, lorsque l’on se prête au jeu de la critique, il faut l’accepter dans son ensemble. Ne pas séparer bons et mauvais commentaires. Bonnes et mauvaises appréciations. En gros, il aurait fallu que j’apprécie, au plus au point, les chansons de ce monsieur, avec tous les défauts qu’elles portent, n’en rien dire, surtout pour ne pas froisser l’ego du créateur et le laisser poursuivre sa route avec dans sa poche un gentil papier disant qu’il était un grand poète, à deux pas des Brassens, Brel et Ferré…

Cette conception du polissage de poils d’artistes n’a pas cours chez moi. Je l’ai dit, écrit et répété, déjà des dizaines de fois, je ne possède pas la vérité, ni la science infuse de ce métier magique. Mon point de vue ne veut pas être le reflet du show business tout entier. Il n’engage que moi. Si on me demande mon avis, je le donne. On a le droit de ne pas être d’accord avec ce que je dis, mais on n’a pas le droit de me reprocher de l’avoir dit. Peut-être que je me trompe dans mon jugement. Seul l’avenir nous le dira.

Une chose est sûre, avec le temps et l’expérience, je fais tout de même un peu la différence entre un chanteur qui a la voix placée et un qui se cherche, un guitariste qui joue sans hésitation et un autre qui gratouille, un texte bien écrit et une suite de rimes pauvres, un artiste qui à la gniak et celui qui joue à l’avoir. Je précise de suite, ce n’est pas parce que vous semblez posséder toutes les qualités premières citées, que vous êtes assurés de parvenir en haut de l’affiche. Donnez une belle main d’atouts à quelqu’un qui ne sait pas jouer aux cartes et il perdra la partie à coups sûrs.

S’exposer à la critique c’est se mettre en danger, il est vrai. Il y a deux aspects à cet exercice. Le premier, celui que je défends, est le coté pragmatique : cette chanson est-elle bien écrite, bien composée, bien chantée, me touche-t-elle ? Voilà les questions essentielles auxquelles je tente de répondre. Bien entendu cette analyse est déconnectée de ce que je peux penser de l’artiste, en tant que personne qui chante. En d’autres termes, et c’est la seconde face de la critique, je ne mets pas d’affectif dans mon propos. L’affectif tend à brouiller les pistes et à déformer la vision objective que l’on peut avoir d’un sujet.

Il serait bon que ceux qui attendent des retours sur leur travail sachent faire la part des choses, Ô je sais que c’est très difficile comme exercice. Heureusement il y a parfois des auteurs, des compositeurs, des chanteurs qui prennent ce que vous leur donnez, même si cela leur fait mal à l’orgueil et savent utiliser la critique comme moteur. Ils n’appliquent pas forcément ce que vous leur avez dit, qu’importe, mais ils réfléchissent, tentent de faire mieux, en un mot avancent. Jamais ils ne s’abritent derrière un « Quand je joue cette chanson devant mes copains, elle passe vachement bien ! » Ce type de phrase marque la limite entre les professionnels et les amateurs. Allez, c’est votre jour. A vous de jouer !

Bonne semaine.

Olivier

www.oliviervadrot.com

lundi 14 juin 2010

L'addition s'il vous plaît ! !

L’addition s’il vous plaît ! !

Ou

21 juin dé-fête de la musique

Chers amis,

J’ai eu le grand plaisir d’assister, dimanche dernier, à la finale nationale du concours organisé par Zicmeup. Le niveau était très haut. 12 des 32 finalistes ont été récompensés. Les 20 partis bredouilles peuvent toutefois être fiers de leur prestation. Quand tout est bon, le résultat définitif se joue à quelques dixièmes près. La différence entre le premier et le dernier est infime. Le monde artistique est aléatoire. Sans vouloir être biblique, on peut aisément dire que peut-être un jour, les derniers seront les premiers. Perdre est difficile à encaisser mais absolument pas rédhibitoire. Comme l’a si bien dit Lâam, marraine de cette édition « Moi, je n’ai jamais rien gagné ». On peut tout de même dire que la demoiselle a fait jusqu’à présent un beau parcours, sans médaille, ni couronne.

Ceci m’amène à vous parler de cette fameuse « Fête de la musique » qui pointe comme chaque année, le bout de son nez. En l’espace de quelques jours, j’ai été contacté plusieurs fois par des organisateurs de plateaux pour l’événement nationale festif cité plus haut. De charmantes personnes, ayant obtenu mes coordonnées par l’intermédiaire de lieux dans lesquels j’avais organisé des show case pour les artistes avec qui je travaille, me firent des propositions de programmation.

Le patron d’un grand centre de loisirs en banlieue me dit qu’il souhaitait organiser des événements musicaux dans son établissement, afin de dynamiser son lieu désespérément vide. Bonne idée, lui dis-je. Quels sont vos moyens ? Je n’en ai aucun, eut-il l’outrecuidance de me répondre. Je fus quelque peu interloqué. « Vous ne pouvez pas mettre un centime sur la table et vous me demandez de faire venir des artistes professionnels, gracieusement, pour pouvoir remplir vos poches ! ! » Voilà quel était son raisonnement : « Vos artistes sont venus chez Cultura faire un show case sans cachet, aussi je pensais que l’on pourrait faire de même ici, avec une rémunération sur les ventes de CD ». Il me fallut lui expliquer qu’un show case dans un point de vente de disques, en période de promotion d’un album qui sort, fait partie de l’arsenal dont nous disposons afin de donner de la visibilité aux groupes. Puis vint le moment où je dus détailler ce qui revenait dans la poche de chacun après une vente en magasin. Gosso modo 33 % pour le producteur, 33 % pour le distributeur et 33 % pour le magasin. Divisez 15 € par 3 et voyez ce qu’il reste.

Ha ! oui, mais quand on fait un concert et que l’on vend « au cul du camion » tout va dans la poche du groupe. Il est vrai, mais combien de disques faut-il vendre pour gagner sa vie ? Si au cours d’une soirée, vous vendez 10 CD et empochez 150 €, partagez le magot entre les membres du groupe. Si vous êtes heureux de rentrer chez vous avec 30 ou 40 euro en poche, alors, il vous faudra faire 30 concerts par mois pour pouvoir vivre décemment.

Je comprends très bien que l’on puisse être content d’avoir de l’argent de poche, mais dans ce cas-là, on ne fait pas partie du monde professionnel. On reste un amateur. Ce qui, par ailleurs, n’est pas du tout blâmable.

Votre travail acharné mérite un vrai salaire. Aussi réfléchissez bien avant d’accepter de jouer pour rien. N’hésitez pas à négocier des contreparties. Une année, je suis allé en Corse, avec une chanteuse, pour la fête de la musique. Lorsqu’un voyage comme celui-ci est pris en charge à 100 % par l’organisateur, la donne n’est pas la même. Cela n’a rien à voir avec un plateau organisé par la médiathèque d’une obscure municipalité de Picardie, qui ne vous propose qu’un sandwich et une bière pas fraîche pour vous remercier d’être venu.

Plus les années passent et plus je pense que ce 21 juin est une « dé-fête » de la musique. Qui y gagne vraiment ? Comme bien souvent, ce sont les bistrotiers et les vendeurs de merguez.

Je m’étonnais par le passé de la réflexion d’un ami musicien qui me disait que du piano il en jouait tous les jours, alors ne pas y toucher ce jour-là lui faisait des vacances. Aujourd’hui, je comprends mieux.

Toutes ces demandes reçues ces derniers jours me laissent vraiment penser que dans notre pays l’activité musicale n’est pas considérée à sa juste valeur. Pour pouvoir faire entendre mon discours, il me fallut dire au patron du complexe de loisirs, que le cuisinier de son restaurant et l’ouvreur du cinéma, malgré les difficultés financières de la structure, ne viennent pas travailler gratuitement. Ils reçoivent bien une paye à la fin du mois. Pourquoi en serait-il différent avec les artistes ?

Ne participez pas à la dévaluation de votre art. A force de jouer le jeu de ceux qui vous reçoivent, un jour, plus personne ne sera payé. L’industrie du disque est mal en point, il serait dommage qu’il en soit un jour de même pour le spectacle.

Bonne semaine.

Olivier

www.oliviervadrot.com

lundi 7 juin 2010

Menteur, menteur ! !

Menteur, Menteur ! !

Ou

Comment conserver une image irréprochable

Chers amis,

Nous voici déjà à quelques jours de l’été. La saison touche à sa fin et je n’ai vu le temps passer. Il nous faut déjà penser et entrevoir la rentrée. Des propositions de spectacles tombent pour 2011. Le calendrier se remplit à vue d’œil. Il faudra courir à certaines périodes, être sur les routes, aller de villes en villes. Réjouissons-nous de ce programme, car dans nos métiers rester assis et inactif signifie bien souvent la disparition. La nature ayant horreur du vide, si vous n’êtes pas là, un autre prendra votre place. Pour revenir ensuite cela demandera beaucoup d’efforts.

Un autre point, sur lequel je souhaite mettre un peu de lumière cette semaine et qui, si on n’y prend pas garde peut être néfaste, est l’image de vous-même que vous donnez aux autres. Je ne parle évidemment pas de l’aspect physique ou vestimentaire. Non, je veux parler de l’éthique que vous portez en vous, celle que vous défendez.

Notre « Milieu » n’est pas si grand que cela. D’ailleurs notre univers professionnel se réduit bien trop souvent à ce satané « milieu ». A croire qu’au-delà du centre point de salut. Tout finit un jour (toujours devrais-je écrire) par se savoir. Si vous adoptez une attitude saine, respectueuse et honnête, alors cela se saura et votre notoriété ne pourra qu’en être renforcée.

A l’opposé de cela, si vous pensez que la roublardise, le mensonge et la malhonnêteté vous faciliteront l’accès au succès, alors vous vous trompez. Il est très difficile pour moi d’illustrer cet article sans citer de noms afin de ne pas porter atteinte à la pseudo respectabilité de quelques personnes. Je vais tenter tout de même l’exercice.

Le patron d’un label, avec lequel je travaillais il y a quelques temps, me fit la démonstration suivante : Plus le mensonge est gros, plus il sera pris au sérieux. Ce type de propos est utilisé habituellement par toutes les formes de dictatures et laisse en général de mauvais souvenirs.

