Nouvelle ère ! !
ou
Les géants du net seront les maisons de disques de demain
Chers amis,
Comme vous le savez, si vous me lisez régulièrement, j’ai pour habitude de
commencer mon article par un petit retour en arrière, sur les sept derniers
jours. Aujourd’hui, je vous dirai bien que c’est l’avenir qui m’intéresse.
MIDEM.NET
En effet, s’ouvrira dans quelques jours, à Cannes, le MIDEM. Alors que les
années précédentes, on faisait figurer le web, en parallèle du grand raout
musical, cette fois-ci, le tout numérique sera totalement intégré à la fête.
Oui, en général, on parle de la « grand-messe » ou « fête »
du monde de la musique, quand on évoque le rassemblement de ce que la terre
entière ou presque compte d’éditeurs en recherche de producteurs et de
valorisation d’un catalogue quelconque.
Dans un peu plus d’une semaine, on saura ou du moins on espère connaitre la
vision, si ce n’est à long terme, mais au moins pour les prochaines années, de
tout ce beau monde.
Je n’y suis allé qu’une seule fois, il y a cinq ans. Déjà à cette époque,
j’entendais les anglo-saxons dirent que le bateau avait fait naufrage et que
nous, européens, étions accrochés à une planche de salut qui ne tarderait pas à
couler elle aussi, si nous ne prenions pas rapidement les bonnes décisions. En
clair, cela voulait dire, ne tournez plus autour du pot, modifiez vos modes de
pensées et de travail, avant de toucher le sol et de vous écraser.
Bon, il a fallu ce quinquennat pour que le marché prenne la décision de
faire figurer le net en bonne place. On va y arriver !
Diffuseurs = producteurs
Puisque je vous parle du net, j’aimerais revenir sur une notion qui semble
échapper à beaucoup d’entre nous. Je dois bien avouer que je faisais également
partie des béotiens, il y a peu encore, sur ce sujet.
Aujourd‘hui, nous savons qu’Internet a le pouvoir. Demain, il supplantera
tous les autres modes de diffusion d’informations visuelles, musicales,
sonores… Plus de postes de télé ou de radio, il n’y aura plus qu’un appareil
connecté au web et qui permettra de passer d’un média à un autre.
Historiquement, la production musicale a toujours été, en grande partie,
tenue par des grosses sociétés qui possédaient les moyens de la diffuser. C’est
parce que Warner avait des réseaux de télévision ou que Philips fabriquait des
électrophones qu’ils ont pris en main, ce segment de leur propre marché. Le
discours était simple et efficace : « Nous possédons les tuyaux,
créons donc ce qui passera dedans ».
Nouveaux acteurs "virtuels"
Aujourd’hui, la donne a changé. Ce ne sont plus les fabricants de matériel
qui ont le pouvoir. Alors, qui possède ces fameux canaux et génère beaucoup
d’argent ? Internet, bien sûr. Les fournisseurs d’accès, les moteurs de
recherches, les plates-formes de diffusion de vidéos…
Il ne serait donc pas étonnant que d’ici peu, nous ayons des divisions de
production de contenus musicaux au sein de Google, Apple ou Youtube.
Vous verrez, les magnats du web feront bientôt la danse du ventre pour
signer le prochain album de U2 ou de Placébo. Fini les logos Umusic sur les
livrets des CD (il n’y en aura plus de toute façon, alors…), on ara le droit au
joli calicot à la pomme déjà croquée !
On entendra des discours comme « T’as signé avec Youtube, toi ?
C’est bien ? Ils t’ont donné une grosse avance sur les futures lectures de
ton clip ! Génial ! Moi, j’aimerais bien signer avec Orange, mais ils
ne sont encore au top. Non, ils veulent juste me donner un pourcentage sur le
nombre de pages-vues de publicité. Remarque depuis qu’il n’y a plus qu’eux qui
diffusent des vidéos musicales, c’est sans doute un bon plan, non ? »
La musique sera désacralisée et deviendra un simple produit d’appel pour
lessiviers assoiffés de reconnaissance. C’est toujours bon d’avoir un artiste
dans son entourage, ça permet de rêver, de faire rêver et d’engranger…
C’est sans doute ce à quoi il faut s’attendre dans les années qui viennent.
Voir, l’apparition de « web labels », tenus dans l’ombre de montages
administratifs fumeux, par les grands tireurs de ficelles de l’internet. A vrai
dire cela ne sera pas choquant. Cela s’appelle l’évolution. En revanche, ce qui
risque de l’être est la répartition des droits. Là, il y aura sans doute encore
un gros chantier à organiser, mais cela fera l’objet d’un débat, j’en suis
certain, au cours du MIDEM 2017 !
Je vous souhaite plein de web succès !
Bonne semaine.
Olivier