Alors qu’il me présentait le prochain album sur lequel il souhaitait que je travaille, il me dit : « Pour en mettre plein la vue aux médias, je l’ai fait mixer et masteriser dans tel studio ». Je fus tout d’abord agréablement surpris, car en effet, le studio dont il me parlait avait une belle cote et en sortant de ses machines on était sûr d’avoir « le » son. Toutefois, une chose me travailla. Le prix à payer pour les séances est assez élevé et le label n’avait pas des moyens conséquents. Malheureusement il se trouvait que le garçon qui gérait le studio était un de mes amis, mais le boss de la maison de disque ne le savait pas…

Sentant que j’allais être le premier maillon de la chaîne à me faire mener par le bout du nez, je décrochais mon téléphone et appelait mon ami. Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que jamais il n’avait eu à mixer, ni à masteriser l’album dont je lui parlais ! !

A ce moment-là s’en fut fini de mes rapports avec ce petit monsieur, qui croyait sans doute pouvoir devenir Barclay à la place de Barclay !

Cet épisode a jeté le discrédit sur cette personne. Aujourd’hui encore lorsque je vois passer des infos le concernant sur Internet, je ne peux m’empêcher de penser que toute sa communication est basée sur le mensonge. D’ailleurs sur le long terme cela n’a toujours pas payé. Il reste encore au bas de l’échelle, avec ses rêves de réussite et de gloire, en maudissant la terre entière parce qu’elle n’apprécie pas son travail.

Je vous incite vivement à ne pas mettre le doigt dans l’engrenage de l’enjolivement de la réalité, pour finir par tomber dans la fosse du mensonge. Vous n’en sortirez que perdant. Quitte à traîner une réputation autant que celle-ci soit positive et honorable. Savez-vous que seules 3 personnes sur 10 diront du bien de vous en cas de succès. En revanche 7 sur 10 n’hésiteront pas à dire du mal de vous en cas d’échec. « Parlez de moi en bien ou en mal qu’importe, du moment que l’on parle de moi » est un adage qui à mon sens à ses limites. Rester dans la sphère des discussions entre professionnels pourquoi pas, mais pas dans n’importe quelles conditions.

Des anecdotes comme celle-ci je pourrai vous en écrire des pages et des pages. Vous vous apercevriez très rapidement que ceux qui utilisent ces méthodes et procédés blâmables, ne font que très rarement le Une des journaux pour leur meilleur profil.

Une dernière chose. Ne dites jamais, que vous ne mentez jamais, car en disant cela il se pourrait bien que vous ayez menti.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 24 mai 2010

T'as le look coco ! !

Ou

Comment un concept esthétique détrône un concept artistique

Chers amis,

Est-ce l’arrivée tardive, mais bien réelle, d’un temps estival qui fait éclore les bonnes nouvelles, comme s’ouvrent les fleurs ? Il est bon de la croire. Alors que je compulsais le rapport trimestriel édité par le SNEP, je découvris que, pour la première fois depuis 2005, les ventes globales de musiques enregistrées ont augmenté de 8 % ! ! ! Oui, vous avez bien lu, 8 %. Ce chiffre possède en réalité plusieurs lignes. Si le marché de single poursuit sa chute (- 16 %), les albums et DVD ont connu une belle progression respective de + 4 % et + 8,7 %. Le téléchargement connaît également un beau début d’année. Si la téléphonie mobile perd du terrain (- 21,8 %), les achats en ligne (+ 50,5 %) , le streaming (+ 100 %) et les abonnements aux diverses plateformes (+26,9 %) permettent dans l’ensemble d’obtenir un beau score de presque 30 % d’augmentation par rapport à l’an passé.

http://www.disqueenfrance.com/fr/cpg1-339531-251362-Le-marche-de-la-musique-enregistree---les-resultats-du-1er-trimestre-de-l-annee-2010.html

Tout ceci est à surveiller de près, bien évidemment. Le rapport du deuxième trimestre sera riche d’enseignements. Avons-nous affaire à un épi phénomène ou est-ce un retournement du marché ? A suivre…

Cette semaine je voudrais vous parler d’un aspect particulier qui me semble parfois prendre le dessus sur l’artistique pur. Le concept !

Il y a actuellement en France, et à priori partout dans le monde, un effet Lady Gaga. Je ne connais pas du tout les chansons et la musique de cette personne. Toutefois, j’entends régulièrement parler autour de sa jeune carrière, des experts en communication, des publicitaires, des journalistes, des fans, des créateurs de mode… Tous s’accordent à évoquer le look, les vidéos, les interviews, les reportages papier, les apparitions télévisuelles, mais presque personne ne parle du contenu. Seuls les aspects extérieurs semblent attirer l’attention et faire tourner les moulins à paroles.

Outre le fait que cette charmante demoiselle possède une plastique irréprochable et une voix pas désagréable du tout, je demeure sceptique quant à son succès sur le long terme. D’autres avant elle ont su apparaître et se faire un nom via un « personnage », je pense en particulier à David Bowie et son célèbre Ziggy Stardust.

Peut-on sérieusement exister à travers un concept ? Alors que la plupart des artistes attendent des critiques et des retours sur ce qu’ils sont (textes, chant, mélodie, arrangements…), nous sommes en présence, avec ce phénomène, d’une désincarnation du succès. Ce n’est plus la chanteuse en tant que telle qui est au centre des discussions, mais tout ce qui tourne autour d’elle. Je n’entends que très peu de critiques artistiques. On dit que son style se situe entre Madonna et Mylène Farmer. Je n’ai pas suffisamment de connaissance pour juger. Mais lorsque ce type de constatation passe à l’arrière plan, on peut sérieusement se poser la question du bien fondé d’une telle démarche. Ne sommes-nous pas face à un pur produit marketing qui se moque de ce que le pot contient et qui s’attache davantage à l’emballage ?

Ce qui est le plus inquiétant, c’est que ce discours est de plus en plus répandu dans le milieu du disque. Aujourd’hui, si j’ai bien entendu certains propos, si vous n’arrivez pas avec un « concept » dans votre poche, vous n’aurez que peu de chances d’attirer l’attention sur vous ! Un disque ? Mais qu’est-ce que c’est un disque ? 12 chansons et après ?

Soan, vainqueur de la Nouvelle Star, l’an passé, l’a-t-il emporté sur son simple talent d’interprétation ou est-ce un mix de look, de propos et de provocation ? Sans doute un peu de tout ça. Je vous invite donc à creuser votre univers. Non pas jusqu’à vous identifier à l’un ou l’autre des artistes cités aujourd’hui, mais tout comme une chanson n’est pas terminée tant que l’on n’en a pas fait le tour, une personnalité se cherche et se travaille en permanence. Il semble urgent de nos jours de s’intéresser tout autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Je vous rassure, on peut très bien réussir sans outrance. Il y a d’ailleurs même parfois des surprises. Souvenez-vous d’Alain Souchon débarquant sur les ondes des années 70, en s’excusant presque de venir nous déranger avec sa chansonnette. Voyez la carrière qu’il a réussie à bâtir, malgré cette quasi absence de charisme.

Une oeuvre se juge sur le temps. Lady Gaga sera-t-elle encore présente dans dix, quinze ou vingt ans ? Soan fera-t-il naître encore les polémiques dans 3 mois ? Je vous propose d’en reparler le moment venu.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 17 mai 2010

Frankenstein ! !

Ou

Comment les chercheurs se sont piégés eux-mêmes

Chers amis,

Le temps est tellement triste et désespérant que pour me dégourdir les neurones, je me suis amusé ce week-end à ouvrir un livre d’initiation à la langue latine. Ayant quelques restes de mes années de lycées je redécouvrais avec plaisir ces locutions aujourd’hui disparues. Une d’elles attira tout particulièrement mon attention « Disco ». La traduction me fit pâlir : « Apprendre ». J’étais bien loin d’imaginer que cette racine avait pu donner des dérivées qui finiraient par arriver dans nos oreilles sous forme de disque.

« Apprendre » donc. C’est ce que je fis au cours de ce long week-end qui n’en finissait pas de s’étirer. J’ai acheté un livre intitulé « La crise du disque » (ed Les carnets de l’info). Cet ouvrage fourmille d’explications sur ce que nous vivons actuellement. Cette crise qui dure et dont personne n’est capable, à ce jour, d’en entrevoir la fin.

Mais avant de voir le bout du tunnel, il est intéressant de faire un tout petit peu d’histoire, en remontant, pas si loin que ça, dans le temps.

Le développement du format CD date de la fin des années 70 et fait son apparition au début des années 80. Tout le monde était heureux. Voilà enfin le produit dont on avait besoin : Petit, léger, et surtout inusable. Finis les rayures et craquements. Un son parfait allait couler dans nos oreilles et pour longtemps.

Oui, mais voilà, à la même époque l’informatique se développe. Les disques durs avaient des capacités de stockage proche de la taille du cerveau de poule. Il fallait donc augmenter la taille des mémoires, mais également trouver une formule pour comprimer au maximum les informations, afin qu’elles transitent en masse dans les tuyaux et nous arrivent sans perte dans nos nouveaux computers.

Pour cela un consortium a été créé dans les années 90 : MPEG (Moving Picture Expert Group). Des industriels de l’électronique tels que Philips, Thomson, France Télecom ou TDF se mirent à chercher ensemble. Et c’est ainsi que naquit le format MP3. Un fichier audio pouvait être divisé par 10, sans aucune perte de qualité ou presque et voyager sur le réseau avec fluidité. Aucun de ses fameux chercheurs ne se doutaient qu’ils venaient de mettre au monde la créature qui allait en quelques années mettre à mal le cinéma et à genoux l’industrie du disque.

Nous sommes avec cette découverte en présence du docteur Frankenstein. Le pauvre scientifique ne pensait pas que ses manipulations allaient donner un tel désastre.

Les informaticiens grands et petits se sont emparés de cette nouvelle technologie et l’ont mise sur le réseau. En moins de temps qu’il n’en fallu pour les dénoncer, les sites et plateformes de peer to peer se sont développées, on se souvient tous de Napster et adieu les ventes de CD en masse, les chiffres d’affaires records et disques d’or à la pelle. Le gratuit devenait la norme et le pillage un jeu de société.

Tout le monde était perdant, je parle de l’industrie de la musique, pas des fournisseurs d’accès à Internet ou des publicitaires. Les artistes voyaient les ventes de disques fondre comme neige au soleil et les maisons de disques leurs investissements sans retour. Je rappelle que le chiffre d’affaire global du monde musical a été divisé par 2 en moins de dix ans. Je vous invite à imaginer ce qu’il se passerait en France, si les industriels de l’automobile fermaient la moitié des usines. On serait proche d’une révolution.

Que se passe-t-il aujourd’hui ? Comment faire pour rectifier le tir ? A vrai dire personne ne le sait vraiment. Les majors, afin de préserver des chiffres corrects à présenter à leurs actionnaires, permettent aux opérateurs web ou de téléphonie d’avoir accès à l’intégralité de leur catalogue. Pour cela les fournisseurs doivent payer des sommes considérables. Le produit de ces licences est-il bien redistribué aux ayants droits ? Les artistes d’Universal touchent-ils un pourcentage sur ces nouveaux modes de consommation de la musique ? Comment être certain de la véracité des chiffres de téléchargement ? Il y a tellement de sites sur lesquels on peut acheter de la musique. Et les nouveaux talents dans tout ça ? J’ai l’impression qu’ils sont un peu oubliés, non ?

Albert Einstein savait les ravages que pourrait provoquer une bombe atomique. Les membres du MPEG n’en ont pas eu conscience à temps. Dommage.

Je retourne « cogiter ». Face à tous ces problèmes, il y a de quoi en perdre son latin, n’est-ce pas ?

Bonne semaine.

Olivier

lundi 10 mai 2010

Gagnants perdants ! !

Ou

Comment participer à un concours avec un bon esprit

Chers amis,

L’exercice d’écriture pour blog est une activité qui à la longue s’apparente à de la production journalistique. La vie est cyclique et les événements nous ramènent parfois toujours au même point, au même moment. Tout comme nous avons le droit à nos articles sur les ventres plats et comment bronzer sans soleil avant de partir en vacances, j’ai également quelques marronniers dans mon tiroir. Cette semaine, je ne dérogerai pas à la règle et traiterai d’un sujet déjà essoré à plusieurs reprises, mais qu’importe, il faut frapper de nombreuses fois sur le clou afin qu’il s’enfonce correctement.

La semaine passée, comme tous les ans depuis trois ans, j’ai assisté, en tant que juré, à la sélection pour la finale régionale, du grand concours national, organisé par le site web Zicmeup « accélérateur de talents ».

Au-delà du fait de retrouver des amis que je ne vois que trop rarement, il nous a été donné d’entendre plus d’une soixantaine de jeunes artistes, tous désireux de remporter le titre qui leur ouvrira entre autre, les portes d’un studio professionnel et leur permettra ainsi d’enregistrer quelques titres dans des conditions techniques optimales.

Comme d’habitude dans ce type de concours, le meilleur côtoie le moins bon, mais cela fait partie du jeu… Une nouvelle fois deux points ont attiré mon attention. En premier lieu, je ne parviens toujours pas à m’expliquer le choix de certains concurrents. Lorsque l’on vous donne un espace d’expression il faut l’utiliser au maximum, en étant le plus efficace possible. Ne vous perdez pas en conjectures et en réflexions qui n’apporteront rien à votre prestation. Choisissez le titre le plus percutant de votre répertoire et foncez !

Un titre percutant ne veut pas dire obligatoirement « gros son », « hurlement dans le micro » ou « tenue en scène excentrique ». Non, cela veut dire « Titre interprété avec toute votre énergie, avec vos tripes ». Pour preuve, le premier jour, une jeune chanteuse s’est présentée avec son clavier et un percussionniste. Une bonne partie de la chanson a été chantée « A cappella ». Succès garanti. Elle est sélectionnée pour la finale. Il y avait une telle intensité dans son interprétation que l’ensemble du jury a craqué.

Il faut se préparer pour ces concours comme on se prépare pour n’importe quel concert. Des gens qui savent chanter, il y en a beaucoup. Des artistes qui peuvent être capables de vivre de leur art, il y en a très peu. Si vous voulez faire partie de ce petit cercle, il vous faut travailler. Le jour où vous vous présenterez sur le plateau, vous serez prêts et votre sélection ne souffrira aucune critique.

Le second point, qui m’a particulièrement mis en colère, est la mauvaise foi de quelque candidat, qui se pensant supérieur, mais n’étant pas sélectionné pour la finale a cru bon venir me demander des explications concernant son éviction. De prime abord je trouve cette démarche plutôt intelligente. Pourquoi ai-je échoué ? Cette question nous devrions tous l’avoir à l’esprit lorsque malheureusement nous ne parvenons pas à obtenir ce que nous voulons.

Mais voilà, après quelques minutes de discussion le ton interrogateur devient accusateur. Ce chanteur, vexé de son échec, a déversé son fiel sur le jugement de l’ensemble des membres du jury. Ce jeune homme remettait en cause notre capacité de jugement. « Comment pouvez-vous juger en quatre minutes ? », « Ha, vous avez le temps d’entendre si une chanson est bien écrite ou pas ! », « C’est quoi un critère objectif ? ». Je ne m’étendrai pas sur chaque point soulevé. Bien entendu il y a toujours de la subjectivité dans le jugement. L’art n’est pas de la mathématique. Je peux bien entendu commettre une erreur, mais lorsque les membres d’un même jury notent, sans concertation aucune, à peu de chose près de la même façon un candidat, les doutes quant à la prestation ne sont pas vraiment permis. Alors remettre en cause les votes…

Soyez bons perdants. Un concours ne veut rien dire. C’est un « one shot » qui se termine bien pour quelques-uns, qui se finit moins bien pour d’autres. Encore faudra-t-il que les vainqueurs d’hier aient la capacité à nous faire vibrer lors de la finale. Là, nous verrons ceux qui ont la capacité à devenir de vrais artistes.

Une carrière se construit dans le temps, sur le long, très long terme. Je n’aurai de cesse de rappeler que lorsque Jacques Brel participa à son premier concours de chant à Knokke-le-Zoute, il finit bon dernier.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 3 mai 2010

Il faus saisir sa chance ! !

Ou

Comment perdre bêtement des affaires

Chers amis,

J’ai repris cette semaine, la route. Cela faisait plus de trois semaines que j’étais sédentaire. Je commençais à avoir des fourmis dans les neurones. Un train m’amène jusqu’à La Rochelle et là je retrouve mes copains chanteurs et musiciens. Nous passons une nouvelle fois une journée de pur bonheur. Le bonheur c’est une drogue ! Ceux qui ont déjà vécu la vie de tournée comprendront de quoi je parle. Pour les autres, je ne peux que leur souhaiter vivement de connaître ces sensations le plus vite possible.

Mais la vie professionnelle n’est pas faite que de joie. Il m’arrive, comme à tout ceux qui travaillent en indépendant, de manquer des affaires. L’important est de savoir pourquoi on est passé à coté d’un contrat. Que c’est-il passé pour que je m’entende dire « non » ?

Comme je considère que l’échec fait partie du chemin à parcourir et que je ne veux pas donner l’impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, j’ai décidé aujourd’hui, de partager les deux expériences négatives rencontrées ces dernières semaines et d’en tirer les conséquences.

J’ai organisé début mars un concert pour Caroline Loeb, au Luxembourg. Je découvre quelques jours plus tard sur sa page facebook, qu’elle recherche une personne pour assurer sa régie sur certaines dates du mois de mai. Sachant ce que représentait cette tâche, je lui envoie un mail, lui proposant mes services. Il m’arrive parfois d’assurer ce job. Etant restée sur une bonne impression, de l’organisation que j’avais mise en place pour elle, je pensais que cela suffirait pour qu’elle me rappelle et que j’obtienne ce contrat. Il n’en fut rien. Quelqu’un d’autre l’accompagnera au cours de ses déplacements.

Que m’a-t-il manqué pour décrocher ce poste ? De décrocher mon téléphone ! Tout simplement. Ayant son numéro de portable, je n’avais qu’à l’appeler afin de lui proposer mes services. Mon appel aurait eu davantage d’impact que mon mail, j’en suis sûr. Cela ne m’aurait pas assuré d’une victoire, mais j’aurais eu bien plus de chances de la convaincre de vive voix. Le télémarketing est plus performant que l’emailing…

Autre exemple. Travaillant sur la tournée « Âge tendre et tête de bois », il m’arrive de recevoir des appels d’artistes qui me demandent directement ou indirectement de parler d’eux aux producteurs du spectacle. C’est ainsi que Charlotte Julian me téléphone début avril et me fait part de son envie de rejoindre la troupe. Je comprends à mots couverts qu’il lui serait agréable que je serve d’entremetteur. Je ne donne pas suite à notre conversation, pensant « j’en toucherai deux mots à Michel algay, à la Rochelle à la fin du mois. Il n’y a pas d’urgence ».

Vendredi, alors que je déjeunais en compagnie de Françoise, la femme de Michel, je lui glisse dans la conversation, la demande de Charlotte. Quelle ne fut pas ma surprise de l’entendre me répondre : « Ho ! Mais c’est fait ! C’est signé pour Charlotte. Michel l’a rappelée il y a quelques jours ».

Si seulement j’avais téléphoné à Michel immédiatement après mon échange avec Charlotte, en lui proposant de l’intégrer à son plateau l’an prochain, je me serai mis en position de négociateur pour cette artiste. Mais j’ai tardé et l’affaire a été conclue directement entre la chanteuse et le producteur. Tant mieux pour elle. Tant pis pour moi…

Quel enseignement tirer de ces mésaventures ? Ne jamais hésiter à faire ce que l’on sait que l’on doit faire ! Si vous connaissez les tenants et les aboutissants d’une affaire, ne perdez pas votre temps à vous dire, je verrai ça demain. La nature a horreur du vide, dit-on. Je ne vous explique même pas ce qu’il en est dans le show business. Vous êtes là, on pense à vous, vous n’y êtes pas, un autre prendra votre place, c’est certain.

Bien entendu, après avoir lu cet article, ne vous précipitez pas sur n’importe quelle proposition sous prétexte de ne pas perdre l’affaire. Si cela se passait mal, je m’en sentirais coupable. Je veux simplement attirer votre attention sur le fait que parfois, il ne faut pas préjuger de ses capacités, de ses connaissances de ses contacts. Vous n’êtes jamais « le seul » dans la place. Si une opportunité s’offre à vous, mesurez-en bien toute la teneur. Peut-être pouvez-vous rendre réponse sur-le-champ, sans attendre.

Je me souviens d’un jour de l’été 2008. J’appelai Gérard Blanc car je venais de recevoir une proposition de gala. Bien qu’il eut déjà une option sur la date avancée, il me demanda de lui en dire plus. Après lui avoir présenté l’affaire je lui parlai des conditions financières. Celle-ci était un peu moins intéressante que la première offre. Toutefois, le promoteur était disposé à payer de suite l’intégralité du cachet. Dans l’instant Gérard accepta. Surpris par sa soudaine prise de décision, il me dit : « dans ce métier les choses vont tellement vite, sont tellement incertaine, que lorsqu’une bonne affaire se présente, il faut la saisir. Si je ne dis pas oui de suite, le promoteur appellera un autre artiste et ce gala nous passera sous le nez ».

Une nouvelle fois, ces anecdotes nous prouvent que le pragmatisme et la réactivité sont les moteurs d’une réussite quasi assurée.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 26 avril 2010

Des p'tits sous ! !

Ou

Ce que l’on gagne vraiment avec le téléchargement

Chers amis,

Je tiens tout d'abord à vous remercier car, au fil des semaines, vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre, à m'écrire, à m'encourager de continuer de vous informer. Tout comme pour un artiste qui sort un album et découvre des chiffres de vente de plus en plus importants, je goûte ce plaisir que de voir les statistiques hebdomadaires de consultation de mon blog croître et amplifier.

Je ne peux que vous inviter à faire passer le lien de cette page à tous vos amis et à toutes vos connaissances.

Pour ceux qui veulent suivre les informations mises en ligne en temps réel, j'ai ouvert une page sur Twitter : https://twitter.com/Olivier140869 N'hésitez pas à vous y abonner.

L'article de la semaine passée : "Savez-vous planquer vos sous", traitait des collectes de fonds effectuées, et pas toujours bien redistribuées, par la SACEM et d'autres organismes du même genre. Ayant reçu plusieurs réactions suite à cette publication, j'ai souhaité vous proposer un nouveau post en forme de complément.

Vous êtes tous attirés, et c'est bien normal, par la vente en ligne de votre musique. Internet, outil génial et révolutionnaire permet à tout créateur de mettre à disposition de son public ses oeuvres, bonnes ou mauvaises, sans avoir à passer par le chaîne traditionnelle qui suit le mastering, à savoir, l'artwork, le pressage et surtout la distribution physique en magasin.

A grands coups de publicité sur vos pages Myspace, facebook et j'en oublie, vous voyez défiler de jolies publicités qui vous proposent de vendre votre musique sur plusieurs plateformes connues et reconnues. Je pense bien entendu à iTunes, Fnac.com, virginmega... Après avoir pris contact avec un fournisseur, peu importe lequel, vous serez référencé chez tous les marchands, vous attendrez les premiers chiffres de vente et les premières retombées économiques. C'est là que les choses se compliquent voire se ternissent.

Vous aurez remarqué, comme moi que, quel que soit le type de production, le prix de vente d'un titre est toujours de 0,99 € et votre album quel que soit le nombre de titres sera de 9,99 €.

Comment se répartissent les revenus ? Pour les auteurs-compositeurs et éditeurs, la part sur un single est de 0,07 € et sur un album de 0,70 €. Donc si vous n’êtes que l’un ou l’autre, vous toucherez qu’un tiers de 7 centimes. 0,025 € ! La gloire ! Cela devient intéressant financièrement à partir d’un million de téléchargements en dessous…

Bien entendu, la part la plus importante reviendra au producteur, qui lui touchera environ 50 % du prix vendu. Ce qui semble tout à fait justifié, car c’est lui qui a misé sur votre produit et a sorti des sous de sa poche. Il prend les risques, il est normal qu’en cas de réussite il reçoive son dû.

Lire ce dossier : http://www.sacem.fr/files/content/sites/fr/files/mediatheque/sacem/presse/etudes/Remuneration_auteurs_17nov2009.pdf

Il est vrai que je m’adresse plutôt à des jeunes artistes qui se débrouillent tous assez bien pour trouver les moyens nécessaires à la réalisation de leur projet, sans avoir à passer par de grosses structures de production. Si vous parvenez à gagner le gros lot et à empocher la quasi totalité des revenus afférents à votre mise, alors vous pourrez commencer à compter ce que vous aura rapporté votre production, déduction faite des investissements, bien entendu.

Une chose me surprend encore. C’est justement le prix de vente de la musique. Que vous ayez dépensé dans votre production beaucoup d’argent ou très peu, le prix sera toujours le même ! Un CD lambda enregistré en trio, en une semaine sera vendu 14,99 €. Un album enregistré aux USA, avec une dizaine de musiciens, pendant un mois, sera mis sur le marché physique à 15,99 € !

Il serait peut-être temps de revoir la rémunération et les prix de vente de la musique. Cela fait des années que j’en entends parler et rien ne se fait. Il est incompréhensible de trouver en téléchargement tous les produits, back catalogue ou nouveautés, au même tarif. Il semblerait judicieux de proposer des prix plus élevés pour des titres qui viennent de sortir et des prix réduits pour des chansons ou albums ayant déjà été amortis depuis bien longtemps.

Cette modulation tarifaire permettrait aux plus jeunes, arrivant sur le marché, de ne pas être découragés en recevant le relevé de leurs ventes et de continuer de croire que l’on peut gagner sa vie en vendant sa musique.

Bonne semaine.

lundi 19 avril 2010

Savez-vous planquer vos sous ? ?

Ou

Comment les organismes collecteurs de fonds s’enrichissent sur le dos des artistes

Chers amis,

Avec l’arrivée du printemps et des beaux jours qui l’accompagnent, c’est également une belle fin de saison artistique qui se présente pour moi. Nouveau contrat, nouveaux concerts ! J’espère que pour vous aussi, le vent souffle dans le bon sens.

A propos de vent, je suis resté cloué au sol, non pas à cause des fumées venues d’Iceland, mais bel et bien par la faute d’un rapport, émanant d’une commission composée de membres de la cours des comptes, qui est chargée de vérifier les chiffres de nos organismes collecteurs de fonds, pour les auteurs compositeurs (SACEM ; SACD ; ADAMI…).

J’appris, comme vous sans doute, le faramineux montant des rémunérations des principaux dirigeants de ces structures. Pensez que les 10 plus gros salaires de la SACEM touchent en moyenne de 364.000 €/an ! !

Je n’ai pas pour habitude d’écrire des articles polémiques, vous le savez, si vous me lisez régulièrement. Mais parfois, il est bon de participer au bruit médiatique, pour dénoncer des situations difficilement acceptables.

http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2010-04-10/revenus-comment-la-sacem-se-goinfre/1253/0/442942

Lorsque je découvre ces chiffres, me viennent à l’esprit deux situations caractéristiques de ce que vous avez sans doute, vous aussi, déjà vécu.

Un musicien américain avec lequel je travaille me demande, il y a quelques temps, de l’accompagner à la SACEM, car au cours des deux dernières années, il a joué de nombreuses fois en France, a participé à plusieurs émissions de radios, a été en playlist, multi diffusé sur des chaînes du câble… Pas une grosse vedette, certes, mais tout de même. A chacune de ses prestations il fallait remplir les différents documents relatifs à la SACEM, ses chansons étant écrites par une auteur française, il semblait tomber sous le sens que de les déposer dans son propre pays (ce qui d’ailleurs ne posa jamais de problème).

Lors de notre visite chez les collecteurs, documents officiels dans un beau dossier, on nous expliqua qu’on ne trouvait aucune trace des passages de cet artiste sur nos ondes et par conséquent aucun centime ne pourrait lui être versé. On nous conseilla de ne plus nous déplacer et de faire les démarches par téléphone. C’est ce que naïvement nous fîmes. Avez-vous déjà entendu un téléphone sonner dans le vide pendant des jours et des jours, sans jamais personne qui décroche ?

Le deuxième exemple me vient d’une amie qui tient un café restaurant dans Paris. Dès son ouverture, alors qu’aucun client n’avait franchi le pas de sa porte, elle avait déjà dû faire un chèque à la SACEM pour avoir le droit diffuser de la musique dans son établissement. Je précise de suite que je trouve cela tout à fait normal. La machine fonctionne bien d’un coté.

Les établissements collecteurs savent bien aller chercher l’argent là où il se trouve. En revanche, terriblement compliqué est le chemin qui mène l’artiste jusqu’au versement de son dû.

Qu’une entreprise gagne de l’argent, même beaucoup d’argent, ne me choque pas outre mesure, si elle se trouve sur un secteur concurrentiel fort et faisant courir de gros risques à ses investisseurs. Mais lorsqu’il s’agît de se baisser pour ramasser les cotisations, sans reverser équitablement à ceux à qui cet écot revient, me semble peu honnête.

Nous savons tous aujourd’hui que l’industrie musicale a fondu de 50 % en quelques années. Que les revenus des dirigeants de ces sociétés augmentent fait preuve d’un cynisme à nul autre pareil. Les auteurs compositeurs touchent de moins en moins et les patrons de plus en plus. Cela s’appelle un hiatus, non ? Malheureusement, nous n’entendons jamais personne se plaindre ouvertement dans les médias de cette situation.

Tant que vous ne serez pas diffusés, à de nombreuses reprises, sur les grands et gros réseaux nationaux (TF1, NRJ, M6, Fun…) n’espérez pas vivre de vos revenus SACEM. Tant que vous n’aurez pas une personne introduite dans la place, capable de vous aider à fouiller dans la paperasse institutionnelle, vous n’aurez que très peu de chance de récupérer un Kopek de vos diverses prestations.

Continuez tout de même de remplir tous les documents vous ouvrant des droits, car on ne sait jamais, un jour peut-être lorsque vous serez d’énormes vedettes, vous pourrez faire valoir ces papiers.

Bonne semaine.

Olivier

lundi 12 avril 2010

J'suis qu'un grain de poussière ! !

Ou

Comment émerger d’un océan bien Net

Chers amis,

Un des points positifs du blog, que je tiens depuis maintenant un peu plus d'un an, est qu'il m'a permis d'entrer en contact avec des musiciens, mais également et à ma grande surprise avec des étudiants en communication qui m'ont gentiment demandé de bien vouloir répondre à leurs questions, ce que je me suis empressé de faire, car moi aussi lorsque j'étais plus jeune j'aurais apprécié qu'un aîné prenne du temps pour m'éclairer quelque peu sur ce monde merveilleux qu'est le show business.

J'ai reçu il y a peu le mémoire d'une de ces jeunes demoiselles. A la lecture de son travail, par ailleurs de grande qualité, j'y ai relevé un point qui confirme ce que je pressens depuis longtemps, mais qui m'effraie également pour toute la jeunesse qui souhaite vivre de son art.

Internet aujourd'hui a pris une place prépondérante dans la présentation, la diffusion, voire même la sélection des nouveautés. Je ne me plaindrai certainement pas cette évolution technologique qui fait de chacun de nous une vedette en puissance. Plus personne de nos jours ne peut se revendiquer être un nouveau Van Gogh. Vous peignez, vous sculpter, vous composer, vous créez, en quelques clics vous vous retrouvez sur le marché mondial avec la possibilité d'être vu, entendu et découvert à l'autre bout de la planète.

C'est justement ce vide abyssal qui m'inquiète pour vous. Par le passé, la sélection des artistes se faisait quasi naturellement, par élimination spontanée. Vous aviez une chanson, mais pas de magnétophone pour en faire une maquette, aucune chance d'être entendu des labels. Vous possédiez le matériel, encore fallait-il savoir où envoyer votre travail, à qui l'adresser, être sûr que celui-ci arriverait bien sur le bureau de la personne en question, attendre un retour, une lettre "Après avoir écouté attentivement votre maquette, nous sommes au regret de vous annoncer que vous ne correspondez pas à la ligne éditoriale de notre maison et bla bla bla...", si ou vous étiez retenu, il fallait monter à la capitale et ainsi de suite... Seuls ceux ou presque qui faisaient le pied de grue devant les portes des directeurs artistiques finissaient pas obtenir un rendez-vous, cela ne voulait pas dire avoir un contrat, mais déjà entrer dans le bureau d'un responsable de maison de disque était un résultat tout à fait enviable.

Aujourd'hui en France, on ne compte pas moins de 150 000 pages Myspace Music !

Ne vous sentez-vous pas un peu perdu dans ce maelström ? Comment faire émerger de nouveau talents dans cet océan sans fond ? Qui peut avoir la capacité, la connaissance, la suffisance même, de pouvoir dire : « Cet artiste est vraiment bien, quant à celui-ci, je ne préfère pas me prononcer. A mon avis il n’ira pas bien loin. »

Je vois, je suis, depuis plusieurs années des chanteuses et des chanteurs, sur le net. Je regarde leur actualité, les salles de concert dans lesquelles ils jouent, les festivals auxquels ils participent, les radios qui les reçoivent, les magazines qui offrent des interviews (contre un peu d’achat d’espace publicitaire. Hein ? mais non je n’ai rien dit). Parfois je suis agréablement surpris, parfois je ne comprends pas les choix des médias.

Je mesure, après quelques années passées aux cotés de jeunes chanteurs, à quel point la différence ne se fait pas complètement sur la qualité des produits, mais aussi et surtout sur la capacité d’un artiste à résister aux pressions du temps, à ne pas baisser les bras, à ne pas abdiquer face au découragement que peut induire la défection d’un musicien ou d’un sponsor, aux jours qui s’écoulent entraînant avec eux leurs lots d’impératifs matériels auxquels il faut faire face.

Quoi qu’il en soit, il faut du temps pour sortir la tête de l’eau. Paris ne s’est pas fait en un jour, un artiste ne se fabrique pas en jetant des notes sur un site web, en attendant que le temps passe et qu’une bonne âme se charge de faire de lui une vedette. Ce point de vue, souvent défendu par les plus mauvais d’entre vous parfois, n’appartient qu’au monde des fadaises.

Ne misez pas tout sur le Net. Ce canal ne reste qu’un outil, puissant certes, mais un outil tout de même parmi tant d’autres pour mettre en avant votre travail. Il n’est pas la clé de tout.

Ce que je dis pour la musique vaut également pour mes écrits. Il y a 10 ans, jamais je n’aurais pu partager mes points de vue et opinions avec vous, sans le Net. Il m’aurait fallu taper aux portes des journaux, des magazines, des fanzines, des feuilles de choux, pour peut-être trouver une oreille attentive. A présent, seuls mes lecteurs sont à même de m’inciter à continuer. Sans eux, plus de blog et un blog sans lecteurs c’est un peu un chanteur sans auditeurs. Il n’existe pas.

La France est le pays qui possède le plus de blogs par habitant. J’accepte donc le fait d’être, à l’instar de ceux que je défends, noyé dans la masse.

Peut-être faudrait-il que, chacun à notre manière, nous trouvions d’autres moyens de faire parler de nous ?

Bonne semaine.

lundi 5 avril 2010

Je te donne ! !

Ou

Que restera-t-il de rien ??

Chers amis,

Je rentre de plusieurs jours de tournée, au cours desquels j'ai eu le grand bonheur de découvrir quelques Zénith français. Le spectacle "Âge tendre", que je suis, n'est fait que de bonheur et de joie. Je souhaite vraiment à chacun de pouvoir vivre un jour, le rêve que vous portez en vous. Il est communément admis de dire qu'un fantasme ne doit jamais se réaliser, car bien souvent la réalité est en deçà de l'image que l'on s'est fabriquée. Pour ce qui me concerne, c'est bien le contraire. Mon rêve était bien loin de ce que je vis actuellement, pour mon plus grand bonheur.

L'article de cette semaine porte sur la transmission des connaissances.

En arrivant chez moi samedi matin, j’ouvre ma boite mail et lis le courrier arrivé dans la nuit. Un de ces messages m’annonçait que le dernier disque de Damien Saez était déjà en vente et que je pouvais visualiser le clip sur tel site. Comme j’apprécie cet artiste, je me suis empressé de cliquer sur le lien et de découvrir les images de « J’accuse », son nouveau single. Juste à côté de l’écran était écrit « Pour télécharger l’album, cliquez ici ». Un instant j’ai hésité et finalement n’ai pas acheté en ligne. Pourquoi ? Je possède tous ses disques physiques et ne trouvais pas élégant d’un seul coup de n’avoir plus que des fichiers numériques dans un ordinateur.

Lors de la sortie du troisième album de Saez : « Debie », je promenais ce CD sur toutes les platines de la maison et de la voiture. Ce disque était devenu, l’espace de quelques semaines, le plus important de la discothèque familiale. Nous prenions du plaisir à en décortiquer le livret, lire les paroles des chansons, apprécier la qualité des photos, à regarder le DVD qui l’accompagnait ou tout simplement à toucher le boîtier.

Si aujourd’hui je télécharge 10 titres et que ceux-ci son mélangés à des centaines d’autres dans ma playlist, est-ce que cela n’aura pas tendance à uniformiser ma discothèque ? La dématérialisation affadit le plaisir. Ecouter de la musique c’est autant un bonheur auditif que visuel, que tactile.

Il m’est déjà arrivé d’entrer chez des gens et de remarquer qu’il n’y avait aucun livre, aucun disque, aucune trace de culture dans les pièces de l’appartement. Cette sensation m’a mis mal à l’aise. Ces gens étaient-ils pauvres culturellement ? Je n’ai pas la réponse à cette question, mais ce que je sais, c’est que lorsque vous avez à portée de main des livres, des films, des disques, votre corps et votre esprit travaillent plus et mieux que lorsque vous devez dire à un enfant : « Tu veux écouter les Stones ? Va sur deezer ». Je n’ai pas le moyen de le prouver, mais je sais que le rapport à la culture n’est pas du tout le même que l’on soit face à une œuvre physique ou face à un ordinateur.

Si vous fréquentez les musées, je suis certain que vous comprenez ce que je veux dire. Pour les parisiens qui me lisent, je vous invite à aller faire un tour au Palais de Tokyo et d’y regarder attentivement les peintures de Modigliani. La taille, les couleurs, les nuances que vous y trouverez ne vous seraient pas apparues sur l’écran du dernier mac. J’en suis certain.

Compte tenu de ces réflexions, je me demande à l’heure où le disque physique est quasiment donné pour mort, ce que nous pourrons donner en héritage à nos enfants ? Bien entendu l’accès illimité à des catalogues musicaux donne la possibilité d’écouter et de découvrir une quantité infinie d’œuvres, mais est-ce vraiment en ayant l’opportunité de gaver nos oreilles de sons que celle-ci se forme ?

Une petite anecdote, concernant le téléchargement pour finir. Je côtoie depuis quelques semaines, Jean Lahcène, producteur de nombreux titres qui ont connu de gros succès commerciaux, avec Bonnie Tyler par exemple. Aujourd’hui, il est l’heureux réalisateur d’un titre qui est entré en diffusion sur Fun radio. Ce morceau est bien entendu téléchargeable depuis toutes les plates formes officielles. Il était tout content de me dire qu’en deux semaines d’exploitation, il avait eu environ 700 download.

Je me suis permis de faire un rapide calcul. A 0,99 € la chanson, moins toutes les parts qu’il faut rétrocéder aux différents intervenants, il doit rester dans sa poche à peu près 0,20 €. C'est-à-dire que ses 700 téléchargements vont lui rapporter à peu près 150 € ! Si cela fait encore rêver, alors je n’y comprends plus rien…

Un jour je pense que nous offrirons à nos descendants une clé USB sur laquelle nous serons fiers de pouvoir dire : « Tiens, sur ce support, tu as les 500 disques les plus importants de l’histoire de la musique, les 1000 livres à avoir lus et les quelques 5000 œuvres picturales à connaître ». Le tout sur quelques dizaines de grammes.

Allez, je cours dans un magasin acheter le dernier disque de Saez et vous dirai ce que j’en pense dans un prochain article.

Bonne semaine.

lundi 29 mars 2010

La quête ! !

ou

Rêver un impossible rêve

Chers amis,

Lorsque j'étais enfant, nous avions la chance d'avoir de nombreuses émissions musicales sur les 3 chaînes de télé. J'ai rêvé aux strass et aux paillettes en regardant les programmes des Carpentier, les Palmarès de Guy Lux, les rendez-vous de Michel Drucker, le Grand échiquier de Jacques Chancel, puis plus tard aux Chorus et Enfants du rock d'Antoine Decaunes.

La vie d'artiste me semblait inaccessible. Je ne percevais pas bien comment l'appréhender. J'avais la cruelle sensation que ce monde n'était réservé qu'à quelques personnes issues d'un milieu dont je ne faisais pas partie, parce que notre vie quotidienne était à des milliers de kilomètres de la leur.

Intérieurement tout de même j'étais persuadé que je finirai par côtoyer ce monde merveilleux du show business. Je n'ai aucun moyen cartésien de vous l'expliquer, mais j'en étais intimement convaincu.

J'ai eu une vie professionnelle chaotique et suis passé par différents univers. Un jour, j'ai tout plaqué et me suis tourné naturellement vers le milieu musical, sans savoir ce que j'allais y trouver.

Comme je l'ai déjà écrit, je travaille aujourd'hui avec Georgette Lemaire et nous rentrons de 15 jours de tournée, en France, mais également à travers la méditerranée, car nous sommes partis en croisière.

Je vous laisse imaginer le bonheur que j'ai ressenti au cours de ces jours en mer. Moi, qui ai tant rêvé de cette vie, j'avais à mes côtés ce que compte de plus grand et emblématique la chanson française populaire de variété. Je peux vous assurer que partager un dîner avec Charles Dumont et l'écouter raconter des anecdotes concernant Piaf, bien sûr, mais également Jacques Brel, cela m'a bouleversé. J'avais la sensation d'être le spectateur privilégié, d'une unique représentation. Je ne vous invite pas à juger de la qualité artistique des chanteurs avec lesquels j'ai voyagé. Les goûts ne se discutent pas et je peux affirmer que je je ne suis pas fan de certaines vedettes qui composaient le plateau. Je vous demande juste de vous projeter et de vous imaginer vous un instant assis à la même table que des personnes que vous admirez et avec lesquels désormais vous travaillez. Je peux vous garantir que l'effet est galvanisant.

Vous devez vous dire, il ne dit pas grand chose aujourd'hui. Il ne parle que de son expérience, c'est tout. Vous auriez raison de penser cela, mais voilà l'explication cet article. Nous allons quelque peu dévier du monde du show biz et pénétrer celui du subconscient. Hou la la ! ! Vous allez voir cela ne risque rien.

Il faut être honnête et toujours préciser ses sources lorsque l'on fait des citations. Depuis plus d'un an, je reçois une news letter, écrite par un québécois, spécialiste en motivation. Patrick Leroux travaille avec de nombreuses compagnies et hommes d'affaires d'Amérique du nord. Un de ces bulletins m'a interpellé plus qu'à l'habitude. Il traitait du pouvoir visuel du subconscient. Il invitait ses lecteurs à créer des images mentales de ce qu'ils désiraient le plus, voire même à découper et coller des images, afin de les avoir en permanence sous les yeux. Avec ma fille, un dimanche de janvier 2009, nous avons sorti la colle et les ciseaux et nous voilà partis à fouiner dans les vieux magazines pour y trouver les plus belles images.

Sur collage, il y avait un bateau de croisière, la tour de Pise, de l'argent, des bonnes bouteilles de vin, les logos des stations de Radio France, Le Sphinx et les pyramides d'Egypte et plusieurs autres choses tout aussi sympathiques. Un peu plus d'un an plus tard, je peux dire que j'ai travaillé en étroite collaboration avec France Bleu, j'ai effectué une belle croisière, j'ai gagné de l'argent, je suis allé passé mes vacances l'été dernier en Toscane et suis allé à Pise...

Cesare Pavese a écrit dans son journal intime, publié sous le titre "le métier de vivre" : "Les choses que l'on redoute le plus finissent toujours par arriver". Aujourd'hui, je suis persuadé que ce que l'on souhaite vraiment finit également par arriver. Attention, pour atteindre son but, il faut en avoir une image bien précise et beaucoup travailler. Si vous passez vos journée à regarder une photo de l'Olympia, en buvant du soda allongé sur votre sofa, il y a peu de chances que vous parveniez à fouler la mythique scène du boulevard des capucines.

Je ne suis adepte d'aucune croyance irrationnelle. Mais tout de même, la visualisation d'images positives me semble une bonne méthode pour ne s'entourer que de bonnes ondes. Je ne peux que vous proposer de mettre face à vous la photo de la guitare de vos rêves, de la batterie qui vous fait tant envie, des artistes avec lesquels vous souhaiteriez enregistrer un titre, Cette pratique ne demande aucun effort, aucun investissement. Ensuite vous n'aurez plus qu'à nourrir votre esprit. Ensuite vous n'aurez plus qu'à nourrir votre esprit et vous laisser gagner par la réussite.

Musicalement

lundi 8 mars 2010

And the winner is ! !

Ou

Si vous voulez un trophée, signez dans une major

Chers amis,

Je viens de vivre une semaine extraordinaire. Je ne sais si cela vous est déjà arrivé, mais lorsque votre rêve devient réalité, vous ressentez un sentiment extrêmement fort de plaisir et de joie. Depuis mon plus jeune âge, je souhaitais travailler aux cotés d’artistes, de chanteurs, être dans les coulisses, sur des plateaux de télé, dans des studios de radio… Voilà donc ce qui a été mon quotidien ces derniers jours.

Quel que soit le but que vous souhaitiez atteindre, je ne peux que vous encourager à le poursuivre. A force d’acharnement et de volonté, parfois avec un peu de chance (mais ça, je n’y crois pas trop, car il me semble que celle-ci nous la créons nous-même. J’y reviendrai un autre jour), on finit par arriver là où l’on veut aller.

Je vous engage à ne pas attendre d’être parvenu au sommet pour fêter vos réussites. C’est en célébrant chaque étape franchie, que l’on crée l’énergie qui propulse sur le palier suivant. Tout comme l’écrivait Molière pour Dom Juan « Y voir chaque jour les petits progrès que l’on fait ».

Il se trouve donc que cette semaine, je suis parti sur la nouvelle tournée du spectacle « Âge tendre ». Je vous entends d’ici rire de ce rire narquois et moqueur. Je vous arrête de suite. Le show qui est donné est d’une très grande qualité et ne souffre d’aucune critique. Pour être tout à fait honnête (et il faut l’être), je ne cautionne pas tous les chanteurs de ce plateau, ayant des préférences artistiques, mais cela ne regarde que mon goût personnel et je ne me permettrai pas d’émettre quelques remarques en place publique, à travers cet article.

Une polémique est née il y a quelques jours, car comme le savez et l’avez certainement suivi, le programme des Victoires de la musique diffusé samedi dernier, n’a pas laissé de place à certaines catégories. Michel Algay, le producteur « d’Âge tendre », ne veut pas à tout prix recevoir un trophée. Deux millions de spectateurs en 4 ans de tournée, c’est plutôt une belle récompense et cela lui suffit d’obtenir les suffrages du public.

Le problème qui est soulevé, c’est l’impartialité des décideurs et la probité avec laquelle sont décernées ces sculptures.

Il faut pour bien comprendre avoir quelques éléments qui peuvent échapper au public. Le comité des « Victoires de la musique » est une association qui vit principalement de l’argent qui est versé par les majors. De ces dons, des gens tirent des salaires. Tout travail mérite salaire, d’accord, mais certaines rentes me semblent douteuses.

En termes claires, si je suis payé par Sony et Universal, puis-je décemment donner une récompense à un album produit par un label indépendant et uniquement distribué par internet ?

De plus le producteur de l’émission télévisée est Nagui. Vous aurez remarqué que tous les extraits de présentation des chanteurs nominnés sont issus de Taratata… Il faut savoir parfois se faire de la publicité à peu de frais.

Les Victoires de la musique, ne sont vraiment que celles d’une certaine musique, plutôt bien appréciée dans le milieu très parisianiste de soirées branchouilles et Bo-bo, tendance France Inter et Télérama. Je dis cela en connaissance de cause, j’écoute France Inter. Ce qui est le plus gênant, ce n’est pas que Biolay ou Ruiz soient récompensés, au contraire, leur travail mérite d’être reconnu, quant à l’album d’Izia, celui-ci est tout simplement excellent, non ce qui me dérange c’est la permanente opposition qu’il faudrait faire entre la chanson « Intello » et la chanson « populo ». Pourquoi vouloir sans cesse diviser plutôt que rassembler ?

Il me semble que le coeur même de l’art (même s’il est mineur) c’est la création d’émotion. Si une chanson, d’oû qu’elle vienne, quels qu’en soient les auteurs et compositeurs, vous donnent le frisson, alors c’est une bonne chanson. Je peux vous assurer que lorsque j’entends certains titres de Damien Saez, Alain Bashung ou Jacques Higelin, je suis ému de la même manière que lorsque je vois sur scène Charles Dumont ou Isabelle Aubret. C’est juste une question d’alchimie musicale. Une belle mélodie, un beau texte et la magie opère.

Pour résumer, si vous rêvez de remporter un jour une récompense, prévoyez d’intégrer d’abord une major, d’avoir un plan promo avec beaucoup de zéro et de passer dans les meilleurs programmes musicaux. A ce moment-là vous aurez des chances. Sinon, continuez d’écrire, de composer et de chanter face à votre public, lorsque vous recevrez leurs applaudissements et leurs bravos, ce sera alors votre plus belle victoire.

Bonne semaine.

lundi 1 mars 2010

Le silence dans la tête et le bruit au dehors ! !

Ou

Même chez les artistes on préfère parfois rester dans son coin

Chers amis,

Tout d'abord, je tiens à vous remercier pour vos nombreux commentaires et mails reçus ces derniers jours. A chaque lecture je prends conscience que ma petite et modeste entreprise génère des réflexions et surtout redonne courage à ceux qui se laissent envahir par les aspects négatifs de ce métier. Si mes articles permettent de redonner le sourire et la volonté à de jeunes chanteurs, j'en suis ravi.

Au cours de la semaine passée, je me suis rendu à Genève pour l'enregistrement d'une grosse émission de la TSR "Les coups de coeur d'Alain Morisod". J'y accompagnais Georgette Lemaire, qui faisait son grand retour en terre helvétique. Nous reçûmes un accueil humain formidable et professionnellement ce fut un vrai régal. Contrairement à certaines équipes françaises, les suisses ne connaissent pas l'arrogance...

Nous arrivâmes de bonne heure dans les locaux de la Télé. Maquillage, catering et attente. Au début de l'enregistrement de l'émission, les assistantes de production font monter tous les artistes dans deux salles d'attente. C'est ainsi que nous avons passé une bonne partie de la soirée, en compagnie de Hugues Aufray, Pascal Obispo, Helmuth Fritz, Julie Piétrie et quelques chanteurs suisses.

Je pensais que ce moment d'attente serait susceptible de créer des connivences et d'installer un dialogue, car c'est bien connu entre artistes on se comprend, on parle le même langage. Hé bien que nenni. Chacun est resté sur son fauteuil à regarder l'écran de contrôle, à attendre son passage et puis ciao !

Bon, ce doit être l'effet enregistrement d'une émission, me suis-je dit, où la concentration prend le pas sur la relation. Nous verrons bien au cours du cocktail de fin de soirée, à aborder quelques personnalités.

23 heures, tout le monde se retrouve dans la grande salle sous-terraine de la TSR un verre à la main. Tout le monde ou presque car Hugues Aufray n'y est pas venu, Helmuth Fritz a signé beaucoup de photos pour les enfants et adolescents présents, avant de s'éclipser pour ne pas avoir à faire que cela toute la soirée, Julie Piétrie, sans doute vexée de ne pas avoir été appelée pour participer au final, ne s'est pas présentée ou alors est passée tellement furtivement que nous ne l'avons pas vue.

Heureusement qu'il reste toute l'équipe de production qui n'hésite pas à lever le verre avec nous et là, c'est moi qui dis qu'il faut partir, sinon...

Il y a dans ce métier beaucoup de mythes, de rêveries, de mensonges. Si l'artiste partage quelque chose, c'est avant tout avec son public. Il ne faut pas croire à la grande image de la famille réunie autour d'un piano ou d'une guitare et qui chanterait toute la nuit les succès des uns et des autres.

De temps en temps de vraies amitiés ou complicités se nouent. Ne croyez pas que c'est en collant le derrière de vos chanteurs préférés que vous obtiendrez aide et coup de pouce. Une carrière de chanteur est quelque chose de terriblement compliqué à mettre sur pieds, à organiser, à battir. L'édifice est extrêmement fragile et peut s'écrouler à tout moment. Voilà pourquoi bien souvent les artistes demeurent centrés sur eux-mêmes. Cela leur permet également de ne pas se laisser envahir par les solicitations extérieures. Ils se protègent.

Les personnes que vous devez atteindre sont celles qui décident : Producteurs, distributeurs, éditeurs, programmateurs, journalistes... Les chanteurs, même de bonne volonté, ne peuvent pas souvent grand chose pour leurs confrères.

Je ne serai pas semedi prochain aux victoires de la musique. Dommage, j'aurais bien aimé voir comment cette grande famille de la chanson se comporte les jours de récompenses.

Belle semaine

Olivier

lundi 22 février 2010

Juste après ! !

Ou

Comment anticiper les problèmes

Chers amis,

La semaine qui vient de s’écouler m’a permis de prendre une nouvelle fois conscience que se sont les petits détails qui font la différence.

Comme je le dis souvent, la réalisation et le devenir d’un artiste ne se fait pas en un jour. Il lui faut du temps. Ce temps doit être entièrement consacré à son travail. Le reste, les à-cotés, ne doivent pas interférer dans son quotidien et venir parasiter son univers créatif.

Prenez une chanteuse à qui l’on dit, il y a des mois de cela, que son prochain tour de chant passera par des pays exotiques, hors de l’union européenne et qu’à ce titre il lui faudra avoir un passeport en bonne et due forme. « Oui, oui, je vais m’en occuper ! » Hé bien, c’est à quelques jours du départ que l’on se rend compte que le délai nécessaire pour l’obtention du dit document sera beaucoup plus long que celui dont on dispose. Nous allons donc devoir faire une demande en urgence et augmenter notre dose de stress en attendant de savoir si nous serons dans les temps.

Si cette information avait été traitée dès réception nous aborderions cette tournée dans la plus grande décontraction et n’aurions pas nos pensées obnubilées par ce problème.

Autre exemple, il y a quelques mois de cela, Steve et Heather reçoivent une invitation à participer au premier festival de country d’Abidjan. Pour se rendre en Cote d’Ivoire, il vous faut être vacciné. L’organisateur après leur avoir laissé entendre que pour lui tout était bon, ne leur donna plus signe de vie durant quelques jours. Que faire ? Aller tout de même se faire piquer, même si au dernier moment le festival est annulé ou attendre la confirmation pour y aller et n’être pas dans les temps ? Ils reçurent leur feuille de route sur le fil et purent recevoir leur dose et donner brillamment leur représentation face à un public africain subjugé.

Ces deux anecdotes quelque peu éloignées du monde merveilleux du show business, nous enseignent tout de même une chose, que vous soyez artistes ou organisateurs : Il faut anticiper !

Une étude a démontré que la majorité de ceux qui réussissent dans le milieu des affaires, sont ceux qui, déjà lorsqu’ils étaient à l’école, savaient s’avancer dans leurs devoirs ! ! ! Je ne peux me résoudre à considérer que la musique soit un univers si différent, qui répondrait à d’autres règles.

Les concerts en général se prévoient plusieurs mois, voire une année à l’avance. N’attendez pas la dernière minute pour vous soucier de savoir comment vous allez vous rendre sur place. Si le déplacement est compris dans votre cachet, il vous faudra trouver la solution la moins onéreuse. Parfois le train ou une location de voiture, kilométrage illimité, sont bien plus avantageux.

On entend souvent dire chez les artistes « Ha, oui, mais moi je travaille dans l’urgence, il n’y a que comme ça que je peux créer ». Sans doute est-ce vrai pour ce qui concerne le processus de création, mais ce domaine n’est pas le mien. Encore que, je me demande combien d’albums excellents ou de concerts remarquables ont été montés comme ça dans l’urgence ? On a souvent parlé des textes de Gainsbourg rédigés au coin d’un bar en plein milieu de la nuit. Même s’il y eut des fulgurances et des éclairs de génie poétique, il n’en demeure pas moins que ce qu’il laisse de plus intelligent sont des paroles écrites et réécrites, raturées jusqu’à trouver la phrase juste.

Daniel Balavoine enregistra en une journée les voix de son dernier album. Il s’était enfermé avec ses musiciens pendant plusieurs semaines en Irlande et avait travaillé, travaillé, travaillé, jusqu’à obtenir le son qu’il voulait. Une fois dans le studio du palais des congrès il suffit à l’ingénieur du son de mettre en route le magnéto et de laisser défiler les titres. Il n’y eut aucune retouche.

Lorsque vous avez des échéances à l’horizon, ne vous dites jamais « j’ai le temps », dites-vous que vous devez régler les problèmes le plus tôt possible afin d’être tranquille.

En écrivant ce texte, je me tape sur les doigts, car j’ai bien failli ne pas publier aujourd’hui. Je savais pourtant que je serai loin de mon ordinateur ce week-end. J’aurais dû écrire mon papier en avance et programmer sa publication pour ce lundi matin. Mais voilà j’ai oublié et suis obligé de me rattraper dans la fin de journée. C’est bon, ça passe mais juste. Mea culpa.

La prochaine fois, je ne me dirai pas, j’ai le temps, jusqu’ici tout va bien. Quand on se dit cela, il est déjà trop tard.

Musicalement

lundi 15 février 2010

Tu t'laisses aller ! !

Ou

Comment la création musicale s’appauvrit

Chers amis,

Une nouvelle fois l'actualité de ce jour me pousse à modifier le propos de cette chronique. Je m'étais pourtant creusé tout le week-end pour vous offrir un texte plein de bonnes intentions et de conseils. Mais que voulez-vous, tout comme les problèmes du monde disparaissent d'un seul coup des micros magiques depuis que les J.O ont débuté, mon texte a regagné son tiroir et sera ressorti un beau jour de pénurie d'inspiration.

Ce matin, donc, en écoutant le journal de 8 h, sur France Inter, je découvre que le nouvel album de Peter Gabriel sortira dans quelques jours. Je n'ai jamais vraiment accroché avec l'univers de ce compositeur. Allez savoir pourquoi. Il y a ceux qui sont Beatles et ceux qui sont Stones, moi je ne suis ni Gabriel, ni Collins, ni Génésis. Qu'importe. Ma surprise fut grande d'apprendre que ce disque ne comporte que des reprises ! Attention, pas n'importe lesquelles et surtout je vous demande d' en apprécier les arrangements. De l'aveu même du chroniqueur, on ne reconnaît presque pas les versions originales. Quelle classe !

Comble de l'audace les titres ont été enregistrés avec un orchestre symphonique. Aucun instrument électrique, ni guitare, ni batterie. Alors là, je dis chapeau, monsieur Gabriel ! Merci à vous de nous offrir un tel produit. Il est vrai que chanter des chansons de David Bowie ou Lou Reed avec des violons offrent de vraies perspectives artistiques. J'attire votre attention, sur le fait que personne avant Peter Gabriel n'avait pensé à proposer ce type de produit sur le marché.

Que nos chanteurs français se soient jetés dans ce créneau depuis quelques années, Voulzy, Aznavour, Jonasz, Pagny, me semblait déjà suspect, mais que des stars internationales s'y mettent me laisse penser que le fond du pot de la création a été touché.

Ce que j'ai ressenti ce matin, c'est un grand vide. Bon, il faut se résigner et admettre que tout comme l'opéra a connu un apogée au 19ème siècle et a totalement disparu du champs de la création, la chanson connaît le même sort. A chaque fois que j'entends parler d'un nouveau disque, je m'attends à de vraies surprises et rien... La nouveauté ne fait plus vibrer. Tout a été fait et enregistré. J'essayais de me rappeler quel est le dernier album qui m'ait vraiment donné des émotions, duquel j'ai pu penser : Voilà quelque chose d'original, de fouillé, de recherché. Résultat : "Robots après tout" de Philippe Katerine. C’est pas tout jeune... Bien entendu, j'ai entendu d'autres produits très bien réalisés, mais qui demeuraient dans une veine déjà exploitée depuis longtemps, donc sans véritable surprise.

Une nouvelle fois les majors plantent un couteau dans le dos des jeunes créateurs. A force d'encourager les artistes de renommées nationales ou internationales à enregistrer des reprises, ils empêchent l'émergence d'artistes plein de talent. Une fois que les disques sont enregistrés, ils arrivent sur les bureaux des médias et là c'est le début de la grande facilité. Il y a peu, les radios et télés, ne prenaient pas de grands risques en ne programmant que des valeurs sûres. Aujourd'hui, elles doublent la sécurité et ayant à la fois le nom, mais également la chanson qui plaira au public.

Alors que je faisais un long trajet en voiture, j'avais calé l'autoradio sur France musique. Je fus très surpris de n'entendre que des "tubes" : Requiem de Mozart, Préludes et fugues de Bach, Les 4 saisons de Vivaldi... A une heure de grande écoute, il n'est pas fait place à la nouveauté. En musique classique la création est tellement peu importante et avec un intérêt limitée, qu'elle n'est pas présente sur les ondes. En revanche, les sonates de Beethoven par Fazil Saÿ, alors là on y va pour la promo !

Il y a déjà quelques années, un ami compositeur me disait que selon lui, la création était arrivée à un carrefour. Les arts tels que nous les connaissons et pratiquons sont arrivés à un point d'orgue. Que faire de tous ces savoirs ? Avant de trouver de nouveaux axes de recherche, nos artistes sont contraints à la traversée du désert créatif. Les années qui viennent seront celles de l'inventaire. Malheureusement...

Oui, malheureusement. Aurons-nous dans quelques temps des chanteurs qui seront spécialisés dans l'interprétation de Jacques Brel. "tu as entendu le dernier disque de X ? Il reprend la période 58 - 60, de Brel. Non, moi j'ai acheté les fichiers MP3 de Y qui revisite les chanson d'amour de Jacques Higelin. Il les chante uniquement accompagné par une flûte à bec". Voilà le genre de discussion que l'on entendra sous peu, si personne ne pousse la jeunesse à libérer les énergies de le création.

On vous a sûrement déjà demandé, lorsque vous vous présentez dans un lieu pour jouer vos propres compositions : "Au fait, tu joues des reprises ? Sinon, mes clients ne vont pas t'écouter." Que vous parsemiez votre répertoire de chansons que vous appréciez ne semble pas tout à fait déplacé, mais arrivé à un certain stade de développement, il est bon de lâcher la reprise, afin de s'épanouir dans sa propre voie.

Une autre indication, en parallèle de la création, est très intéressante à souligner. Je suis en contact avec quelques organisateurs de spectacles. Alors que je faisais des propositions, à plusieurs reprises je me suis entendu répondre "Cette année, je ne prendrai pas d'artistes. Soit ils sont connus et donc trop chers, soit ils ne sont pas connus et me m'amèneront pas de public. Cette fois, je programme des sosies. tu comprends, pour 200 €, je peux avoir Florent Pagny et pour 300 € Michaël Jackson".

Ce qui me chagrine le plus c'est que je ne vois d'issue prochaine à cette situation.

Je ne peux que vous encourager à résister, à poursuivre votre parcours et ne pas baisser les bras. Le jour reviendra où les créateurs auront de nouveau la parole et pourront interpréter leurs chansons sans avoir à se référer aux anciens.

Si vous en avez les moyens, mettez des violons, ça rassurera les programmateurs.

lundi 8 février 2010

What's in a bird ?

Ou

Comment limiter la création à cause des quotas

Chers amis,

Comme je le préssentais en début de semaine dernière, les jours qui viennent de s'écouler m'ont offert beaucoup de plaisir et de bonheur à travailler pour le monde du spectacle. J'ai eu la chance de valider des dates de concert, d'assister à de très beaux spectacles et de rencontrer des passionnés de chanson et de musique, j'ai voyégé en bonne compagnie et ai préparé le calendrier pour les mois prochains.

Vous le savez sans doute, var j'ai déjà au l'occasion d'en parler dans certains billets, j'interviens de manière ponctuelle et toutefois très agréable, sur Radio Néo. En général, j'aime être sur cette antenne le mardi soir.

La semaine dernière, il y avait sur les ondes un débat fort intéressant qui avait pour thème l'utilisation de la langue anglaise pour écrire des chansons. Doit-on, en tant que français, utiliser une autre langue que la sienne pour s'exprimer ? Toujours en pareille circonstance, les échanges sont extrêmes et parfois vindicatifs. D'un côté il y avait un auditeur d'origine hongroise qui soutenait que si on ne maîtrise pas les subtilités de la langue, il vaut mieux s'exprimer dans celle qui vous a vu naître et de l'autre il y avait Aubel qui ne chante qu'en anglais et qui défendait le fait de trouver des mots et des sonorités dans cette autre langue, qu'elle ne parvenait pas à faire naître en français.

Je pense que nous aurions pû les laisser toute la soirée en ligne, qu'ils n'auraient pas trouvé un terrain d'entente pour admettre que chacun finalement à raison.

Le principe même de la création est justement la liberté et la non-entrave à l'expression. Qu'importe que la langue soit celle de votre naissance ou de vos ancêtres ou du pays voisin. L'important est ce que vous souhaitez dire. S'il vous est plus facile d'écrire et de faire passer votre message en allemand ou en espagnol, alors allez-y. Personne n'y trouvera à redire.

La plupart des auteurs français qui écrivent en anglais se veulent plus proche d'artistes rock, que de song writter. Ils utilisent les mots, les sonorités, les consonnaces comme si ceux-ci étaient des instruments de musique en soi. L'anglais est sans doute la langue qui colle le mieux au rock. Je ne vous invite pas, d'ailleurs à traduire les textes de vos chansons favorites, car vous pourriez avoir de grosses surprises quant à la profondeur de cette littérature. Si ça sonne dans l'oreille et résonne dans le coeur, alors la partie est gagnée.

L'étape suivante est la diffusion de ces oeuvres. Il y a quelques années en arrière, les titres anglosaxons abreuvaient les playlist des radios FM. A tel point qu'une loi de 1996, a fini par être votée afin que les diffuseurs entre un certain quota de chansons en langue française, dans leurs rotations. 40 % de français, dont 20 % de nouveaux talents. Ces chiffres sont-ils bien respectés ? J'invite les plus curieux d'entre vous à consulter le site du ministère de la culture et de lire les articles de loi.

Aujourd'hui les groupes qui ne s'expriment pas dans leur langue peuvent rencontrer des difficultés de diffusion car elles n'entrent pas dans les quotas. Les programmateurs d'ailleurs ne s'en cachent pas. Pourquoi choisiraient-ils de passer des titres chantés en anglais par des français, alors qu'ils en ont une quantité impressionnante livrée tous les jours par d'authentiques britaniques ?

A l'inverse, j'ai eu la chance de pouvoir faire entrer des chansons sur certaines antennes, car à cette période, la production en langue française était faible et les créneaux accessibles.

On objectera toujours que quel que soit le titre, s'il est bon il sera diffusé, que Phoenix est l'exemple même du groupe français qui chante en anglais et qui cartonne sur les ondes et à l'étranger. C'est vrai, mais je me place toujours dans la perspective de jeunes groupes qui emmergent et à qui certains médias pourraient éviter les diffusions sous prétexte que leur quota est déjà atteint.

Pour l'anecdote il est bon de rappeler qu'il y a quelques années en arrière, Métallica, célèbre groupe de heavy métal, employait quelques mots en langue française dans une de leur chanson. Cette utilisation aussi minime suffit à les faire passer dans le pourcentage d'oeuvres en langue française. Autant dire que les 40 % par heure était explosés, car le titre faisait au bas mot 6 minutes. Tant pis pour nos petits français...

So long !

lundi 1 février 2010

L'âge idiot ! !

Ou

Y a-t-il un âge limite pour se lancer dans la chanson ?

Chers amis,

Janvier reste sans doute le mois le plus triste de l’année. Même si vous réalisez de belles opérations, il demeure un sentiment de malaise et de couvercle qui pèse sur nos têtes, comme l’écrivait Baudelaire. Nous sommes d’ailleurs tous frappés par cette sensation. Dans ces conditions psychologiques peu favorables, il est très difficile de se faire entendre, surtout lorsque vous annoncez de mauvaises perspectives à vos interlocuteurs…

Je reçois, la semaine passée, un appel d’une chanteuse avec laquelle je suis en contact de loin en loin. Elle me donne de ses nouvelles et m’annonce ce qu’elle souhaite pour l’avenir : Sortir un nouvel album et refaire une scène à Paris au printemps. Son premier CD est sorti en juin 2009 et elle a donné trois concerts, à la même période, au café de la danse. Le disque ne s’est pas vendu et les retombées du spectacle ont été si peu nombreuses que le producteur a perdu beaucoup d’argent.

Cette demoiselle a beaucoup d’atouts dans son jeu, malheureusement, elle ne sait pas comment les jouer. Elle possède tout pour investir le créneau de la chanson world. Originaire du bassin méditerranéen, elle chante aussi bien en français qu’en espagnol ou italien, maîtrise le corse, arrange certains de ses titres aux couleurs orientales, danse le flamenco comme une vraie gitane. Malheureusement, elle voudrait être considérée comme une artiste de « variété ».

Je lui fais remarquer qu’elle n’a pas le répertoire qui correspond à ce qu’elle souhaite et que son univers est en total décalage avec les chanteuses qu’elle aimerait côtoyer. Celles que l’on voit sur Virgin 17 ou NRJ 12. De plus, j’attire son attention sur le fait qu’un des critères de sélection de nos jours est l’âge de l’artiste. Combien de fois ai-je entendu : « Ho ! mais elle est beaucoup trop vieille ! ! » Ce propos d’un programmateur était destinée à une chanteuse très jolie, mais ayant passé le cap des 28 ans… Que répondre à cela ? Pas grand chose.

Du coup, la chanteuse que j’avais au bout du fil à fait bien des efforts pour trouver quelques noms d’artistes ayant réussi au-delà de la barre fatidique des 25 ans. Elle a cité pêle-mêle : Sansévérino, Yves Jamait, Bénabar, Gainsbourg et quelques autres. Je lui fis remarquer que ce n’étaient que des hommes dont elle parlait. Aucune femme à l’horizon. Bien entendu en cherchant bien, on pourra sans doute trouver la femme qui est apparue alors que personne ne l’attendait et qui a fait une carrière extraordinaire, mais là franchement ce nom ne me vient pas. Remonter à Barbara ou Catherine Ribéiro laissera la jeune génération perplexe.

Le métier du spectacle est très indulgent envers les hommes. En effet, vous débarquez sur une scène et chantez vos blessures, même à 40 ans cela peut toucher le public, sans que celui-ci d’ailleurs ne trouve à redire à la qualité de vos pansements. En revanche, une femme qui se présenterait dans les mêmes conditions, sur le même plateau aurait beaucoup plus de mal à se faire entendre. C’est juste une question d’âge et de physique.

La demoiselle doit faire rêver, doit donner envie aux spectateurs de rester devant leur poste, si elle a davantage l’âge d’être une mère plutôt qu’une adolescente, cela n’intéressera pas les décideurs. On entre là dans tout à fait autre chose que le choix et l’appréciation purement objectifs basés sur la qualité artistique d’une chanson. Il y a des réflexes inconscients auxquels peu de professionnels échappent. Ils vous diront tous le contraire et pourtant.

J’ai cru naïvement par le passé, qu’il était possible d’imposer, dans le milieu de la variété, une chanteuse à la trentaine fringante. Aujourd’hui, je suis totalement convaincu du contraire. Et ce constat me rend triste pour les dizaines d’artistes de qualité qui existent et qui ne parviendront jamais à se faire entendre, uniquement parce qu’elles ont pris leur carrière en main beaucoup trop tard. Cette forme d’injustice est inadmissible, car c’est renvoyer la chanteuse non pas à son statut d’artiste, mais d’objet sexuel.

Vous pourrez tenter de me démontrer le contraire de ce que j’avance. Encore une fois et comme je le dis souvent, je ne demande qu’à être convaincu et reconnaître que je suis dans l’erreur. Je ne prétends pas détenir la vérité, mais les exemples autour de nous, ne m’incitent pas à la mesure.

Bien entendu, mesdemoiselles, mesdames, vous n’êtes pas à l’abri d’un « splendide hasard » qui pourrait vous permettre d’accéder à la notoriété à un moment où toutes les portes semblent closes, mais personnellement, je ne parie jamais sur l’irrationnel. Peut-être est-ce un tort ? Je poserai la question à Susan Boyle.

Olivier

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